Virmaître, 1894 : Être renvoyé de sa place.
— J’ai balancé ma femme elle était par trop rasante (Argot du peuple). N.
Balancé
Écrasant
Delvau, 1866 : adj. Étonnant, inouï, accablant, — dans l’argot des littérateurs, qui emploient ce mot à propos des gens aussi bien qu’à propos des choses.
France, 1907 : Étonnant.
Fla
France, 1907 : Coup de poing, pour flac ; onomatopée.
Un dernier fla sur la face, lui brisant deux dents, écrasant son nez de nègre, et faisant gicler le sang en fusée, et l’hercule, assommé, tourna deux fois sur lui-même et s’en fut s’écrouler tout auprès de son excellent ami et complice.
(Georges Pradel, Cadet Bamboche)
France, 1907 : Note du tambour. « Faire des ra et des fla. »
Marche oblique
Rigaud, 1881 : Sonnerie qui appelle les cavaliers punis au corps de garde. Ainsi nommée, parce qu’on ne s’y rend pas le cœur léger, mais d’un air piteux, en rasant les murs, en s’effaçant, obliquement.
Milord l’arsouille
France, 1907 : Sobriquet donné à lord Seymour qui, vers la fin de la Restauration et au commencement du règne de Louis-Philippe, se rendit célèbre à Paris par ses excentricités. C’était un homme accompli, jeune, gai, d’une force herculéenne, spirituel et immensément riche, écrasant tons les jeunes gens qui voulaient rivaliser avec lui par son luxe inouï et ses excentricités colossales. Il purgea par la seule force de son poing la Courtille de tous ses batailleurs, de ses terreurs, de ses mangeurs de nez.
Lorsque sa voiture, attelée de six chevaux, accompagnée de piqueurs donnant de la trompe et de courriers enrubannés, montait le boulevard, c’était un grand hourra, comme aux jours de feu d’artifice, quand part des Tuileries la fusée signal. On s’arrêtait, on se pressait, on se bousculait pour voir passer la mascarade modèle. Tous les gens de la suite, les cavaliers, les amazones, les cavalcades et les voitures de masques lui faisaient cortège : ils étaient glorieux de faire croire au bon public massé sur les trottoirs, aux femmes qui paradaient dans les calèches des deux files, et même aux municipaux, qu’ils faisaient partie de cette aristocratique saturnale. Et lui, calme et tranquille comme un dieu antique, il inondait de bonbons et de dragées tous ses obscurs admirateurs…
— C’est Milord l’arsouille ! Vive Milord l’arsouille ! exclamaient les gamins… Les excentricités de Milord l’arsouille n’ont pas duré plus de trois ou quatre ans.
(A. Privat d’Anglemont)
Obélisqual
Delvau, 1866 : adj. Écrasant d’étonnement, « ruisselant d’inouïsme », — dans l’argot des romantiques, amis des superlatifs étranges.
Pépètes
Virmaître, 1894 : Sous.
— Ça commence à être rudement rasant, pas un pé-pète à la clé (Argot du peuple).
Rossignol, 1901 : Sous.
Rasant
France, 1907 : Ennuyeux.
Razzia
Larchey, 1865 : Rafle rasant tout sur son passage. — Le mot date de notre guerre d’Afrique. En France au quinzième siècle on disait dans le même sens reize.
Il exerçait de véritables razzias à l’endroit des tasses de chocolat.
(A. Second)
Delvau, 1866 : s. f. Rafle, — dans l’argot du peuple, retour d’Afrique.
Merlin, 1888 : Prise de guerre, pillage ; — de l’arabe.
Théâtreuse
France, 1907 : Actrice, femme de théâtre ; s’emploie en mauvaise part.
Adèle. — Il y a beaucoup de femmes qui vous plaisent au théâtre.
L’auteur — Moi ? non ! des sales gueules… (Réfléchissant qu’il a peut-être été un peu loin.) Si, il y en a d’amusantes… de gentilles même…
Adèle. — Vous n’êtes pas porté pour les théâtreuses.
L’auteur. — Si, mais si ! Mais la plupart sont tellement rasantes…
(Charles Quinel)
Tourner en bourrique (faire)
France, 1907 : Affoler quelqu’un, le rendre idiot à force d’obsessions.
Le commandant est le gendre de la plus acariâtre des femmes. Oh ! cette irascible belle-mère ! Quel crampon, quelle calamité … Et on parle de la peste ! Mais, positivement, ce n’est là qu’un fléau bénin quand on lui compare l’insupportable, l’intolérable vieille dame en question.
« Il serait si heureux, son foyer serait si calme, si tranquille, sans Mme Dutromblon. Bavarde comme une pie, têtue comme un baudet, fourrant le nez partout, faisant de la morale en veux-tu en voilà, elle lasserait la patience de tous les saints du calendrier. Elle est tannante, assommante, rasante… Bref, elle le fait tourner en bourrique. »
(Le Régiment illustré)
La chose est problématique,
Obscure, étrange, mystique
Et fait tourner en bourrique
Plus d’un ecclésiastique.
(Grosclaude)
Vieux (se faire)
Delvau, 1866 : S’ennuyer, attendre plus qu’il ne faudrait ; rester longtemps quelque part. Argot du peuple.
Rigaud, 1881 : Attendre quelqu’un avec impatience ; se tourmenter. Les variantes sont : Se faire viocque, se faire antique.
C’est rasant… C’est que je me fais vieux.
(La Vie moderne, 2 août 1879)
Merlin, 1888 : S’ennuyer, trouver le temps long.
La Rue, 1894 : Se tourmenter, s’ennuyer.
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