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Chemin

d’Hautel, 1808 : Il va son petit bonhomme de chemin. Se dit d’un homme prudent et réservé, qui sans faire des affaires brillantes, ne laisse cependant pas que de se soutenir honorablement.
Il ne va pas par trente-six chemins. Se dit d’une personne qui s’explique ouvertement, sans détour, qui brusque les façons et les cérémonies.
Le chemin de Saint-Jacques. Pour dire la voie lactée.
Prendre le chemin des écoliers. Prendre le plus long, faire de grands détours pour arriver au but.
Faire son chemin. Pour dire se produire, par venir, faire ses affaires.
Il ne faut pas aller par quatre chemins. Pour il ne faut pas tergiverser ; il faut se décider, dire franchement et sans ménagement ce que l’on pense.
Il trouvera plus d’une pierre dans son chemin. Pour, il rencontrera bien des obstacles.
À chemin battu il ne croit point d’herbe. Signifie qu’il n’y a aucun bénéfice à faire dans un état dont tout le monde se mêle en même temps.
Je te mènerai par un petit chemin où il n’y aura pas de pierres. Se dit par menace à un enfant mutin, pour je te ferai marcher droit ; et en riant, d’un chemin étroit et difficultueux, dans lequel on ne peut passer que les uns après les autres : c’est le chemin du paradis.
Il n’en prend pas le chemin.
Pour, il ne se met pas en mesure de faire telle ou telle chose ; de réussir dans une affaire quelconque.
Il prend le chemin de l’Hôpital. Se dit d’un prodigue, d’un dépensier, qui se ruine en de folles dépenses.
Aller droit son chemin. Se conduire avec probité, d’une manière franche et loyale.
Suivre le grand chemin des vaches. On dit plus communément la poste aux ânes ; ce qui signifie la routine ordinaire.

Conditionné

d’Hautel, 1808 : Il est bien conditionné. Se dit par raillerie d’un homme plein de vin qui, ne pouvant plus se soutenir, bat les murs.

Cordelier

d’Hautel, 1808 : Il a la conscience large comme les manches d’un cordelier. Se dit d’un homme peu délicat, peu scrupuleux.
Gris comme un cordelier. Ivre à ne pouvoir plus se soutenir, par allusion à l’habit que portoient ces religieux, et qui étoit de couleur grise.

Coup de gueule

France, 1907 : Injures. Discours furibonds comme en font, dans les réunions publiques, les orateurs de mastroquets qui gueulent plus qu’ils ne parlent.

— Vois-tu, Jean, le progrès social… les grandes phrases à panache, les théories allemandes, brumeuses, les coups de gueule ronflants des empaumeurs du populo, ça ne vaut pas ma petite recette : se soutenir, s’entr’aider, aimer les faibles, les petits… sans pose, sans embarras, à la bonne franquette !

(A. Roguenant, Le Grand soir)

Où est Thérése, l’étrange artiste avec ses strideurs de clairon qui dominaient le bruit de l’orchestre, ses inflexions gouailleuses, inouïes qui soulevaient des traînées de rires d’un bout à l’autre du beuglant, avec ses tyroliennes inrendables, ses coups de gueule et ses coups de croupe impudiques et endiablés, ses grimaces de pîtresse laide qui saturaient chaque refrain comme d’une pincée de Cayenne ?

(Riquet, Gil Blas)

As-tu fini d’être bégueule !
Assez d’azur, de sacrés monts ;
Pour qu’on t’entende, à pleins poumons,
Lance, Muse, un bon coup de gueule !

(André Gill, La Muse à Bibi)

Drapeau

d’Hautel, 1808 : Il ne se soutient non plus qu’un drapeau mouillé. Se dit d’un homme dont la foi blesse est telle, qu’il ne peut se soutenir.

Delvau, 1866 : s. m. Serviette, — dans l’argot des francs-maçons. Grand drapeau. Nappe.

Rigaud, 1881 : Drap de lit. Être sous les drapeaux, être couché.

Rigaud, 1881 : Serviette, — dans le jargon des francs-maçons. — Grand drapeau, nappe.

France, 1907 : Serviette ; argot des francs-maçons. Grand drapeau, nappe.

Faire balai neuf

Delvau, 1866 : v. n. Montrer un zèle exagéré qui ne pourra pas se soutenir, — dans le même argot [du peuple].

Boutmy, 1883 : v. Changer de conduite… quand celle qu’on a laisse à désirer. Il est rare que le balai neuf soit bien solide.

Martin, c’est nourrir un bel âne (nourrir)

France, 1907 : Ce dicton, encore en usage dans certaines provinces, s’applique aux parents qui élèvent de vaniteux imbéciles. On en trouve l’origine dans les manuscrits de Gaignières :

Un cordelier ayant esté convié par un seigneur de basse Bretagne de venir disner chez luy, plusieurs personnes le raillèrent sur son embonpoint ; une entre autres le voulant entreprendre, luy dit d’un ton sérieux :
— Pouvez-vous bien, mon père, aller à pied si chargé de graisse ?
— Non, repartit-il aussitost, je suis contraint de me servir d’un asne, encore ne vaut-il guères.
Un autre de la compagnie voulant pousser le moine, luy dist :
— Je crois que vostre couvent ne manque pas d’en entretenir de bons.
— Pardonnez-moy, répondit le moine, nos asnes sont si maigres, qu’a peine peuvent-ils se soutenir ; ce n’est pas comme vostre mère qui en nourrit de gros et gras. Aussi a-t-elle mieux moyen que nous de les entretenir.
La repartie fut trouvée d’autant meilleure que celuy qui parlait à ce père s’appelait Martin. C’est d’où est venu cet ancien proverbe : La mère qui a nourri Martin a nourri un bel asne.

Sentir

Vidocq, 1837 : v. a. — Aimer.

Larchey, 1865 : Aimer (Vidocq). — Ne pas sentir : Détester. — On dit de même : Avoir dans le nez (quelqu’un qu’on ne peut sentir).

Delvau, 1866 : v. a. Aimer, — dans l’argot du peuple, qui emploie surtout ce verbe avec la négative. Ne pas pouvoir sentir quelqu’un. Avoir répugnance à le rencontrer, à lui parler, le haïr enfin. On dit aussi Avoir dans le nez.

Rigaud, 1881 : Aimer. — Ne pas pouvoir sentir, détester. — Se sentir les coudes, être unis, se soutenir entre camarades.

Quand ils seront groupés, lorsqu’ils se sentiront les coudes, ce sera bien plus amusant.

(Figaro, du 14 juillet 1880)

Sentir les coudes (se)

France, 1907 : S’appuyer mutuellement, se soutenir comme les hommes d’un peloton qui se touchent les coudes pour se maintenir dans l’alignement. Dans la cavalerie, on sent la botte.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique