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Gratte-papier

Larchey, 1865 : Fourrier. — Allusion à ses fonctions de scribe. V. Rogneur.

Delvau, 1866 : s. m. Employé, clerc d’huissier, expéditionnaire etc., — tous les scribes enfin.

Merlin, 1888 : Fourrier.

Virmaître, 1894 : Employé aux écritures (Argot du peuple). V. Chieur d’encre.

France, 1907 : Employé aux écritures, bureaucrate, comptable. On dit aussi rond-de-cuir.

J’interrogeai Victor Considérant sur Fourier, sur son maître ; et il nous parla longuement — avec quelle enthousiaste admiration ! — de cet étrange philosophe, profondément déiste, qu’on trouva mort, à genoux devant son lit, dans l’attitude de la prière, mais qui n’espérait pas en une autre vie et qui voulait que l’humanité se créât son paradis ici-bas. Il nous donna surtout des détails sur les dernières années de Fourier, celles qu’il passa à Paris, perdu dans la foule quand il comptait déjà cependant plusieurs apôtres tout dévoués et tant de disciples fervents. Il nous conta, par le menu, la singulière existence de ce Franc-Comtois, fils d’un humble boutiquier, dont le premier écrit avait attiré l’attention du premier consul, mais qui, par goût de l’obscurité, ne répondit même pas au signe que lui faisait un homme de génie ; de ce petit teneur de livres, qui rêvait de changer la face du monde en enfilant ses manches de lustrine et méditait les lois d’une société nouvelle sans jamais commettre une erreur dans ses additions, — de ce prophète gratte-papier, de ce messie rond-de-cuir.

(François Coppée)

Il semble à Paul, dont le désespoir augmente, que le mauvais destin réussit à le façonner à l’image de ces idiots de gratte-papier entassés dans les bureaux, à côté desquels il se rendra demain, puis après, puis toujours ! Quelle perspective !

(Paul Pourot, Les Ventres)

Au fond, elle était enchantée de voir partir toutes ces filles de boutiquiers et de qratte-papier, qu’elle avait prises au rabais et qui, loin de se plaindre, auraient dû s’estimer très honorées de frayer avec si noble compagnie.

(Albert Cim, Institution de demoiselles)

Grogneur, grogneuse

d’Hautel, 1808 : Qui murmure continuellement, qui est toujours à marmonner.

Rapia, rapiat

France, 1907 : Avare, grippe-sou ; argot populaire.

Au moyen âge, sais-tu quels étaient les banquiers, les tripoteurs d’argent, les rogneurs d’écus ?
Ce fut, pendant un sacré temps, des types venus de la Lombardie. Et, nom de dieu, on les exécrait ferme, car ils étaient bougrement rapias. Le populo avait du cœur à gueuler : « Mort aux Lombards ! »
Les Lombards ont cessé d’être banquiers, et nous n’avons pas cessé d’être exploités !

(Le Père Peinard)

Renâcleur

Rigaud, 1881 : Grogneur. — Poltron.

France, 1907 : Agent de police, mouchard.

— Et comme vous êtes des renâcleurs venus pour nous boucler, vous allez aussi éternuer avec la largue et ses jobards.

(Mémoires de M. Claude)

Renaudeur

Rigaud, 1881 : Grogneur.

Rossignol, 1901 : Celui qui est grincheux et qui bougonne constamment est un renaudeur.

France, 1907 : Grognon ; argot populaire.

Rogneur

Larchey, 1865 : Fourrier. — Mot à mot : rogneur de portions. — Allusion aux vins et aux vivres de campagne sur lesquels un fourrier peu délicat prélève parfois une dîme indue.

Gratte-papier, rogneur, traîne-paillasse, Hardi pillard aux deux galons d’argent, De vingt surnoms que sur lui l’on entasse, Le fourrier rit, et se moque en chantant.

(Wado, Chansons)

Delvau, 1866 : s. m. Fourrier, — dans l’argot des troupiers.

Rogneur de portions

France, 1907 : Fourrier, expression militaire. Les fourriers ont toujours eu la réputation de rogner sur les vivres, les liquides spécialement.

Gratte-papier, rogneur, traine-paillasse,
Hardi pillard aux deux galons d’argent
De vingt surnoms que sur lui l’on entasse
Le fourrier rit et se moque en chantant.

(Wado, cité par L. Larchey)

Rogneurs (les)

Merlin, 1888 : Les fourriers que l’on accuse, à tort ou à raison, de faire du fourbi, du rabiau. De là, les sobriquets de rogneurs de centimes, rogneurs de rations.

Ronchon

Rigaud, 1881 : Grogneur.

France, 1907 : Grognon.

Traîne-paillasse

Larchey, 1865 : Fourrier. — Il règle avec l’employé des lits militaires le prix de chaque dégradation. — V. Rogneur.

Delvau, 1866 : s. m. Fourrier, — dans l’argot des troupiers. On dit aussi Gratte-papier et Rogneur de portions.

Rigaud, 1881 : Fourrier.

Merlin, 1888 : Fourrier. — Chargé de toucher les fournitures de literie.

France, 1907 : Fourrier. Allusion à ses fonctions de chargé de la literie de la compagnie ou de l’escadron ; argot militaire.

Trognade

Rigaud, 1881 : Gâteaux, fruits, sucreries, — dans le jargon des collégiens. — Trogner, manger des friandises. — Trognerie, action de trogner. — Trogneur, qui mange beaucoup de friandises.

France, 1907 : Friandise ; argot des écoliers.

Trogneur

France, 1907 : Mangeur de friandises ; argot des écoliers.

Youtrerie (la)

Virmaître, 1894 : La Synagogue quand tous les juifs y sont réunis. Youtrerie est synonyme de ladrerie, d’avarice, d’âpreté. Ce mot peint bien les estimables rogneurs de pièces de six liards (Argot du peuple).


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique