Larchey, 1865 : (v. bande)
C’est fini, ils sont collés sous bande.
(Robquin, Chansons)
Delvau, 1866 : v. a. Châtier un impertinent ; river son clou à un farceur ; tromper un trompeur ; sortir victorieux d’un pugilat de paroles.
Coller sous bande
Larchey, 1865 : (v. bande)
C’est fini, ils sont collés sous bande.
(Robquin, Chansons)
Delvau, 1866 : v. a. Châtier un impertinent ; river son clou à un farceur ; tromper un trompeur ; sortir victorieux d’un pugilat de paroles.
Faire river son clou
Delvau, 1864 : Employé dans un sens obscène pour faire l’acte vénérien.
La petite savequière
Qui demeure en ce carquié,
Va faire river son clou
Tous les dimanches à Saint-Cloud.
(La Comédie des Chansons.)
Moudre du poivre
France, 1907 : Faure des reproches, injurier.
La commandante ne perdait aucune occasion de m’agoniser, me traitant de petite empotée, de petite andouille. À la fin, impatientée et furieuse de m’entendre toujours traiter de la sorte, je me promis de lui river son clou. Ça ne tarda pas. Le lendemain, comme elle recommençait à me harceler parce qu’elle trouvait que je n’allais pas assez vite, me disant : « Mais remuez-vous, petite momie ; vous ne saurez donc jamais vous trémousser ! » je lui ripostai : « Ce n’est pas ce que votre mari me dit. » Ce qu’elle en a moulu, du poivre !
(Les Propos du Commandeur)
Repousser
d’Hautel, 1808 : Repousser quelqu’un avec perte. Pour dire, lui répliquer vivement ; lui river son clou ; le réduire à ne savoir plus que dire. On dit aussi d’une personne à qui on a refusé ouvertement ce qu’elle postuloit, qu’Elle a été repoussée à la barricade.
Rossignol, 1901 : Puer, sentir mauvais.
River le clou
France, 1907 : Remettre quelqu’un à sa place ; lui clouer la langue.
— C’est une vieille catin ! Non, ça me met en colère qu’une femme comme ça vienne vous faire de la morale. Si on avait autant de toupet qu’elle, ça serait rudement facile de lui répondre, de lui river son clou.
(Maurice Donnay, Chère Madame)
River son clou
Virmaître, 1894 : Quand un bavard intarissable ennuie quelqu’un par un discours filandreux, on lui rive son clou en lui disant carrément :
— Tais ta gueule ou je chie dedans.
Mot à mot : river le clou, c’est empêcher d’aller plus loin (Argot du peuple). N.
Rossignol, 1901 : Dire ses vérités à quelqu’un, c’est lui river son clou.
River son clou à quelqu’un
Delvau, 1866 : v. a. Lui dire vertement son fait, lui tenir tête dans une lutte de paroles ou de gestes. Argot des bourgeois.
Tuyau
d’Hautel, 1808 : Il m’a conté cela dans le tuyau de l’oreille. Pour dire mystérieusement, à voix basse, en cachette.
Delvau, 1866 : s. m. Gorge, gosier, — dans l’argot des faubouriens. Se jeter quelque chose dans le tuyau. Manger ou boire. Le tuyau est bouché. Quand on est enrhumé. Se dit aussi pour Oreille.
Fustier, 1889 : Argot de sport. Renseignement.
De plus, sportwoman passionnée et renseignée admirablement. Elle possède, comme on dit, les meilleurs tuyaux.
(Gazette de Cythère, journal, 1882)
En argot financier, avoir un tuyau signifie avoir reçu confidence d’un mouvement préparé par les banquiers, maîtres du parquet.
Rachetons, avait dit Léontin. — Pas encore, avait répondu le fils Marleroi. Ça n’est pas fini. La panique gagne les départements. J’ai un tuyau. Nous pouvons racheter plus bas encore.
(Cadol, La colonie étrangère)
La Rue, 1894 : Communication confidentielle.
Virmaître, 1894 : Le gosier. Le tuyau est bouché, pas mèche de boulotter (Argot du peuple).
Hayard, 1907 : Renseignement.
France, 1907 : Botte, soulier percé ; argot populaire.
France, 1907 : Gosier. Se rincer le tuyau, boire. Argot populaire.
France, 1907 : Renseignement confidentiel, de bonne source, sur l’état d’entrainement des chevaux qui doivent courir, les intentions de leurs propriétaires, le gagnant probable. Terme de course appelé ainsi parce qu’on se le glisse dans le tuyau de l’oreille.
Le samedi, veille de Grand Prix, mon patron, qui est notaire à Pontoise, me confie trois mille francs, avec mission de les déposer au Crédit lyonnais. J’arrive à Paris, j’entre chez un coiffeur pour me faire raser. Clients et garçons ne parlaient que de la course du lendemain. Il y avait des millions à brasser, une fortune à faire avec quelques louis, un rien, et ils le prouvaient par des calculs infaillibles, avec une certitude contagieuse, convaincante. Alors le garçon qui me rasait, une bonne figure sympathique, me dit à l’oreille :
— Monsieur veut-il un tuyau pour demain ? Une affaire d’or, mais nous partagerons les bénéfices.
Qu’est-ce que je risquais ? Je réponds :
— Dites toujours.
Alors il m’explique qu’il est le cousin du valet de chambre d’un gros entraineur de Chantilly, qu’il a une certitude pour le lendemain, et finalement il me donne rendez-vous jour le soir même dans un bar de la rue d’Amsterdam.
Plus souvent que j’y aurais manqué !
(Saint-Yrieix)
Comme je n’suis pas trop mal faite,
Dans un bar anglais je m’rends,
Et j’essaye la conquête
D’un garçon d’entrainement ;
Lui, pas fier, me dit de suite :
C’est un gagnant qu’il vous faut,
V’nez m’voir à Maisons-Lafitte,
Je vous donn’rai un tuyau.
(Puce)
Du monde des sports, tuyau est passé sur le boulevard et se dit maintenant pour toute information confidentielle concernant les personnes, les affaires.
Mme de Vizavih. — C’est une vieille catin ! Non, ça me met en colère qu’une femme comme ça vienne vous faire de la morale. Si on avait autant de toupet qu’elle, ça serait rudement facile de lui répondre, de lui river son clou. Mais la prochaine fois, si elle se met encore à rosser, je te promets que je ne me gênerai pas. Elle a été la maîtresse de l’oncle de mon mari et j’ai des tuyaux sur elle, ma chère, épatants. Ah ! elle trouve les femmes d’à-présent détraquées… et de son temps, c’était bien autre chose. Figure-toi qu’en 1840.
(Maurice Donnay)
Et nos frères, qui, au mépris de nos chastes oreilles, — tante Félicie, j’emprunte votre style ! — osent chanter devant nous les refrains à la mode, qu’ils rapportent de leurs cafés-concerts ! Et nos cousins, donc : en voilà qui fournissent de précieux tuyaux !
(Fernand Berolend)
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