Ansiaume, 1821 : Briser.
Il faut être 12 bons pègres pour chomir la grosse roulotte de Paris.
Vidocq, 1837 : v. a. — Perdre.
Chomir
Ansiaume, 1821 : Briser.
Il faut être 12 bons pègres pour chomir la grosse roulotte de Paris.
Vidocq, 1837 : v. a. — Perdre.
Débâcher la roulotte
Virmaître, 1894 : Changer la voiture de place. Les forains emploient cette expression pour indiquer qu’ils vont d’une ville à une autre. (Argot des saltimbanques).
France, 1907 : Changer la voiture de place : argot des forains.
Faffe à roulotter
Rigaud, 1881 : Papier à cigarette. Mot à mot : papier à rouler. (A. Belot.)
France, 1907 : Passeport ou permis pour circuler. Se dit aussi pour le papier à cigarettes.
Faffe, fafiot
La Rue, 1894 : Papier. Livret. Fafiot sec, passe-port en règle. Faffe à roulotter, papier à cigarette. Fafiot garaté, billet de banque. Fafiot à piper, mandat d’arrêt.
Fafiot sec
Virmaître, 1894 : Livret. Fafiot à roulotter : papier pour circuler. Fafiot à roulotter : papier à cigarettes. Fafiot garaté : billet de banque, quand c’était M. Garat qui les signait. Fafiot du Bourguignon : quand il était signé Soleil (Argot des voleurs). V. Talbin d’altèque.
Faire un coup de roulotte
France, 1907 : Voler dans une voiture.
Garçon de cambrouse
Ansiaume, 1821 : Voleur de campagne.
C’est un garçon de cambrouse qui n’est bon à rien.
Larchey, 1865 : Voleur de campagne.
La cognade a gayet servait le trèpe pour laisser abouler une roulotte farguée d’un ratichon, de Charlot et de son larbin et d’un garçon de cambrouse que j’ai reconobré pour le petit Nantais.
(Vidocq)
Au moyen âge, garson signifiait souvent vaurien. V. Roquefort.
Marronner, maronner
France, 1907 : Soupçonner.
— Je maronne que la roulotte de Pantin trime dans le sabri.
(Victor Hugo, Les Misérables)
Romanichel
Delvau, 1866 : s. m. Bohémien, — dans l’argot des voleurs. On dit aussi Romamitchel, Romanitchel, Romonichel et Romunichel. Suivant le colonel Harriot, « Romnichal est le nom que portent les hommes de cette race en Angleterre, en Espagne et en Bohême, et Romne-chal, Romaniche, est celui par lequel on désigne les femmes ».
France, 1907 : Bohémien voleur qui parcourt la province en roulotte, fait du colportage, et main basse sur ce qu’il trouve à sa portée. Du germania ou argot espagnol, romani, bohémien.
Lorsque j’occupais mon poste de commissaire de police dans ce dangereux quartier, les habitants sans patente des carrières d’Amérique formaient quatre catégories distinctes : les Hirondelles, les Romanichels, les Filandèches et les enfants de la Loupe.
(Mémoires de M. Claude)
Roulant, roulotte
Larchey, 1865 : Voiture. V. d’Hautel, 1808. — V. Garçon.
Tout ce maquillage ne te fera pas démarger en roulotte (Aller en voiture).
(Paillet)
Roulotte
Ansiaume, 1821 : Charrette.
Je préfère travailler à la roulotte sur le grand trimard.
Vidocq, 1837 : s. — Charrette, camion.
Clémens, 1840 / M.D., 1844 / Halbert, 1849 : Voiture.
Delvau, 1866 : s. f. Voiture. Grinchir une roulotte en salade. Voler sur une voiture.
Rigaud, 1881 : Voiture, charrette, camion, voiture de saltimbanque. — Grinchir une roulotte en salade, voler sur une voiture.
La Rue, 1894 : Charrette. Voiture de saltimbanque. Roulotte à treppe, omnibus.
Virmaître, 1894 : Voiture. Les voleurs qui pratiquent le vol à la roulotte disent :
— Grinchir une roulotte en salade (Argot des voleurs).
Hayard, 1907 : Voiture.
France, 1907 : Voiture, en général ; argot populaire.
Un coupé s’était en effet détaché de la file pendant que nous parlions — pauvre roulotte de remise prise cher un modeste loueur, dont la médiocrité contrastait singulièrement avec les autres équipages somptueusement attelés dont les chevaux piaffaient dans la longue rue.
(Paul Bourget, Trois âmes d’artistes)
Voiture de forain.
Cependant deux voitures, de celles que dans le monde des saltimbanques où appelle des roulottes, descendant la côte de Champs, trainées par des chevaux efflanqués et de couleur indécise : dans le calme du soir on entendait les mécaniques serrées grincer et les essieux crier avec la plainte lamentable des choses détraquées.
(Hector Malot, Zyte)
Roulotte à trèpe
Rigaud, 1881 : Omnibus. Mot à mot : voiture de la foule. — Roulotte du grand trimar, chemin de fer.
France, 1907 : Omnibus.
Puis, dans cett’ roulotte, on n’voit rien
Tout d’vant vous fil’ comme un rébus,
Pour louper, faut louper en chien :
L’chien n’aimont pas les omnibus.
(Jean Richepin)
Roulotte du grand trimard
France, 1907 : Wagon.
Roulotte en salade (grinchir une)
Vidocq, 1837 : Voler tout ou partie des marchandises que contiennent les ballots placés sur une voiture, en coupant l’enveloppe, et sans même défaire les baches.
Roulottier
Vidocq, 1837 : Les Roulottiers sont ceux qui volent les malles, baches, valises, ou tous autres objets placés ou attachés sur les voitures. Les Roulottiers appartiennent presque tous aux dernières classes du peuple, et leur costume est presque toujours semblable à celui des commissionnaires ou des rouliers. Ils travaillent toujours plusieurs ensemble. Lorsqu’ils ont remarqué sur une voiture un objet qui paraît valoir la peine d’être volé, l’un d’eux aborde le conducteur et le retient à la tête de ses chevaux, tandis que les autres débachent la voiture et font tomber les ballots.
En général, les Roulottiers procèdent avec une audace vraiment extraordinaire. Il est arrivé plusieurs fois à un Roulottier fameux, le nommé Goupi, de monter en plein jour, et dans le quartier des halles, sur l’impériale d’une diligence, et d’en descendre une malle comme si elle lui appartenait.
Pour se mettre à l’abri des entreprises des Roulottiers, il ne faut attacher les ballots derrière les voitures en poste ou à petites journées, ni avec des cordes, ni avec des courroies, mais avec des chaînettes de fer qui ne pourraient être touchées sans qu’une sonnette placée dans l’intérieur de la voiture donnât l’éveil aux voyageurs.
Que les rouliers aient un chien sur leur camion, le plus méchant qu’ils pourront trouver sera le meilleur ; qu’ils renoncent surtout à la détestable habitude d’aller boire un canon avec le premier individu qu’ils rencontrent.
Que les gardiens de voitures de blanchisseuses ne dorment plus sur leurs paquets de linge sale, et l’industrie des Roulottiers sera bientôt mise aux abois.
Les plus fameux Roulottiers étaient jadis les France, les Mouchottes, les Dorés, les Cadet Hervier, les César Vioque. Ces individus, et surtout le dernier nommé, étaient capables de suivre une chaise de poste pendant plusieurs lieues. Ces individus ont presque tous achevé leur existence dans les bagnes et dans les prisons.
Clémens, 1840 : Voleur qui vole les chaises de postes et diligences.
Larchey, 1865 : « Il est, en quelque sorte, le cambrioleur de la rue. Au lieu de travailler en chambre, il travaille en voiture. Il saisit une malle, un colis sur un camion de roulage et s’éloigne avec sa proie. »
(H. Monnier)
Roulottin : Charretier (Vidocq).
Delvau, 1866 : s. m. Voleur qui a pour spécialité de dévaliser les voitures.
Rigaud, 1881 : Voleur qui exploite les camions, qui vole la marchandise que transportent les camions et quelquefois la voiture, pour ne rien laisser traîner.
La Rue, 1894 : Voleur qui dévalise les voitures. Roulottier en cambrouse, voleur de campagne.
Rossignol, 1901 : Celui qui commet des vols sur les voitures est un roulottier.
Hayard, 1907 : Voleur dans les voitures.
France, 1907 : Artiste ou industriel forain qui voyage en roulotte.
Allez à la place du Trône, quand la foire au pain d’épices est dans la fièvre des derniers préparatifs, avant le dimanche qui est la grande première des saltimbanques. Tous les roulottiers le France s’y donnent rendez-vous ; et parmi eux l’on a chance encore de trouver quelques bohémiens.
(Jean Richepin)
Roulottiers
Virmaître, 1894 : Vol à la roulotte. Quand un camionneur décharge une livraison, le roulottier, vêtu comme un employé des messageries, prend un ballot ; un complice est à quelques pas plus loin, avec une voiture à bras, toujours au détour d’une rue ; il charge le ballot sur sa voiture, et en route (Argot des voleurs). V. Fusilleurs.
Sorguer
Ansiaume, 1821 : Passer la nuit.
J’ai sorgué pour travailler aux roulottes.
Clémens, 1840 : Passer la nuit.
Delvau, 1866 : v. n. Passer la nuit.
Virmaître, 1894 : Dormir. C’est une très vieille expression. D’autres écrivent sorgne ; c’est une erreur (Argot des voleurs).
Rossignol, 1901 : Dormir.
France, 1907 : Dormir.
Content de sorguer sur la dure,
Va de la bride, je n’ai pas peur.
Ta destinée est trop peu sûre,
Fais-toi gouépeur.
(Mémoires de Vidocq)
Sorguer à la paire, coucher dans un hôtel garni et partir sans payer.
C’est ça qu’c’était ben mon affaire !…
Mais un beau soir a s’a fait faire :
Les mœurs l’ont fourrée au ballon.
Et, depuis qu’alle est disparue,
J’sorgue à la paire et j’fais ballon
Dans la rue.
(Aristide Bruant, Dans la Rue)
Sorguer la paire, dormir en marchant.
Travailler à la roulotte
Ansiaume, 1821 : Voler sur les voitures.
C’est à la roulotte que j’espère pommer une malouse de carle.
Trêpe
France, 1907 : Assemblage de gens bien mis, cossus.
La mort du père Lunette va donner peut-être pour quelque temps une vie nouvelle au petit bouchon de la rue des Anglais : il est probable qu’on y verra ces jours-ci du trêpe en quantité plus fournie (du trêpe, c’est-a-dire des gens galbeux, avec un tuyau de poêle sur la tête).
(La Nation)
France, 1907 : Foule, du vieux français trêper, marcher, argot des voleurs, ou du vieux provençal trêpe, troupeau.
Sur la placarde de vergne
Il nous faudrait gambiller,
Allumés de toutes ces largues,
Loufa malura dondaine,
Et du trêpe rassemblé,
Lonfa malura dondé.
(Vidocq)
S’ébattre dans le trêpe, aller çà et là dans la foule. Roulotte à trêpe, omnibus.
Va-son-train
France, 1907 : Vagabond, trimardeur.
Elles vivaient là, toutes les trois, depuis des ans et des ans, depuis, surtout, que Bornu était parti. Bornu, c’était un rouleux, du va-son-train, le maître de la roulotte que voilà, et leur mari à toutes les trois.
(Jean Richepin)
Voyage (le)
Delvau, 1866 : Le tour de France, — dans l’argot des saltimbanques. Se connaître sur le voyage. Pendant la tournée départementale.
Rigaud, 1881 : Le tour de France, — dans le jargon des saltimbanques.
Virmaître, 1894 : Les saltimbanques qui font le tour de France dans leur roulotte voyagent constamment. On dit de ceux qui connaissent parfaitement leur topographie :
— Ils se connaissent en voyage. (Argot des saltimbanques).
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