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En être

Larchey, 1865 : Être agent secret de la police.

Il n’est pas assez malin pour en être.

(Balzac)

Larchey, 1865 : Être pédéraste (Vidocq) — Ménage, dans ses Origines, avait commencé sa dissertation sur le mot Bougre par ces mots : Bougre : Je suis de l’avis, etc.

Ah ! lui dit Bautru en se moquant, vous en êtes donc aussi et vous l’imprimez. Tenez ! il y a bien moulé : Bougre je suis.

(Tallemant des Réaux)

On dit encore aujourd’hui dans le même sens Il en est.

Rossignol, 1901 : Faire partie de la police.

Tu sais, il en est.

France, 1907 : Expression usitée par ceux à qui il répugne de s’expliquer catégoriquement. En être, c’est appartenir à la police.

Quand le restaurateur arriva, il tendit les mains à Caron et à Vidocq.
Celui-ci refusa la sienne.
Boudin prit un air scandalisé.
— Pourquoi me faites-vous cet affront ? balbutia-t-il.
— Parce que vous en êtes, répondit Vidocq.
— Moi !
— Vous.
— Je suis de quoi ?
— De la rue de Jérusalem.
— Eh bien ! oui, j’ai été mouchard ; mais quand vous saurez pourquoi, je suis sûr que vous ne m’en voudrez pas.

(Marc Mario et Louis Launay)

Judée

Delvau, 1866 : n. de l. Préfecture de police, — dans l’argot des voleurs, qui ont appris à leurs dépens le chemin de la rue de Jérusalem. Ils disent aussi Petite Judée.

La Rue, 1894 : La préfecture de police.

Virmaître, 1894 : La préfecture de police. Ce mot n’est plus en circulation depuis la démolition de la rue de Jérusalem (Argot des voleurs).

France, 1907 : Nom que les voleurs donnaient à la préfecture de police ; la rue de Jérusalem, actuellement démolie, y conduisait.

Lambert (ohé) ! As-tu vu Lambert ?

Rigaud, 1881 : Apostrophe, cri, scie qui s’est produit pour la première fois le 15 août 1864, le jour de la fête de Napoléon III. Du bout d’une rue à l’autre, sur les impériales des omnibus, dans les gares, dans les wagons, on n’entendait que le cri de : Ohé Lambert ! As-tu vu Lambert ? Cela dura trois ou quatre mois. Depuis on a passé à d’autres exercices. — Étymologie : Une femme de la campagne, venue à Paris pour la fête du 15 août, perdit ou égara, au débarcadère du chemin de fer de l’Ouest, son mari qui s’appelait Lambert ; et, pendant plus d’un quart d’heure, on entendit cette épouse éplorée demander à tous les échos : « Lambert ! » Les détracteurs de l’Empire prétendirent que le mot était un mot d’ordre venu de la rue de Jérusalem, et mis en circulation par la police, à la seule fin de distraire le peuple des idées politiques, dont on trouvait, aux Tuileries, qu’il s’occupait un peu trop.

Lettre de Jérusalem

Delvau, 1866 : s. f. Escroquerie par lettre, dont Vidocq donne le détail aux pages 241-253 de son livre.

France, 1907 : Escroquerie par lettre. Elle est ordinairement écrite par un détenu qui cherche à soutirer de l’argent. Le dépôt de la préfecture de police, d’où ces lettres partaient généralement, se trouvait autrefois rue de Jérusalem.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique