Rigaud, 1881 : Classification des tricheurs, art de tricher. — Tomber dans la Grèce, devenir tricheur après avoir été dupe au jeu.
France, 1907 : Le monde des escrocs qui hantent les tables de jeu.
C’est des hôtels de Gesvres et de Soissons, restés fameux dans les annales du jeu, que date en quelque sorte la vaste corporation des grecs, car ils trouvèrent dans ces deux maisons une espèce de champ d’exploitation où tous les joueurs de France se donnaient rendez-vous.
Tous les malhonnêtes gens de Paris, dit Hogier-Grison, s’y rencontrèrent, s’y connurent et s’y formèrent en une sorte de vaste corporation… Il y eut des écoles de duperie ; des professeurs apprirent à tromper ; on enseigna par règles à être fripon. On institua jusqu’à des cours de tenue, de maintien, de lecture, d’écriture, de diction, etc., qui furent très suivis.
Malgré la misère qui pesait alors sur la France, on jouait d’une façon scandaleuse.
On venait à Paris rien que pour jouer, comme on va aujourd’hui à Monte-Carlo… on y jouait le même jeu.
En effet, les hôtels de Gesvres et de Soissons ne se recommandent pas seulement à la vénération de la postérité par le concours qu’ils prêtèrent aux grecs, ils se sont encore assuré l’admiration des générations futures en créant la Roulette…
Des ordonnances royales prescrivirent la fermeture des hôtels de Gesvres et de Soissons et interdirent les jeux de hasard.
Il était trop tard ; la Grèce était constituée, fondée, organisée et elle devait subsister.
(Le Monde où l’on triche)