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Débine

d’Hautel, 1808 : Mot fait à plaisir, et qui signifie, délabrement, déchéance, misère, pauvreté.
Être dans la débine. Être déchu de sa condition ; être déguenillé ; réduit à une extrême indigence.

M.D., 1844 : Dispute.

un détenu, 1846 : Misère, indigence.

Larchey, 1865 : Mot qui signifie déchéance, misère, pauvreté (d’Hautel, 1808).

La débine est générale, je suis enfoncé sur toute la ligne.

(Montépin)

Delvau, 1866 : s. f. État de gêne, misère, — dans le même argot [des faubouriens]. J’ai entendu dire Dibène (pour malaise, dépérissement) sur les bords de la Meuse, où l’on parle le wallon, c’est-à-dire le vieux français. Tomber dans la débine. Devenir pauvre.

Rigaud, 1881 : Grande misère, misère noire.

La Rue, 1894 : Misère. Se débiner, tomber dans la misère ou s’affaiblir, devenir malade.

Virmaître, 1894 : Se prend de manières différentes. Être dans la misère la plus complète.
— Je suis dans la débine.
— Je m’en vais, je me sauve, je me débine (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 / Hayard, 1907 : Misère.

France, 1907 : Misère, pauvreté.

Le paletot râpé abrite autant de souffrances que la blouse, mais il les montre moins apitoyantes. La débine de l’employé est sans issue, sans espoir. La redingote, cuirasse de détresse, supporte des assauts et cache des blessures secrètes et profondes que ne connurent jamais veste et bourgeron.

(Edmond Lepelletier)

Une vraie potée d’asticots, un groupe d’enfants malingres et vicieux, champignons vénéneux poussés sur le fumier civilisé, s’amusaient à se tordre et à se mordre tout en grattant des peaux de lapin. Filles et garçons, demi-nus, grelottants, s’égayaient et s’échauffaient en paroles cyniques et en ébats infâmes : pullulation de l’égout social, fleurs de crapule et fruits de potence, gâtés en germe, et mûrissant dans cette serre chaude de la débauche et de la débine pour les récoltes du bagne et les moissons de l’échafaud.

(Félix Pyat, Le Chiffonnier de Paris)

Gondoler (se)

Fustier, 1889 : C’est, dans l’argot courant, l’équivalent exact de notre expression familière : rire à se tordre.

La Rue, 1894 : Rire avec excès.

Virmaître, 1894 : Se tordre de rire. Rire à s’en mordre l’œil. C’est gondolant (Argot du peuple). N.

Rossignol, 1901 : Rire.

France, 1907 : Rire à se tordre.

Votre histoire d’omnibus, surtout, nous a beaucoup gondolées, car nous les connaissons, les omnibus, et surtout le personnel des omnibus, qui se venge bêtement sur les voyageurs et les pauvres petites voyageuses des tracasseries et de l’exploitation des grosses légumes capitalistes.

(Alphonse Allais)

Ah ! qu’j’y fais, je m’gondole
En r’luquant ta coupole !
Tu ris ! moi, je rigole ;
Bon vieux, j’épous’ ta fiole :
Aboul’ les monacos !

(Jules Célès)

Mancheur

Rigaud, 1881 : « L’espèce de truqueur dit mancheur s’introduit, sous divers prétextes, chez les gens riches ou qu’il sait généreux, et tâche de les intéresser à ses malheurs réels ou imaginaires. » (Paris-Vivant, Le Truqueur, 1858)

Rigaud, 1881 : « On appelle mancheurs ceux (les saltimbanques) qui n’ont ni baraque, ni tente en toile, mais simplement la permission, de par le préfet ou le maire, de se tordre les membres, de se casser les reins comme ils l’entendent, dans les carrefours, sur les places, au coin des rues ! Pour bureau de recette, ils ont une soucoupe cassée, un vieux plat d’étain. » (J. Vallès)

France, 1907 : Acrobate de rue, ainsi nommé parce qu’il fait la quête ou manche.

Mar

Larchey, 1865 : Désinence arbitraire. V. Rama.

Quant au reste de la langue, on se bornait (en 1830) à retrancher la dernière consonnance pour y substituer la syllabe mar. On disait Épicemar pour épicier, Boulangemar pour boulanger, Cafemar pour café, et ainsi de suite. C’était de l’esprit dans ce temps-là. Il est vrai que nos pères ont tous ri à se tordre en mettant le mot turlurette la fin de chaque couplet de chanson. Que signifiait mar ? Que voulait dire turlurette ? Absolument la même chose. Personne n’a jamais pu le savoir.

(Privat d’Anglemont)

Méfie-toi… Le jeune épicemar est très-fort au billard et au piquet.

(Champfleury)

Delvau, 1866 : Désinence fort à la mode vers 1830, — comme les Osages. On retranchait la dernière syllabe des mots et on y substituait ces trois lettres qui donnaient un « cachet » au langage des gens d’esprit de ce temps-là. On disait Boulangemar pour Boulanger, Épicemar pour Épicier, etc. C’était une sorte de javanais mis à la portée de tout le monde. Il en est resté malheureusement quelques éclaboussures sur notre langue. (Lire les Béotiens de Louis Desnoyers.)

Rigaud, 1881 : Désinence argotique. Perruquemar, perruquier, policemar, agent de police ; boutiquemar, boutiquier. La plupart des mots de la langue régulière qui n’ont pas d’équivalents en argot, se forment au moyen de la désinence mar, les autres au moyen des désinences much ou mince.

France, 1907 : « Désinence fort à la mode vers 1830 — comme les Osages. On retranchait la dernière syllabe des mots et on y substituait ces trois lettres, qui donnaient un « cachet » au langage des gens d’esprit de ce temps-là. On disait : boulangemar pour boulanger, épicemar pour épicier. C’était une sorte de javanais mis à la portée de tout le monde. Il en est resté malheureusement quelques éclaboussures sur notre langue. »

(Alfred Delvau)

Mots inconnus

Delvau, 1864 : La kyrielle de cris d’ardeur, de mots étouffés, mourants et sans suite que l’on prononce dans le paroxysme de la jouissance, tels que : …Tout à toi !… à moi !… arrête… là !… ah !… plus vite… va donc !… ah ! je sens… je fonds… arrête… je jouis… oh !…

Qu’elle est superbe en son désordre,
Quand elle tombe lès seins nus,
Qu’on la voit, béante, se tordre
Dans un baiser de rage, et mordre
En criant des mots inconnus.

(A. de Musset)

Rigouillard

Virmaître, 1894 : Chose drôle, c’est plus fort que rigolo. C’est tellement rigouillard qu’il y a de quoi s’en tamponner le coquillard, c’est à se tordre, c’est crevant (Argot du peuple). N.

France, 1907 : Amusant, folichon.

Ce n’est pas qu’elle fût extraordinairement jolie, mais ses yeux noirs, où, des fois, se pailletait de l’or, avec, au fond, l’Énigme accroupie ; ses cheveux crépus encombrant son jeune front ; son petit nez rigouillard et bon bougre ; sa bouche trop grande, mais si somptueusement meublée, lui faisaient un si drôle d’air !

(Alphonse Allais)


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