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Affourchée sur ses ancres

Virmaître, 1894 : Fille publique qui renâcle sur le turbin pour faire tortorer son souteneur. Cette expression ancienne est fréquemment employée, car l’image est frappante. Affourchée, immobile comme le vaisseau amarré dans le port. Sur ses ancres, sur ses jambes. La fille ne trimarde pas (Argot des souteneurs).

Canant

France, 1907 : Amusant ; argot des canuts.

— Dites donc, Georgette, savez-vous que ce n’est guère canant de travailler comme ça sans pouvoir se renacler un moment !

(Joanny Augier, Le Canut)

Douloureuse

Rigaud, 1881 : Dans le « pittoresque argot parisien de bas étage, la douloureuse est tout simplement la carte à payer, autrement dit l’addition. » (X. de Montépin, Le Fiacre no 13)

La Rue, 1894 : La carte à payer.

Rossignol, 1901 : Note à payer.

France, 1907 : Note à payer.

On arrive au bal de l’Opéra, tout frais, tout mignon, tout pimpant, bien brossé, plein d’illusions, et l’on s’en retourne couvert de poussière, harassé, avec sa blanchisseuse ou la fille de sa concierge au bras, supercherie dont on ne s’aperçoit qu’au moment de la douloureuse, et l’on rentre chez soi avec cinq louis de moins dans son porte-monnaie, quelquefois avec un œil au beurre noir, un mal de tête atroce, et, malgré cela, avec l’envie de recommencer le samedi suivant.

(Léon Rossignol, Lettres d’un mauvais jeune homme à sa Nini)

Je vous jure que c’est odieux, attristant au delà de tout de ne pouvoir ainsi jamais s’abandonner aux tentations qui vous assaillent autant qu’un saint Antoine, croire à rien de ce qui vaut la peine de s’emballer, de ce qui sent un peu l’amour, de demeurer sans trêve sur le qui-vive, d’avoir cette perpétuelle arrière-pensée que ces regards alliciants, ces frôlements pervers, cette gentillesse, ces détraquantes coquetteries, ces lèvres qui s’offrent sont une comédie, un long mensonge, qu’on se fiche de l’homme, qu’on lui monte, comme on dit, un bateau, qu’on ne pense qu’à lui tendre un piège, qu’à profiter de sa faiblesse, qu’à acquitter en monnaie de singe une douloureuse dont on est embarrassée et devant laquelle renâcle l’amant peut-être aux abois.

(Champaubert, Le Journal)

Escarpin renifleur

Rigaud, 1881 : Soulier qui prend l’eau ; et la variante : Gadins qui renâclent.

Renache

France, 1907 : Police, pour renâcle.

Renaché

Delvau, 1866 : s. m. Fromage, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Fromage, — dans le jargon des voleurs.

La Rue, 1894 : Fromage.

Virmaître, 1894 : Fromage (Argot des voleurs).

France, 1907 : Fromage ; corruption de renâclé ; il renâcle, il pue.

Renacle

Fustier, 1889 : Police de sûreté.

Renâcle

France, 1907 : La police de sûreté ; argot des voleurs.

Ils nous regardèrent effrontément ; ils dirent, après avoir vidé deux verres de mêlé-cassis : Attention, la renâcle est en chasse !

(Mémoires de M. Claude)

Renacler

d’Hautel, 1808 : Faire quelque chose en rechignant, avec humeur ; trouver des obstacles, des prétextes pour ne point faire ce que l’on vous ordonne.

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Crier, se mettre en colère.

Halbert, 1849 : Crier après quelqu’un.

La Rue, 1894 : Hésiter, grogner, reculer, avoir peur. Convoiter. Crier après.

Renâcler

anon., 1827 / Bras-de-Fer, 1829 : Crier après quelqu’un.

Delvau, 1864 : Renoncer à une chose, manifester de la répugnance à la faire.

Delvau, 1866 : v. n. Bouder au travail ; ne pas se sentir en disposition de faire une chose. Argot des faubouriens. Signifie aussi : Crier après quelqu’un, gronder, murmurer.

Rigaud, 1881 : Reculer, avoir peur.

Quoi de plus propre en effet à faire renâcler les poivrots ?

(La petite Lune, 1879)

Renifler, respirer, aspirer avec convoitise, convoiter de très près. Encore un qui renâcle les pruneaux de l’épicemar.

France, 1907 : Puer.

France, 1907 : Reculer, hésiter.

— C’est-y loin où tu demeures ?
— À deux pas.
Deux pas ! ça en faisait dix mille. ça m’éloignait de mon chez moi… Je commençais de renâcler… Je lui dis :
— Pourquoi que tu vas pêcher si loin de chez toi ? Ça indispose…
Mais elle me répondit :
— Vois-tu, dans le jour je travaille… et je veux pas que, dans mon quartier on sache que je sors.

(Hugues Le Roux)

anon., 1907 : Résister.

Renâcleur

Rigaud, 1881 : Grogneur. — Poltron.

France, 1907 : Agent de police, mouchard.

— Et comme vous êtes des renâcleurs venus pour nous boucler, vous allez aussi éternuer avec la largue et ses jobards.

(Mémoires de M. Claude)

Renauder

d’Hautel, 1808 : Pour maugréer, rechigner, regimber, faire malgré soi et à contre cœur un ouvrage quelconque, marmoner entre ses dents ; être rassasié, renoncer sur quelque chose.

Vidocq, 1837 : v. a. — Bisquer.

Clémens, 1840 : Se fâcher.

M.D., 1844 : Bisquer.

un détenu, 1846 : Être en colère, refuser, ne pas vouloir.

Larchey, 1865 : Renâcler (Vidocq). — Signifiait jadis vomir. V. Roquefort.

Quand elle quête, merci ! Chacun renaude ou détale.

(Léonard, parodie 1863)

Delvau, 1866 : v. n. Se refuser à faire quelque chose, être de mauvaise humeur. Argot du peuple. C’est le verbe arnauder de la langue romane. Renauder signifie aussi Se plaindre.

Boutmy, 1883 : v. intr. Murmurer, grommeler d’un air de mauvaise humeur ; souvent synonyme de gourgousser.

La Rue, 1894 : Grogner. Refuser. Se fâcher. Faire des reproches.

Virmaître, 1894 : Ne pas être content. Ce mot vient du verbe arnauder. Avoir du renaud contre quelqu’un veut également dire : avoir de la rancune. Synonyme de l’expression être à feu (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Voir renaudeur.

Hayard, 1907 : Même sens — être en colère.

France, 1907 : Grogner, récriminer, refuser.

La victime — qui se voyait déjà emboitée, pour de bon — soupirait et, contente d’en être quitte avec du pognon, crachait sans trop renauder.

(Le Père Peinard)

Rouspance

France, 1907 : La police.

Si la Rousse a de l’appétance,
Mets donc à table la rouspance.

(Hogier-Grison, Maximes des tricheurs)

Les noms par lesquels les malfaiteurs désignent la police sont nombreux ; voici les plus usités ; arguche, arnac ou arnaque, arnache, arnacle, contractions de la renacle ; arnif, bigorne, casserole, ces Mess pour ces Messieurs, louche, lousse, marmite, mouche, pousse, raclette, raille, rapporteuse, renacle, renaclette, renifle, reniflette, rousse, roustampone, volante.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique