Entrez le mot à rechercher :
  Mots-clés Rechercher partout 


Attacher le bidon

Virmaître, 1894 : Dénoncer un camarade. Synonyme de remuer la casserole (Argot des voleurs).

Balader (se)

Larchey, 1865 : Flâner. — Diminutif du vieux mot baler : se divertir, se remuer. V. Roquefort.

Je suis venu me balader sur le trottoir où j’attends Millie.

(Monselet)

Balader : Choisir, chercher (Vidocq). — Même racine. Le choix comporte toujours un déplacement. Baladeuse : Coureuse.

Elle t’a trahi sans te trahir. C’est une baladeuse, et voilà tout.

(Nerval)

Delvau, 1866 : v. réfl. Marcher sans but ; flâner ; et, par extension s’en aller de quelque part, s’enfuir.

Boutmy, 1883 : v. pr. Flâner, se promener sans but déterminé.

Balancer

Ansiaume, 1821 : Abattre.

Il faut balancer la lourde pour arriver à la malouse.

Bras-de-Fer, 1829 : Remuer.

Vidocq, 1837 : v. a. — Jeter.

Clémens, 1840 : Jeter, refuser.

M.D., 1844 : Jeter.

M.D., 1844 : Renvoyer.

un détenu, 1846 : Chasser, renvoyer d’un emploi.

Larchey, 1865 : Jeter au loin. On sait que l’action de balancer imprime plus de force à une projection. V. Litrer. Balancer, envoyer à la balançoire : Congédier, renvoyer.

Elle m’a traité de mufle. — Alors il faut la balancer.

(Monselet)

Je l’envoie à la balançoire.

(id.)

On dit aussi exbalancer :

Je vais les payer et les exbalancer à la porte.

(Vidal, 1833)

Balancer son chiffon rouge : Parler, remuer la langue. — Balancer sa canne : Devenir voleur. — C’est-à-dire jeter la canne de l’homme qui marche dans l’unique but de se promener. — Balancer ses halènes : Cesser de voler, jeter ses outils de voleur. — Balancer une lazagne : Adresser une lettre. — Balancer ses chasses : Regarder à droite et à gauche. Balancement :

Le conducteur appelle son renvoi de l’administration un balancement.

(Hilpert)

Balançoire : mensonge, conte en l’air.

Non, monsieur ! je n’avais pas fait un accroc. — C’est une balançoire.

(P. de Kock)

Delvau, 1866 : v. a. Donner congé à quelqu’un, renvoyer un employé, un domestique, — dans l’argot du peuple, qui ne se doute pas qu’il emploie là, et presque dans son sens originel, un des plus vieux mots de notre langue.
On dit aussi Envoyer à la balançoire.

Rigaud, 1881 : Jeter au loin, renvoyer, envoyer promener.

Quand votre femme vous ennuie… Toc ! on la balance.

(E. Grangé et Lambert-Thiboust. La Mariée du Mardi-Gras)

Rossignol, 1901 : Voir balanstiquer.

France, 1907 : Balancer quelqu’un, le renvoyer, lui donner son congé. Se dit aussi pour se moquer de lui, le berner.

Mais surtout tu te garderas
De l’amour d’un étudiant.
Toujours d’avance tu exigeras
Qu’il fasse tinter son argent,
Sinon tu le balanceras…
On ne vit pas de l’air du temps.

(Règles de la chasse aux hommes)

Balocher

Vidocq, 1837 : v. a. — Tripoter, faire des affaires illicites.

Larchey, 1865 : « C’est quelque chose de plus que flâner. C’est l’activité de la paresse, l’insouciance avec un petit verre dans la tête. »

(T. Delord)

Balocher : S’occuper d’affaires véreuses. — Vidocq.

Delvau, 1866 : v. a. Tripoter, faire des affaires illicites. Argot des voyous.

Delvau, 1866 : v. n. Fréquenter les bals publics ; se trémousser. Argot des faubouriens.

Delvau, 1866 : v. n. Remuer, pendre, — dans l’argot du peuple, qui dit cela à propos des choses.

Rigaud, 1881 : Courir les bals à l’époque où fleurissaient balochards et balocheuses.

Rigaud, 1881 : Dérober, faire des affaires illicites.

France, 1907 : Fréquenter les bals publics, se trémousser ; dans l’argot des voleurs, c’est s’occuper d’affaires véreuses.

Bénédiction

d’Hautel, 1808 : Donner la bénédiction. Pour dire congédier, éconduire.
Donner la bénédiction des pieds et des mains. Signifie en style bas et comique, remuer les pieds et les mains comme le fait un pendu.

Borne

d’Hautel, 1808 : Il est planté là comme une borne. Se dit d’un nigaud ; d’un homme niais et emprunté, qui n’ose remuer de l’endroit où il se trouve, qui ne sait quelle contenance tenir en société.

Branler du cul, ou branler la croupière

Delvau, 1864 : Remuer des fesses, de façon à faire jouir l’homme qui vous a payée pour cela.

Philis veut avoir un écu
Pour branler une heure du cu.

(Théophile)

Cette jeune espicière
Que vous cognoissez bien
Pour branler la croupière
A gagné tout son bien.

(Chansons folastres)

Carton

Larchey, 1865 : Carte à jouer.

Je n’ai pas parlé des tables d’hôte où on donne le carton, c’est-à-dire où l’on fait jouer.

(Lespès)

Lorsqu’on a dîné entre amis, il faut bien remuer des cartons peints pour se dégriser.

(About)

Delvau, 1866 : s. m. Carte à jouer, — dans l’argot de Breda-Street, où fleurit le lansquenet. Manier le carton. Jouer aux cartes. — On dit aussi Graisser le carton et Tripoter le carton. Maquiller le carton. Faire sauter la coupe.

Rigaud, 1881 : Carte à jouer. Manier, patiner, tripoter le carton, jouer aux cartes.

Hayard, 1907 : Sans argent ; (être) être refait.

France, 1907 : Carte à jouer. Manier, tripoter, graisser, patiner le carton se disent pour jouer aux cartes. Maquiller le carton, c’est tricher an jeu.

Casserole (la remuer)

Virmaître, 1894 : Dénoncer. Mot à mot : cuisiner (faire parler). Allusion au cuisinier qui remue la casserole (Argot des voleurs).

Chambarder

Delvau, 1866 : v. a. Secouer sans précaution ; renverser ; briser, — dans l’argot des ouvriers qui ont servi dans l’infanterie de marine.

Fustier, 1889 : Faire du bruit, du chambard.

Vous aurez la complaisance cette année de ne pas tout chambarder dans l’École (Polytechnique), comme vous en avez l’habitude…

(XIXe siècle, 1881)

On dit familièrement en Bretagne chambarder pour : remuer, bousculer quelqu’un ou quelque chose. (V. Delvau : Chambarder.).

Virmaître, 1894 : Tout casser, tout démolir, bouleverser une maison de fond en comble, renouveler son personnel. Mot à mot : faire balai neuf (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Jeter.

Dans un moment de colère, j’ai chambardé par la fenêtre tout ce qu’il y avait dans les meubles.

France, 1907 : Tout casser. Se défaire à vil prix de son mobilier où de ses hardes.

Louise Michel était bouclée dans la prison de Vienne, quand les gaffes viennent lui annoncer, la gueule en cul de poule, que Constans ayant pitié d’elle on allait la foutre en liberté.
Bien plus, nom de dieu ! on disait tout bas que c’était elle qui avait réclamé sa grâce.
Sous un coup pareil, Louise a bondi ! Sortir seule de prison et y laisser moisir une cinquantaine de bons copains ? — Non, non, elle ne sortirait pas !
Foutue en rage, elle s’est mise à tout chambarder !

(Le Père Peinard)

Chauffer la scène

Rigaud, 1881 : « Se remuer, s’agiter, s’évertuer pour faire rendre à un rôle plus qu’il ne contient. De chauffer à brûler les planches, il n’y a qu’un pas. »

(A. Bouchard, La Langue théâtrale)

Chouter

Fustier, 1889 : Caresser. (Richepin)

France, 1907 : Caresser.

France, 1907 : Remuer, secouer ; abréviation de chahuter.

Ah ! ah ! c’était sous l’blé en meule
Qu’Margot choutait Pant’, son amant.
Oh ! oh ! l’Frisé, du vin plein la gueule,
Vint près d’la meule au bon moment.
Sa cott’ troussé’ plus haut qu’ses bas,
Margot riait là-bas, là-bas.

(Jean Richepin)

Ciel

d’Hautel, 1808 : Tu l’auras dans le ciel. C’est-à-dire jamais : manière badine de refuser à quelqu’un une chose qu’il redemande.
Remuer ciel et terre. Hyperbole qui signifie faire de grands efforts, mettre tout en œuvre pour faire réussir une affaire.
Ses cheveux poignardent le ciel. Se dit par raillerie d’une personne coiffée ridiculement.

Commode (remuer la)

Rigaud, 1881 : Chanter. — dans le jargon du peuple. Pour rappeler ironiquement le bruit désagréable produit par un meuble que l’on change de place. En v’là un qui vous bassine, à remuer la commode ses dix heures par jour !

Cotillon (le)

Delvau, 1864 : Le femme en général — et surtout en particulier — qui vous fouette le sang et vous allume l’imagination avec ses façons provocantes de retrousser ses cottes et de remuer sa crinoline.

Croupionner

Larchey, 1865 : Remuer du croupion, faire bouffer un vêtement sur le croupion.

Delvau, 1866 : v. n. Faire des effets de crinoline, — dans l’argot des faubouriens.

France, 1907 : Remuer le dérrière en marchant.

Décarcasser (se)

Larchey, 1865 : Agir activement. — Mot à mot : remuer sa carcasse.

Delvau, 1866 : v. réfl. Se démener, s’agiter bruyamment, — dans le même argot [du peuple].

Rigaud, 1881 : Se donner beaucoup de mal ; se démener. — Se décarcasser le boisseau, se tourmenter.

Virmaître, 1894 : S’échiner à faire un travail qui produit peu. Se décarcasser à courir pour arriver à l’heure de la cloche.
— J’ai beau me décarcasser, je ne suis pas plus avancé une année que l’autre (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Faire tout son possible pour arriver a quelque chose que l’on désire. On se presse, on se décarcasse, pour terminer un travail.

France, 1907 : Se dépêcher, se hâter de faire un travail ; secouer sa carcasse. Se décarcasser le boisseau, se torturer le cerveau.

Démancher (se)

Larchey, 1865 : Se donner grand mouvement.

Et d’la façon dont j’me démanche, On nous verra requinqués à la papa.

(Duverny, Chanson, 1813)

Delvau, 1866 : Se remuer beaucoup, se donner beaucoup de mal, souvent inutilement. Argot du peuple.

France, 1907 : Se donner du mal ou du mouvement.

Dételer

Delvau, 1866 : v. n. Renoncer aux jeux de l’amour et du hasard, — dans l’argot des bourgeois, qui connaissent le Solve senescentem d’Horace, mais qui ont de la peine à y obéir. On dit aussi Enrayer.

Rigaud, 1881 : Dételer le char de l’amour, pour parler la langue académique. Se retirer des joies de ce monde, parce qu’on est vieux, infirme et désillusionné.

À cette heure il avait dételé, mais il aimait encore la société des femmes folles de leur corps.

(E. de Goncourt, La Fille Élisa)

France, 1907 : Ne plus pouvoir sacrifier à Vénus. Un cheval dételé ne tire plus. « Le mot, dit Lorédan Larchey, est du XVIIIe siècle. Effrayé dès le début de sa dernière maladie, Louis XV disait à La Martinière : — Je le sens, il faut enrayer. — Sentez plutôt qu’il faut dételer ! répondit brusquement le docteur. »

Comme nous nous attardions, après ce souper frugal de camarades qui ont dételé, qui regardent avec une sereine philosophie les autres continuer la fête, qui ne se passionnent plus pour rien, et ainsi que des soldats chevronnés qui firent les mêmes campagnes, commencent à remuer ce tas de feuilles mortes qu’est le passé !

(Champaubert)

Domange (marmite à)

France, 1907 : Voiture de vidanges, du nom du grand fabricant de poudrette. Marmiton de Domange, vidangeur. Travailler pour monsieur Domange, manger.

— Tu m’es tombé sous la main au moment où je cherchais un homme, où j’avais besoin d’un homme… non pas un miché, entends-tu bien… un gigolo, des michés et des gigolos, je puis en remuer à la pelle et les jeter ensuite à la marmite à Domange, mais d’un meg d’attaque, sur le bras duquel une fille de ma trempe, qui n’a pas froid aux yeux, est fière de s’appuyer.

(Hector France, La Vierge Russe)

Donner un coup de cul

Delvau, 1864 : Se remuer sous l’homme, de façon à le faire jouir lorsque cela tarde trop.

En baisant, à propos donner un coup de cul.

(Louis Protat)

Écu

d’Hautel, 1808 : Il n’aime pas à dessaquer ses écus. Se dit d’un avare, d’un fesse-mathieu qui crie sur les moindres dépenses.
C’est le père aux écus. Dénomination satirique que l’on donne à un homme économe, parcimonieux et avare, qui s’est amassé un petit magot en mettant sou sur sou.
Avoir des écus à remuer à la pelle. Façon de parler hyperbolique qui signifie avoir beaucoup d’argent comptant.
Voici le reste de nos écus. Se dit familièrement de celui qui arrive dans une société sans y être attendu.
Il a des écus moisis. Se dit d’un homme qui a de l’argent caché, et qui affecte la misère.
Vieux amis ; vieux écus. C’est-à-dire, que les vieux amis sont les plus sincères, et les vieux écus les plus estimés.
Il n’a pas un quart d’écu vaillant. Pour dire il n’a aucune espèce de bien.

Effets de cul (faire des)

Delvau, 1864 : Remuer habilement les fesses en marchant devant les hommes, pour les allumer et s’en faire suivre.

Émoustiller

d’Hautel, 1808 : Émoucher, chasser les mouches.
S’émoustiller. S’agiter, se remuer, sauter, danser ; se jeter à corps perdu dans les plaisirs ; rappeler en soi les idées de bravoure, de fermeté et de courage.

Delvau, 1866 : adj. Aiguillonné, égayé, éveillé, — dans l’argot du peuple, qui connaît l’effet du vin doux, du moût (mustum).

Émoustiller (s’)

Delvau, 1866 : v. réfl. Se remuer, changer de place.

Émouver (s’)

Delvau, 1866 : v. réfl. Se remuer, s’agiter, s’empresser, — dans l’argot du peuple, fidèle à l’étymologie (emovere).

France, 1907 : Se remuer, s’agiter. Vieux mot ; du latin emovere.

Escrimer

d’Hautel, 1808 : S’escriner, défendre quelque chose avec chaleur, dire des injures à quelqu’un.
S’escrimer des armes de Samson. Remuer les mâchoires, faire honneur à une bonne table ; par une allusion maligne avec Samson qui défit les Phillistins étant armé d’une mâchoire d’âne.

Être dans tous ses états

Delvau, 1866 : Être très préoccupé d’une chose ; se donner beaucoup de mal, se remuer extrêmement à propos de n’importe quoi et de n’importe qui, et souvent ne pas faire plus de besogne que la mouche du coche. Même argot [des bourgeois].

France, 1907 : Voir États.

Façon à une femme (faire une)

Delvau, 1864 : La baiser, la remuer du tranchant de la pine, comme le laboureur remue la terre du tranchant de sa charrue — pour la rendre féconde.

Oui, je connais ça : c’est madame
Qui prend son p’tit air polisson :
Elle a besoin, la chère femme,
D’une façon de ma façon.

(Jean Du Boys)

Farfouiller

d’Hautel, 1808 : Éparpiller ; mettre tout en désordre pour chercher quelque chose ; manier avec indiscrétion.

Delvau, 1866 : v. n. Chercher quelque chose avec la main, remuer tout pour le trouver. Argot du peuple.

Rossignol, 1901 : Chercher. Celui qui se met le doigt dans les narines se farfouille dans l’nez.

France, 1907 : Chercher.

Ernest m’envoie un regard coupant comme le rasoir de Prado et froid comme un discours de Mézières. Brr… ! la petite mort me passe dans le dos. Ernest farfouille dans ses papiers, l’huissier appelle mon affaire, et M. le président, me toisant d’un œil dédaigneux, laisse tomber ces mots : « Fille Colombine, levez-vous ! »

(Gil Blas)

Toute la pléiade qui fouille
Et farfouille le corps humain,
Plongeant les doigts dans ce qui grouille,
Pantins d’hier ou de demain.

(Jacques Rédelsperger)

Ci-gît qui toujours bredouilla
Sans jamais avoir pu rien dire ;
Beancoup de livres farfouilla,
Sans jamais avoir pu s’instruire ;
Et beaucoup d’écrits barbouilla,
Sans avoir pu les faire lire.

(La Harpe)

Fourgonner

d’Hautel, 1808 : Mettre tout en désordre ; tout en l’air pour trouver quelque chose.

Delvau, 1866 : v. a. et n. Remuer le feu avec la pelle ou la pincette, comme les ouvriers des forges avec le fourgon. Argot des bourgeois. On n’emploie guère ce verbe que dans un sens péjoratif. Signifie aussi : Remuer les tiroirs d’une commode ou d’une armoire pour y chercher quelque chose.

Fretiller

d’Hautel, 1808 : Se remuer ; s’agiter.
La langue lui fretille ; les pieds lui fretillent. Se dit d’un homme qui a une grande envie de parler, et d’une personne turbulente qui est toujours en mouvement.

Bras-de-Fer, 1829 : Danser.

Gambiller

d’Hautel, 1808 : Remuer les jambes ; se démener, se trémousser.

Ansiaume, 1821 : Danser.

Les voilà tous à gambiller, il n’y a même pas de lubins à la turne.

Vidocq, 1837 : v. a. — Danser.

M.D., 1844 : Danser.

Larchey, 1865 : Danser. — Mot de langue romane. V. Roquefort. — Tout récemment une danseuse du Casino portait le sobriquet de Gambilmuche. V. Coquer. — Gambille : Jambe. Diminutif du vieux mot gambe.

Delvau, 1866 : v. n. Danser, remuer les jambes. Il est tout simple qu’on dise gambiller, la première forme de jambe ayant été gambe.

Si souslevas ton train
Et ton peliçon ermin,
Ta cemisse de blan lin,
Tant que ta gambete vitz.

dit le roman d’Aucassin et Nicolette.

Rigaud, 1881 : Danser ; sauter. — Gambilleur, gambilleuse, danseur, danseuse. — Gambilleur, gambilleuse de tourtouse, danseur, danseuse de corde.

Virmaître, 1894 : Danser. Mot à mot : faire marcher ses gambettes (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Danser.

France, 1907 : Danser, courir ; jouer des jambes ; du vieux français gambille, diminutif de gambe, latin gamba.

Le vertige noir les invite
À gambiller sur le chemin.
Les fous vont vite, vite, vite !…
Sait-on qui sera fou demain ?

(Émile Bergerat)

Houp ! la Mort au nez ridicule
Les fait sauter comme des chats ;
Tout ça gambille, gesticule,
Dans de suprêmes entrechats.

(Jean Richepin)

Aussitôt Phrasie et Dédèle, qui, entre deux contredanses au bastringue, étaient venues se faire régaler de grenadine par leurs amants, deux clampins plus jeunes qu’elles, se mirent à gambiller sous la table.ve :

(Camille Lemonnier, Happe-Chair)

Gigoter

Delvau, 1866 : v. n. Remuer les gigues ; danser.

France, 1907 : Danser.

… Et pendant qu’elle gigotait, furibonde, ses jupons relevés jusqu’aux jarretières, sous les rires et les huées…

(Camille Lemonnier)

On dit aussi gigoter du jarret :

— Je vous promets, dans tous les cas, de me faufiler au bal quelques minutes.
— C’est ça, et nous y gigoterons du jarret.

(Ange Pitou)

France, 1907 : Remuer, agiter les jambes, littéralement : les gigots.

Le boiteux vient, clopine sur la tombe,
Crie hosanna, saute, gigote et tombe.

(Voltaire)

L’officier souffleta le juif, de sa main gantée, avec tant de force, que le pauvre diable fut projeté de la borne sur le sol, où il gigota ainsi qu’un lièvre atteint d’un coup de feu.

(Jacques Celti, Du Nord au Midi)

J’eus avec celle-ci la même explication, mais elle eut une crise et gigota de telle sorte que je dus appeler sœur Rébecca, qui la fit revenir à elle en lui jetant un baquet d’eau sur la tête.

(Hector France, Chez les Indiens)

Gigotter

Delvau, 1864 : Remuer, saccader, osciller et jouer des reins ; danser la gigue sur les reins, ayant un homme entre les cuisses. — Dans un autre cas, on dit gigotter, pour manger du gigot. D’où cette facétie :

J’aime le lapin ; ma femme préfère le gigot. Or, quand nous dînons dehors, chacun son goût : je prends mon plat de chat, mon lapin et elle son gigot. — Quand je lapine ; ma femme gigotte.

Gigue

d’Hautel, 1808 : Une grande gigue. Pour une fille grande, maigre, d’un mauvais maintien, et qui ne fait que sautiller.

d’Hautel, 1808 : Signifie aussi jambe.

Larchey, 1865 : Jambe. — Gigot est resté. — Au moyen âge, gigue signifiait cuisse.

Je me jette sur tous les deux en empoignant le Maître d’École par une gigue.

(E. Sue)

De là gigoter : remuer les jambes.

Ils gigotaient sous l’archet de Musard.

(Chauvelot aîné)

Delvau, 1866 : s. f. Femme maigre et d’une taille élevée. On dit aussi Grande gigue.

Rigaud, 1881 : Jambe. — Femme grande et maigre, femme toute en jambes. Grande gigue.

La Rue, 1894 : Jambe. Femme maigre.

France, 1907 : Femme grande et maigre.

Groller

Delvau, 1866 : v. n. Murmurer d’une façon désagréable, gronder, faire un bruit semblable à celui que fait en criant le freux, ou plutôt la grolle, une corneille. Signifie aussi : Remuer des tiroirs, ouvrir et fermer des portes, — et alors c’est un verbe actif.

Grouiller

d’Hautel, 1808 : Se mouvoir, se remuer, fourmiller.
Il a six enfans tout grouillans. C’est-à-dire, vivans. Cette locution ne s’emploie ordinairement qu’en parlant d’un homme indigent, et pour faire entendre qu’il ne peut suffire aux besoins de sa famille.
Il est tout grouillant de vers. Se dit d’un fromage, d’un morceau de viande dans lequel les vers fourmillent.
Que je te voie grouiller de-là. Se dit par menace à un enfant, pour, que je te voie remuer, broncher de-là.
La tête lui grouille. Pour, la tête lui remue, lui tremble.
Tout grouillant de vermine. Pour dire rempli, rongé de vermine.

Delvau, 1866 : v. n. Remuer, s’agiter, — dans l’argot du peuple.

France, 1907 : S’agiter, remuer, du vieux français crouler, même sens.

C’était, derrière le semeur rose,
Sous un ciel pâle au teint de chlorose,
Des cœurs flétris, spongieux et verts,
En champignons où grouillaient les vers.

(Jean Richepin)

Avec lui dans nos prairies
Tu t’en vas batifoler ;
Vous jasez comme deux pies
Et moi je n’ose parler.
Il t’embrasse, il te chatouille,
Il te caresse l’grouin ;
Et moi d’abord que je grouille,
Tu me flanque un coup de poing.

Guignol

Fustier, 1889 : Gendarme. Argot des voleurs.

Survient-il dans une foire quelque figure rébarbative, le teneur flaire un gaff (un gardien de la paix en bourgeois), ou un guignol (un gendarme en civil)…

(Petit Journal, mai 1886)

France, 1907 : Homme sans consistance, sans caractère et sans parole, qui n’est bon qu’à amuser les autres et sur lequel on ne peut compter. Faire le guignol, c’est faire de grands gestes, se remuer à tort et à travers.
On a donné le nom de guignol à tous les farceurs politiques et littéraires. Henry Bauer a publié une série d’études critiques sous le titre : Les Grands Guignols.

Parfois, dans mes rares éclaircies d’obnubilation politique, il me passe comme un sentiment confus de ce qu’ils veulent dire par : le jeu des portefeuilles. J’y entrevois une sorte de conséquence farce et logique du parlementarisme où nous pataugeons, et, — vous l’avouerai-je ? — la comédie la plus burlesque de son grand guignol national. Mais ce n’est qu’un éclair dans ma nuit de contribuable.

(Émile Bergerat)

France, 1907 : Théâtre de marionnettes en plein vent, appelé ainsi de son principal personnage.
D’après Joanny Augier qui a décrit le canut dans les Français peints par eux-mêmes, Guignol aurait Lyon pour origine : « Il fréquente, dit-il en parlant du canut, un petit spectacle de marionnettes, tout à fait local, dont le principal personnage, assez semblable au Pulcinella des Italiens, au Punch des Anglais, est un nommé Guignol, type du canut lui-même, dont les lazzis moqueurs et dérisoires à son encontre font pourtant ses délices et son plus parfait amusement »
Guignol est une marionnette d’origine lyonnaise, et date de la fin du premier empire. Vers 1812 un entrepreneur de marionnettes, ruiné à la suite des guerres, se vit réduit à vendre aux enchères ses décors et ses pantins. Un seul acquéreur se présenta, un nommé Mourguet, connu depuis vingt ans dans Lyon où il vendait des chansons sur les places publiques, tandis que sa femme l’accompagnait en jouant de l’orgue de Barbarie. Il eut les marionnettes à très bon compte. Il loua alors dans un quartier pauvre de la ville, celui de Saint-Paul, une vieille salle qui pouvait contenir cent personnes, y installa, outre la scène, une galerie et un parterre. On payait de quatre à douze sous. On y joua d’abord les Jocrisse, qui étaient fort à la mode. Mais un directeur d’un des grands théâtres de la ville défendit, en vertu de son privilège, qu’on représentât les Jocrisse ailleurs que chez lui. Mourguet alors changea les types de ses personnes et appela Jocrisse Guignolant.
« Le nouveau Jocrisse était méconnaissable, dit Tony Révillon qui raconte l’anecdote dans le Drapeau noir. Son nez était aplati ; un petit serre-tête noir terminé par une queue ou salsifis en demi-cercle couvrait sa perruque rousse ; le justaucorps rouge des valets avait disparu pour faire place à la veste marron à boutons blancs de l’ouvrier lyonnais. L’accent s’était modifié comme le costume. Mourguet parlait canut. Il avait les ô et les â circonflexes de la Croix-Rousse, l’accent traînard et doux de Saint-Just.
Le succès fut immense.
Pendant six mois, on s’abordait par ces mots : « Avez-vous vu Guignol ? »
Le public, trouvant Guignolant trop long, avait baptisé lui-même le héros du théâtre lyonnais.
Mais en dépit du costume et de l’accent, Guignol rappelait trop Jocrisse. Son créateur le modifia.
Désormais il sera lui-même. Ouvrier, il représentera les misères, les tiraillements, les menues joies du peuple des tisseurs ; héros de théâtre, il incarnera la justice, protégera les faibles, se soustraira à la tyrannie par la ruse et châtiera la méchanceté par les coups. Gai comme tous les comiques, sa gouaillerie aura parfois la dent cruelle, mais la bonne humeur et la verve l’emporteront. Cette verve et le bâton de Polichinelle (le picarlat) sont italiens. Tout le reste est lyonnais, et surtout l’ami, le confident du héros, Benoit, qui plus tard deviendra Gnafron, mais qui aura laissé pour trace de son passage deux locutions : Dis donc, Benoit ! et Va donc, Benoit ! populaires aujourd’hui dans le département un Rhône. »
Un gendre de Mourguet, Josseraud, introduisit Guignol à Paris.

Guimbarde

Larchey, 1865 : Vieille voiture, grosse voiture a quatre roues.

Monsieur, pourquoi votre guimbarde n’est-elle pas prête ?

(Cormon)

Delvau, 1866 : s. f. Voiture mal suspendue, comme les coucous d’il y a cinquante ans, — dans l’argot des faubouriens, qui emploient aussi cette expression à propos de n’importe quelle voiture. L’expression se trouve dans Restif de la Bretonne, qui l’emploie à propos d’une « grande voiture à quatre roues chargée de marchandises ». Se dit aussi en parlant d’une vieille guitare.

Rigaud, 1881 : Horloge, — dans le jargon des voyous.

Au moment juste où douze plombes se sont décrochées à la guimbarde de la tôle.

(Le Père Duchêne, 1879)

Rigaud, 1881 : Porte, — dans le jargon des ouvriers. — Bousculer la guimbarde, faire claquer la porte.

Rigaud, 1881 : Voix, parole, — dans le jargon des halles. — Couper la guimbarde, imposer silence.

Mon gesse et surtout mon n’harangue
Coupent la guimbarde aux plus forts.

(L. Festeau, Le Tapageur)

La Rue, 1894 : Mauvaise ou vieille voiture.

La Rue, 1894 : Porte. Guitare.

Rossignol, 1901 : Fiacre.

France, 1907 : Femme bonne à rien, qui ne sait pas se remuer, se tirer d’affaire.

Oui, une femme devrait savoir se retourner, mais la sienne avait toujours été une guimbarde, un tas. Ce serait sa faute, s’ils crevaient sur ls paille.

(Émile Zola, L’Assommoir)

France, 1907 : Porte.

France, 1907 : Voiture, fiacre.

L’autr’ soir un’ guimbard’ de l’Urbaine
Accroch’ mon pal’tot et m’entraîne
Sur l’pavé,
Je crie au cocher qui m’renverse :
Tu vois donc pas quand on traverse ?
Il m’répond : Fais pas tant l’mariole…
Y’a vingt ans que j’traîn’ ma carriole :
Quand j’te démolirais les côtes,
Heu !… j’en ai bien démoli d’autes.

(Aristide Bruant)

Le cocher, droit sur sa guimbarde,
À croire qu’un pal le retient,
Dédaigneusement me regarde
Et me traite de propre à rien !

(Henry Buguet)

Herquiner

France, 1907 : Remuer.

Elle ne décessait de se herquiner dans le lit :
— Qu’est-ce que t’as ? que je lui dis.
— Rien, qu’elle fait, ça me démange.
— Où ça ?
— Bien sûr pas dans l’oreille, gros serin !

(Les Joyeusetés du régiment)

Labourer

d’Hautel, 1808 : Labourer sa vie. Pour gagner péniblement sa vie.
Il faut diablement labourer pour se retirer sur cet ouvrage. Se dit d’un ouvrage peu lucratif, où il faut travailler beaucoup pour ne pas faire grand bénéfice.
Labourer. Remuer la terre. Ce peuple change l’initiale de ce mot en r, et prononce rabourer. Il en fait de même pour tous les composés de ce verbe.

France, 1907 : Préparer.

Lever le croupion ou le cul

Delvau, 1864 : Se remuer sous l’homme, dans l’acte copulatif.

C’est plaisir de la voir lever le croupion à chaque coup de queue.

(Seigneurgens)

Elle levait toujours le cul de peur d’user les draps.

(Tabarin)

Blaise hausse la bouteille,
Et Margot lève le cul

(Collé)

Je n’aime point ces demoiselles.
Qui lèvent par trop le devant.

(Collé)

Manœuvrer du cul

Delvau, 1864 : Remuer des fesser quand on est sous l’homme, soit pour l’aider à décharger, soit parce que la jouissance arrache à la femme d’involontaires et lascives torsions de croupe.

Fait l’étroite pour lui, même quand elle est large,
Et manœuvrant du cul, jouit quand il décharge.

(L. Protat)

Ménage

d’Hautel, 1808 : Un ménage de bouts de chandelles. Épargne sordide ; fausse économie des petites choses.
Un ménage gâté. Se dit d’un méchant homme marié à une mauvaise femme.
Brouille-ménage, gâte-ménage. Celui qui met le désordre entre deux époux.
Vivre de ménage. Pour dire, vendre ses meubles, ses effets pour manger.
Remuer le ménage de quelqu’un. Saisir, vendre ses meubles par autorité de justice.

Momie

d’Hautel, 1808 : C’est une momie d’Égypte. Se dit, par ironie et par mépris, d’une femme indolente, paresseuse, insouciante, qui ne se hausse ni ne se baisse ; que rien ne peut émouvoir.

Delvau, 1866 : s. f. Homme ou femme sans énergie, qui n’aime pas à se remuer.

Mouver

France, 1907 : Remuer, s’agiter ; vieux français.

Mouver (se)

Delvau, 1866 : v. réfl. Se remuer, — dans l’argot du peuple.

Pagode

d’Hautel, 1808 : Petite figure de porcelaine qui a la tête mobile.
Faire la pagode ; remuer la tête comme une pagode. Se dit de ceux qui secouent souvent la tête ; ou dont la tête est toujours en mouvement.
Ce n’est qu’une pagode. Se dit de quelqu’un qui fait continuellement des gestes, des exclamations insignifiantes.

Panier à crottes

Rossignol, 1901 : Le derrière.

France, 1907 : Les jupons. Remuer ou secouer son panier à crottes, danser.

Pas de clarinette pour secouer le panier à crottes des dames.

(Émile Zola)

Panier à salade

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Voiture destinée à transporter les prisonniers.

M.D., 1844 : Voiture dans laquelle on transfère les détenus.

Halbert, 1849 : Voiture des prisons.

Larchey, 1865 : « Geôle roulante appelée par le peuple dans son langage énergique des paniers à salade… Voiture à caisse jaune montée sur deux roues et divisée en deux compartiments séparés par une grille en fer treillissé… Ce surnom de panier à salade vient de ce que primitivement la voiture étant à claire-voie de tous les côtés, les prisonniers devaient y être secoués absolument comme des salades. » — Balzac.

Delvau, 1866 : s. m. Petite voiture en osier à l’usage des petites dames, à la mode comme elles et destinée à passer comme elles.

Delvau, 1866 : s. m. Voiture affectée au service des prisonniers, — dans l’argot du peuple. On dit aussi Souricière.

Rigaud, 1881 : Fourgon destiné au transport des prisonniers. Le panier à salade va, deux fois par jour, chercher aux différents postes de police le contingent déclaré bon pour le dépôt de la préfecture. Le nom de panier à salade est dû aux cahots que procure ce véhicule mal suspendu. Les prisonniers auxquels le gouvernement ne peut pas fournir des huit-ressorts y sont secoués comme la salade dans un panier.

La Rue, 1894 : Fourgon cellulaire.

Virmaître, 1894 : Voilure cellulaire pour conduire les prisonniers des postes de police au Dépôt de la préfecture, ainsi nommée parce qu’autrefois cette voiture était à claire-voie (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 : Voiture spéciale que l’on fait prendre aux détenus pour les conduire des postes de police au dépôt, ou encore d’une prison préventive à l’instruction ou au tribunal correctionnel.

Hayard, 1907 : Voiture servant à transporter les gens en prévention et les condamnés.

France, 1907 : Voiture cellulaire appelée ainsi parce qu’on y est secoué comme la salade qu’on égoutte dans le panier de ce nom. Ce sont de grands omnibus d’un vert sombre, clos et grillagés à l’extrémité où l’on aperçoit la silhouette d’un garde de Paris ; tombereaux — dit Edmond Lepelletier — où l’on entasse pêle-mêle, détritus de la grande ville, le crime, l’infamie, la honte, la misère, la faiblesse et aussi la vertu.

Le panier à salade se compose d’une allée centrale et de deux rangées de huit ou dix compartiments très exigus dans chacun desquels on enferme un prisonnier.
Dans ces sortes de boîtes formant armoires, on éprouve une sensation de malaise instinctif ; ceux qui ont passé par là, — et ça cube, à Paris — pourraient en témoigner.
Je ne sais quelle crainte vague et indéfinissable vous prend lorsqu’on se sent ainsi calfeutré, ramassé sur soi-même, assis, tassé, resserré, sans pouvoir se remuer… Chaque cahot de la rude guimbarde sans ressorts plaque les « voyageurs » contre les parois en bois et en tôle.
On est assis, bien entendu, dans le sens du cocher. On ne voit personne, puisque le compartiment est entièrement fermé et bouclé. C’est à peine s’il y a, par-ci par-là, quelques petits ajours pour laisser passer l’air.
On sort de ce trou — si l’on n’est pas une frappe et une pratique, ce qui est la majorité des cas, — moulu, brisé, démoralisé, avec des larmes de honte et de désespoir qui vous brûlent les yeux.

(Aristide Bruant, Les Bas-fonds de Paris)

Panier aux crottes

Delvau, 1866 : s. m. Le podex et ses environs, — dans l’argot du peuple. Remuer le panier aux crottes. Danser.

Rigaud, 1881 : Derrière.

Et pas de musique au dessert, bien sûr pas de clarinette pour secouer le panier aux crottes des dames.

(L’Assommoir)

C’est une variante moderne de l’ancien « pot aux crottes ».

Jamais on ne vid si bien remuer le pot aux crottes ny secouerle jarret.

(Le facétieux réveille-malin des esprits mélancholiques, 1654)

Paperasser

d’Hautel, 1808 : Feuilleter de vieilles paperasses, remuer de vieux papiers.

Pate

d’Hautel, 1808 : Des pates de mouche. C’est ainsi que l’on appelle une écriture très-fine et mal formée.
Faire patte de velours. Faire l’hypocrite, déguiser sous des dehors caressans, une ame noire et le dessein de nuire.
Pate. Se prend aussi pour main.
Une pate d’arraignée. Se dit d’une main sèche et décharnée.
Il a de grosses vilaines pates. Se dit par raillerie de quelqu’un qui a les mains fortes et rudes.
Marcher à quatre pates. Marcher sur les pieds et sur les mains
Il ne peut remuer ni pied ni pate. Se dit de quelqu’un qu’une grande lassitude, ou une grande fatigue empêche de marcher.
Mettre la pate sur quelqu’un. Le battre, le maltraiter.
Si jamais il tombe sous ma pate, gare à lui. Espèce de menace que l’on fait à quelqu’un pour dire, qu’on ne l’épargnera pas, quand on en trouvera l’occasion.
Être entre les pates de quelqu’un. Être soumis à sa censure ; se dit en mauvaise part d’un homme dont on a sujet de craindre la sévérité.
Donner un coup de pate. Lâcher un trait malin et piquant.
Graisser la pate à quelqu’un. Le corrompre, le gagner par argent.

Bras-de-Fer, 1829 : Lime.

Delvau, 1866 : s. m. Apocope de patron, — dans l’argot des graveurs sur bois.

Rigaud, 1881 : Lime. — Patron.

France, 1907 : Abréviation de patron.

Patrouiller

d’Hautel, 1808 : Au propre l’action de faire patrouille ; au figuré, remuer de l’eau croupie, sale et bourbeuse ; manier malproprement les choses auxquelles on touche ; les gâter, les mettre en désordre ; virer, tourner de côté et d’autre.

Larchey, 1865 : Faire patrouille.

En ma qualité de caporal postiche de voltigeurs, j’ai passé la nuit à patrouiller.

(Festeau)

Larchey, 1865 : Manier, patiner. — Mot à mot : rouler dans ses pattes.

Mais c’est vrai, tiens ! ça vous patrouille c’te marchandise, et puis ça part.

(Vadé, 1788)

Delvau, 1866 : v. a. et n. Peloter.

Delvau, 1866 : v. n. Faire patrouille, — dans l’argot des bourgeois, soldats-citoyens.

France, 1907 : Tripoter avec les doigts, retourner en tous sens un objet. Voir Patouiller et Patrougner.

… Ça vous patrouille
C’te marchandise, et puis ça part. Adieu !…

(Vadé)

Pianoter

Larchey, 1865 : Jouer médiocrement du piano.

On ne devait pas pianoter pendant la nuit.

(Balzac)

Delvau, 1866 : v. n. Toucher du piano, médiocrement ou non, — dans l’argot du peuple, ennemi de cet instrument de bourgeois.

Rigaud, 1881 : Jouer suffisamment du piano pour se faire plaisir à soi-même et agacer les autres.

France, 1907 : Jouer du piano comme la généralité des demoiselles, c’est-à-dire assommer ses voisins et même ses proches.

Les femmes qui écrivent sont dix fois moins nombreuses que les femmes qui peignent. Les femmes qui peignent sont cent fois inférieures en nombre à celles qui jouent la comédie. Les femmes qui jouent la comédie sont, aux femmes qui pianotent, comme un est à cent mille, attendu que toutes les femmes pianotent et égratignent l’ivoire.

(Émile Bergerat)

France, 1907 : Remuer les doigts de façon à indiquer à un joueur les cartes de son adversaire.

Un ser qu’est rup, servant croupier,
C’est en croupant de pianoter.

(Hogier-Grison, Pigeons et Vautours)

Pincette

d’Hautel, 1808 : Baiser en pincette ou à la pincette. Serrer doucement avec les doigts, les joues de la personne que l’on veut embrasser.

France, 1907 : Jambe. Affûter ses pincettes, décamper, courir. Remuer ses pincettes, danser.

Thomas, au son des clarinettes,
S’écrie : « À cet air musical,
Je remuerais bien mes pincettes ;
Allons-nous faire un tour au bal ? »

(Réal)

Ragoût (avoir du)

Delvau, 1864 : Se dit de certaines façons habiles que certaines femmes ont de se remuer sous l’homme pour le faire godiller plus amplement qu’avec d’autres.

Mais exiger des époux
Ces petits ragoûts,
Ces exercices gentils !
Les connaissent-ils ?
Non ; tout dans le sacrement,
Se fait maussadement
Et gauchement.

(Collé)

Remuer

d’Hautel, 1808 : Il ne remue pas plus qu’une buche. Se dit de quelqu’un qui est lourd, indolent, très paresseux, qui se meut difficilement ; on dit dans le même sens ; il ne remue pas plus qu’une bastille.
Remuer ciel et terre.
Faire agir toutes sortes de ressorts, pour faire réussir une affaire.
Il ne faut pas remuer l’ordure. Pour dire qu’il y a des choses dont la décence ne permet pas de parler.
Cousin remué de germain. Pour dire issu.
On lui remuera ses puces. Se dit à un enfant que l’on menace de corriger, de fouetter.

Rossignol, 1901 : Puer.

France, 1907 : Puer ; argot populaire.

Remuer (la)

Rossignol, 1901 : Être de la police ou la renseigner, c’est remuer la casserole.

Remuer comme un diable dans un bénitier

France, 1907 : S’agiter beaucoup, faire des contorsions. L’eau bénite ayant la propriété de brûler le diable, l’on s’imagine les contorsions de l’esprit malin, le derrière plongé dans un bénitier !

Remuer du cul ou du croupion

Delvau, 1864 : Se trémousser de plaisir sous l’homme.

Et tandis qu’elles font bien leur devoir de remuer du croupion et de pressurer la grappe soigneusement pour faire que le jus en sorte…

(Mililot)

Sur son lit d’acajou,
Cette jeune ingénue
Fort gentiment remue
Du cul pour un bijou.

(J. Duflot)

Enfin, à force de frotter et de remuer le cul de part et d’autre, il arrive que tous deux viennent à s’échauffer d’aise par une petite démangeaison et chatouillement qui leur vient le long des conduits.

(Mililot)

Elle passa dans un bois avec un jeune compagnon dans l’espérance d’y bien remuer les fesses.

(D’Ouville)

Le garçon en avertit la fille et elle le garçon : cela les oblige à frotter plus fort et à remuer plus vite les fesses.

(Mililot)

Que j’étais jeune, que j’avais les reins souples et que je les pouvais remuer.

(P. De Larivey)

Tous vos baisers sont contraints ;
Mais remuez donc les reins !
Que faites-vous de vos mains ?

(Béranger)

Remuer la casserole

Fustier, 1889 : Faire partie de la préfecture de police. Argot des voleurs.

La Rue, 1894 : Appartenir à la police.

France, 1907 : Appartenir à la police. Voir Cuisinier.

Remuer la commode

France, 1907 : Jouer du piano ou de l’orgue de Barbarie.

— En voilà un qui vous bassine à remuer la commode ses dix heures par jour !

(Rigaud)

Rire du ventre

France, 1907 : « Remuer le ventre et les côtes pour simuler le rire qui, théâtricalement parlant, ne doit être produit que par la gorge. Argot théâtral. »

(Gustave Fustier)

Rufer

France, 1907 : S’agiter, se remuer ; du vieux français rufer, brûler.

Secouer son panier à crottes

Virmaître, 1894 : Se dit dans le peuple d’une danseuse déhanchée qui fait le contraire de la danse du ventre, et remue les fesses agréablement (Argot du peuple).

France, 1907 : Remuer le derrière en marchant.

Secouer une femme

Delvau, 1864 : La baiser gaillardement, l’ébranler dans tous les sens en la branlant du bout de la queue.

Je te secouerai bien un peu entre l’huis et la muraille.

(P. De Larivey)

Vénus, ribaude paillarde,
D’une façon plus gaillarde
Sait bien remuer le cu
Quand le dieu Mars la secoue.

(Théophile)

Mon cher Adam, mon vieux et triste père,
Je crois te voir en un recoin d’Eden
Grossièrement former le genre humain,
En secouant madame Eve, ma mère.

(Grécourt)

Sentir (le)

Delvau, 1864 : Sentir le membre de l’homme entrer profondément dans le vagin de la femme et y remuer.

— J’y suis.
Le sens-tu, Philis ?
— Oui, Lycas, poursuis ;
Tu te raidis
Contre l’obstacle.

(Collé)

Service (faire le)

Delvau, 1864 : Se remuer sous l’homme afin de le faire mieux jouir ; ou bien jouer de la main avec son membre au lieu de jouer des reins avec lui.

Quand t’auras fini ton service,
T’auras cent sous.

(Lemercier de Neuville)

Siffler

d’Hautel, 1808 : Faire siffler la linote à quelqu’un. Le faire attendre en plein air ; lui faire croquer le marmot.
Il n’a qu’à siffler. Pour dire, il est obéi à la parole.
Il n’y a qu’à siffler et remuer les doigts. Pour dire, c’est une chose fort aisée.

Larchey, 1865 : Boire.

Il a sifflé pour dire : il a bu, parce que les lèvres ont à peu près le même mouvement.

(Le Duchat, 1738)

Tiens, vieux chéri, siffle-moi ça, ça va te remettre.

(E. Sue)

Delvau, 1866 : v. a. et n. Boire ou manger, mais surtout boire, — dans l’argot du peuple, qui emploie ce verbe depuis plus d’un siècle, comme le prouvent ces vers d’une chanson du commencement du XVIIe siècle :

Lorsque je tiens une lampée
Pleine de vin, le long de la journée,
Je siffle autant que trois.

Delvau, 1866 : v. a. Dépenser. Avoir tout sifflé. Être ruiné.

Rigaud, 1881 : Boire d’un coup, boire promptement.

La Rue, 1894 : Boire. Dépenser. Siffler au disque, attendre, se morfondre.

France, 1907 : Boire.

J’avais ma place réservée à une table de bois blanc dans l’angle de la grande salle commune, et je restais là à fumer pipe, en rêvassant, en regardant les gens du bourg qui, près de moi, sifflaient des bouteilles ou jouaient au billard.

(Fernand Vandérem)

Sorte

d’Hautel, 1808 : Plaisanterie, gausse, mensonge, gasconnade, conte fait à plaisir, récit peu digne de foi.
C’est une sorte, une bonne sorte. Pour dire, que ce que dit quelqu’un est controuvé ; que c’est une plaisanterie, un conte en l’air.

Delvau, 1866 : s. f. Mauvaise raison, faux prétexte, balançoire, — dans l’argot des typographes.

Rigaud, 1881 : Mensonge, bourde, mystification, — dans le jargon des typographes. — Au propre, les sortes sont les lettres de même caractère, de même sorte. — Chiquer des sortes, puiser dans la casse du voisin les lettres dont on a besoin.

Boutmy, 1883 : s. f. Quantité quelconque d’une même espèce de lettres. Au figuré, conte, plaisanterie, baliverne. « Conter une sorte », c’est narrer une histoire impossible interminable, cocasse, et que tout le monde raconte à peu près dans les mêmes termes. Les sortes varient à l’infini ; en voici quelques exemples : « Oui, Bidaut » est une réplique qui signifie « Oui, oui, c’est bien, soit ; je n’en crois pas un mot. » — « Il paraît qu’il va passer sur le nouveau labeur : le Rhinocéros. On dit que ça fait au moins 400 feuilles in-144, en cinq mal au pouce, cran sur l’œil. » Ou bien encore : « Le prote va mettre en main l’Histoire de la Chine dont la préface fera à elle seule 45 vol in-12. » C’est une scie qu’on monte aux nouveaux pour leur faire croire que le travail abonde. On dit aussi « Le pape est mort ! » quand on entend remuer l’argent de la banque, parce que ce bruit argentin rappelle celui des cloches qui annoncent la mort du pape. Quand un compositeur veut rompre le silence monotone observé depuis quelque temps, il s’écrie : « Tu disais donc, Matéo, que cette femme t’aimait ? » comme s’il reprenait tout à coup un dialogue commencé. Il y a aussi des sortes en action. Quand un compositeur n’est pas venu travailler, surtout le lundi, ses compagnons prennent sa blouse, la remplissent de maculatures, en font un mannequin qu’ils placent sur un tabouret devant sa casse, lui mettent en main un composteur et lui donnent l’attitude d’un compositeur dans son dur. « Quand un compositeur n’est pas matineux, dit l’auteur de Typographes et gens de lettres, ses compagnons, pendant son absence, lui font une petite chapelle. C’est l’assemblage de mille choses plus disparates les unes que les autres : blouses, vieux souliers, composteurs, galées, bouteilles vides, qu’on dispose artistement en trophée ; puis on allume autour tous les bouts de chandelle que l’on peut trouver. » Voici une autre sorte en action dont la victime s’est longtemps souvenue. C’était dans un atelier voisin du quai des Grands-Augustins. Il y a quelques années se trouvait sur ce quai le marché aux volailles connu sous le nom de la Vallée. Il arrivait parfois aux typographes de s’y égarer et d’acheter à la criée un lot de volailles : des poulets, des pigeons ou des oies. À l’atelier, on se partageait le lot acheté. Chacun contribuait au prorata de la dépense. On faisait des parts ; mais ces parts ne pouvaient jamais être égales : il était impossible, en effet, de disséquer les volatiles. Force était donc de tirer au sort. Il arriva un jour qu’un jeune fiancé gagna à cette loterie d’un nouveau genre une oie superbe, une oie de 15 livres, une oie grasse, blanche et dodue. Joyeux, il l’enveloppe soigneusement dans une belle feuille de papier blanc, à laquelle il adjoint un journal du jour, puis une maculature. Il ficelle le tout et dépose précieusement le paquet sous son rang. Le soir arrive ; notre jeune homme se hâte d’endosser son paletot, prend son paquet sous le bras et court, tout empressé, chez les parents de sa fiancée. « Je viens dîner avec vous », s’écrie-t-il. Puis, discrètement, avec un clignement d’yeux significatif, il remet à la ménagère son précieux fardeau ; c’en était un véritablement. On se met à table, on cause, on boit, on rit. La ménagère, curieuse de faire connaissance avec le cadeau du fiancé, profite d’un moment pour s’esquiver. Elle revient bientôt après, le visage allongé, et s’assied à sa place en grommelant. L’amoureux typo, s’apercevant de la mauvaise humeur de sa future belle-mère, veut en connaître la cause. On l’emmène à la cuisine, et quelle n’est pas sa stupéfaction de voir son oie changée en tiges de bottes moisies, en vieilles savates et autres objets aussi peu appétissants. Un compagnon facétieux avait accompli la métamorphose. L’oie fut mangée le lendemain chez un marchand de vin du voisinage. Le fiancé, dit-on, fut de la fête. Autre sorte en action, à laquelle ne manquent pas de se laisser prendre les novices. On a placé le long du mur, à une hauteur suffisante pour qu’il ne soit pas possible de voir ce qu’il contient, un sabot qui est censé vide. Le monteur de coup s’essaye à jeter une pièce de monnaie ; mais il n’atteint jamais le but. Un plâtre, impatienté de sa maladresse et tout heureux de se distinguer, tire une pièce de deux sous de sa poche, et, après quelques tentatives, la loge dans le sabot. Il est tout fier de son triomphe ; mais il ne veut pas laisser sa pièce. Pour l’avoir, il se hausse sur la pointe des pieds, plonge ses doigts dans le sabot, et les retire remplis… comment dire ? remplis d’ordure. Il existe des milliers de sortes dont beaucoup sont très vieilles et que la tradition a conservées jusqu’à nos jours.

La Rue, 1894 : Mensonge, bourde, mystification.

Virmaître, 1894 : Quand un camarade quitte son rang pour aller raconter à un copain une histoire de brigand inventée de toutes pièces, l’autre lui répond :
— Laisse-moi avec ta sorte.
Pour une mauvaise plaisanterie l’aile à un camarade, la réponse est la même. L’expression sorte vient de ce que, lorsqu’il manque des caractères dans une casse, la sorte est absente.
Sortier, celui qui fait des sortes (Argot d’imprimerie).

France, 1907 : Conte, baliverne, plaisanterie. Conter une sorte, dit Eugène Boutmy, c’est narrer une histoire impossible, interminable, cocasse, et que tout le monde raconte à peu près dans les mêmes termes. Les sortes varient à l’infini ; en voici quelques exemples : « Oui, Bidaut » est une réplique qui signifie : « Oui, oui, c’est bien, soit : je n’en crois pas un mot. » — On dit aussi : « Le pape est mort ! » quand on entend remuer l’argent de la banque, parce que ce bruit argentin rappelle celui des cloches qui annoncent la mort du pape.— Quand un compositeur veut rompre le silence monotone observé depuis quelque temps, il s’écrie : « Tu disais donc, Mateo, que cette femme t’aimait ? » comme s’il reprenait tout à coup un dialogue commencé.

Il y a aussi des sortes en action. Quand un compositeur n’est pas venu travailler, surtout le lundi, ses compagnons prennent sa blouse, la remplissent de maculatures, en font un mannequin qu’ils placent sur un tabouret devant sa casse, lui mettant en main un composteur et lui donnant l’attitude d’un compositeur dans son dur.

(L’Agot des typographes)

Souquer

Delvau, 1866 : v. a. Battre ou seulement Rudoyer. Argot du peuple.

Rigaud, 1881 : Rudoyer, frapper.

La Rue, 1894 : Rudoyer. Battre.

France, 1907 : Remuer, rudoyer, secouer, battre ; du terme maritime tirer sur un amarrage, le roidir.

— Qu’est-ce qui m’a fichu un bougre pareil ? Ah ! vous êtes homme de chambre et vous dormez comme un veau ! Monsieur se figure qu’on l’exempte d’exercices pour qu’il ronfle sur sa couenne, au lieu de tenir sa chambrée propre et de veiller à ce qu’on ne vole rien ?… Je vous souquerai, moi ! Entendez-vous, milliards de Dieu ?

(Paul Bonnetain, Le nommé Perreux)

Se dit aussi pour travailler, prendre de la peine.

Une explication eut lieu, violente. Il lui reprocha ses ribotes, sa folie de dépenses, le mauvais emploi qu’elle faisait de l’argent qu’il lui gagnait en souquant matin et soir.

(Camille Lemonnier, Happe-Chair)

Touiller

Delvau, 1866 : v. a. et n. Remuer, agiter un liquide, — dans l’argot du peuple. C’est une expression provinciale.

La Rue, 1894 : Remuer.

Virmaître, 1894 : Remuer.
— Touille ton café pour faire fondre le sucre (Argot du peuple). N.

Rossignol, 1901 : Remuer une sauce est la touiller. C’est un mot patois dont on se sert souvent en jouant au loto, pour dire à celui qui appelle les numéros, de les remuer dans le sac : touille.

France, 1907 : Remuer, mêler.

La mère Fricoteau restait seule, touillant ses frites avec son écumoire et grommelant.

(Simon Boubée, Le Testament d’un martyr)

Touiller, trouiller

Rigaud, 1881 : Remuer avec une cuiller, le fond d’un poêlon. — Mêler les dominos, battre les cartes.

Trémousser

d’Hautel, 1808 : Se trémousser. Se mouvoir ; se remuer en tout sens ; s’agiter, s’inquiéter, se tourmenter. Le peuple dit, trimousser.

Tribouiller

Delvau, 1866 : v. n. Tressaillir, sauter d’aise, remuer de joie. Argot du peuple.

Tricoter des fesses

Delvau, 1864 : Les remuer vivement dans l’acte vénérien, pour mieux, jouir ou pour mieux faire jouir l’homme.

Trifouillée

Virmaître, 1894 : Remuer, chercher en bousculant tout. A. D. Trifouillée, c’est trois fois fouiller, mais le peuple ne donne pas ce sens à cette expression. Trifouillée veut dire battre.
— Je vais te coller une trifouillée en cinq sec (Argot du peuple). N.

France, 1907 : Foule, tas ; grand nombre de personnes ou de choses. Argot populaire.

Bougre d’andouille, que j’y fais, tu ne vois donc pas que tous les bouffe-galette de l’Aquarium se foutent de vous ! Vous attendrez bougrement des années avant qu’ils votent nos lois ; et en admettant qu’ils les votent demain, tu ne vois donc pas qu’il y a dans les administraces une trifouillée d’employés qui n’entendent pas de celle oreille ? Même votée à l’Aquarium, à la Charcuterie Sénatoriale, partout, nom de dieu, ta loi sur les huit heures ne sera pas appliquée, parce que les ronds-de-cuir ne veulent pas.

(Le Père Peinard)

Trifouiller

d’Hautel, 1808 : Pour, farfouiller, brouiller, fouiller avec désordre, et indiscrètement.

Delvau, 1866 : v. n. Remuer, chercher en bousculant tout.

Rigaud, 1881 : Fouiller partout, embrouiller, mettre tout sens dessus dessous en cherchant un objet.

France, 1907 : Fouiller, chercher. Trifouiller les guiches, peigner. Expression populaire.

Trimballer

d’Hautel, 1808 : Traîner partout quelque chose avec soi ; railler, berner quelqu’un.
Il me trimballe depuis long-temps. Pour, il me berce de vaines espérances, il se moque de moi.

Vidocq, 1837 : v. a. — Conduire, transporter.

Halbert, 1849 : Conduire.

Larchey, 1865 : Marcher. — Mot à mot : baller sur la trime : se remuer dans la rue. V. Momir.Trimballeur de coni, de refroidi : Croque-morts (Vidocq).

Delvau, 1866 : v. a. Promener quelqu’un, traîner quelque chose.

Delvau, 1866 : v. n. Se promener, — dans l’argot des faubouriens.

La Rue, 1894 : Conduire. Transférer d’une prison à une autre.

Troller

Halbert, 1849 : Porter.

Delvau, 1866 : v. a. Porter, — dans l’argot des voleurs.

Delvau, 1866 : v. n. Remuer ; aller çà et là, trimer. Argot du peuple.

Virmaître, 1894 : Porter. A. D. Troller veut dire marcher.
— On te voit troller partout, tu ne travailles donc pas ?
Il existe au faubourg Antoine des ouvriers ébénistes en chambre qui confectionnent des meubles pour leur compte.
Ils trollent pour les vendre depuis la rue de la Muette jusqu’à la Bastille, généralement le samedi ; ce jour-là, le trottoir se nomme la trolle (Argot des ébénistes). N.

Vaisselle

d’Hautel, 1808 : Remuer la vaisselle. Exécuter quelqu’un par autorité de justice.
Prenez garde à votre vaisselle. C’est-à-dire, prenez garde à vous ; examinez bien ce que vous ferez dans cette affaire.

Merlin, 1888 : Décorations. — Lorsqu’un vieux soldat se met en grande tenue et porte toutes ses décorations, les loustics prétendent qu’il met sa vaisselle à l’air.

France, 1907 : Décorations ; argot populaire. Étaler sa vaisselle, porter toutes ses décorations. On dit aussi batterie de cuisine.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique