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Bataclan

d’Hautel, 1808 : Mot baroque et fait à plaisir, qui signifie ustensiles, instrumens, outils nécessaires à la préparation, à la confection d’un ouvrage quelconque.
Il a emporté tout son bataclan. Pour dire tous ses outils, toutes ses affaires.

Delvau, 1866 : s. m. Mobilier ; outils, — dans l’argot des ouvriers. Signifie aussi bruit, vacarme.

Virmaître, 1894 : Mobilier. Les jours de terme les ouvriers disent :
— Nous déménageons le bataclan, ou bien : nous enlevons le Saint-Frusquin (Argot du peuple).

Virmaître, 1894 : Outils de malfaiteurs (Argot des voleurs) V. Agobilles.

Rossignol, 1901 : Tout ce que l’on possède, meubles et autres objets.

J’ai emporté tout mon bataclan dans une voiture à bras.

France, 1907 : Mobilier ; argot populaire.

France, 1907 : Outils ; argot des ouvriers. Nom d’un café chantant à Paris.

Butter

Ansiaume, 1821 : Massacrer.

Il a été butté pour avoir fait suer un chesne.

un détenu, 1846 : Tuer quelqu’un, occire.

Larchey, 1865 : Assassiner. — Du vieux mot buter : frapper, renverser, qui a fait Culbuter. V. Roquefort.

Voilà donc une classe d’individus réduite à la dure extrémité de travailler sur le grand trimar, de goupiner, de faire le bog et le blavin, de butter même s’il en était besoin.

(Cinquante mille voleurs de plus à Paris, Paris, 1830)

Voilà pour butter le premier rousse, dit-il en montrant un couteau.

(Canler)

Virmaître, 1894 : Tuer (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 : Tuer.

France, 1907 : Assassiner, guillotiner.

Et, comm’ leur fallait c’pendant
Pour s’mett’ quèqu’ chos’ sous la dent
Qu’i’ s’procur’nt de la galette,
I’ buttèr’nt un pétrousquin
Et lui tir’nt son saint-frusquin.

(Blédort)

Frusquin (Saint-)

France, 1907 : Économies, tout ce que l’on possède.

J’étais parfois trop bête
D’aimer ce libertin
Qui venait tête-à-tête
Manger son saint-frusquin.

(Vadé)

Porter son saint-crespin

France, 1907 : Porter sur soi tout son avoir. Cette expression, qui a été généralement remplacée par porter son saint-frusquin, vient de l’ancienne corporation des cordonniers. Lorsque, du temps du compagnonnage, ils faisaient leur tour de France, allant de ville en ville, ce qu’ils appellent battre la semelle, ils emportaient avec eux les instruments de leur métier, leur saint-crespin, comme ils disaient, du nom de leur patron, ancien cordonnier.

Rusquin

anon., 1827 : Écu.

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Pièce d’argent.

Bras-de-Fer, 1829 : Écu.

Vidocq, 1837 : s. m. — Écu.

(Le Jargon, ou Langage de l’Argot moderne)

Halbert, 1849 : Écu.

Rigaud, 1881 : Écu, — dans le jargon des voleurs.

France, 1907 : Écu, abréviation de saint-frusquin. Voir ce mot.

Saint

d’Hautel, 1808 : Découvrir Saint-Pierre pour couvrir Saint-Paul. Ôter à l’un pour donner à l’autre ; commettre une injustice.
Faire la Sainte n’y touche. Faire l’hypocrite ; le tartuffe.
On dit, dans le même sens, C’est un petit saint de bois.
Saint-Crépin.
Tout ce qui constitue les outils d’un cordonnier ; comme on appelle Saint-Jean les outils d’un imprimeur ; tel que le composteur le tablier, la pointe, le visorium, le marteau, etc., etc. Figurément, le patrimoine d’un pauvre homme ; tout ce qu’il possède, synonymes de Saint-Frusquin, Voy. Frusquin.
Il ne sait plus à quel saint se vouer. Pour il ne sait plus quel parti prendre ; quel remède apporter à un mal.
On dit par ironie de deux personnes qui sont toujours ensemble, que c’est Saint-Roch et son chien.

Saint-Crépin

Delvau, 1866 : s. m. Économies, peculium, — dans l’argot du peuple.

Delvau, 1866 : s. m. Outils de cordonnier, et, par extension, de toute autre profession.

Rigaud, 1881 : Argent économisé. — Se prend souvent dans le sens de Saint-Frusquin. Porter tout son Saint-Crépin, porter tout ce qu’on possède.

Lorsque les garçons cordonniers vont de ville, en ville pour travailler, ce qu’ils appellent entre eux battre ta semelle, ils portent tous les instruments nécessaires à leur métier ; ils appellent cela porter tout leur Saint-Crépin.

(Fleury de Bellingen, Étymologie des Proverbes français)

La Rue, 1894 : Économies. Outils. Prendre la voiture de Saint-Crépin, marcher.

France, 1907 : Bagage des ouvriers cordonniers qui, allant d’une ville a l’autre, portent leurs outils dans un sac de cuir. Le sac et le contenu sont appelés ainsi du nom du patron de la profession. Au figuré, le saint-crépin est tout le bien d’un cheminot, d’un pauvre homme qu’il porte au bout d’un bâton dans un mouchoir. On dit aussi dans le même sens le saint-frusquin. Voir ce mot.
Prendre la voiture de saint Crépin, aller à pied. Prison de saint Crépin, chaussures trop étroites. Voir Offre de Saint-Crépin.

France, 1907 : Économies ; biens. Même sens que saint-frusquin.

… Ils firent battre en ruine
Le château de Monsieur de Luyne,
Lesigny, qui le lendemain
Fut pris et tout son saint-crespin.

(Saint Julien)

Saint-Frusquin

Virmaître, 1894 : Lot d’objets ou de mobilier (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Tout ce que l’on possède.

Pour déménager, j’ai mis tout mon Saint-Frusquin dans une voiture à bras.

France, 1907 : Vêtements, nippes et par suite avoir, fortune ; de frusques.

Le lendemain dans l’après-midi, la mère, accompagnée d’une autre de ses filles, amena ma squaw à mon tepee avec trois chevaux et son saint-frusquin. Elles nous préparèrent un lit en osier, mirent tout en ordre et se retirèrent. En ce moment, au dehors, avec quelques jeunes trappeurs, je trouvais à mon retour, à ma grande surprise, ma femme installée an logis.

(Hector France, Chez les Indiens)

Manger son saint-frusquin, dépenser son avoir.

J’étais, ma foi, trop bête
D’aimer ce libertin
Qui venait tête à tête
Manger mon saint-frusquin.
S’il me trouvait gentille,
D’autres aussi verront
Que je suis brave fille
Qui ne veut pas d’affront.

(Vadé)

Saint-Jean

Delvau, 1866 : s. m. Outils, vêtements, affaires, — dans l’argot des typographes. Emporter son Saint-Jean. S’en aller d’une imprimerie en emportant composteur, pinces, etc.

Delvau, 1866 : s. m. Signal, — dans l’argot des voleurs. Faire le Saint-Jean. Lever l’index et le médium pour avertir un complice.

Rigaud, 1881 : Effets. — Outils ; c’est un synonyme de Saint-Frusquin.

Boutmy, 1883 : s. m. Ensemble des outils d’un compositeur. Ces outils, d’ailleurs peu nombreux, sont : le composteur de fer et le composteur de bois, les pinces, la pointe, aujourd’hui presque abandonnée, le visorium et la boîte à corrections. Prendre son saint-jean, quitter l’atelier.

Virmaître, 1894 : Signal convenu entre les voleurs pour avertir un complice. Ce signal consiste à lever l’index et le médium. On dit aussi d’un individu qui n’est pas à la hauteur pour faire quelque chose :
— Il est de la Saint-Jean (Argot du peuple). N.

Rossignol, 1901 : Voir Duce ou Envoyer le duce.

France, 1907 : Nom que les ouvriers typographes donnent à l’ensemble de leurs outils. Prendre son saint-jean, s’en aller, demander son compte, quitter l’atelier.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique