France, 1907 : Ce dicton, auquel on ajoute crosse d’or, évêque de bois, est encore en usage en province. On sait que la crosse de l’évêque représente la houlette du pasteur ; et c’était par le fait, dans les premiers temps du christianisme, un simple bâton que l’on remettait dans l’assemblée des fidèles, insigne de ses fonctions pastorales, à l’évêque où surveillant que l’on venait d’élire. C’était alors une dignité purement honorifique donnée à celui jugé le plus digne. Mais plus tard, quand à ces fonctions s’attachèrent de gros émoluments, avec la fortune diminua la vertu. La crosse, simple bâton ayant la forme d’un T et qui servait à s’appuyer, devint un luxueux sceptre, et de même que la crosse de bois devint crosse d’or, l’évêque d’or devint évêque de bois. C’est ce qui s’exprimait en latin : episcopus aureus, pedum ligneum ; episcopus ligneus, pedum aureum.
Évêque d’or, crosse de bois
Flume
Delvau, 1866 : s. m. Résultat, expectoré ou non, de la pituite, — dans l’argot du peuple, qui parle comme écrivait le poète Eustache Deschamps :
Dieux scet que ma vieillesse endure
De froit et reume jour et nuict,
De fleume, de toux et d’ordure.
Fleume ou flume, c’est tout un. Avoir des flumes. Être d’un tempérament pituiteux. On dit de même Avoir la poitrine grasse.
France, 1907 : Pituite. Vieux mot écrit autrefois fleume.Dieu scet que ma vieillesse endure
De Froid et reume jour et nuict,
De fleume, de toux et d’ordure !
(Eustache Deschamps)
Tarte bourbonnaise
Delvau, 1866 : s. f. Résultat du verbe alvum deponere, — dans l’argot du peuple, qui a la plaisanterie fécale. Il a pour excuse l’exemple de Rabelais (Pantagruel, liv. II, chap. XVI).
France, 1907 : Un étron. Vieille expression que l’on trouve dans Rabelais et Bonaventure Despériers.
Et ne failloit point à vous porter le pauvre Saint Chelant en un fossé, où en quelque tarte bourbonnaise…
(Contes et joyeux devis de Bonaventure Despériers)
Un jour que l’on avait assigné à tous les théologiens de se trouver en Sorbonne, il feit une tartre bourbonnoise, composée de force de ails, de galbanum, de assa fœtida, de castoreum, d’estroncs touts chaulds, et la détrempit en sanies de bosses chancreuses, et de fort bon matin en graissa et oignit tout le treillis de Sorbonne, en sorte que le diable n’y eust pas duré.
(Rabelais, Pantagruel)
Dans le Centre l’on appelle tartes bourbonnaises certains mauvais pas où les chevaux enfoncent jusqu’au poitrail.
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