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Filer doux

Delvau, 1866 : v. n. Ne pas protester, — même lorsqu’il y a lieu ; souffrir ce qu’on ne peut empêcher. Argot des bourgeois.

Comme son lict est feict : que ne vous couchez-vous,
Monsieur n’est-il pas temps ? Et moi, de filer dous,

dit Mathurin Régnier en sa satire XIe.

Rigaud, 1881 : Se montrer soumis, obéissant.

France, 1907 : Ne pas se rebiffer, même sous les coups de trique ; recevoir apostrophes et affronts sans oser protester.

— Elle a cessé depuis cette fichue rencontre de jeter des pavés dans mon jardin, comme elle en avait l’habitude. Elle file doux avec moi maintenant, semble implorer mon silence !

(Albert Cim, Demoiselles à marier)

Gendarmer (se)

Delvau, 1866 : v. réfl. S’offenser. Signifie aussi : Regimber, résister.

France, 1907 : S’offenser, se rebiffer, protester.

Monter sur ses ergots

Delvau, 1866 : v. n. S’emporter, faire de violents reproches à quelqu’un, — dans l’argot du peuple. On dit aussi Monter sur ses grands chevaux.

France, 1907 : S’emporter, se rebiffer comme un coq.

Montrer les dents

France, 1907 : Se fâcher, se rebiffer, faire voir qu’on est prêt à riposter à une attaque.

Parlotteur

Delvau, 1866 : s. m. Bavard.

France, 1907 : Bavard ; orateur de réunions publiques ; débiteur de lieux communs.

Le système néo-chrétien de Tolstoï ne serait vrai que s’il réunissait un jour l’unanimité des suffrages, et ce jour-là est aussi loin que la Jérusalem céleste, et que tous les paradis promis. En attenant, il faut vivre avec les loups en leur résistant et en les refoulant le plus possible ; il faut faire valoir son droit à la force du poignet ; il faut toujours être prêts à se rebiffer contre l’exploiteur. Et si jamais la guerre devient impossible, si l’autorité croule et s’effondre, ce sera seulement quand le peuple conscient de sa force aura chassé tous les loups dévorants et ne consentira plus à servir les dirigeants, à nourrir les possédants. Nous, qui ne voyons pas plus l’histoire contemporaine et l’ensemble du mouvement actuel qu’un nageur sur le dos ne voit le mouvement des flots, nous ne savons pas trop si nous avançons ou si nous reculons ; et peut-être que, dans cinquante ans d’ici, quand nous serons tous claqués ou bien près, on dira des hommes de la fin du XIXe siècle que c’étaient des avachis, des parlotteurs et des imbéciles.

(Le Père Peinard)

Rebiffer

d’Hautel, 1808 : Se rebiffer. Regimber, faire le rétif ; répondre avec fierté, insolemment aux personnes à qui l’on doit du respect ; résister avec opiniâtreté à leurs ordres.

un détenu, 1846 : Faire une chose deux fois, ou bisser.

Rigaud, 1881 : Recommencer, — dans le jargon du peuple. — Tais-toi, t’as ton compte… ou je rebiffe. C’est un mot emprunté à l’argot des classes dangereuses.

Boutmy, 1883 : v. intr. Recommencer.

La Rue, 1894 : Recommencer. Regimber. Se révolter.

Rossignol, 1901 : Recommencer, de r’bif à la r’bif.

Tu ne vas pas r’biffer à me pincer, si tu r’biffes, prends garde à toi !

Hayard, 1907 : Recommencer, (se) se défendre.

France, 1907 : Recommencer, répéter. On dit aussi rebiffer au truc.

Elle rapporte an nouveau rafraîchissement d’absinthe au chanteur : « Tiens, mon petit, rebiffe au truc, c’est moi qui verse. »

(Louise Michel)

Ruer à la botte

France, 1907 : Être susceptible, se lâcher, se rebiffer : allusion aux chevaux qui ruent en sentant l’éperon : terme de cavalerie.

— Que vous avez tort, subséquemment, jeune homme, de vous cabrer et de ruer à la botte quand votre ami il vous explique ses raisons.

(E. Gaboriau, Le 13e hussards)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique