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Bouillabaisse

Delvau, 1866 : s. f. Confusion de choses ou de gens. Argot des coulisses et des gens de lettres. Faire de la bouillabaisse. Arranger confusément des choses ou des idées.

France, 1907 : Amalgame de choses confuses, mélange disparate d’idées ou de gens. La bouillabaisse est une soupe ou plutôt un plat provençal dans lequel il entre une grande variété de poissons et de crustacés. En voici d’ailleurs la recette donnée par un poète méridional :

Oh ! ne transigez pas, ayez de la rascasse,
Du merlan, du saint-pierre et du rouget, assez
Pour un jeune requin. Parmi les crustacés,
Préférez la langouste à petite carcasse.
L’anguille ? l’oublier serait un trait cocasse !
La sardine s’impose aux mollusques tassés,
La cigale de mer poivre ces testacés !
D’un arôme enragé de piment madécasse.
Or, sans ail, thym, fenouil, quatre épices, lauriers,
Oignons et céleris, jamais vous ne l’auriez !
Un zeste de citron délicat l’enjolive.
Quant au safran, maudit qui le dose !… Raca
Sur l’huile qui n’est pas honnêtement d’olive !
Et quand on l’a mangée, on peut faire caca !

Brider

d’Hautel, 1808 : Brider la lourde. En terme d’argot signifie, fermer la porte.
Un oison bridé. Homme ignorant et d’une extrême stupidité.
Cette affaire est scellée et bridée. Pour elle est conclue, terminée.
Brider la figure à quelqu’un. C’est lui appliquer un coup de bâton sur le visage.
Brider l’oie. Tromper soigneusement quelqu’un, abuser de sa bonne foi, de sa simplicité.
Brider. S’opposer, mettre obstacle, contrecarrer.
Brider les volontés, les désirs de quelqu’un.
La bécasse est bridée. Se dit par raillerie d’un sot que l’on engage dans une mauvaise affaire, que l’on a pris pouf dupe. Voyez Âne.

Ansiaume, 1821 : Fermer.

Il faut débrider la marmotte, il a dix plombs de rouget.

anon., 1827 : Fermer.

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Fermer. Le boucard est bien bridé, la boutique est solidement fermée.

Bras-de-Fer, 1829 / Halbert, 1849 : Fermer.

Delvau, 1866 : v. a. Fermer, — dans le même argot [des voleurs]. Brider la lourde. Fermer la porte.

Fustier, 1889 : Interdire, défendre. Argot des marchands forains.

Il m’a expliqué le fonctionnement de son jeu de courses, un divertissement qui, après avoir été bridé, vient d’être débridé depuis qu’on a constaté l’impossibilité de harnaquer.

(Temps, avril 1887)

La Rue, 1894 : Interdire, défendre.

Rossignol, 1901 : Retirer une autorisation. Retirer l’autorisation à un camelot ou marchand quelconque de stationner sur la voie publique pour y débiter sa marchandise, c’est le brider. Un établissement fermé par ordre de la préfecture est bridé.

France, 1907 : Fermer ; argot des voleurs. Brider la lourde, fermer la porte. Se dit aussi pour ferrer un forçat.

Cadelle en rouget

Clémens, 1840 : Chaîne de cuivre.

Camelotte

d’Hautel, 1808 : C’est de la camelotte ; ce n’est que de la camelotte. Se dit par mépris et pour rabaisser la valeur d’une marchandise quelconque, et pour faire entendre que la qualité en est au-dessous du médiocre.

Ansiaume, 1821 : Marchandise.

J’ai de la camelotte en rompant, mais pour du carle, niberg.

Vidocq, 1837 : s. m. — Sperme.

Vidocq, 1837 : s. f. — Toute espèce de marchandises.

M.D., 1844 : Marchandise.

un détenu, 1846 : Mauvaise marchandise.

Delvau, 1866 : s. f. « Femme galante de dix-septième ordre, » — dans l’argot du peuple.

Delvau, 1866 : s. f. Mauvaise marchandise ; besogne mal faite, — dans l’argot des ouvriers ; Livre mal écrit, dans l’argot des gens de lettres. Les frères Cogniard, en collaboration avec M. Boudois, ont adjectivé ce substantif ; ils ont dit : Un mariage camelotte.

Rigaud, 1881 : Le contenu en bloc de la hotte, — dans le jargon des chiffonniers. Au moment du triquage, du triage, chaque objet est classé sous sa dénomination. Ainsi, les os gras sont des chocottes ; les os destinés à la fabrication, des os de travail ; le cuivre, du rouget, le plomb, du mastar ; le gros papier jaune, du papier goudron ; le papier imprimé, du bouquin ; la laine, du mérinos ; les rognures de drap, les rognures de velours, des économies ; les croûtes de pain, des roumies ; les têtes de volaille, des têtes de titi ; les cheveux, des douilles ou des plumes ; les tissus laine et coton, des gros ; les toiles à bâche et les toiles à torchon, des gros-durs ; les rebuts de chiffons de laine, des gros de laine ou engrais.

Rigaud, 1881 : Mauvaise marchandise, objet sans valeur. Le camelot est une étoffe très mince et d’un mauvais usage, faite de poils de chèvre, de laine, de soie et de coton de rebut, d’où camelotte. — Tout l’article-Paris qui se fabrique vite, mal, à très bas prix, est de la camelotte.

Ah ! ce n’est pas de la camelotte, du colifichet, du papillotage, de la soie qui se déchire quand on la regarde.

(Balzac, L’Illustre Gaudissart)

Rigaud, 1881 : Prostituée de bas étage.

Rigaud, 1881 : Toute espèce de marchandise, — dans le jargon des voleurs. — Camelotte savonnée, marchandise volée. — Balancer la camelotte en se débinant, jeter un objet volé quand on est poursuivi. — Les revendeurs, les truqueurs, les petits étalagistes, désignent également leur marchandise sous le nom de camelotte. — J’ai de la bonne camelotte, j’ai de la bonne marchandise.

Virmaître, 1894 : Marchandise. Pour qualifier quelque chose d’inférieur on dit : c’est de la camelotte (Argot du peuple).

Hayard, 1907 : Marchandise.

France, 1907 : Objet de nulle valeur ou marchandise volée.

— Si elle ne veut pas de la camelotte, une autre en voudra.
— Si j’en étais sûr !…
— Viens avec moi chez ma fourgate.

(Marc Mario et Louis Launay, Vidocq)

Camelotte en pogne, être pris en flagrant délit de vol. On dit aussi camelotte dans le pied. Prostituée de bas étage.

Camoufflier

Ansiaume, 1821 : Chandelier.

Il s’est amusé à grincher des camoufliers de rouget.

Fidibus

Larchey, 1865 : Longue bande de papier pliée ou roulée tout exprès pour allumer la pipe. Jeu de mots basé sur le pluriel de fides. — Un fidibus sert à plusieurs fois ; il est assez long pour allumer plusieurs pipes.

Un roman de G. Sand dont il fera un fidibus après l’avoir lu.

(Ch. Rouget)

France, 1907 : Bande de papier roulé ou plié pour allumer la pipe. Ce mot vient des universités allemandes où les étudiants allument généralement leurs pipes avec les papiers où sont écrites les admonestations officielles qui commencent invariablement par les mots : Fidibus discipulis universitatis.

Gabelou

Larchey, 1865 : Employé des contributions indirectes. — Du vieux mot gabloux : officier de gabelle. V. Roquefort.

Bras-Rouge est contrebandier… il s’en vante au nez des gabelous.

(E. Sue)

Delvau, 1866 : s. m. Employé de l’octroi, le Gabellier de nos pères.

La Rue, 1894 : Douanier ou employé d’octroi.

France, 1907 : Employé de l’octroi ou de la douane ; du vieux mot français gabelle.

Un gabelou ! dix-sept degrés plus bas qu’un chien ; passé en proverbe chez les contrebandiers à l’endroit des gardes-côtes.

(Ch. Rouget)

Pendant le siège de Paris, les gabelous étaient armés et montaient la garde concurremment avec des soldats.

(Sutter-Laumann)

Jaunet

d’Hautel, 1808 : Des jaunets. Pour dire des louis ; la pluie d’or ; argument auquel rien ne résiste ; qui d’un fat fait un honnête homme, et après lequel enfin tant de pauvres humains soupirent.

Larchey, 1865 : Pièce d’or.

Un seul regret, celui de n’avoir pu débarrasser les pigeons de leurs jaunets.

(Paillet)

Delvau, 1866 : s. m. Pièce d’or de vingt francs, — dans l’argot des faubouriens. Ils disent aussi Jauniau. Au XVIIe siècle, on disait Rouget.

France, 1907 : Pièce d’or.

Et, en attendant, il grêlait des sous, des francs, des roues de cinq balles, des jaunets, et aussi des cigares, des oranges, et il tourbillonnait encore des mouchoirs de dentelles, et des cravates de soie claire et des foulards, et des écharpes, qui venaient battre de l’aile autour du chanteur comme un vol caressant de grands papillons multicolores.

(Jean Richepin)

D’jaunets tu vas meubler ma poche,
Afin de rigoler à mort.

(Festeau)

Marseillaise

Larchey, 1865 : Pipe courte et poreuse fabriquée à Marseille.

Et tout en parlant ainsi, il chargeait et allumait sa marseillaise.

(Luchet)

Delvau, 1866 : s. f. Pipe courte, dont le fourneau est à angle droit avec le tuyau.

Rigaud, 1881 : Pipe en terre fabriquée à Marseille.

La pipe dite marseillaise a eu longtemps les sympathies exclusives de tous les fumeurs sincères et convaincus.

(Paris-Fumeur)

Elle est un peu délaissée aujourd’hui ; il paraît que les fumaillons trouvent qu’elle ne culotte pas assez vite. Albert Flocon, l’ancien membre du gouvernement provisoire en 1848, ne fumait que dans des « marseillaises ». Il contribua beaucoup à en propager la mode dans les clubs.

France, 1907 : Courte jupe fabriquée à Marseille. Avoir une Marseillaise dans le kiosque, être timbré.

Enfin, pour sûr, la politique lui aura tourné la tête. Il a une Marseillaise dans le kiosque.

(Baumaine et Blondelet)

Il ne s’agit pas, dans l’exemple ci-dessus, de courte pipe, mais du célèbre chant trop ressassé de Rouget de Lisle.

Mitte

Ansiaume, 1821 : Cachot.

Il est au mitte pour avoir grinchi du rouget.

Plombe

Ansiaume, 1821 : Heure.

À dix plombes de la sorgue il est temps de travailler.

Ansiaume, 1821 : Mois.

J’ai resté au mitte brun pendant 18 plombes.

Ansiaume, 1821 : Une livre pesant.

J’ai grinchi 4 plombes de rouget à bord de la Jeanne d’Arc (frégate neuve).

Bras-de-Fer, 1829 : Demi-heure.

Vidocq, 1837 : s. f. — Heure, année.

Larchey, 1865 : Heure. — Onomatopée. — Plombe imite le bruit grave d’une sonnerie de grosse horloge. V. Momir, Crosser. — Plomber : Sonner.

Delvau, 1866 : s. f. Heure, — dans l’argot des voleurs. Mèche. Demi-heure. Mèchillon. Quart d’heure.

Rigaud, 1881 : Heure. Dix plombes se décrochent, dix heures sonnent.

La Rue, 1894 : Heure.

Rossignol, 1901 : Heure. Il est 6 plombes et 10 broquilles.

Hayard, 1907 : Heure.

France, 1907 : Heures. Dix plombes se décrochent ou crossent, dix heures sonnent. Luysard estampille huit plombes, il est huit heures au soleil.

— Voilà six plombes et une mèche qui crossent… Tu pionces encore ?

(Mémoires de Vidocq)

Rouget

d’Hautel, 1808 : Un rouget. On appelle ainsi parmi le peuple, un homme dont les cheveux et les sourcils sont roux.

Ansiaume, 1821 : Cuivre.

As-tu 12 plombes de rouget à me recoquer ?

Vidocq, 1837 : s. m. — Cuivre.

Larchey, 1865 : Cuivre. (Vidocq). C’est le cuivre rouge. Le cuivre jaune est le paillon.

Delvau, 1866 : s. m. Cuivre volé.

Delvau, 1866 : s. m. Homme à barbe rouge ou à cheveux d’un blond ardent.

Rigaud, 1881 : Cuivre, — dans le jargon des voleurs.

La Rue, 1894 : Cuivre.

Virmaître, 1894 : Cuivre (Argot des voleurs).

Hayard, 1907 : Cuivre.

France, 1907 : Cuivre rouge ; argot des voleurs.

France, 1907 : Personne aux cheveux rouges ; argot populaire. Voir Rouquin.

Rougets

Delvau, 1866 : s. m. pl. Les menses des femmes, — dans l’argot du peuple, à qui le seigneur de Cholières n’a pas craint d’emprunter cette expression pour un de ses Contes.

Rigaud, 1881 : Menstrues.

La femme qui a les rougets.

(Cliollières, Contes)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique