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Fouiller (tu peux te)

Larchey, 1865 : Tu n’auras rien. — Mot à mot : Si tu veux avoir mon argent, tu peux fouiller dans ta poche et te payer toi-même.

Justement mon propriétaire Vint me réclamer mon loyer. Je lui dis, feignant la colère : Tu peux te fouiller.

(Hardy, Chanson)

Rigaud, 1881 : Tu n’obtiendras rien, il n’y a rien pour toi.

Veux-tu me rendre un service ? — Tu peux te fouiller.

Mot à mot : tu peux regarder dans tes poches pour voir si tu peux te le rendre. — Cette expression est encore prise dans le sens de : tu te trompes ; s’il croit que je l’aime, il peut se fouiller.

Et Champfleury, Sarcey, Scholl, Zola, etc… etc… peuvent se fouiller.

(L’Étrille, janvier 1879)

Virmaître, 1894 : Tu n’auras rien, ou il ne reste rien (Argot du peuple).

Mille-pattes

Merlin, 1888 : Infanterie, régiment ou bataillon de fantassins. Le mot fait image.

Fustier, 1889 : Fantassin.

France, 1907 : Sobriquet donné par les cavaliers aux fantassins.

Il arrive parfois
Que la bourse est bien plate,
On n’est pas des bourgeois
Quand on est mille-patte,
Si l’on n’peut se payer
Sa petite chopine,
Faut souvent se fouiller
Passant d’vant la cantine !…
Aussi vive mon quart de vin
Dont la distribution sonne !
Vive ce nectar purpurin !
Vive la France qui le donne !

Mine à poivre

France, 1907 : Cabaret.

Lui était un bon, un chouette, un d’attaque. Ah ! zut ! le singe pouvait se fouiller, il ne retournerait pas à la boîte, il avait la flemme. Et il proposait aux deux camarades d’aller au « Petit bonhomme qui tousse », une mine à poivre de la barrière Saint-Denis, où l’on buvait du chien tout pur.

(Émile Zola, L’Assommoir)

Monter le bobéchon

France, 1907 : Tromper.

Partout germent les riches idées : partout poussent les bons bougres ! Oui, partout, même en Vendée — ce département qui, avec trois ou quatre autres de la Bretagne, avait la réputation d’être tant et plus sous la coupe des curés. Il n’en est rien, foutre ! — les Vendéens et les chouans sont de vieux souvenirs — et la calotte et le roy peuvent se fouiller : pas plus qu’à ceux d’ailleurs, ils ne monteront le bobéchon.

(Le Père Peinard)

Palper (pouvoir se)

Fustier, 1889 : Ne pas obtenir ce que l’on désire. C’est une variante de pouvoir se fouiller. (V. ce mot au Dictionnaire)

C’est pour ça que vous m’avez fait monter ? Ah bien ! Vous pouvez vous palper, par exemple !

(Événement, octobre 1885)

Se fouiller

Rossignol, 1901 : « Je compte sur de l’argent qui m’est du, mais je crois que je peux me fouiller. Je ne l’aurai pas. »

Serrure (avoir mis un cadenas à sa)

France, 1907 : Se dit d’une femme résolue à renoncer aux hommes et à l’amour.

Elle disait à chaque lâchage : « Non, c’est fini, j’en ai soupé des hommes, tous des mufles ; à partir d’aujourd’hui, ils pourront se fouiller : je mets un cadenas à ma serrure. »

(Les Joyeusetés du Régiment)

Taper (se)

Fustier, 1889 : Se voir refuser quelque chose ; s’en passer. — Se masturber.

La Rue, 1894 : Se voir refuser un objet ou ne pouvoir se le procurer.

France, 1907 : N’avoir rien, synonyme de se fouiller. Se taper de quelque chose, s’en passer.

Si l’on n’avait que celui-là pour dire ou pour chanter quelque chose pendant la soirée, pour sûr, on pouvait se taper.

(André Desroches, L’éternelle illusion)

Trompion

Hayard, 1907 : Clairon.

France, 1907 : Trompette ; le soldat qui joue de cet instrument.

Tout le monde connaît l’histoire de ce trompette qu’un tambour avait appelé collègue.
— Collège ! fit le trompette d’un air superbe. Apprends qu’un chien est un chien, qu’un tambour n’est rien et qu’un trompette est un musicien.
— Possible, répondit le tambour justement froissé, mais ce qu’il y a de certain, c’est que parmi les grands hommes du Panthéon on trouve un tapin… tandis qu’on peut se fouiller pour y découvrir un trompion !

(A. Foubert, Le 39e d’artillerie)


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Dictionnaire d’argot classique