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Bille de bœuf

Rigaud, 1881 : Saucisson, — dans le jargon des voleurs.

Cervelas

Delvau, 1864 : Nom que donnent au vit la plupart des cuisinières ; aussi bien que : boudin, saucisson, andouille, bout de viande, etc., selon la forme, la longueur ou la grosseur de l’objet, qui est un produit de la cochonnerie.

Oui, mon cher, à vot’ cervelas
On a fait un’ rude’ brèche…
Vous n’me l’mettrez pas, Nicolas :
Je n’aim’ que la viand’ fraîche.

(J. E. Aubry)

Comestaux

Rigaud, 1881 : Comestibles. Tout ce qui se vend à la cantine des prisons est connu sous le nom de comestaux, le fromage aussi bien que le saucisson. Se pousser deux ou trois comestaux, manger deux ou trois objets de consommation. Il y a des comestaux depuis un jusqu’à trois pétards.

France, 1907 : Comestibles.

Cric ! crac !

France, 1907 : Interjection usitée dans les chambrées pour s’assurer que personne ne dort quand on raconte une de ces mirobolantes histoires telles que celle du caporal La Ramée, ou celle de la princesse amoureuse du gendarme. Lorsqu’un narrateur se doute qu’un des membres de son auditoire dort, il s’interrompt pour crier cric ! et tous de répondre : crac ! Celui qui ne répond pas est mis à l’amende. Le Petit Piou-piou en donne un amusant exemple :

« Cric ! crac ! sabot, cuillère à pot, sous-pied de guêtre !… marche avec ! a force de marcher, on fait beaucoup de chemin, surtout si on ne tombe pas dans la m…élasse, on n’a pas la peine de se débarbouiller. Je traverse un fossé où il y avait cent pieds de moutarde ; on prenait la respiration par la première boutonnière de la guêtre. Je passe une Forêt où il n’y avait pas d’arbres et j’arrive dans un village où il n’y avait pas de maisons ; je frappe à la porte, tout le monde me répond. — Pan pan ! — Qui est là ? — C’est moi, ma petite Fanchon. — Attends que je fiche mon mari à la porte et que je tire le cordon. La place est chaude, viens donc. Veux-tu du poulet ou du dindon, du lard ou du cochon, de la soupe ou du bouillon, du saucisson, un oignon, où simplement une boule de son ? — Non, non, je suis bon garçon, et je me contente de baiser ton joli piton, tes petits pétons, et tes deux amours de tétons. — C’est bon ! maintenant vas-y et conte donc ! » Alors Brisquart commence. Un jour, il dit les farces de La Ramée, un autre, Aladin ou la Lampe merveilleuse, puis les trois poils du… du diable, car il en a un véritable sac, et toutes plus tordantes les unes que les autres. Écoutez et ne ronflez pas surtout, on n’aime pas le son de l’orgue. Soyez prêt lorsqu’il criera cric ! afin de voir si on ne dort pas, à répondre crac ! car ce n’est pas gai de conter pour les gamelles et les bidons.

Ficelé

Rigaud, 1881 : Habillé. Bien ficelé, mal ficelé, bien mis, mal mis ; par allusion à la ficelle qui habille les saucissons.

Virmaître, 1894 : Se dit de quelqu’un bien habillé, tiré à quatre épingles (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Celui qui est correctement vêtu est bien ficelé.

France, 1907 : Habillé. Être bien ou mal ficelé. Ficelé comme l’as de pique ou l’as de trèfle, être mis d’une façon négligée ou ridicule.

Palmyre. — Je vous conseille de vous plaindre. Seulement, vous m’attrapez, parce que je suis une petite couturière avec laquelle vous marchandez… Vous iriez chez Larossi ou chez Commpoivre, vous n’oseriez pas réclamer à cause des cocottes qui sont là, vous payeriez ce qu’on vous demanderait, et vous seriez ficelées comme l’as de trèfle.

(Maurice Donnay)

Nous sommes tous fort laids même en habit de fête ;
Boutonnés, ficelés, et traînant notre ennui,
Les pieds dans deux tuyaux, un tuyau sur la tête,
Les deux bras engainés, le corps dans un étui
Que fabrique un tailleur pour les preux d’aujourd’hui.

(Aurélien Scholl)

Graoudjem

Rigaud, 1881 : Charcutier, — dans le jargon des voleurs. — C’est gras-double estropié et doté de la terminaison jem. — Faire un graoudjem à la dure, voler un charcutier, voler du saucisson.

Ligotter

Ansiaume, 1821 : Garotter.

Ils ont ligotté le messière pour lui rifauder les paturons.

Vidocq, 1837 : v. a. — Lier avec des cordes.

Clémens, 1840 : Attacher.

Delvau, 1866 : v. a. Lier, — dans le même argot [des voleurs].

Virmaître, 1894 : Attacher les mains. Quand le prisonnier est trop récalcitrant, on le ficèle comme un saucisson (Argot du peuple).

France, 1907 : Attacher au moyen d’une corde, d’une courroie ou d’une ficelle.

Nul mieux que lui ne savait prendre un malfaiteur sans l’abîmer, ni lui mettre les poucettes sans douleur, ou le ligotter sans effort.

(Mémoires de M. Claude)

Limousine

Vidocq, 1837 : s. m. — Plomb.

Delvau, 1866 : s. f. Blouse de charretier.

Delvau, 1866 : s. f. Plomb, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Plomb en feuille ; toit en plomb.

La Rue, 1894 : Plomb en feuille.

France, 1907 : Blouse de charretier.

France, 1907 : Plomb en feuille appelé aussi gras-double, saucisson.

Saucisson

France, 1907 : Plomb de toiture volé. Les voleurs le roulent pour l’emporter plus aisément en forme de saucisson. Porter du saucisson au moulin, porter du plomb volé chez le recéleur. Voir Gras-double.

Saucisson à pattes

France, 1907 : Personne petite et grasse.

Saucisson de Bologne

Rigaud, 1881 : Personne courte et grosse. La variante donne : Saucisson à pattes.

Saucisson ficelé

France, 1907 : Individu de mauvaise tournure, qui ne sait que faire de ses bras ni de ses jambes.

Saucissonner

France, 1907 : Manger du saucisson spécialement le vendredi saint, pour narguer les dévots. Les dîners au saucisson inventés par Léo Taxil ont été pendant quelques années fort en vogue.

C’est aujourd’hui vendredi saint,
Le poisson me paraît peu sain :
Dans une fraternelle agape
Gobichonnons,
Saucissonnons
Et fichons-nous du pape.

(É. Blédort)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique