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Abeller

France, 1907 : Rendre beau, parer, endimancher : mot poitevin. Bel, en celtique, signifie lumineux. En rouchi et en artésien, c’est le nom de la lune.

Biche, cocotte, grue, horizontale, persilleuse, bergeronnette, Louis XV

La Rue, 1894 : Fille galante, maîtresse. Les prostituées de basse catégorie ont reçu beaucoup de noms : crevette, bourdon, passade, fesse, galupe, catau, catin, gerse, gaupe, ruttière, gouge, gouine, baleine, chausson, roubion, grognasse, gourgandine, truqueuse, asticot, morue, brancard, autel ou outil de besoin, dossiers, roulante, roulasse, rouleuse, roulure, traînée, trouillarde, camelotte, volaille, carogne, blanchisseuse de tuyaux de pipes, pouffiasse, moellonneuse, pontonnière, pilasse, ponante, ponifle, pierreuse, vadrouille, chiasse, avale-tout, taupe, paillasse, cambrouse, wagon à bestiaux, voirie, rouchie, gadoue, etc.

Chipette

Vidocq, 1837 : s. f. — Tribade.

Delvau, 1866 : s. f. Lesbienne, — dans l’argot des voleurs, qui ne connaissent pas le grec, mais dont les ancêtres ont connu le rouchi.

Delvau, 1866 : s. f. Rien ou peu de chose, — dans l’argot du peuple.

France, 1907 : Bagatelle. Employé surtout dans ce sens : « Ça ne vaut pas chipette. »

France, 1907 : Lesbienne.

Éponge

d’Hautel, 1808 : Boire comme une éponge. Boire avec excès ; s’enivrer.
Passer l’éponge sur quelque chose. Pardonner ; oublier noblement une mauvaise action ; une offense.
Presser l’éponge. C’est faire rendre à quel qu’un ce qu’il a pris ; le faire regorger.

Delvau, 1864 : Femme. Épouse ou maîtresse qui vous éponge, en manœuvrant au cul, le trop plein de vos couilles.

Delvau, 1866 : s. f. Ivrogne, — dans l’argot du peuple.

Delvau, 1866 : s. f. Maîtresse, — dans l’argot des voyous, qui révèlent ainsi d’un mot tout un détail de mœurs. Autrefois (il n’y a pas longtemps) les filles et leurs souteneurs hantaient certains cabarets borgnes connus de la police. Ces messieurs consommaient, en inscrivait sur l’ardoise, ces dames payaient, et le cabaretier acquittait la note d’un coup d’éponge.

Rigaud, 1881 : Maîtresse d’un souteneur.

Mais, pardon, tiens, que je te fasse voir mon éponge, poursuivit-il, en tirant à lui Céline.

(Huysmans, les Sœurs Vatard)

La Rue, 1894 : Femme de souteneur. Éponge d’or, avoué.

France, 1907 : Ivrogne. La périphrase s’explique de soi.

France, 1907 : Maîtresse ; argot des souteneurs.

Me v’là, Laur’, l’éponge à Polyte,
C’est un beurr’ comm’ nous nous aimons,
Mon homme et moi, nous somm’s l’élite,
La fleur, la crèm’ des butt’s Chaumont,
C’est dimanch’ dernier, au bastringue,
Qui m’a plu Polyte, et qu’j’y plus ;
La grande Irma, c’t’espèc’ de bringue,
Était sa marmite, ell’ l’est pus,
Dès qu’j’en suis d’venue amoureuse,
Y m’a dit : Toc, ça t’va, ça m’va !
C’est vraiment chouett’ pour un’ pierreuse
D’avoir un mec comm’ celui-là.

(André Gill, L’Éponge à Polyte)

Voici en bloc les noms donnés aux prostituées de basse catégorie : asticot, autel du besoin, avale-tout, baleine, blanchisseuse de tuyau de pipe, bourdon, brancard, cambrouse, camelotte, carogne, catau, catin, chausson, chiasse, dossière, fesse, gadoue, galupe, gaupe, gerse, gouge, gouine, gourgandine, grognasse, moellonneuse, morue, outil de nécessité, paillasse, passade, pétasse, pierreuse, ponante, ponifle, pontonnière, pouffiasse, punaise, roubion, rouchie, roulante, roulasse, rouleuse, roulure, rullière, taupe, trainée, trouillarde, truqueuse, vadrouille, voirie, volaille, wagon à bestiaux.

Gluant

d’Hautel, 1808 : On dit par raillerie d’un homme qui est enclin à la rapine, qui dérobe tout ce qui lui tombe sous la main, qu’il a les mains gluantes.

Delvau, 1866 : s. m. Enfant à la mamelle que le lait qu’il tette et qu’il laisse baver sur lui rend tout poisseux et désagréable à toucher pour quiconque n’est ni son père ni sa mère.

Rigaud, 1881 : Enfant à la mamelle. (A. Delvau) Il est attaché au sein de la mère comme de la glu.

La Rue, 1894 : Enfant à la mamelle.

France, 1907 : Enfant à la mamelle. Personne tenace dont on se débarrasse difficilement, qui se colle à vous. Une femme qu’on n’aime plus est toujours gluante.

Parait que j’suis dab ; ça m’esbloque,
Un p’tit sale, a moi l’salaud !
Ma rouchi doit batt’ la berloque,
Un gluant, ça m’f’rait pas mon blot.

(Jean Richepin)

Rouchi

Larchey, 1865 : Personne méprisable.

Veux-tu te cacher, vilain rouchi. Tu reviendras quand tu seras blanchi.

(1844. Catalogue poissard)

Du vieux mot rouchi : mauvais cheval. V. Roquefort.

Delvau, 1866 : s. m. Homme sans morale et sans honnêteté, voyou, — dans l’argot du peuple.

Rigaud, 1881 : Gredin ; homme de rien.

La Rue, 1894 : Gredin. Rouchie, vile prostituée.

Virmaître, 1894 : Homme sans conscience, pour qui le Code est un bréviaire. Terme méprisant très en usage (Argot du peuple).

France, 1907 : On norme ainsi le patois du Hainaut.

C’est au cabaret, maintenant, que les ouvriers se réunissent, pour s’entretenir des questions à l’ordre du jour, pour parler des salaires, des grèves, des fluctuations commerciales, pour discuter les problèmes sans cesse renaissants de la politique et des affaires. Là, on n’entend plus qu’un jargon informe, dégénéré, abâtardi,, mélangé de français, de picard, de rouchi, assaisonné d’un grand nombre de termes empruntés à l’argot des villes et des ateliers.

(Chanoine D. Haigneré, Introduction à l’étude du patois du Bas-Boulonnais)

Rouchie

Delvau, 1864 : Femme de mauvaise vie.

Depuis, de Pinolie
Ma femme, Pincecul a fait une rouchie.

(L. Protat)

Delvau, 1866 : s. f. Fille ou femme de mauvaise vie.

Rigaud, 1881 : Sale femme, sale prostituée ; vaurienne.

Virmaître, 1894 : Femme avachie, usée. Vient de mauvais cheval : rouchi. Quand une fille est trop vieille, qu’elle a rendu trop de services à l’humanité souffrante, qu’elle ne rue plus dans les brancards, c’est une rouchie (Argot des souteneurs).

Rossignol, 1901 : Elle est tellement rouchie que si les rues étaient pavées d’asperges, elle marcherait tout le temps sur le derrière.

France, 1907 : Femme laide, répugnante, vieille prostituée.

— Ces petites trainées-là… c’est plus roué et plus dangereux aussi que les vieilles rouchies… aussi qu’elle prenne garde !…

(Ed. Lepelletier, Les Secrets de Paris)

Rousse, roussins

Larchey, 1865 : Police, agents de police. — Du vieux mot rouchin : rosse, mauvais cheval. V. Roquefort. — Rousse est une abréviation. — V. Butter, Agrafer, Cambrouse.

C’était l’agent de change que suivaient les roussins.

(Vidocq)

Ils croient voir partout la rousse.

(Paillet)

À quoi penses-tu ? tu bois avec des rousses.

(Chenu)

Roussiner

Larchey, 1865 : Péter sans façon, comme un rouchin.

Delvau, 1866 : v. n. Faire de fréquents sacrifices au dieu Crépitus, sans plus de façon qu’un baudet.

Virmaître, 1894 : Faire arrêter par la police. L. L. Roussiner veut dire péter mollement et puer fortement.
— Il roussine à faire roter un vidangeur (Argot du peuple). N.

France, 1907 : Agir en mouchard, faire arrêter.

On vous roussine
Et puis la tine
Vient remoucher la butte en rigolant.

(Lacenaire, guillotiné en 1836)

France, 1907 : Péter.

Trimbaleur de rouchies

France, 1907 : Souteneur ; argot faubourien.

Trimballeur de rouchies

Fustier, 1889 : Souteneur.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique