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Évêque d’or, crosse de bois

France, 1907 : Ce dicton, auquel on ajoute crosse d’or, évêque de bois, est encore en usage en province. On sait que la crosse de l’évêque représente la houlette du pasteur ; et c’était par le fait, dans les premiers temps du christianisme, un simple bâton que l’on remettait dans l’assemblée des fidèles, insigne de ses fonctions pastorales, à l’évêque où surveillant que l’on venait d’élire. C’était alors une dignité purement honorifique donnée à celui jugé le plus digne. Mais plus tard, quand à ces fonctions s’attachèrent de gros émoluments, avec la fortune diminua la vertu. La crosse, simple bâton ayant la forme d’un T et qui servait à s’appuyer, devint un luxueux sceptre, et de même que la crosse de bois devint crosse d’or, l’évêque d’or devint évêque de bois. C’est ce qui s’exprimait en latin : episcopus aureus, pedum ligneum ; episcopus ligneus, pedum aureum.

Marionnettes

d’Hautel, 1808 : On lui fera danser les marionnettes. Pour, on lui apprendra à vivre ; on le mettra dans un droit chemin.
C’est une véritable marionnette. Se dit d’un homme léger ; d’un farceur ; d’un mauvais bouffon.

Delvau, 1866 : s. f. pl. Partisans, mâles ou femelles, d’une bastringueuse du nom de Maria, qui florissait en l’an de grâce 1839 à la Grande-Chaumière et à la Chartreuse, et à qui une autre joueuse de flûte du nom de Clara disputait le sceptre du cancan et le prix de chahutage. Les partisans de cette dernière s’appelaient Clarinettes.

N

France, 1907 : Initiale de nomen ou de nescio que l’on trouve dans certains annuaires et les almanachs pour remplacer un nom absent, à moins que ce ne soit celle de nihil (rien).
L’intermédiaire des chercheurs et curieux donne, à ce sujet, deux plaisants quatrains :

N n’est-il pas là pour nullus ?
C’est un zéro ; place vacante,
Mais alors c’est chose évidente,
N vaut souvent le de cujus !

(C. H)

N, n’est-ce pas le roi de France ?
Ce fut l’empereur des Français !
N tient le sceptre et la balance,
Nous voyons avec quel succès !

(M. B. T.)

Tenorino

France, 1907 : Petit ténor.

Par-dessus les grands désarrois
Où roulent Sceptres, Mitres, Croix,
Les forains sont les derniers rois.
Lorsque la peur nous déconseille
La Guerre, bacchante à la seille
Pleine de sang, reste Marseille.
Ou ce joli ténorino
Qui défie et vainc, tout en eau,
Quatre lions, Juliano !

(Catulle Mendès)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique