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Béquille

d’Hautel, 1808 : C’est une vieille béquille. Terme de mépris ; pour dire un vieux radotteur, un vieillard infirme qui a peine à se trainer.

Ansiaume, 1821 : Potence.

En approchant de la béquille, il a mangé le morceau à l’engueuseur.

Halbert, 1849 : Potence.

Larchey, 1865 : Potence (Vidocq). — La potence ressemble à une béquille. — Béquiller : Pendre. V. Farre.

Delvau, 1866 : s. f. Potence. — dans l’argot des voleurs, dont les pères ont eu l’occasion de remarquer de près l’analogie qui existe entre ces deux choses.

Boue

d’Hautel, 1808 : On n’est jamais crotté que par la boue. Locution mordante et satirique qui signifie qu’il n’y a que les gens obscurs et mal élevés, que les parvenus, qui se permettent d’injurier, d’offenser les personnes d’une fortune inférieure à la leur.
Je le méprise comme la boue de mes souliers. Manière insultante d’exprimer le mépris, l’animadversion, la haine que l’on voue à quelqu’un.
Se traîner dans la boue. S’avilir, fouler au pied les lois de l’honneur et de la probité.
Cette maison n’est bâtie que de boue et de crachat. Pour dire qu’elle est bâtie à la légère et peu solidement ; que les matériaux en sont mauvais.
Une ame de boue. Ame vile et crapuleuse.

Conduite de Grenoble (faire la)

Rigaud, 1881 : Éconduire. Accompagner un orateur, un personnage politique en le couvrant de huées. Réminiscence du terme de compagnonnage expliqué plus haut.

France, 1907 : Même sens que le précédent. Cette expression remonte à environ trois siècles. Le maréchal de Lesdiguières commandait dans le Dauphiné. Un jour, les Savoyards, en guerre avec nous, voulurent surprendre Grenoble. Ils partirent donc, munis d’échelles, pour donner l’escalade, mais le froid arriva, horrible, et les malheureux, tout transis, se traînèrent sur les routes pour rentrer dans leur pays. Les Dauphinois voulaient leur courir sus ; mais, émus de pitié, ils se contentèrent d’accélérer leur marche par quelques coups de trique, au lieu de les frapper de l’épée.

Faire cabriolet

Delvau, 1866 : Se traîner sur le cul, comme les chiens lorsqu’ils veulent se torcher. Argot du peuple.

France, 1907 : Se traîner sur le dernière, comme font les chiens lorsqu’ils veulent se l’essuyer.

Galvauder (se)

Delvau, 1866 : Vivre dans le désordre ; ou seulement Hanter les endroits populaciers.

Rigaud, 1881 : S’encanailler à plaisir, se traîner moralement dans la boue.

France, 1907 : Vivre dans le désordre, fréquenter mauvaise compagnie, s’encanailler.

Exubérant de forces, d’ardeurs, de convoitises, comme brûlée par quelque flamme intérieure, telle qu’une errante qui découvre tout à coup la terre promise du haut d’une colline, qui s’élance avec des clameurs joyeuses, des regards luisants, des battements de cœur vers les paradis entrevus, elle n’eut que du dégoût, que de la répulsion pour l’homme fatigué, démoli, enfiévré dont elle était légalement la femme. Elle sentit sourdre en son corps les ferments originels, elle redevint « peuple », s’en donna à sa soif et à ses caprices, se galvauda, se prostitua.

(René Maizeroy)

Grenoble (conduite de)

France, 1907 : Reconduire quelqu’un à coups de pieds, ou à coups de bâton.
Il y a trois siècles à peu près, le maréchal de Lesdiguières commandait dans le Dauphiné. Un jour, les Savoyards, en guerre avec nous, voulurent surprendre Grenoble. Ils partirent donc, munis d’échelles, pour donner l’escalade, mais le froid arriva, horrible, et les malheureux, tout transis, se traînèrent sur les routes pour rentrer dans leur pays. Les Dauphinois voulurent leur courir sus : mais, émus de pitié, ils se contentèrent d’accélérer leur marche par quelques coups de trique, au lieu de les frapper de l’épée.
Plus récemment, sous Louis-Philippe, le 35e régiment de ligne qui était en garnison à Grenoble, s’étant pris de querelle avec les jeunes gens de la ville, fut chassé à coups de pierres et de triques et le gouvernement fut obligé, à la suite de cette nouvelle conduite de Grenoble, de changer le régiment de résidence.

Loche

d’Hautel, 1808 : Sorte de petit poisson très-gras.
Elle est grasse comme une loche. Se dit d’une femme de petite stature, et qui a un embonpoint appétissant.

Bras-de-Fer, 1829 : Oreille.

Vidocq, 1837 : s. f. — Oreille.

Larchey, 1865 : Oreille. — Locher : Écouter (Vidocq).

Delvau, 1866 : s. f. Oreille, — dans l’argot des voleurs.

Delvau, 1866 : s. f. Paresseux, gras, mou, — dans l’argot du peuple, qui emploie ce mot au propre et au figuré, par allusion à la limace, grise ou rouge, qu’on voit se traîner, visqueuse, par les sentiers.

Rigaud, 1881 : Oreille. — Locher, écouter, entendre.

La Rue, 1894 : Oreille. Paresseux.

Virmaître, 1894 : Oreilles (Argot des voleurs). V. Esgourdes.

Virmaître, 1894 : Paresseux, fainéant. Allusion à la loche qui se traîne péniblement. On dit également Paresseux comme un loir. Le loir dort au soleil (Argot du peuple). N.

France, 1907 : Paresseux, gras, mou ; allusion à la loche ou limace.

France, 1907 : Taloche, Coup.

Pouillard

Delvau, 1866 : s. m. Dernier perdreau d’une couvée ou dernier levraut d’une portée. Argot des chasseurs.

France, 1907 : « Les pouillards — en patois de Dieppe — sont de pauvres bougres, généralement des vieillards, quelques-uns à demi morts, tous malingreux et marmiteux, mais capables quand même de tirer sur le câble de halage. Chacun d’eux, pris à part, est débile et à peine en état de se traîner lui-même. Mais, quand ils sont une douzaine où une quinzaine ensemble, tous attelés au câble, ce chapelet de crabes estropiés suffit à tirer dans le goulet le bateau qui veut entrer au port ou en sortir sans voiles. »

(Jean Richepin)

En dédommagement de leurs fatigues, les pouillards ont la jouissance d’une baraque sur la jetée de Dieppe, où ils peuvent se mettre à l’abri et, en plus, d’une certaine quantité de houille pour s’y chauffer pendant l’hiver.

France, 1907 : Le plus jeune perdreau ou le plus jeune levreau d’une portée ; argot des chasseurs.

Traîneau (faire)

France, 1907 : Se traîner sur son derrière ; argot populaire.

Vache (faire la)

Rigaud, 1881 : Paresser. Rester longtemps au lit ; se traîner d’un endroit à l’autre sans avoir le courage de rien faire.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique