Virmaître, 1894 : Ivrogne (Argot du peuple). V. Sac à vin.
Boit sans soif
Repiquer au truc
Virmaître, 1894 : Revenir à la charge. Avoir été chassé par la porte et rentrer par la fenêtre. Demander à crédit et se le voir refuser, le redemander à nouveau, c’est repiquer au truc (Argot du peuple). N.
France, 1907 : Recommencer. On dit aussi repiquer sur de rôti.
Un chasseur, guignard, se baguenaudait sur le tard sans avoir tiré un coup de fusil depuis le matin. Voilà qu’il découvre des canards barbotant dans une mare. Les baptiser « sauvages » ne lui répugnait pas, n’eût été un paysan aux quinquets matois qui le reluquait.
— Dites donc, mon brave, laissez-moi tirer un canard ?
Et, en même temps, le chasseur glisse la pièce au cul-terreux.
— Tirez, mon bon Mossieu !
Le Nemrod n’en exige pas plus : il déquille une bestiole et, tout guilleret, il aboule une nouvelle pièce de quarante sous au campluchard, pour être autorisé à repiquer au truc… Et un deuxième canard vient meubler sa carnassière.
Comme le type s’esbignait, fier de ne pas rentrer bredouille, le pétrousquin lui susurre :
— Les canards ne sont pas à moi !…
(Le Père Peinard)
Lorsque j’ai touché ma quinzaine,
I’ m’arriv’ qué’qu’fois d’rentrer plein.
Mon épous’ commenc’ son antienne :
« Fainéant ! Poivrot ! Sac à vin ! »
Pour clouer l’bec à la commère,
J’la cogn’, comm’ si a s’rait en stuc ;
Si, malgré ça, a veut pas s’taire,
Je r’pique au truc.
(Jules Jouy)
Sac
d’Hautel, 1808 : Il a pris son sac et ses quilles. Pour dire, il s’en est allé ; il n’a pas demandé son reste ; il a décampé au plus vite.
On dit aussi d’un homme que l’on a congédié, qu’on lui a donné son sac.
Il ne peut rien sortir de bon d’un sac à charbon. Pour dire que d’un rustre, d’un butor, d’un grossier personnage, il ne faut attendre ni politesse, ni civilité.
Votre affaire est dans le sac. Pour dire, est faite, a réussi, est bâclée.
Un sac à vin. Un ivrogne de profession, un homme qui se laisse abrutir par le vin.
Voir le fond du sac. Pénétrer le secret d’une affaire.
C’est un sac percé. Pour dire, un dissipateur, un dépensier, un prodigue.
Autant pêche celui qui tient le sac que celui qui met dedans. Signifie que les receleurs méritent le même châtiment que les voleurs.
Delvau, 1864 : Le ventre. — On dit d’une femme enceinte : Elle en a plein son sac.
La jeune garce en eut plein son sac.
(Marguerite de Navarre)
Delvau, 1866 : s. m. Argent, — dans l’argot des faubouriens, qui prennent le contenant pour le contenu. Avoir le sac. Être riche, ou seulement avoir de l’argent. Homme au sac. Homme qui vient d’hériter.
Delvau, 1866 : s. m. Renvoi, congé, — dans l’argot des ouvriers. Avoir son sac. Être renvoyé d’un atelier. Donner son sac. Remercier un patron.
Rigaud, 1881 : Ventre. — Avoir le sac plein, avoir le ventre plein.
La Rue, 1894 : Argent. Congre. Éternuer dans le sac, être guillotiné. Avoir son sac, être ivre.
Virmaître, 1894 : L’affaire est dans le sac, elle est conclue. Être pris en flagrant délit de vol, c’est avoir son affaire dans le sac. Être laide ou jolie, c’est être ou n’être pas dans le sac. Il y a une vieille chanson là-dessus :
Ell’ n’est pas mal
Pour foutre dans l’canal.
Elle est encore mieux
Pour foutr’ dans les lieux. (Argot du peuple).
France, 1907 : Cent francs.
Sac à vin
Virmaître, 1894 : Ivrogne pour qui toutes les boissons sont bonnes. Mot à mot : il engloutit tous les liquides dans son sac (Argot du peuple).
Rossignol, 1901 : Celui qui en boit beaucoup.
France, 1907 : Ivrogne. C’était autrefois le sobriquet des Angevins.
En avants deux ! Ô vous qu’on nomme
Chair à canon et sac à vin ;
Va-nu-pieds et bêtes de somme,
Traîne-misère et meurt-de-faim,
En avant deux et que tout danse
Pour équilibrer la balance.
(J.-B. Clément)
Soulard
d’Hautel, 1808 : Ivrogne, sac à vin, homme qui ne dessoule pas.
Delvau, 1866 : adj. et s. Ivrogne.
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