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Désert

France, 1907 : On appelle ainsi, dans l’argot de l’École Polytechnique, un coin de la salle d’études qui échappe au regard du surveillant.

C’est là que se réfugie l’élève qui veut griller une « sèche », c’est-à-dire fumer tranquillement une cigarette sans être vu ; c’est dans le désert qu’on s’allonge sur un lit confectionné à l’aide des cartons à dessin, cherchant dans le sommeil l’oubli momentané des intégrales et de l’arche biaise ; c’est encore là qu’on va piquer le bouquin, c’est-à-dire lire le journal où le roman nouveau, faire un mort ou cuisiner le chocolat du matin.

(Albert Lévy et G. Pinet, L’Argot de l’X)

Il existe dans chaque salle,
Dans l’coin en entrant, un désert.
C’est là que l’cuisinier s’installe,
Car de cuisine je lui sers.
L’gaz descend par un tub’ flexible,
Depuis le « rosto » jusqu’au fond’ment d’un brûleur,
Er j’rends la marmite invisible
Pour les regards inquisiteurs.
Ça va bien, ça va bien !
Ça va bien, ça va bien !
Grâce à moi, le capitaine
Qui dans le corri s’promène,
Ne s’apercevra de rien.

(J. Dreyfus et Onillon, 1882)

Faire brûler Moscou

Delvau, 1866 : Faire un punch monstre, — dans l’argot des soldats, qui connaissent tous, par ouï-dire, les belles flammes qui s’échappaient, le 29 septembre 1812, de l’antique cité des czars, brûlée par Rostopchin.

France, 1907 : Allumer un punch.

Museler

Fustier, 1889 : Imposer silence. — Se museler, se taire.

France, 1907 : Fermer la bouche, dans l’argot des polytechniciens, manière d’obliger un camarade à garder le silence : « On lui dit, par exemple : « Musèle-toi, mon cher, tu viens de perdre une belle occasion de te taire ! » À l’inverse, démuseler c’est retrouver la parole après qu’on est longtemps resté muselé… Museler une porte, c’est la fermer ; museler un rosto, c’est l’éteindre ; museler un casert, c’est le barricader de manière à empêcher une invasion des anciens. Museler est encore synonyme de fermer, cacher. On musèle un bouquin en l’enfermant avec soin. »

(Albert Lévy et G. Pinet)

Rosto

Rigaud, 1881 : Appareil à gaz, bec de gaz, — dans l’argot des polytechniciens, en souvenir du général Rostolan qui a fait installer le gaz à l’école.

France, 1907 : Bec à gaz ; argot des polytechniciens, du nom du général Rostolan qui introduisit le gaz à l’École.


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