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Barbe (avoir de la)

Rigaud, 1881 : Locution usitée dans le jargon des gens de lettres, pour désigner une vieille histoire qui a couru toute la Presse. — Histoire qui a une barbe de sapeur, histoire très vieille, très connue.

Bonnet à poil

Virmaître, 1894 : Le bonnet que portaient les grenadiers et les sapeurs. Cette coiffure a été supprimée. On l’applique à un tout autre objet (Argot du peuple). V. As de pique. N.

Boucs du régiment ou bonnes du colonel

Merlin, 1888 : Les sapeurs.

Escrime

Delvau, 1864 : Combat amoureux, fouterie.

Depuis que’q’temps j’ai l’estime
D’un sapeur pompier,
Qui m’donn’ des leçons d’escrime
En particulier.

(Ch. Colmance)

Percez-moi de tierce et de quarte ;
Songez que c’est pour notre bien,
Fendez-vous bien,
Et tâchez que votre coup parte
Dans le même instant que le mien.

(Ch. Lepage)

Rigaud, 1881 : Employé aux écritures, — dans le jargon du régiment. C’est une déformation du mot scribe.

France, 1907 : Employé de bureau militaire.

Licher

anon., 1827 / Bras-de-Fer, 1829 : Boire.

Larchey, 1865 : Aimer les bons plats, faire débauche. — Jadis, on disait licharder.

Je liche chez le mannezingue, motus !

(Paillet)

Buvons plutôt bouteille. En lichant, nous ne penserons pas à toutes ces bagatelles.

(Chanson poissarde, 1772)

Larchey, 1865 : Boire. — V. Béquiller.

Puis il liche tout’la bouteille. Rien n’est sacré pour un sapeur.

(Houssot)

Delvau, 1866 : v. a. et n. Manger et boire à s’en lècher les lèvres.

France, 1907 : Boire.

Il a liché toute la bouteille,
Rien n’est sacré pour un sapeur.

(Répertoire de Thérésa)

En Normandie, les hommes accompagnent leurs sœurs ou leurs femmes jusqu’au seuil du saint lieu, puis ils se distribuent dans les joyeux petits bouchons des alentours, où l’on fait si bien la partie en lichant un coup de cidre ou de marc jusqu’à l’heure où la cloche sonore annonce aux « sexe fort » qu’il faut aller rechercher les « sexe faible. »

(Marc Anfossi)

France, 1907 : Lécher, embrasser.

Et tous les poissons lubriques, comme anguilles, congres, lamproies, ainsi nommés vulgairement parce qu’ils lichent les pierres.

(Prosper Colonius)

Tu resteras pour licher mes blessures ;
Mon pauvre chien, ne me quitte jamais.

(Vieille complainte)

Je ne connais rien de plus agréable que de passer une semaine ou deux sans apercevoir un journal ; c’est ce qui vient de m’arriver, et je m’en fiche encore les paupières ; mais toute médaille a un revers : j’ai fini par m’apercevoir, à la longue, que ce n’était pas le moyen de se tenir au courant de l’actualité.

(Grosclaude)

France, 1907 : Manger.

Je te bénis, ô mon poète,
Car c’est son rêve, à ta Nini,
D’aller licher chez Tortoni.

(Léon Rossignol)

Mal rasés

Merlin, 1888 : Sapeurs.

Petit chapeau

France, 1907 : Nom donné aux élèves de l’École polytechnique qui, à certaines années exceptionnelles, sont envoyés sur demande à l’École d’application de l’artillerie et du génie, après une seule année de séjour à l’École. Ils conservent à Fontainebleau l’uniforme et le chapeau de Polytechnique pendant une année jusqu’à ce qu’ils soient promus sous-lieutenants. Les premières promotions de petits chapeaux datent de 1840 et 1841. « Dans les salons de la ville de Metz, disent MM. Albert Lévy et G. Pinet, les danseuses remarquèrent l’élégance du chapeau de ces polytechniciens, à côté du formidable blockhaus des artilleurs et de l’immense frégate des sapeurs ; ce furent elles qui baptisèrent les nouveaux venus du nom de petits chapeaux… Les petits chapeaux sont promus sous-lieutenants le 30 septembre, un peu avant leurs camarades de la promotion régulière ; ils arrivent au régiment un an plus tôt. »

Nous formons trois belles brigades,
Très fiers d’avoir lâché l’X,
Et sachez, pauvres camarades,
Qu’il n’est chez nous que des phénix,
Les moins malins ont l’assurance,
Dans quinze ans, d’être généraux :
Nous faisons une poire intense,
Car nous sommes petits chapeaux.

(Les Petits Chapeaux)

Poil au cœur (avoir du)

France, 1907 : Euphémisme généralement ignoré des faubouriens et des soldats qui lâchent le mot cru.

Voyez les jolis sapeurs,
Des belles vainqueurs,
Les soldats d’élite !
Voyez, les jolis sapeurs,
Des belles vainqueurs,
Ont du poil sur le cœur !

(Griolet)

Poitrine de velours

France, 1907 : Sapeur du génie ; argot populaire ; allusion au plastron de velours noir qu’il portait avant l’inepte unification des uniformes.

Pompier

Larchey, 1865 : Ouvrier tailleur travaillant à la journée.

Les pompiers réunis forment la pompe. Il y a la grande et la petite pompe : la grande, pour les habits et redingotes ; la petite, pour les pantalons et gilets.

(Roger de Beauvoir)

Delvau, 1866 : s. m. Ivrogne, — dans l’argot des faubouriens.

Delvau, 1866 : s. m. Mouchoir, — dans l’argot des voyous.

Delvau, 1866 : s. m. Ouvrier chargé de faire les poignards, — dans l’argot des tailleurs. Pompière. Ouvrière qui a la même spécialité pour les petites pièces.

Delvau, 1866 : s. m. Scie chantée à certaines fêtes de l’École polytechnique. Pompier d’honneur. Scie musicale, spécialement chantée le jour des élections du bureau de bienfaisance de l’École, au commencement du mois de mai.

Rigaud, 1881 : Élève qui se prépare au baccalauréat, — dans le jargon du collège. — Ainsi dénommé à cause de la masse des connaissances que ses examens le forcent d’absorber. (Albanès)

Rigaud, 1881 : Mélange de vermout et de cassis, boisson très appréciée des voyageurs de commerce.

Rigaud, 1881 : Mouchoir. — Pompier de service, mouchoir très sale.

Rigaud, 1881 : Ouvrier tailleur chargé de retoucher les vêtements.

Il y a la grande et la petite pompe : la grande pour les habits et redingotes, la petite pour les pantalons et les gilets.

(R. de Beauvoir, cité par L. Larchey)

Rigaud, 1881 : Tapage organisé et accompagné de chants, — dans l’argot de l’École. Piquer un pompier, se livrer à une bruyante manifestation. (L. Larchey)

Fustier, 1889 : Dans l’argot spécial des marchands de vin le pompier est une boisson apéritive composée de vermouth et de cassis.

Fustier, 1889 : Membre de l’Institut de France.

Des jeunes gens riaient en apercevant là-bas le profil de quelque professeur de l’Institut. Au feu ! au feu ! Voilà un pompier.

(J. Claretie, Le Million)

La Rue, 1894 : Mouchoir. Ivrogne. Bruyante manifestation.

France, 1907 : Ivrogne. Il pompe. Argot populaire.

France, 1907 : Mélange de vermouth et de cassis ; argot des mastroquets.

France, 1907 : Membre de l’Institut.

France, 1907 : Mouchoir de poche.

France, 1907 : Ouvrier tailleur employé aux réparations des vêtements mal confectionnés.

France, 1907 : Peintre de la vieille école académique, appelé ainsi à cause des casques dont sont coiffés les héros de la Grèce et de Rome ; argot des ateliers. Par extension, on appelle ainsi en littérature un auteur attaché aux vieux modèles, un classique.

Je me suis laissé appeler pompier. Pour peu que l’argot des ateliers et du boulevard vous soit familier, il ne vous échappera pas que c’est là un qualificatif accablant. Pompier, dans son énergique concision, signifie que j’aime comme une ganache, et que j’exprime avec un lyrisme de savetier certaines idées vieillottes, dont n’est pas dupe le dilettantisme tout à fait supérieur du penseur qui me traitait ainsi.

(George Duruy, Le Figaro)

On emploie aussi ce mot adjectivement.

Racine, un grand poète ! Ç’a l’air pompier, d’écrire cette vérité. Ce ne l’est pas. Rappelez-vous le jugement frivole et féminin par lequel Mme de Sévigné condamnait Racine à cultiver de peu vivaces caféiers, le mot railleur de La Bruyère : « Racine est un poète et Corneille est Corneille » ; et, sans aller si loin, songez à l’époque où Racine fut déclaré par les poètes romantiques : un « sale polisson ».

(Le Journal)

France, 1907 : Terme injurieux appliqué dans les régiments aux conscrits maladroits et d’un mauvaise tournure ; allusion non aux sapeurs-pompiers de Paris, corps d’élite, mais aux pompiers de Nanterre et autres localités de province où la tenue et la correction laissent à désirer et que la chanson et l’image ont caricaturés.

— Appuyez à droite, appuyez ! hurlait le sous-officier de semaine. Le sept, le huit, le neuf, le dix, le onze et le douze, en arrière ! Et toute la bande, là-bas, demandez-moi ce qu’ils fabriquent. Voulez-vous appuyer, tonnerre ! Encore ! Encore, donc !… Pompiers, va ! Là ! c’est bien ! Assez ! ne bougez plus.

(Georges Courteline)

Saper

Rigaud, 1881 : Condamner. — Saper au glaive, condamner à mort.

La Rue, 1894 : Condamner. Sapement, condamnation. Sapeur, juge.

France, 1907 : Condamner. Saper au glaive, condamner à mort.

— Je ne suis pas plus nière que vous… vous ne savez donc pas que j’ai sapé avant vous !… mais je ne veux pas que vous entriez ici en l’absence du patron… vous êtes cinq, vous ne me faites pas peur…

(Ed. Lepelletier, Les Secrets de Paris)

Sapeur

Delvau, 1866 : s. m. Homme qui ne respecte rien, — dans l’argot des bourgeoises, qui n’aiment pas les gens barbus. D’où la fameuse chanson à la mode :

Rien n’est sa…a…cré pour un sapeur !

Rigaud, 1881 : Cigare presque entier, — dans l’argot du peuple.

Virmaître, 1894 : V. As de pique.

France, 1907 : Cigare en partie fumé ; argot populaire.

France, 1907 : Juge ; argot des voleurs ; de saper, condamner.

France, 1907 : La toison des parties sexuelles de la femme.

France, 1907 : Ouvrier des champs travaillant seul avec une sape.

Tablier de sapeur

Delvau, 1864 : Motte bien garnie de poils, noirs, blonds ou rouges, longs ou frisés… On dit aussi ; Barbe au con.

Clara, elle, avait une gorge superbe, des fesses splendides, et un adorable petit con, protégé par un formidable tablier de sapeur.

(J. Le Vaixois)

Taupe de rempart

France, 1907 : Sapeur du génie ; argot militaire. On dit aussi taupier.

Zig, zigue

Rigaud, 1881 : Camarade, ami. — Bon zig, zig d’attaque, bon camarade, camarade sur lequel on peut compter. — Le premier venu. Connais-tu le zig ? connais-tu l’individu ?

France, 1907 : Bon compagnon, homme brave, camarade sur lequel on peut compter. Quand les ouvriers disent en parlant de quelqu’un : « C’est un zigue », c’est le plus bel éloge qu’ils puissent faire.

— Savez-vous si on s’est battu, place Clichy ?
— Toute la nuit !
— Toute la nuit ?
— Oui. Les Versaillais, à ce qu’il parait, n’ont pas trouvé de résistance sur les grands boulevards, et ils ont marché sur Montmartre plus tôt qu’on ne croyait. Mais la barricade a tenu quatorze heures. C’est des zigues, ceux qui étaient là !

(Catulle Mendès, La Maison de la vieille)

Zig à la coule, individu malin, habile, qui connait son affaire.

Bien astiqués, après la soupe, en bande,
Chez le troquet on pinte, on liche sec ;
Chacun son tour ; on arrose, on commande,
Et l’on rigole en se rinçant le bec,
L’sapeur Beaupoil qu’est un zig à la coule,
Est en train d’faire un récit épatant,
V’là que soudain, quand tout l’monde se roule,
Pan !
De la retraite, soldats, voici l’heure,
Il faut rentrer !
Allons, troupiers, rentrons vite au quartier,
Le conscrit maladroit qui trop longtemps demeure
Et laisse passer l’heure
Sera puni par son sous-officier.

(Chant de la retraite)

Zigue à poil, individu courageux.

C’était le bon temps, nom de dieu ; les ouvriers ambitieux n’avaient pas encore fait leur trou (Joffrin n’était que mécanicien), si bien que les zigues à poil ne se mangeait pas le nez. Ah ! mon petit, ça a bougrement changé depuis !

(Le Père Peinard, 1889)

Citons, au sujet du mot zigue, une observation de M. Génin : « Un fait d’argot des plus curieux, dit-il, c’est le synonyme que donne aujourd’hui le peuple à un mot (bougre) : « C’est un bon zigue » « Tu es un bon zigue » Or il se trouve que les zigues figurent à côté des Bulgares dans une chronique grecque, en vers politiques, des premières années du XIVe. Théodore Lascaris, écrit l’auteur, approvisionna ses forteresses et prit à son service, moyennant salaire, des Turcs, des Cumans, des Lains, des Zigues et des Bulgares. (Buchon, Chronique de Roumanie.) Comment peut être venue à des hommes du peuple de l’idée de cette maligne substitution des Zigues aux Bulgares ? C’est un trait d’érudition très raffinée ! Je ne vois d’autre explication sinon que ce mot et ce rapprochement s’étaient conservés au fond de la tradition populaire depuis la conquête de Constantinople et l’établissement des Français en Morée. Mais cette explication même donne beaucoup à réfléchir et montre combien le langage du peuple mérite l’attention des philosophes. » Terminons en disant que zigue n’est que la déformation de zingari, nom des Bohémiens.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique