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Églisier

Delvau, 1866 : s. m. Bigot, homme qui hante trop les églises. Argot des faubouriens.

France, 1907 : Bigot, hypocrite, pilier d’église, rat de sacristie.

Fleur de sacristie

Virmaître, 1894 : Calotin qui fréquente les églises sans en croire un mot. C’est un commerce comme un autre. On dit aussi : rat de sacristie (Argot du peuple). N.

France, 1907 : Jeune dévote qui harcèle le curé ou ses vicaires. Quand elle est laide ou vieille, ce n’est plus qu’un rat de sacristie.

Jeter le froc aux orties

France, 1907 : Se dépouiller de la robe ecclésiastique pour rentrer dans la vie civile. Le froc désignait la partie de l’habit monacal qui couvre la tête, la poitrine et les épaules, ce n’est que par extension qu’on a appliqué ce mot au vêtement tout entier. Le moine, en quittant ou fuyant le monastère, était supposé se débarrasser hâtivement de sa robe monacale qu’il jetait aux bords du chemin, c’est-à-dire aux orties qui poussent de chaque côté.

Et toi, forçat des sacristies,
Jette donc le froc aux orties,
Le cloître a fail pousser en toi
Les moisissures de la foi,
Rome lymphatique propage
Les scrofules du moyen âge…

(Eugène Pottier, Chants révolutionnaires)

Lèche-curé

Rigaud, 1881 : Bigot, bigote, — dans le jargon du peuple.

France, 1907 : Dévot, dévote. Si elles ne léchaient que le curé, mais elles lèchent aussi les vicaires !

Un tas de lèche-curés assiégeaient le confessionnal du beau vicaire et, ne lui laissant pas un moment de repos, venaient le relancer jusque dans la sacristie. Ah ! les enragées bougresses ! comme je leur aurais donné du bâton !

(Les Propos du Commandeur)

Patachon (vie de)

France, 1907 : Vie déréglée, agitée, mouvementée comme celle d’un conducteur de patache.

Elle avait constamment ses regards tournés vers le ciel comme si elle y cherchait la place où elle serait un jour assis et employait ses journées non en aumônes et en bonnes œuvres, mais à courir les sacristies. Dans toutes, elle y connaissait quelque prêtre, jeune ou vieux, jeune surtout à qui elle demandant des avis, des consolations, des conseils. Et dans cette quiétude de l’église, ce silence des heures ou l’autel est désert, elle trouvait une paix, un bien-être réel après sa vie de patachon.

(Hector France)

Pou de sacristie

France, 1907 : Dévot, hypocrite, marmotteur de patenôtres.

Les poux de sacristie ont trouvé une sorte de plaisanterie extra-topique. Quand ils ont un surcroit d’absinthe sur la conscience, c’est-à-dire sur l’estomac, ils cultivent un brin de poésie. Ils s’amusent à fabriquer des chansons atroces, épouvantables ; puis ils prétendent les avoir reçues par la poste et les publient pour terroriser les deux douzaines de gâteux auxquels ils envoient leur journal gratis.

(L’Évènement, 1877)

Poulailler

d’Hautel, 1808 : Se dit en plaisantant, pour chambre, demeure, logis, maison.
S’en retourner au poulailler. Pour dire, à la maison.
Il veut être riche marchand, ou pauvre poulailler. Pour, il veut tout gagner ou tout perdre.

Larchey, 1865 : C’est la partie du théâtre la plus voisine du lustre. Les spectateurs y sont juchés par gradins comme sur un perchoir. — On dit aussi Paradis, parce que ces places sont au ciel, dont le soleil est le lustre.

Delvau, 1866 : s. m. Partie du théâtre la plus voisine du plafond, ordinairement désignée sous le nom d’Amphithéâtre. Argot du peuple.

France, 1907 : Galerie intérieure de certaines églises, soit par allusion au poulailler des théâtres, soit parce qu’elle se garnit des vieilles poules de sacristie.

Au fond, sous le poulailler, pend la grosse corde à laquelle les gas s’accrochent, les jours de noce ou de baptême, pour lancer la cloche à toute volée.

(Harry-Alis Petite Ville)

On appelle aussi de ce nom la plus haute galerie d’un théâtre.

Ils adorent le théâtre, les Parisiens. Ils ont tous un peu l’âme de ce titi, fidèle abonné du poulailler de l’Ambigu, qui, brûlant d’amour pour la jeune première, lui adressait une déclaration terminée en ces termes : « Du reste, Mademoiselle, vous me reconnaîtrez facilement. Mes jambes pendront. »

France, 1907 : Maison mal famée ; argot populaire. Les pensionnaires de ce genre de maison sont appelées poules.

Punaise de sacristie

France, 1907 : Dévote.

La bouche pâle, et cet air pincé, doucereux, spécial aux dévotes que les gens d’Église désignent sous le nom de punaises de sacristie.

(J. Marni)

Sacrebleu !

d’Hautel, 1808 : Sacredié ! Sacrelote ! Sacristie ! Saprebleu ! Sapristie ! Interjections basses et vulgaires ; espèce de juremens qui expriment la surprise l’étonnement, le regret, le dépit, le mécontente ment ; et qui équivalent à morbleu ! tubleu ! tu dieu, etc.

Sacristie

Rigaud, 1881 : Lieux d’aisances, dans le jargon des voleurs.

France, 1907 : Lieux d’aisances ; argot populaire.

Sacristie (pou de)

France, 1907 : Dévot, cagot. Le dévot est le pou, la dévote est la punaise… quand elle est vieille, s’entend. Tant qu’elle est jeune et jolie, c’est une colombe ou une douce brebis du Seigneur.

Les poux de sacristie ont trouvé une sorte de plaisanterie extra-topique. Quand ils ont un surcroit d’absinthe sur la conscience (c’est-à-dire l’estomac), ils cultivent un brin de poésie. Ils s’amusent à fabriquer des chansons atroces, épouvantables ; puis ils prétendent les avoir reçues par la poste et les publient pour terroriser les deux douzaines de gâteux auxquels ils envoient leur journal gratis.

(L’Évènement, nov. 1877)

Valser du bec

Fustier, 1889 : Avoir l’haleine fétide.

France, 1907 : Avoir mauvaise haleine.

C’est avec raison que l’abbé Fricard désignait la vieille Ambroisine sous le nom de punaise, car celle valsait si fortement du bec qu’elle infectait la sacristie.

(Les Propos du Commandeur)


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