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Plaque tournante

France, 1907 : Cœur.

Ils prirent chacun leur lingue et commencèrent à se scionner jusqu’à ce que la plaque tournante leur pétât.

Scionner

un détenu, 1846 : Assassiner avec un couteau.

Delvau, 1866 : v. a. Battre quelqu’un, le bâtonner.

Delvau, 1866 : v. a. Tuer, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Tuer à coups de couteau.

Nous ferons joliment notre beurre et tu pourras le scionner après.

(F. du Boisgobey)

La Rue, 1894 : Tuer à coups de scion (couteau).

Virmaître, 1894 : Tuer quelqu’un avec un couteau (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 : Frapper à coups de couteau.

France, 1907 : Tuer à coups de couteau.

Et quand i’veut r’piquer au tas
Ou quand i’veut gueuler je l’scionne…
J’y crèv’ la peau, je l’fous en bas ;
Des fois, pour m’amuser, je l’sonne…
Ben oui, je l’sonne ! Et pis après ?
J’attrap’ les deux oreill’s du gonce
Et pis j’y cogn’ la têt’ su’l’grès,
Pas su’l’pavé d’bois… ça s’enfonce.

(Aristide Bruant, Dans la Rue)

Watriner

Fustier, 1889 : Tuer, assassiner et, par extension, détruire, renverser par force. Allusion au meurtre que commirent, au mois de février 1886, les mineurs de Decazeville sur la personne de leur sous-directeur, M. Watrin, dont ils prétendaient avoir à se plaindre.

Il ne manque dans ma boutique
Que le tonnerre et les éclairs
Pour watriner toute la clique
Des exploiteurs de l’univers.

(Galette anecdotique, février 1887)

En avant ! et watrinez les obstacles qui entravent votre mouvement.

(Grève sociale, février 1886)

De watriner on a fait watrinade qui, pour les révolutionnaires, est synonyme de vengeance, de représailles et qui, pour les honnêtes gens, signifie tout simplement crime, meurtre, assassinat.

Hier encore, un ouvrier jugeait à propos de tirer sur son patron. Le Cri du Peuple, naturellement, exalte le courage de l’assassin et qualifie de watrinade ce qui est un crime.

(Parti national, mars 1887)

France, 1907 : Assassiner le contremaitre ou le patron ; néologisme créé depuis l’assassinat de l’ingénieur Watrin par ses propres ouvriers aux troubles de Decazeville en 1886. C’est une expression très caractéristique et spéciale à ajouter à celles indiquant l’acte de tuer son prochain et dont voici les principales : abasourdir, buter, capahuter, cônir, couper le sifflet, crever la paillasse, chouriner, décrocher, dégringoler, démolir, descendre, dévisser le trognon, écharper, endormir, entailler, envoyer ad patres, érailler, esbasir, escarper, escoffier, estourbir, estrangouiller, expédier, faire banque, faire flotter, faire passer le goût du pain, faire un macchabée, faire suer un chêne, faire la grande soulasse, faire le pante, foutre à l’ombre, laver son linge dans la saignante, lingrer, moucher le quinquet, rebâtir, rebouisser, refroidir, sabler, saigner, scionner, suager, sonner, suriner, terrer, tortiller le gaviot, tourner la vis, tourlourer, watiner.

J’ai ce qu’il faut dans ma boutique,
J’ai le tonnerre et les éclairs,
Pour watriner toute la clique
Des affameurs de l’univers.

(Chanson anarchique.)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique