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Aligner (s’)

Delvau, 1866 : Se battre en duel, — dans l’argot des troupiers.

Rigaud, 1881 : Avoir affaire à, dans le jargon du régiment. S’emploie surtout dans l’expression : Allez donc vous aligner avec des types pareils ! c’est-à-dire : allez raisonner avec de pareilles brutes !

Merlin, 1888 : Se battre en duel.

Virmaître, 1894 : Les duellistes s’alignent pour se battre. Quand un travail est très soigné l’ouvrier dit avec fierté : Hein ! comme c’est aligné. Quand il s’agit d’argent, aligner est synonyme d’allonger (Argot des voleurs).

Coup de torchon

Delvau, 1866 : s. m. Baiser, — dans l’argot des faubouriens, qui sans doute, veulent parler de ceux qu’on donne aux femmes maquillées, dont alors les lèvres essuient le visage.

Rigaud, 1881 : Duel au sabre, en terme de régiment. Se flanquer un coup de torchon.

France, 1907 : Combat, bataille.

— Eh ! margi, lui criai-je à travers les barreaux de ma lucarne, quoi de nouveau ?
— Il y a qu’on va se flanquer des coups de torchon, mon fils. Une belle occasion de dépuceler ton sabre.

(Hector France, L’Homme qui tue)

Hop là ! hardi ! Il va y avoir un coup de torchon !
Pas un pioupiou ne boude.
Sac au dos ! empoignez-moi votre flingot, la cartouchière sur le bedon, et, pas gymnastique, en avant, marche !

(Traité de civilité militaire et honnête, enseignée par Dache)

Se donner un coup de torchon, se battre en duel.

Coup de torchon (se donner un)

Delvau, 1866 : v. réfl. Se battre en duel ou à coups de poing, comme des gentilshommes ou comme des goujats. C’est une façon comme une autre d’essuyer l’injure reçue. Même argot [des faubouriens].

Découdre (en)

Delvau, 1866 : v. n. Se battre en duel ou à coups de poing, — dans l’argot du peuple et des troupiers.

Rigaud, 1881 : Se battre à l’arme blanche. Mot à mot : découdre la peau. Il faudra en découdre.

France, 1907 : Se battre.

Il est loin le temps des alarmes
Où nous subissions les affronts,
En refoulant du poing nos larmes,
En baissant humblement nos fronts,
Nous avons le fusil, la poudre,
Les hommes tant qu’il en faudra,
Et, ma foi, s’il faut en découdre,
Gare à qui nous attaquera !…

(Henri Buguet)

Déjeuner à la fourchette

Merlin, 1888 : Se battre en duel. C’est le matin qu’on se rend, en effet, généralement sur le terrain ; mais comme dans le métier militaire on se bat parfois pour des motifs futiles et qu’avec les précautions prises, le duel n’a, la plupart du temps, aucun résultat fâcheux, il n’est pas rare que l’incident soit suivi d’un véritable déjeuner à la fourchette.

France, 1907 : Duel au sabre ou au fleuret ; argot militaire.

Gorge

d’Hautel, 1808 : Faire grosse gorge. Se pavaner, faire l’orgueilleux, tirer vanité de quelque chose.
Ses ris ne passent pas le nœud de la gorge. Se dit de celui qui rit par complaisance ; d’un homme froid, flegmatique et sérieux, qui ne rit que forcément.
Rire à gorge déployée. Pour dire follement ; de toutes ses forces.
Rendre gorge. Pour vomir, dégobiller.
C’est un bon mâle, il a la gorge noire. Se dit d’un garçon jeune et vigoureux qui a la barbe noire et bien fournie.
Mettre le pied sur la gorge à quelqu’un. Tenir quelqu’un de très-près, l’opprimer ; ne pas lui donner de répit qu’il n’ait satisfait à ce qu’on exige.
Prendre quelqu’un à la gorge. En agir mal avec lui, le traiter de turc à more.
Se couper la gorge. Se battre en duel ; vider un différent à la pointe de l’épée.
Un coupe gorge. Lieu obscur et dangereux, où il ne fait pas bon à se trouver seul pendant la nuit.

Delvau, 1866 : s. f. Étui, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Étui, — dans le jargon des voleurs.

La Rue, 1894 / France, 1907 : Étui.

Guerroyer

d’Hautel, 1808 : Se battre en duel, se quereller, se disputer, se chicaner continuellement.

Latte

d’Hautel, 1808 : Pour épée, sabre.
Tirer la latte. Pour se battre au sabre ou à l’épée.
Gras et dodu comme une latte. Voy. Gras.
Tu me scies le dos avec une latte. Pour, tu m’impatientes, tu m’obsèdes par tes propos.

Delvau, 1866 : s. f. Sabre de cavalerie, — dans l’argot des troupiers. Se ficher un coup de latte. Se battre en duel.

Rigaud, 1881 : Sabre de cavalerie. — Sabre droit des dragons, — dans l’argot du régiment.

Merlin, 1888 : Sabre de cavalerie.

France, 1907 : Sabre droit ; le sabre recourbé est le bancal. « La latte était portée par la grosse cavalerie, le bancal par la cavalerie légère. »

Mener pisser

Delvau, 1866 : v. a. Forcer un homme à se battre en duel. Argot des troupiers. On ne le mène pas pisser ! Une phrase de l’argot du peuple, qui emploie pour indiquer le caractère d’un nomme qui ne fait que ce qu’il veut, et non ce que les autres veulent. Elle se trouve dans Restif de La Bretonne.

Rigaud, 1881 : Pousser quelqu’un à se battre en duel, — dans le jargon des troupiers.

France, 1907 : Forcer un homme à se battre en duel. On sait quel effet produit la peur sur la vessie. Henri IV déclarait bravement qu’avant chaque bataille il pissait dans ses chausses.

Pré (aller sur le)

France, 1907 : Se battre en duel, synonyme d’aller sur le terrain.

Il avait été malmené par un sous-officier et voulait à toute force se battre avec lui… Je mis le holà en lui expliquant qu’il risquait le conseil de guerre, attendu que pour un brigadier-fourrier, un maréchal des logis était un supérieur hiérarchique. Quelques jours plus tard, il se prenait de bec avec un brigadier et voulut encore aller sur le pré. Je m’y opposai, en lui disant que le brigadier-fourrier était le premier brigadier de l’escadron, qu’il commandait aux autres et devait être considéré comme leur supérieur. Alors de s’écrier avec un désespoir comique : « Mais, mon capitaine, vous ne voulez pas que je me batte avec des sous-officiers ; vous ne voulez pas que je me batte avec les brigadiers Avec qui voulez-vous que j’aille sur le pré ? »

(Général Du Barail, Mes Souvenirs)

Rafraîchir d’un coup de sabre (se)

Larchey, 1865 : Se battre. — Allusion à la sensation du froid qu’on éprouve en sentant la lame pénétrer dans les chairs.

Un officier lui demanda s’il voulait se rafraîchir d’un coup de sabre.

(Ed. Lemoine)

Rigaud, 1881 : Se battre en duel au sabre, dans le jargon des troupiers.

Torchon (coup de)

Rigaud, 1881 : Fusillade ; coups de fusil, coups de sabre. Se donner un coup de torchon, se battre en duel à l’arme blanche, se battre contre l’ennemi, dans le jargon des troupiers.

France, 1907 : Bataille, lutte ; argot militaire.

Oh ! il n’y a pas à se le dissimuler, le coup de torchon se donnera avant peu. Quel est celui qu’il faudra nettoyer le premier ?…
Voilà la question posée et que doivent résoudre les patriotes qui nous mèneront au feu.

(La Baïonnette)

Duel au sabre. Se flanquer un coup de torchon.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique