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Chevillard

Delvau, 1866 : s. m. Boucher sans importance, — dans l’argot des gros bouchers, qui n’achètent pas à la cheville, eux !

Rigaud, 1881 : Revendeur en gros et en demi-gros de viande dépecée, en terme de boucher ; c’est celui qui vend à la cheville.

France, 1907 : Boucher en gros.

Ce sont les chevillards, ou bouchers en gros des abattoirs de la Villette, Villejuif et Grenelle, qui prêtent, moyennant rétribution, à leurs clients, bouchers au détail, des animaux sur pied.

(Guy Tomel, Le Bas du Pavé parisien)

Se dit aussi du tueur :

Orlando travaillait maintenant comme chevillard chez un boucher de la Villette qui l’avait accepté pour sa force, pour la sûreté de son coup d’œil.
Robuste et dru comme un lutteur, les manches relevées à l’épaule sur la saillie des biceps, les reins sanglés, les hanches prises dans une triple serpillière, un mouchoir pittoresquement noué sur la tête, à la façon des bandits calabrais que l’on voit dans les gravures, sanglant de la tête Aux pieds, le tueur s’approchait avec son couteau bien aiguisé, et, régulièrement, suivant la rangée, il tranchait chaque gorge d’une entaille profonde. Pas un cri. Il y avait là douze vies qui bêlaient. Après le passage du chevillard, douze fontaines de sang jaillissaient en gros bouillons dans la même vasque.

(Hugues Le Roux, Les Larrons)

Ratichon

Ansiaume, 1821 : Prêtre.

Thierry, lui, se chargera d’aller chercher le carle du ratichon.

anon., 1827 : Abbé, prêtre.

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Prêtre.

Bras-de-Fer, 1829 : Abbé, prêtre.

Clémens, 1840 : Aumônier.

M.D., 1844 : Prêtre.

un détenu, 1846 : Prêtre, curé.

Halbert, 1849 : Peigne.

Delvau, 1866 : s. m. Abbé, prêtre, — dans l’argot des voyous et des voleurs. Serpillière de ratichon. Soutane de prêtre. On dit aussi Rasé ou Rasi.

Delvau, 1866 : s. m. Peigne, — dans l’argot des faubouriens.

Rigaud, 1881 : Peigne. Le peigne a la forme d’un râteau, et c’est en effet le râteau de ce gazon qu’on nomme la chevelure.

La Rue, 1894 : Peigne. Prêtre.

Virmaître, 1894 : Curé. Ratichon est un mot ancien. On le trouve dans Olivier Chéreau à propos des Arche-Suppots chargés de réformer le langage, mais là, il n’est pas pris dans le sens de prêtre (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 : Curé.

Hayard, 1907 : Prêtre.

France, 1907 : Peigne. Ratichon, en ce sens, a la signification de petit rateau.

France, 1907 : Prêtre. Serpillière de ratichon, soutane.

Chez nous, si un prêtre à qui nous aurions refusé d’acheter des parts du Paradis s’amusait à nous excommunier, nous nous en tiendrions les côtes. À Madrid, où le catholicisme est plus fort que la loi et où le lieutenant de gendarmerie Portas tenait un crucifix d’une main, tandis que de l’autre il brûlait, avec un tisonnier rougi au feu, les chairs des prisonniers de Montjuich, le ministre des finances espagnoles — une sinécure — est bien obligé de prendre ou tout au moins d’avoir l’air de prendre au sérieux l’anathème que lui adresse l’impudent ratichon.

(Rochefort)

anon., 1907 : Curé.

Sans beurre ou chiffonniers aristocrates

Vidocq, 1837 : Le cabaret du Pot blanc, situé à proximité de la barrière de Fontainebleau, est le rendez-vous de ces hommes qui parcourent les rues de Paris le crochet à la main, la hotte sur le dos, et qui quelquefois sont munis d’une lanterne, non pas comme Diogène pour chercher un homme qu’ils ne trouveraient pas dans la rue de la moderne Babylone, mais pour chercher, calembourg à part, des loques à terre.
Les mœurs de ces individus sont de nature à être peintes. Malgré leur amour pour l’égalité des rangs, et la liberté, ils n’en sont pas moins de véritables despotes, des aristocrates s’il en fût.
Les chiffonniers se sont classés suivant leur rang, leur fortune, et le genre qu’ils ont adopté. Ceux qui possèdent un hoteriot en bon état, un crochet dont le manche est propre et luisant forment la première classe ; ceux qui appartiennent à la seconde n’ont qu’un mannequin assez propre ; ceux qui appartiennent à la troisième ne possèdent qu’une vieille serpillère dans laquelle ils mettent ce qu’ils ramassent.
Ce n’est pas seulement dans l’exercice des fonctions que la distinction a lieu, elle existe aussi au Pot blanc, et pour ne point mettre leur hoteriot en contact avec les mannequins et les serpillières, les chiffonniers de la première classe se sont emparés de la plus belle, ou plutôt de la moins vilaine pièce du Pot blanc : elle leur appartient exclusivement, et pour bien indiquer sa destination, ils l’ont nommée la Chambre des Pairs. Les porteurs de mannequins, à leur exemple, se sont emparés d’une autre pièce qu’ils ont nommée la Chambre des Députés. Les membres de la troisième classe ont donc été forcés de se contenter de celle dont n’ont point voulu les deux autres, el ils l’ont nommée : la Réunion des vrais Prolétaires.
L’étiquette étant ainsi réglée, les membres d’une chambre n’oseraient entrer dans celle destinée à une catégorie à laquelle ils n’appartiennent pas ; ils sont très-retenus, et par conséquent très-sévères envers celui qui pénètre dans le sanctuaire sans y être appelé.
À l’entrée de chaque salle sont rangés les hoteriots, les mannequins, et les serpillières ; les crocs ont aussi leur place.
Le vin qu’on boit au Pot blanc n’a pas été composé avec le jus de la treille ; mais, tel qu’il est, il paraît fort bon aux habitués ; il est servi dans un pot de terre que ces Messieurs nomment petit père noir, et extrait d’un broc omnibus auquel ils ont donné le nom de Moricot. Des filles d’une tournure toute particulière servent une gibelotte équivoque, du bœuf à la mode, ou d’autres mets de cette espèce, mais elles en exigent la valeur avant même de déposer le plat sur la table. On voit souvent les consommateurs venir rendre au comptoir les brocs, pots et verres, et boire jusqu’à concurrence de la somme déposée en garantie de ces objets ; le comptoir est un lieu franc où fraternisent les membres des trois catégories.

Serpillière

anon., 1827 : Robe.

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Robe. Serpillière à ratichon, soutane, ornements sacerdotaux.

Bras-de-Fer, 1829 / Halbert, 1849 : Robe.

Delvau, 1866 : s. f. Soutane, — dans l’argot des faubouriens. On dit aussi Serpillière à ratichon.

Serpillière à ratichon

anon., 1827 / Halbert, 1849 : Robe de prêtre.

Rigaud, 1881 : Soutane.

Toile d’emballage

Delvau, 1866 : s. f. Linceul, — dans l’argot des faubouriens, qui font allusion à la serpillière de l’hôpital.

Virmaître, 1894 : Linceul. Cette expression est toujours en usage, malgré que dans les hôpitaux on n’ensevelisse plus les morts dans des serpillières (Argot du peuple).

France, 1907 : Linceuls ; argot faubourien.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique