Merlin, 1888 : Sonnerie des consignés. Plaisanterie ironique. On appelle aussi bons de tabac, les médailles commémoratives sans valeur, qu’on distribue à tous, comme les bons de tabac.
Bons de tabac (sonnerie des)
Chalumeau
Delvau, 1864 : Le roseau percé d’un trou avec lequel l’homme joue les airs variés de la polissonnerie dans le vagin de la femme.
Mais son doux chalumeau
M’ayant d’amour éprise,
Ce n’est rien de nouveau
Si je fis la sottise.
(La Comédie de chansons)
Chicard
Halbert, 1849 : Pas mal.
Larchey, 1865 : Le héros du carnaval de 1830 a 1850. Son costume, bizarre assemblage d’objets hétéroclites, se composait le plus souvent d’un casque à plumet colossal, d’une blouse de flanelle et de bottes fortes. Ses bras à moitié nus s’enfonçaient dans des gants à manchette de buffle. Tel était le fond de la tenue ; quant aux accessoires, ils variaient à l’infini. Celui qui le premier mit ce costume à la mode était un marchand de cuirs ; son chic le fit nommer Chicard. Il donna des bals et inventa un pas nouveau.
Et puis après est venu Chicard, espèce de Masaniello qui a détrôné l’aristocratie pailletée des marquis, des sultans et a montré le premier un manteau royal en haillons.
(M. Alhoy)
L’homme de génie qui s’est fait appeler Chicard a modifié complètement la chorégraphie française.
(T. Delord)
La sage partie du peuple français a su bon gré à maître Chicard d’avoir institué son règne de mardi-gras.
(J. Janin)
Mais qu’aperçois-je au bal du Vieux Chêne ? Paméla dansant le pas chicard.
(Chauvel)
Delvau, 1866 : adj. et s. Superlatif de Chic. Ce mot a lui-même d’autres superlatifs, qui sont Chicandard et Chicocandard.
Delvau, 1866 : s. m. Type de carnaval, qui a été imaginé par un honorable commerçant en cuirs, M. Levesque, et qui est maintenant dans la circulation générale comme synonyme de Farceur, de Roger-Bontemps, de Mauvais sujet.
Rigaud, 1881 : Costume carnavalesque mis à la mode, pendant la période de 1830 à 1850, par une célébrité chorégraphique qui lui donna son nom ou plutôt son surnom. Les chicards ont révolutionné les bals publics et, pendant vingt ans, ils ont imprimé une grande vogue à la descente de la Courtille. — La danse de Chicard, leur maître, n’a jamais été ni bruyante, ni extravagante. Il procédait à pas serrés, mimant, grimaçant, roulant ses gros yeux en boule de loto. Grande fut sa gloire. On a dit le « pas chicard » pour rappeler sa manière, chicarder, danser comme Chicard. On a créé les vocables chicandar, chicocan-dar, pour désigner quelque chose de très chic comme l’inventeur du fameux pas qui, lui-même, a dû son sobriquet au chic qui le caractérisait. Chicard a passé, son pas n’est plus, seul le mot chic, le radical, a survécu.
France, 1907 : Superlatif de chic.
Vrai, c’en était un’ joli fête :
Y avait du punch et du pomard,
On s’piquait l’nez dans son assiette,
C’était un’ noce un peu chicard !
Vrai, c’était chicard !
Ma bell’ mère était tés aimable,
Parait qu’elle ador’ le bon vin,
C’est p’t’êtr’ ben pour ça qu’à la fin
On l’a retrouvé’ sous la table !
(Aristide Bruant)
On dit aussi chicandard et chicocandard.
France, 1907 : Type de carnaval, inventé vers 1830 par un honnête commerçant de Paris. Le costume se composait d’un casque à plumet, d’une blouse, de bottes de gendarme et de gants de grosse cavalerie. Il est tombé en désuétude, après avoir été fort illustré dans les caricatures de Gavarni. Il y avait le pas chicard, qu’on appelle aussi chicarder.
Chicard était un gringalet passionné, silencieux, et dévoré de la manie de la danse obscène. Sa méthode consistait à se trémousser sur place, avec force gestes indécents et une physionomie immuable. Le pince-sans-rire de la polissonnerie. Il ne parlait à personne : au pied d’un arbre d’un jardin public, se tenait son sérail, composé des plus jolies filles, toutes gloires futures de la Cuisse en l’air et de la Jambe en cerceau. Quand le quadrille préludait, ce Vestris de la braguette désignait une d’elles, et, sans mot dire, se rendait à son ouvrage. C’est alors que froidement, l’œil atone et le visage immobile, le danseur commençait ses petites cochonneries devant un public idolâtre formant galerie et plus tard lui faisant cortège.
Pétit, court de jambes, une tête avec des cheveux blancs coupés ras, il portait un veston, un pantalon flottant, des chaussettes en filoselle et des escarpins. Ce Chicard s’appelait de son vrai nom M. Levêque. Notable commerçant de Paris, marchand en gros de cuir brut, sa signature était cotée premier crédit à la Banque.
(Gil Blas)
Chienner
Delvau, 1864 : Se livrer, avec une femme, à toutes sortes de polissonneries cyniques, caninæ nuptiæ.
Delvau, 1866 : v. n. Se dit — dans l’énergique argot du peuple — des femmes qui courent après les hommes, renversant ainsi les chastes habitudes de leur sexe.
France, 1907 : Courir après les hommes ou après les femmes comme chiens et chiennes en rut.
Cig
Rigaud, 1881 : Apocope de cigale qui, dans le jargon des voleurs, a la signification de pièce d’or, pièce de vingt francs.
Entends-tu babiller les cig chez le balanceur de braise ? entends-tu sonneries pièces de vingt francs chez le changeur ?
Rossignol, 1901 : Pièce de 20 francs.
Cochon vendu
France, 1907 : Sobriquet qu’on donnait aux remplaçants militaires, qui faisaient cependant le plus souvent d’excellents soldats.
Descendras-tu,
Cochon vendu !
T’avais d’l’argent,
Tu n’en as plus !
(Sonnerie des consignés sous l’Empire)
Faire du genou, faire du pied
Rigaud, 1881 : Frotter son genou, frotter son pied, contre le genou, contre le pied d’une femme. Petite polissonnerie innocente, quelque chose comme les bagatelles de la porte en espérant le lever du rideau.
Flême
Delvau, 1866 : s. f. Lassitude d’esprit et de corps, — dans l’argot des faubouriens, qui, sans s’en douter, emploient là un des plus vieux mots de notre langue. Qu’est-ce en effet que la flême, si ce n’est une exagération du flegme, sa conséquence même, comme la rêverie celle d’un tempérament lymphatique ? Or, dès le XIIe siècle, flegme s’écrivait flemme. Avoir la flême. Être plus en train de flâner que de travailler. Jour de flême. Où l’on déserte l’atelier pour le cabaret.
Merlin, 1888 : Paresse, ennui. — C’est aussi la sonnerie annonçant le repos pendant la journée, en été.
Grand jeu (le)
Delvau, 1864 : Toutes les polissonneries qui sont la ressource des filles savantes pour faire jouir les débauchés usés.
J’veux que mes cinq sens soient satisfaits : c’est c’que j’appelle le grand jeu, moi ! Le toucher ? tu m’as branlé. L’odorat ? tu m’as fait une langue à l’absinthe. La vue ? j’ai contemplé ces ordures, et toi. Il ne ne manqué plus que les satisfactions de l’ouïe et du goût.
(Lemercier de Neuville)
Grosse nonnerie (la)
France, 1907 : Le sacrifice à Vénus. Cette expression était fort usitée an dernier siècle. On la trouve, entre autres du même genre, dans les Illustres Françaises de l’aventurier Chasles :
J’observois devant le monde une manière toute retenue ; j’aurois fait scrupule de lui toucher le bout du doigt : je ne lui disois pas une seule parole libre, ni à double sens ; mais lorsque nous étions seul à seul, il n’y a rien d’effronté que je ne fisse ; et enfin, excepté la grosse sonnerie, j’avois eu tout le reste du service.
Jouer des mains
Delvau, 1864 : Peloter les tétons et le cul d’une femme — qui ne hait pas ce jeu, même lorsqu’elle en a le plus l’air offensé.
Je me souviens… qu’il hasarda sur cela des manières et des tons de polissonneries, qu’il s’exposait déjà à jouer des mains.
(La Popelinière)
Libre (être)
Rigaud, 1881 : Dans le jargon des filles, c’est n’avoir contracté aucun engagement pour la soirée et au-delà. Liberté ! que de polissonneries on commet en ton nom !
Maladroits (sonnerie des)
France, 1907 : Sonnerie qui appelle les soldats à l’exercice.
Marche oblique
Rigaud, 1881 : Sonnerie qui appelle les cavaliers punis au corps de garde. Ainsi nommée, parce qu’on ne s’y rend pas le cœur léger, mais d’un air piteux, en rasant les murs, en s’effaçant, obliquement.
Mazarot
France, 1907 : Salle de police, mais plus spécialement la prison, et particulièrement la prison militaire de la rue du Cherche-Midi.
Les hôtes habituels de Mazarot sont : les bibassiers, les enflammés et les malastiqués.
Ces derniers, que la négligence dans l’entretien de leurs effets rend tributaires de la sonnerie des consignes, sont les moins nombreux.
Les bibassiers ou gais compaings en fait de haute beuverie, très souvent attardés par leur belle vaillantise à humer le piot et à se gargariser à l’aide de la purée septembrale, tiennent la corde dans le steeple-chase qui aboutit à Mazarot.
Pourtant, ils ne distancent que de bien peu les enflammés, à qui leur passion pour le beau sexe fait souvent oublier le chemin de la caserne, ou tout au moins l’heure inexorable de l’appel.
(Ch. Dubois de Gennes, Le Troupier tel qu’il est… à cheval)
On l’écrit aussi mazaro.
Quand il punit, même guitare ;
On connait bien son numéro ;
C’est un gaillard qu’est pas avare
Des jours de clou, de mazaro,
Avec lui la dose est meilleure,
Et quand les autres, sans discours,
Aligneraient quarante-huit heures…
Le doubl’ vous colle quatre jours.
(Griglet)
Mettre une homme en état
Delvau, 1864 : Le préparer, par un pelotage savant, à l’accomplissement de son devoir d’homme.
C’est dans ce moment-là, pour le mettre en état
Et pouvoir arriver à quelque résultat,
Qu’il faut de son métier connaître les roueries
Et n’être pas novice en polissonneries.
(Louis Protat)
Monter la tête à un homme
Delvau, 1864 : Le faire bander par des polissonneries en paroles ou en actions.
Mais rien ne monte la tête,
Non, rien n’est plus polisson
Qu’une langue toujours prête
À vous lécher le bouton.
(Lemercier de Neuville)
Pastourelle
Rigaud, 1881 : « Les cavaliers désignent ainsi la sonnerie des hommes punis. » (Fr. de Reiffenberg.) Les cavaliers pour la pastourelle, en avant !
France, 1907 : Comédie religieuse qui se jouait autrefois aux laudes de Noël.
France, 1907 : Sonnerie qui appelle les hommes consignés au peloton de punition. On sait que la pastourelle est un terme de danse.
Pied de nez
Clémens, 1840 : Fait, attrapé.
Delvau, 1866 : s. m. Pièce d’un sou, — dans l’argot des voyous.
Delvau, 1866 : s. m. Polissonnerie des gamins de Paris, que connaissaient déjà les gamins de Pompéi. Faire des pieds de nez à quelqu’un. Se moquer de lui. Avoir un pied de nez. Ne pas trouver ce qu’on cherche ; recevoir de la confusion d’une chose ou d’une personne.
Rigaud, 1881 : Pièce d’un sou.
France, 1907 : Sou ; argot des mendiants qui espèrent recevoir davantage.
Plombe
Ansiaume, 1821 : Heure.
À dix plombes de la sorgue il est temps de travailler.
Ansiaume, 1821 : Mois.
J’ai resté au mitte brun pendant 18 plombes.
Ansiaume, 1821 : Une livre pesant.
J’ai grinchi 4 plombes de rouget à bord de la Jeanne d’Arc (frégate neuve).
Bras-de-Fer, 1829 : Demi-heure.
Vidocq, 1837 : s. f. — Heure, année.
Larchey, 1865 : Heure. — Onomatopée. — Plombe imite le bruit grave d’une sonnerie de grosse horloge. V. Momir, Crosser. — Plomber : Sonner.
Delvau, 1866 : s. f. Heure, — dans l’argot des voleurs. Mèche. Demi-heure. Mèchillon. Quart d’heure.
Rigaud, 1881 : Heure. Dix plombes se décrochent, dix heures sonnent.
La Rue, 1894 : Heure.
Rossignol, 1901 : Heure. Il est 6 plombes et 10 broquilles.
Hayard, 1907 : Heure.
France, 1907 : Heures. Dix plombes se décrochent ou crossent, dix heures sonnent. Luysard estampille huit plombes, il est huit heures au soleil.
— Voilà six plombes et une mèche qui crossent… Tu pionces encore ?
(Mémoires de Vidocq)
Polisson, polissonne
Delvau, 1864 : Libertin, libertine.
Tâche que ta chanson toit leste et polissonne.
(L. Protat)
Aujourd’hui, Sophie est, je crois.
Aussi polissonne que toi.
(Béranger)
Le vieux, plus que le jeune, aime à polissonner.
(L. Protat)
Il ne se passera guère entre nous que des polissonneries.
(La Popelinière)
Pour être admise ici, sais-tu bien, ma chérie,
Qu’il faut être très forte en polissonnerie !
(L. Protat)
Au lieu d’aller au salon avec toutes ces dames, à qui on dit et fait des masses de polissonneries…
(Lemercier de Neuville)
Sonnerie des carottiers
France, 1907 : Sonnerie des régiments de cavalerie qui chaque matin annonce la visite du docteur.
La grande ressource des tireurs au flanc, lorsqu’ils sont traqués, est la maladie. Les hussards le savent si bien qu’ils ont appelé la sonnerie qui annonce la visite du docteur, la sonnerie des carottiers.
(Émile Gaboriau, Le 13e hussards)
Soufflant
Vidocq, 1837 : s. m. — Pistolet.
Delvau, 1866 : s. m. Pistolet, — dans le même argot [des voleurs].
Rigaud, 1881 : Pistolet, — dans l’ancien argot. Il souffle la mort.
Rigaud, 1881 : Trompette ; également surnommé au régiment : Trompion.
La Rue, 1894 : Pistolet. Soufflante, trompette.
France, 1907 : Pistolet.
France, 1907 : Soldat qui joue de la trompette ; argot militaire.
L’appel aux trompettes vint éveiller les échos qui sommeillaient dans les longs corridors de la caserne. Et un quart d’heure n’était pas écoulé que tous les soufflants appelés dans la cour par la sonnerie de leur camarade de garde, firent résonner en chœur la retentissante fanfare du réveil.
(Ch. Dubois de Gennes, Le troupier tel qu’il est… à cheval)
Tireur au flanc
France, 1907 : Même sens que tireur au cul. Tous les tireurs au flanc connaissent l’air de la sonnerie des malades :
Les tireurs au cul sont reconnus,
Les tireurs du flanc sont foutus dedans.
Trembleuse
Fustier, 1889 : Sonnette électrique.
France, 1907 : Sonnerie électrique ; argot faubourien.
Vitriers
Larchey, 1865 : Chasseurs de Vincennes — Ils portèrent d’abord des sacs en cuir verni reluisant au soleil comme les pièces de verre que les vitriers portent sur leur dos.
Delvau, 1866 : s. m. pl. Les chasseurs de Vincennes, — dans l’argot du peuple, qui a emprunté cette expression aux zouaves, heureux de rendre à leurs rivaux la monnaie de leurs chacals. On croit généralement que cette appellation ironique date de 1851, époque à laquelle les chasseurs de Vincennes dégarnirent à coups de fusil une notable quantité de fenêtres parisiennes. On croit aussi qu’à cette occasion leur fut appliqué le couplet suivant, encadré dans une de leurs sonneries de clairon :
Encore un carreau d’cassé !
V’là l’vitrier qui passe.
Encore un carreau d’cassé !
V’là l’vitrier passé !
On se trompe généralement. L’expression date de 1840, époque de la formation des chasseurs de Vincennes au camp de Saint-Omer, et elle venait du sac de cuir verni que ces soldats portaient sur leur dos à la façon des vitriers leur sellette. Ce qui ajoutait encore à la ressemblance et justifiait le surnom, c’étaient le manteau roulé et le piquet de tente qui formaient la base du sac des chasseurs, comme le mastic et la règle plate la base de la sellette des vitriers.
Virmaître, 1894 : Les chasseurs de Vincennes. — Ils portèrent d’abord des sacs en cuir verni reluisant au soleil comme la pièce de verre que les vitriers portent sur leur dos. L. L. Ce n’est pas cette cause qui a donné à ces soldats le nom de vitriers. En 1848, aux journées de Juin, les gardes mobiles et les chasseurs de Vincennes furent lancés aux endroits les plus périlleux dans les faubourgs, notamment faubourg du Temple. Ils prirent toutes les barricades avec un entrain extraordinaire, mais sans cruauté inutile, la plupart de ces soldats étant des enfants de Paris. Au lieu de tirer sur les insurgés, ils s’amusèrent à casser les carreaux sur tout leur passage. Depuis le boulevard du Temple jusqu’à la Courtille, il ne resta pas une seule vitre aux fenêtres. On fit une chanson à ce sujet : elle est restée très populaire :
Encore un carreau d’cassé,
V’là l’vitrier qui passe.
Encore un carreau d’cassé,
V’là vitrier passé.
(Argot du peuple). N.
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