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Galop, galopade

France, 1907 : Réprimande.

— Non, non, je ne puis rester plus longtemps, dit le trottin au vieux satyre qui la retenait par les jupes, j’ai déjà trop tardé à écouter vos saloperies… ma mère en rentrant va me flanquer un galop !

(Les Propos du Commandeur)

Journaleux

France, 1907 : Journaliste d’occasion, méchant plumitif. C’est aussi la désignation méprisante dont les bourgeois et les ouvriers se servent à l’égard des journalistes.

Les journaleux prennent leur mot d’ordre à la Préfectance ; leurs boîtes ne sont d’ailleurs qu’une succursale de la Tour pointue. De sorte, nom de Dieu ! que quand la rousse veut étouffer une saloperie, elle cligne de l’œil aux journaleux, et ça suffit ! De marloupiers à putains on se comprend.

(Le Père Peinard)

Le journaleux dit quelquefois ce qu’il pense, mais il pense rarement ce qu’il dit.

(Dr Grégoire)

Marré

Virmaître, 1894 : En avoir assez, s’ennuyer d’être en prison.
— Je vais me marrer pendant cinq berges (Argot des voleurs).

France, 1907 : Assez ! Arrêtez !

— Vieille saloperie, va !… Vieille ordure !
— Ordure toi-même.
— Marré ! Marré ! Tu répètes toujours la même chose.

(Georges Courteline)

Museau

d’Hautel, 1808 : C’est un plaisant museau ; voilà un beau museau. Se dit ironiquement en parlant d’un homme qui fait des minauderies, qui veut faire l’agréable.
À regorge museau. Expression populaire qui signifie excessivement, et qui ne se dit que des choses à manger.

Delvau, 1866 : s. m. Entonnoir en carton, au petit bout duquel est adaptée la loupe, — dans l’argot des graveurs sur bois, qui s’en coiffent le front.

France, 1907 : Nez.

Le plus gros de la bande, F. Sarcey, lécheur de bottes et de fesses, en grogne de joie ; il donne la patte aux copains de la Bataille : c’est à qui foutra le museau dans plus de saloperies !

(Le Père Peinard)

France, 1907 : Sobriquet donné autrefois par les faubouriens aux gardes nationaux de la banlieue, sans doute à cause de leur mine et de leur tournure grotesques.

Rapetasser

d’Hautel, 1808 : Des souliers rapetassés ; des habits rapetassés. Pour dire, raccommodés grossièrement.

France, 1907 : Refaire.

Cette saloperie d’impôts indirects qui, quoique pas visibles à l’œil nu des aveugles, se sentent bougrement, avait déjà subi pas mal d’anathèmes avant le grand coup de chien d’il y a cent ans. Tellement qu’au début, la Constituante dut les biffer du programme des nouveaux impôts, aussi bien que les dîmes.
Cet impôt d’origine féodale, qu’on appelait alors les aides, ne tarda pas à rappliquer, comme toutes les cochonneries dut « bon vieux temps » que les bourgeois rapetassaient en les débaptisant à peine ; la loi du 5 ventôse au XII le remit sur pattes.
Et ainsi pour tout ! Les corvées se muaient et prestations, la gabelle en impôt du sel, les douanes intérieures en octroi, la dime en budget des cultes, etc., etc.
Si bien que, petit à petit, la kyrielle des impôts devenait aussi longue que sous la défunte royauté.
Les impôts indirects — ceux qu’on ne voit pas — comme le disait dans un de ses moments de lucidité l’écrivassier bourgeois Bastiat, sont une chose d’une traitrise carabinée.
On les paies s’en apercevoir, au coin du feu, au plumard, à table, au café… à tous les instants de notre vie.

(Le Père Peinard)

Saloper

d’Hautel, 1808 : Hanter des femmes de mauvaise vie ; se plonger dans la dissolution, dans le vice le plus bas et le plus crapuleux.

Fustier, 1889 : Argot des élèves de l’école des Beaux-Arts.

La seule chose qui soit interdite, c’est de saloper. Ne vous effarouchez pas de ce mot, c’est le mot usuel, adopté. M. Dubois (le directeur de l’école) met son nom au bas d’un avis dans lequel on lit : Il est formellement interdit de saloper avant tel jour. Qu’est-ce donc que saloper ? C’est entrer dans la loge les uns des autres pour y formuler son appréciation sur l’œuvre du voisin.

(Liberté, août 1883)

France, 1907 : Travailler mal.

Saloperie

d’Hautel, 1808 : Au propre saleté, malpropreté.
Dire ou faire des saloperies. Tenir des propos obscènes ; faire des petitesses, des vilenies.

Delvau, 1866 : s. f. Ordure, — au propre et au figuré, spucritia et obscenitas. Dire des saloperies. Employer un langage ordurier. Faire des saloperies. Se conduire en goujat.

Delvau, 1866 : s. f. Vilain tour, lésinerie, crasse.

Trente-sixième dessous (tomber dans le)

France, 1907 : Être ruiné, en pleine déconfiture.

Par le temps qui court, voici la maudite politique qui nous enlise à nouveau : cette saloperie reprend le dessus et les questions sociales tombent dans le trente-sixième dessous.

(Le Père Peinard)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique