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Gonce, gonse, gonze

France, 1907 : Homme, en général. On l’écrit de ces trois différentes façons, mais la véritable orthographe serait gonse, puisque ce mot vient de l’italien gonso, niais, dupe. Cependant les voleurs et les souteneurs se désignent entre eux par ce nom.

— Il me semble que vous ne comprenez mot au langage des gonses que nous visitons.
— Des gonses ?
— Sans doute, des gonses et des gonsesses. Les habitués des établissements que nous fréquentons se désignent eux-mêmes par ces noms harmonieux.

(Louis Barron, Paris étrange)

Et pis j’sens la sueur qui m’coule,
A fait rigol’ dans l’creux d’mon dos ;
J’vas crever, j’ai la chair de poule,
C’est fini… tirez les rideaux,
Bonsoir la soc’… mon vieux Alphonse,
I’ vaut p’têt’ mieux qu’ça soy’ la fin ;
Ici-bas, quoi qu’j’étais ? un gonce…
Là-haut j’s’rai p’têt’ un séraphin.

(Aristide Bruant)

On l’emploie aussi dans sa vraie signification de niais, d’imbécile.

— Vous êtes un gonse, Monsieur, murmura le chef à l’agent porteur du bijou qu’il lui arracha aussitôt.

(Mémoires de M. Claude)

— Sapergué, dame ! moi qui suis jaloux, vouloir me souffler ma parsonnière, c’est me lécher mon beurre et me prendre pour un gonse.

(Vadé)

Petite femme

France, 1907 : Nom donné aux dames de mœurs faciles, femmes mariées ou demoiselles du bitume ; euphémisme pour cocotte.

— Garçon, il n’y a pas de petites femmes qu’on pourrait faire monter ?
— Ma foi, Messieurs, ce soir, il n’y a presque personne… Mais si ces Messieurs veulent que j’aille en chercher ?…

(Edgar Monteil, Le Monde officiel)

On dit aussi petite dame :

Boulevard Montmartre.
Un monsieur vient de glisser.
— Saperlotte ! comme Paris est mal entretenu, voilà un trottoir qui ne vaut plus rien.
Une petite dame, avec un soupir :
— À qui le dites-vous, Monsieur !

(Le Journal)

Saper

Rigaud, 1881 : Condamner. — Saper au glaive, condamner à mort.

La Rue, 1894 : Condamner. Sapement, condamnation. Sapeur, juge.

France, 1907 : Condamner. Saper au glaive, condamner à mort.

— Je ne suis pas plus nière que vous… vous ne savez donc pas que j’ai sapé avant vous !… mais je ne veux pas que vous entriez ici en l’absence du patron… vous êtes cinq, vous ne me faites pas peur…

(Ed. Lepelletier, Les Secrets de Paris)

Sapeur

Delvau, 1866 : s. m. Homme qui ne respecte rien, — dans l’argot des bourgeoises, qui n’aiment pas les gens barbus. D’où la fameuse chanson à la mode :

Rien n’est sa…a…cré pour un sapeur !

Rigaud, 1881 : Cigare presque entier, — dans l’argot du peuple.

Virmaître, 1894 : V. As de pique.

France, 1907 : Cigare en partie fumé ; argot populaire.

France, 1907 : Juge ; argot des voleurs ; de saper, condamner.

France, 1907 : La toison des parties sexuelles de la femme.

France, 1907 : Ouvrier des champs travaillant seul avec une sape.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique