Entrez le mot à rechercher :
  Mots-clés Rechercher partout 


Auber ou aubert

France, 1907 : Argent ; argot des voleurs. Ce mot date de loin et ne serait qu’un jeu de mots du moyen âge où la maille était une monnaie et le haubert une cotte de mailles. Avoir de l’aubert était donc, comme dit Charles Nisard, être couvert de mailles ou d’argent. Le nombre de mots pour désigner le « vil métal » est considérable et prouve le rôle important qu’il joue dans le monde d’en bas comme dans celui d’en haut. Nous avons : achetoires, beurre, bille, braise, carle, cercle, cigale, cuivre, dale, douille, face, galette, graisse, huile, jaunet, médaille, métal, mitraille, monacos, monarque, noyaux, patard, pèze, philippe, picaillon, pimpion, quantum, quibus, rond, roue de derrière, roue de devant, sine qua non, sit nomen, sonnette, thune, vaisselle de poche, etc.

Plus d’aubert nestoit en fouillouse.

(Rabelais)

Broque

Vidocq, 1837 : s. m. — Double. (Ancienne pièce de monnaie.)

(Le Jargon, ou Langage de l’Argot moderne)

Halbert, 1849 : Un liard.

Rigaud, 1881 : Centime. — Cinq broques font un rond ; vingt ronds font une balle, cinq balles font une roue de derrière ou forte thune.

Virmaître, 1894 : Un sou (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 : Sou.

Je suis coupé, je n’ai pas un broque.

C’est un ancien mot qui voulait dire liard, quart de sou.

France, 1907 : Liard.

Casser la pièce

Rigaud, 1881 : Entamer, changer une pièce d’argent ou d’or. Casser la roue de derrière, entamer la pièce de cent sous, dans le jargon des ouvriers.

Casser une roue de derrière

France, 1907 : Entamer une pièce de cinq francs.

Dégotter

un détenu, 1846 : Trouver quelqu’un ; piller, prendre, enlever.

Larchey, 1865 : Surpasser. On disait en 1808 dégoutter, c’est-à-dire : être placé au-dessus de quelqu’un, dégoutter sur lui. V. d’Hautel.

Quel style ! Ça dégotte Mm’ de Sévigné.

(Labiche)

Delvau, 1866 : v. a. Surpasser, faire mieux ou pis ; étonner, par sa force ou par son esprit, des gens malingres ou niais. Signifie aussi : Trouver ce que l’on cherche.

Rigaud, 1881 : Surpasser. — Prendre la place d’un autre — Trouver. Dégotter une roue de derrière, trouver une pièce de cinq francs.

D’ailleurs, l’affaire est à moi. Je l’ai dégottée et, de plus, j’ai donné le coup.

(G. Marot, l’Enfant de la Morgue)

Merlin, 1888 : Surpasser.

Virmaître, 1894 : Se dit de quelqu’un mal habillé.
— Tu la dégottes mal.
Dégotter, signifie également trouver.
— Il y a deux mois que je la cherche, j’ai fini par la dégotter.
Dégotter
quelqu’un : faire quelque chose mieux que lui. Victor-Hugo, par exemple dégotte Sarrazin, le poète aux olives (Argot du peuple).

France, 1907 : Trouver, découvrir.

Pour cette fois, les policiers ont fait four, ils n’ont pu rien dégotter qui donne un semblant de raison à leurs menteries.

(Père Peinard)

— Tiens ! quoi donc que j’dégott’ dans l’noir,
Qu’est à g’noux, là-bas, su’ l’trottoir ?
Eh ben ! là-bas, eh ! la gonzesse !

(André Gill, La muse à Bibi)

Monarque

Larchey, 1865 : Pièce de monnaie. — Allusion à l’effigie royale.

Il va nous donner quequ’vieux monarque pour y boire à la santé…

(Gavarni)

Larchey, 1865 : Roi de cartes.

Ou si c’est un roi qu’elle relève, elle s’écrie : Je pince le monarque.

(M. Alhoy)

Delvau, 1866 : s. f. Pièce de cinq francs, — dans l’argot du peuple. Monarques. Les rois d’un jeu de cartes.

Rigaud, 1881 : Argent, dans le jargon des filles. — Avoir fait son monarque, avoir gagné sa journée.

Rigaud, 1881 : Roi d’un jeu de cartes.

France, 1907 : Pièce de cinq francs, nommée aussi roue de derrière. Dans l’argot des filles, c’est argent en général. « Faire son monarque », avoir trouvé des clients.

France, 1907 : Roi de cartes ; argot des joueurs.

Roue

d’Hautel, 1808 : Pousser à la roue. Exciter, porter quelqu’un à une action hardie ; ou l’aider, le secourir dans une entreprise difficile.

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Écu. Roue de derrière, écu de six francs ; roue de devant, écu de trois francs.

Vidocq, 1837 : s. m. — Juge d’instruction.

Delvau, 1866 : s. f. Juge d’instruction, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 / La Rue, 1894 : Juge d’instruction.

Roue de derrière

M.D., 1844 : Pièce de cinq fr.

Delvau, 1866 : s. f. Pièce de cinq francs en argent, — dans l’argot des cochers, qui emploient cette expression depuis longtemps, puisqu’on la trouve dans les Œuvres badines du comte de Caylus. Les Anglais ont la même expression : A hind-coach-wheel, disent-ils à propos d’une pièce de cinq shillings (une couronne).

Rigaud, 1881 : Pièce de cinq francs en argent.

Mets tes lunettes, mon vieux, c’est une roue de derrière.

(X. de Montépin, Le Fiacre no 13.)

La Rue, 1894 : Pièce de cinq francs. Roue de devant, pièce de deux francs.

Virmaître, 1894 : Pièce de cinq francs en argent. Quand on n’en possède qu’une, la voilure va cahin-caha, mais, quand il y en a plusieurs, on roule vivement (Argot du peuple).

Hayard, 1907 : Pièce de cinq francs.

France, 1907 : Pièce de cinq francs. Elle est, comme les roues de derrière des voitures, plus grande que les autres pièces ; argot des voleurs. La roue de devant est la pièce de deux francs.

Au cidre ! au cidre ! il fait chaud,
Verse dru, la mère,
Au cidre ! au cidre ! il fait chaud,
J’ons cin’ rou’ d’derrière.
Du cidre il faut
À grand verre,
Du cidre il faut
À grand pot.

(J. Richepin, La Chanson des gueux)

anon., 1907 : Pièce de cinq francs.

Roue de derrière, de devant

Vidocq, 1837 : s. m. — Pièce de 5 fr., de 2 fr.

Larchey, 1865 : « Pièces de cinq, deux francs. » — Vidocq, 1837. — Allusion au diamètre respectif des roues de voiture.

Roues de derrière… expression des cochers pour dire pièces de cinq francs.

(Cabarets de Paris, 1821)

Je peux solir pour une roue de derrière ce qui m’a coûté cinquante ronds, c’est-à-dire vendre pour six francs ce qui m’a coûté cinquante sous.

(Avent. de J. Sharp, 1789)

Vaisselle de poche

Delvau, 1864 : L’argent nécessaire en amour — la braise avec laquelle on chauffe les femmes.

Il a son charme, le métier de mac, surtout au point d’vue d’ la vaisselle de poche.

(Lemercier de Neuville)

À des pouilleux si tu t’accroches,
Rappelle-toi qu’il t’en cuira
Car l’amour sans vaisselle de poches,
C’est du caca.

(É. Debraux)

Larchey, 1865 : Argent. — On ne peut pas manger sans celle-là.

L’amour sans vaisselle de poche,
C’est du caca.

(Debraux, 1832)

Delvau, 1866 : s. f. Argent, monnaie, — dans l’argot des faubouriens.

Rigaud, 1881 : Argent.

Virmaître, 1894 : C’est une vaisselle que les ouvriers aiment bien à casser, surtout les jours de Sainte-Flemme (Argot du peuple).

France, 1907 : Argent. Vaisselle aussi rare pour la majorité du genre humain que sont nombreuses les différentes appellations qui la désignent. Nous les réunissons ici : Achetoires, beurre, bille, braise, carle, cercle, cigale, cuivre, dale, douille, face, galette, gau, graisse, huile, jaunet, médaille, métal, mitraille, monacos, monarque, noyaux, pétard, pèse, philippe, picaillon, pimpiou, quantum, quibus, rond, roue de derrière, roue de devant, sit nomen, sine qua non, thune.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique