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Flauper

Fustier, 1889 / La Rue, 1894 : Battre.

Rossignol, 1901 : Donner des coups.

France, 1907 : Battre, frapper.

Merd’ ! v’là l’hiver ! L’emp’reur de Chine
S’fait flauper par les Japonais !
Merd’ ! v’là l’hiver ! Madam’ Sév’rine
Va rouvrir tous ses robinets !
C’qui ca s’en évader des larmes !
C’qui va en couler d’la pitié !
Plaind’ les pauvr’s, c’est comm’ vendr’ ses charmes,
C’est un vrai commerce, un méquier !

(Jehan Rictus)

Tu dois ben ça à ton p’tit homme
Qu’a p’tê’t’ été méchant pour toi,
Mais qui t’aimais ben, car, en somme,
Si j’te flaupais, tu sais pourquoi.
À présent qu’me v’là dans les planques
Et qu’je n’peux pas t’coller des tas,
Tu n’te figur’s pas c’que tu m’manques,
À Mazas.

(Aristide Bruant)

Godemichet

Delvau, 1864 : Phallus de cuir ou de velours avec ou sans ressorts, que les femmes libertines ou pusillanimes substituent au véritable phallus de chair et d’os que la prévoyante nature nous a soudé à tous au bas du ventre pour nous reproduire, et surtout pour jouir. Ce mot vient du latin : Gaude mihi, fais-moi plaisir. Cet engin, aussi singulier qu’ingénieux, — le rival sérieux de l’homme, dont la vigueur est malheureusement limitée, — cet engin est en usage depuis que le monde est monde, c’est-à-dire livré à la corruption. Les dames romaines s’en servaient bien avant les dames françaises, comme l’indique le Satyricon, où l’on voit le pauvre Encolpe-Polyænos étrangement arrangé par Œnathée, la vieille prêtresse. — Une autre preuve, c’est le passage suivant de l’École des Filles, où Suzanne la délurée dit à Fanchon, à peine déniaisée par son ami Robinet :

J’ai leu dans un livre l’histoire d’une fille de roy, qui se servoit d’une plaisante invention, au défaut du véritable masle. Elle avoit une statue d’homme de bronze, peinte en couleur de chair et fournie d’un puissant engin d’une matière moins dure que le reste. Cest engin estoit droit et creux, il avoit la teste rouge et un petit trou par le bout, avec deux pendants en forme de couillons, le tout imité au naturel. Et quand la fille avoit l’imagination eschauffée de la présence de ce corps, elle s’approchoit de cest engin, qu’elle se fourroit dedans le con, elle empoignoit les fesses de cette statue et les trémoussoit vers elle ; et quand ce venoit à descharger elle tournoit un certain ressort qui luy sortoit derrière les fesses, et la statue jettoit incontinent par l’engin une certaine liqueur chaude et espaisse, blanche comme bouillie, dans le con de la fille, dont elle estoit arrosée et satisfaite pour le coup.

Les anciens écrivains gaillards avaient donc raison d’écrire gaudemichi — qui se rapproche plus, étymologiquement, de gaude mihi que godemichet.

L’une se trouva saisie et accommodée d’un gros godemichet entre les jambes, si gentiment attaché avec de petites bandelettes autour du corps, qu’il semblait un membre naturel.

(Brantôme)

Il ne reste plus rien du bien de mon partage
Qu’un seul godemichi, c’est tout mon héritage.

(Théophile)

Et feignant de prier en fermant son volet,
Pour un godemichet quitte son chapelet.

(Piron)

Grange (la)

Delvau, 1864 : Le con.

Un jour ma Jeannette
Me dit : Robinet
Ma grange est bien nette,
Mets-y ton boquet.

(Chansons folastres)

Membre (le)

Delvau, 1864 : Sous-entendu viril. Le grand outil générateur, que nous faisons travailler comme un cheval et que les femmes adorent comme un dieu.

Jouis-tu, cochon ? Ah ! le beau membre !

(Lemercier de Neuville)

On voit, sous les feuilles de vignes
Que leur impose la pudeur,
S’agiter de gros membres dignes
d’admiration — ou d’horreur.

(Anonyme)

Monseigneur le vit, ou madame la pine — Outre ces deux noms, ce noble personnage, qui veut chaque jour être fêté, possède plus de prénoms qu’il n’en faudrait pour refaire le calendrier… républicain. Je cite les principaux :

L’acteur, l’affaire, les agréments naturels, l’aiguille, l’aiguillon, l’aiguillette, l’andouille, l’arbalète, l’ardillon, l’aspergès, l’asticot, la baguette, le balancier, le bâton à un bout, le bâton de sucre de pomme, le bâton pastoral, le battant de cloche, la béquille du père Barnaba, le berlingot, la bibite, le bidet, le bijou, le bistouri, la bite, le bogue, le bonhomme, le bouchon, le boudin blanc, le bougeoir, la bougie, le bout de viande, le boute-feu, le boutejoie, la boutique, le boyau, la braguette, le bracquemard, le bras, la briche, la broche, le broque, la burette, le canon à pisser, la carotte, le cas, le carafon d’orgeat, le cavesson, cela, ce qu’on porte, la chair, le chalumeau, le champignon, la chandelle, la chanterelle, la charrue, la chenille, la cheville d’Adam, la cheville ouvrière, le chibre, le chiffe, le Chinois, le chose, le cierge, la cigarette, la clé, le clou, la cognée, le cognoir, le coin, la colonne, le compagnon fidèle, la corde sensible, le cordon de saint François, le cornichon, la couenne, la courte, le criquet, le dard, le dardillon, le degré de longitude, le devant, le doigt du milieu, le doigt qui n’a pas d’ongle, dom ou frère Frappart, le dressoir, le drôle, l’écoutillon, l’engin, l’épée, l’étendard d’amour, le fils, le flacon d’eau-de-vie, le flageolet, la flèche, la flûte à un trou, le fourrier de nature, la gogotte, la grosse corde, le goujon, le goupillon, la guigui, la guiguitte, la haire, le hanneton, l’herbe qui croit dans la main, l’histoire, le honteux, Jacques, la jambe, Jean Jeudi, Jean Chouart, la laboureur de nature, la lance, la lancette, le lard, la lavette, la limace, le machin, le Mahomet, le manche du gigot, la marchandise, le mirliton, le mistigouri, le moineau, le moineau, la navette, le nerf, le nœud, l’obélisque, le onzième doigt, l’os à moelle, l’outil, l’ouvrier de nature, le paf, le panais, le pénis, le pondiloche, le perroquet, la petite flûte, le petit frère, le petit voltigeur, la pierre à casser les œufs, la pierre de touche, le pieu, le pignon, le pis, la pissottière, le poinçon, la pointe, le poireau, la potence, le poupignon, Priape, la quéquette, la queue, le robinet de l’âme, Rubis-Cabochon, la sangsue, saint Agathon, saint Pierre, le salsifis, la sentinelle, la seringue, le sifflet, le sous-préfet, le sucre d’orge, le trépignoir, la triquebille, la troisième jambe, le tube, la verge, la viande crue, etc. etc.

Ouvrir son robinet

France, 1907 : Commencer à parler. Se dit d’une personne à l’intarissable bagout, dont les paroles coulent de la bouche comme l’eau d’une fontaine.

— Bon, la voilà qui ouvre son robinet ! Nous n’avons pas fini, nous allons entendre l’assistance ronfler !

(Les propos du Commandeur)

Pallasseur

Delvau, 1866 : s. m. Faiseur de discours, bavard.

Boutmy, 1883 : s. m. Celui qui a l’habitude de faire des phrases, des pallas.

La Rue, 1894 : Faiseur de belles phrases, de pallas.

Virmaître, 1894 : Individu qui parle d’abondance, longuement, sur tout ce qu’il ne sait pas.
— Gare aux inondations ! le pallasseur a ouvert son robinet (Argot du peuple).

France, 1907 : Beau discoureur, débiteur de panacée universelle.

Parlotte

Larchey, 1865 : Lieu où l’on commère.

La Chambre des députés n’est plus qu’une buvette, un cercle, une parlotte.

(Alph. Karr)

Delvau, 1866 : s. f. Lieu où l’on fait des commérages, que ce soit la Chambre des députés ou le Café Bouvet ; tel foyer de théâtre ou telle loge de danseuse. Plus spécialement l’endroit où se réunissent les avocats.

France, 1907 : Bavardage. On dit aussi parlotterie.

Bellac, ce soir-là, semblait un robinet de fontaine et sa parlotte coulait, coulait, blanche, terne, exaspérante, à endormir tous ceux qui l’écoutaient.

(Mora, Gil Blas)

France, 1907 : Lieu où l’on parle. « La Chambre des députés, disait Alphonse Karr, n’est plus qu’une buvette, un cercle, une parlotte. »

Pisseraide

France, 1907 : Petit robinet d’eau à forte pression, placé dans le corridor des salles d’études de l’École polytechnique.

Plus de gaz dans son compteur

Virmaître, 1894 : Mourir. Le robinet de la vie est fermé, les yeux sont éteints (Argot du peuple). N.

Redresseur

d’Hautel, 1808 : Fripon, escroc, filou ; homme fin et rusé, auquel il faut soigneusement éviter d’avoir affaire ; on dit aussi d’un rigoriste, d’un homme qui exerce une sévère critique sur les fautes d’autrui ; c’est un redresseur de torts.

France, 1907 : Industriel de lettres qui corrige, redresse les œuvres de confrères.

Un homme nait qui serait peut-être mort de faim dans tous les métiers ; un jour, il met la plume à la main, il écrit, il se sent la facilité qu’on éprouve à la garde-robe. Apportez vingt moules à feuilletons, il les remplira jusqu’aux bords, il ne retient rien dans sa vessie : son robinet, ci 50,000 francs par an et les honneurs — la gloire en gros sous. Est-ce vrai ?
Un autre n’a ni fond, ni forme, pas plus de style que de pensée ; mais il possède une faculté hors ligne — celle de redresseur. Orthopédiste merveilleux, il corrige les drames mal faits et d’un enfant mal venu fait une œuvre superbe.

(A. Dubrujeaud)

Robin

d’Hautel, 1808 : Il en revient toujours à Robin ses flûtes. Pour dire à ce qui l’intéresse, à ses anciennes habitudes.
Un robin. Terme de mépris dont on qualifioit autrefois les gens de robe.
C’est un plaisant robin. Se dit d’un homme dont on fait peu de cas.

Delvau, 1866 : s. m. Taureau communal, — dans l’argot des paysans de Paris.

France, 1907 : Nom donné aux moutons. D’après Le Duchat, les robinets de fontaine furent ainsi appelés parce qu’on leur donnait généralement la forme d’une tête de mouton. Dans certaines campagnes de l’Est, un robinet est appelé robin.

France, 1907 : Taureau étalon.

Robinet

d’Hautel, 1808 : On dit populairement d’un homme qui parle abondamment, d’un babillard, d’un bavard éternel, que quand une fois le robinet est lâché, il a de la peine à finir.

Robinet (lâcher le)

France, 1907 : Pleurer ou uriner.

Vidé (être)

Rigaud, 1881 : Être ruiné. — Ne plus produire rien qui vaille, dans le jargon des hommes de lettres. Variante : Ne plus rien avoir dans le ventre.

Je lis ses chroniques… C’est d’un toc !… Il n’a rien dans le ventre, ce garçon-là.

(A. Dreyfus, La Vie moderne, du 24 avril 1879)

Robinet est vidé.

(Id. Ibidem)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique