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Cuite

Delvau, 1866 : s. f. Ivresse, — dans l’argot du peuple. Avoir sa cuite ou une cuite. Être saoul.

Rigaud, 1881 : Forte ivresse.

Ces bonnes cuites sans façon qu’elle se donnait avec Anatole.

(Huysmans, les Sœurs Vatard)

Cuite sénatoriale, très forte ivresse, cuite présidentielle, le nec plus ultra de l’ivresse, tout ce qu’il y a de mieux dans le genre. — Attraper une cuite, se soûler. Cuver une cuite, chercher dans un sommeil réparateur à dissiper les fumées de l’alcool et les ressentiments d’une nourriture trop copieuse.

Boutmy, 1883 : s. f. Ivresse complète. D’où peut venir ce mot ? Rappelons-nous que Chauffer le four, c’est boire beaucoup, s’enivrer. La cuite ne serait-elle pas tout naturellement le résultat du four chauffé et surchauffé. V. TUITE.

Rossignol, 1901 : Celui qui est saoul a une cuite.

Hayard, 1907 : Ivresse.

France, 1907 : Correction.

France, 1907 : Ivresse. Avoir sa cuite, prendre une cuite.

…C’est drôle, disait le père Trinquefort, quand la rivière a trop d’eau, où appelle ça une crue ; et quand un homme a trop de vin, on appelle ça une cuite.

(Dr Grégoire, Turlutaines)

Subitement, une ombre flottante anima, à moins de vingt pas en avant d’eux, la solitude morne d’une ruelle noyée dans le clair-obscur violâtre du matin ; une silhouette de pochard attardé et regagnant péniblement ses pénates. Le brave homme battait le pavé que c’en était un vrai plaisir, lâché dans de fantastiques diagonales, éperdument lancé et relancé, en travers de l’étroite chaussée, de tribord à bâbord et réciproquement.
Ce fut comme un rayon de soleil dans leur détresse, ils s’arrêtèrent pour rire a l’aise.
— Quelle cuite, bon sang !
— Non, pige-moi l’coup !

(Georges Courteline, La Vie de caserne)

Lèche-curé

Rigaud, 1881 : Bigot, bigote, — dans le jargon du peuple.

France, 1907 : Dévot, dévote. Si elles ne léchaient que le curé, mais elles lèchent aussi les vicaires !

Un tas de lèche-curés assiégeaient le confessionnal du beau vicaire et, ne lui laissant pas un moment de repos, venaient le relancer jusque dans la sacristie. Ah ! les enragées bougresses ! comme je leur aurais donné du bâton !

(Les Propos du Commandeur)

Œil ouvert

France, 1907 : Crédit chez un cafetier, un débutant. Sans remonter aux Grecs pour l’origine de cette expression, je me rangerai volontiers de l’avis d’Alfred Delvau, qui pense que, pour avoir l’œil, les clients ont commencé par faire de d’œil à la dame de comptoir. Voir Faire l’œil.

L’œil ouvert se fermait partout. Nous ne pouvions plus mettre les pieds dans la rue sans apercevoir une figure de créancier qui nous guettait au passage. D’abord ils vinrent nous relancer jusque dans nos chambres, mais les adjudants Péchiné et Metzmaker donnèrent la consigne aux hommes de garde le ne laisser pénétrer aucun paletot.

(Hector France, L’Homme qui tue)

Relancer

d’Hautel, 1808 : Relancer quelqu’un. Pour dire le repousser par des paroles dures, lui faire des reproches, des réprimandes sévères, le remettre à sa place lorsqu’il s’est permis quelqu’écart.

Relanceur de pleins

Fustier, 1889 : Variété de grec.

Plus nombreux encore ceux qui n’ont jamais soupçonné l’existence du relanceur de pleins.

(Henri IV, 1881)

France, 1907 : Escroc qui, au jeu de roulette, fait main basse sur les numéros pleins gagnants, en affirmant, devant des compères qu’il prend à témoin, que c’est lui qui a placé la mise.

Tape-au-sac

France, 1907 : Emprunteur.

Méfiez-vous du joueur qui vous flatte après une banque heureuse, il vient pour vous emprunter. C’est un « relanceur de pleins », un tape-au-sac. Certains cercles en sont remplis.

(Hogier-Grison, Le Monde où l’on triche)

Tarabuster

d’Hautel, 1808 : Rabrouer, relancer ; brusquer quereller quelqu’un d’une belle manière ; l’interrompre par de fréquentes importunités.

Toilette

d’Hautel, 1808 : Faire une toilette à quelqu’un. Le gourmander, le rabrouer, le relancer ; le tancer d’importance.
Plier toilette. Se dit dans le même sens que plier bagage, se sauver, prendre la fuite.

Delvau, 1866 : s. f. Coupe des cheveux et de la barbe des condamnés à mort, — dans l’argot des prisons. On dit aussi Fatale toilette.

Delvau, 1866 : s. f. Morceau de serge verte dans lequel les cordonniers enveloppent les souliers qu’ils portent à leurs pratiques : morceau de percaline noire dans lequel les tailleurs enveloppent les vêtements qu’ils portent à leurs clients.

France, 1907 : Pièce de percaline dans laquelle les tailleurs et les couturières enveloppent les vêtements qu’ils portent aux clients.

Gabrielle, qui portait à la main une ample toilette renfermant la robe d’une cliente, glissa son bras sous celui de sa sœur.

(Albert Cim, Demoiselles à marier)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique