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Agoua

Delvau, 1866 : s. f. Eau, — dans l’argot des canotiers, qui parlent espagnol (agua) on ne sait pas pourquoi.

Rossignol, 1901 : Eau ou aqua. Mot espagnol devenu arabe ; ce que l’on nomme du sabir. Ce mot a été rapporté par les Parisiens envoyés aux bataillons d’infanterie légère d’Afrique où vont tous les jeunes gens condamnés avant leur incorporation, de sorte que ces bataillons ne sont composés que de voleurs. Dans le temps, il n’y avait, dans ces bataillons, que des militaires condamnés par les conseils de guerre pour tout autre délit que pour vol, bris d’armes, vente d’effets, désertion, etc., etc. À cette époque celui qui avait servi aux Zéphirs ne s’en cachait pas.

Hayard, 1907 : Eau (de l’espagnol agua).

France, 1907 : Eau. Mot rapporté par les soldats d’Afrique, où il vient en ligne directe de l’espagnol agua.

Bézef

Delvau, 1866 : adv. Beaucoup, — dans l’argot des faubouriens qui ont servi en Afrique et en ont rapporté quelques mots de la langue sabir.

Merlin, 1888 : Beaucoup, — de l’arabe.

France, 1907 : Beaucoup ; mot arabe rapporté par les soldats d’Afrique.

Bono

Delvau, 1866 : adj. Bon, passable, — dans l’argot des faubouriens qui ont servi dans l’armée d’Afrique.

France, 1907 : Bon, bien. On dit plus souvent bono besef, du petit sabir, introduit par les soldats d’Afrique.

Lascard

Merlin, 1888 : Débauché, insoumis, paresseux, — de la langue sabir.

Matraque

Delvau, 1866 : s. m. Bâton, canne, — dans l’argot des faubouriens qui ont servi dans l’armée d’Afrique. Ils ont entendu des Arabes, s’essayant au français, dire : ma traque pour ma trique, et ils ont pris cela pour du sabir.

France, 1907 : Bâton. Mot rapporté par les soldats d’Afrique.

Entre la Calle et Souk-Arras nous avions brûlé le pays. Vous dire pourquoi, j’en serais bien en peine ; une poule volée à un colon influent, un coup de matraque appliqué par un Bédouin ruiné sur la tête d’un juif voleur, quelques centaines de mille francs à faire passer dans la caisse d’un fournisseur ami d’un ministre, et pif, paf, boum, coups de fusil, obus, fusées, coups de canon, coups de sabre et finalement le feu aux gourbis, aux jardins et aux moissons.

(Hector France, Sous le Burnous)

Moukère, mouquère

France, 1907 : Femme. Même provenance que ci-dessus, corruption de l’espagnol mujer, passé en langue sabir.

Et le père du condamné se souvenait des beaux jours d’Afrique, des galons de sergent, des moukères sortant de leur gourbi, chaque nuit, pour vendre de l’amour aux zouaves dans les camps ; il se souvenait d’autre chose !

(Auguste Marin)

— Ah çà ! qu’est-ce qu’ils fricotent donc, ces bougres-là ! Pas de factionnaire ? Hé ! Brigadier ! Vous allez finir la nuit au clou, mon bel ami. Et gare le motif ! Et le salaud de factionnaire, donc ! Ah ! nom de Dieu ! En voilà des fumistes… Tas de Parisiens, va ! Je donne ma tête à couper qu’ils ont trouvé une mouquère. Nous allons rire.

(Hector France, Les Mystères du monde)

Sabir

Virmaître, 1894 : Bois, forêt. Quelques-uns écrivent : sabri. C’est la finale retournée (Argot des voleurs).

Hayard, 1907 : Forêt.

France, 1907 : Jargon hétéroclite des soldats et colons d’Algérie, composé d’arabe, de français, d’italien, d’espagnol, de maltais ; de l’espagnol saber, savoir. On dit généralement petit sabir.

Il nous amusa pendant plus d’une heure avec son comique petit sabir où les chouias, les besefs, les macache bono et les kifkif bourrico se trouvaient en profusion.

(Hector France)

Sabri

Ansiaume, 1821 : Bois de chauffage.

C’est un pautre, il tortille avec des louches de sabri.

Vidocq, 1837 : s. — Forêt, bois.

Clémens, 1840 : Bois.

Delvau, 1866 : s. m. Bois, forêt, — dans l’argot des voleurs.

France, 1907 : Bois, forêt. Voir Sabir. Déformation d’abri ; on s’y abrite ; argot des voleurs.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique