d’Hautel, 1808 : Appétissant, ragoûtant ; rempli de charmes et d’attraits ; séduisant.
Affriolant
Bidache ou bidoche
France, 1907 : Viande ; argot populaire.
Bidoche est le nom d’une marchande de soupes qui, vers 1830, tenait, près des Halles, une gargote appelée le Restaurant des Pieds humides.
Pour deux sous, la mère Bidoche donnait une portion de haricots, d’oseille, de pois cassés ou d’épinards. La soupe coûtait un sou ; les riches, pour trois sous, pouvaient s’offrir un bœuf entrelardé ou un ragoût de mouton. Quant au vin, il était gratis ; la Fontaine des Innocents ne tarissait jamais ! C’était un type que la mère Bidoche. Ancienne cantinière, elle avait conservé de son existence au régiment des habitudes militaires. Elle avait horreur de la carotte, et ne l’admettait que dans la soupe.
(Ch. Virmaître, Paris oublié)
Bouillir
d’Hautel, 1808 : Cela fait bouillir la marmite. C’est-à-dire amène à la maison tout ce qui est nécessaire à la vie.
Il a de quoi faire bouillir le pot. Pour, il est aisé, il peut vivre sans travailler.
Il semble qu’on me bout du lait. C’est-à-dire qu’on se moque de moi, qu’on veuille pousser à bout ma patience.
Il me fait bouillir les sens. Pour il m’impatiente par ses lenteurs, ses propos ennuyeux ; il me met hors de moi.
Rôti, bouilli, traîné par les cendres. Se dit par raillerie d’un ragoût apprêté sans propreté et mal cuit.
Faire le pot bout. Entretenir le ménage de toutes les choses nécessaires à la vie : le peuple dit ordinairement faire le pot bouille.
Cive
Halbert, 1849 : Herbe.
Delvau, 1866 : s. f. Herbe.
France, 1907 : Herbe ; vieux mot dont nous avons fait civet, c’est-à-dire ragoût aux cives.
Daube
Rigaud, 1881 : Cuisinière, souillon de cuisine, par allusion au ragoût désigné sous le nom de daube.
Encotonner (s’)
France, 1907 : S’endormir dans le bien-être, s’avachir dans de molles habitudes. Littéralement, se mettre dans du coton.
— Vois-tu, les maris foncièrement jaloux ne sont pas si communs qu’on voudrait le faire croire. Ce sentiment délicieux, le plus essentiel gage de l’amour et sans lequel l’amour s’encotonnerait dans la banale monotonie des affections sans ragoût, résiste rarement aux sécurités du commerce journalier qui fait le fond du mariage.
(Camille Lemonnier, Ironique Amour)
Faire à l’oseille (la)
Delvau, 1866 : v. a. Jouer un tour désagréable à quelqu’un, — dans l’argot des vaudevillistes. L’expression sort d’une petite gargote de cabotins de la rue de Malte, derrière le boulevard du Temple, et n’a que quelques années. La maîtresse de cette gargote servait souvent à ses habitués des œufs à l’oseille, où il y avait souvent plus d’oseille que d’œufs. Un jour elle servit une omelette… sans œufs. — « Ah ! cette fois, tu nous la fais trop à l’oseille, » s’écria un cabotin. Le mot circula dans l’établissement, puis dans le quartier ; il est aujourd’hui dans la circulation générale.
Rigaud, 1881 : Faire une plaisanterie de mauvais goût, une mauvaise charge, se moquer de quelqu’un.
D’abord les pions sont en vacances, et s’ils ne sont pas contents, on la leur fait à l’oseille.
(Bertall, Les Courses de la saison)
D’après M. Jules Richard (Journal l’Époque, 1866, cité par M. L. Larchey), cette expression aurait vu le jour dans un gargot du boulevard du Temple, à la suite d’une contestation culinaire entre la patronne et un client. Ce dernier ne trouvant pas assez verte une omelette aux fines herbes, la nymphe du gargot s’écria : « Fallait-il pas vous la faire à l’oseille ? » Sans compter qu’il faut accueillir avec beaucoup de réserve les étymologies anecdotiques, l’expression « la faire à l’oseille » ne ferait-elle pas plutôt allusion à l’acidité de l’oseille qui, pour beaucoup de personnes, n’a rien d’agréable au goût.
France, 1907 : Jouer un tour désagréable à quelqu’un.
D’après Alfred Delvau, qui fait remonter cette expression à environ 1861, elle sortirait « d’une petite gargote de cabotins de la rue de Malte, derrière le boulevard du Temple… La maîtresse de cette gargote servait souvent à ses habitués des œufs à l’oseille où il y avait souvent plus d’oseille que d’œufs. Un jour, elle servit une omelette sans œufs : « Ah ! cette fois, tu nous la fais trop à l’oseille ! » s’écria un cabotin. Le mot circula dans l’établissement, puis dans le quartier : il est aujourd’hui dans la circulation générale. »
Charles Virmaître, dans son Dictionnaire d’argot fin de siècle, fait remonter cette expression à plus de cinquante ans, en donnant une variante à son origine :
Le petit père Vinet, mort il y a deux ans dans un taudis de la rue de Tourtille, à Belleville était, vers 1850, un chansonnier en vogue. Il avait été « sauvage » au Caveau des Aveugles, au Palais-Royal, avant le père Blondelet :il mangeait dans la gargote citée par Delvau. La gargote était non rue de Malte, mais rue de la Tour. Un jour, après déjeuner, il composa une chanson intitulée : Vous me la faites à l’oseille. Bouvard, l’« homme à la vessie », la chantait encore en 1848, place de la Bastille. En voici un couplet :
Comme papa j’suis resté garçon,
Pour bonne j’ai pris Gervaise,
Elle est maîtresse à la maison ;
Je la trouve mauvaise
De la cave au grenier
La danse du panier
Que c’est une merveille.
Elle mange à son goût
Mes meilleurs ragoûts…
Vous me la faites à l’oseille.
Faire du ragoût
France, 1907 : Parler imprudemment des actes d’un camarade et éveiller ainsi les soupçons de la police.
— Ne fais pas de ragoût sur ton dab.
(Balzac)
Frichti
Larchey, 1865 : Régal. — Corruption du mot allemand frühstück, déjeuner.
Voilà ce que je te conseille ; c’est de payer un petit frichti.
(Champfleury)
Delvau, 1866 : s. m. Ragoût aux pommes de terre, — dans l’argot des ouvriers, qui prononcent à leur manière le frühstück allemand.
Rigaud, 1881 : Repas de famille. — Ragoût de ménage. Les gens qui n’ont pas d’argot emploient à tort frichti dans le sens de grand dîner.
France, 1907 : Repas, régal ; corruption de l’allemand früstück, déjeuner, ou de l’anglais fresh steack, pièce de viande fraîche.
Sachant, comme pas un, vous fouiller un pays,
Entraîner les soldats, culbuter l’adversaire,
Donner des ordres nets, nettement obéis,
Avec ça, prévoyant comme trois majordomes,
Prodiguant an frichti ses soins intelligents,
Adorant son métier, adoré de ses hommes :
Bref, le dieu des troupiers et le roi des sergents !
(Paul Déroulède, Nouveaux Chants du soldat)
Fricot
d’Hautel, 1808 : Mot bas et trivial, qui signifie ragoût, viande fricassée, et qui sert généralement à désigner la bonne chère.
Faire un bon fricot. Ripailler, faire chère lie.
Delvau, 1866 : s. m. Ragoût ; mets quelconque, — dans l’argot du peuple, qui dit cela depuis plus d’un siècle. Le mot se trouve dans Restif de La Bretonne.
Hayard, 1907 : Argent monnayé.
France, 1907 : Viande cuite.
C’est si charmant la gourmandise du mari, du grand garçon qui rentre de son travail ou de ses affaires, dont les narines battent à la bonne odeur des fricots, qui soulève, en croyant n’être pas vu, les couvercles pour regarder ce qui mijote au fond, et qui a sur le visage une joie de collégien en vacances pour qui la maman à fait une chatterie.
(Jacqueline, Gil Blas)
Frigousse
d’Hautel, 1808 : Mot baroque, qui équivaut à fricot, fripe, bonne chère.
Faire la frigousse. Aprêter le repas habituel.
Faire frigousse. Signifie aussi ripailler, se mettre en débauche.
Delvau, 1866 : s. m. Cuisine, ou plutôt chose cuisinée, — dans l’argot des faubouriens. Signifie spécialement : Ragoût de pommes de terre.
Rigaud, 1881 : Fricot ; cuisine ; repas. — Frigousser, faire la cuisine ; manger.
France, 1907 : Cuisine.
C’était trop réussi ; ça prouvait où conduisait l’amour de la frigousse.
(Émile Zola, L’Assommoir)
Frigousser
Delvau, 1866 : v. a. et n. Cuisiner ; préparer un ragoût quelconque.
France, 1907 : Cuisiner.
Il mit une certaine jactance à déclarer que pour ça, oui, c’était vrai, et que nulle ne s’entendait comme Clarinette à frigousser. Elle avait pris goût à la cuisine, aimant elle-même la bâfre et trouvant son compte aux galimafrées qu’elle avait l’air de ne préparer que pour lui seul.
(Camille Lemonnier, Happe-Chair)
Galimafrée
d’Hautel, 1808 : Bribes, reste de viandes que l’on mêle et que l’on fricasse ensemble ; salmigondis.
Delvau, 1866 : s. f. Ragoût, ou plutôt Arlequin, — dans l’argot du peuple. S’emploie aussi au figuré.
France, 1907 : Ragoût de différentes viandes.
Garbure
France, 1907 : Soupe épaisse composée de choux hachés, de croûtes de pain et de lard salé que l’on sert dans le Midi ; de l’espagnol garbias, ragoût. On y met aussi, selon la saison, des haricots, des fèves et des pois.
Après nous être réconfortés avec la traditionnelle garbure, potage excellent du reste, surtout quand on a fait à jeun trois heures de chemin de fer, et avec le non moins traditionnel jambon de Bayonne couvert d’un grand nombre d’œufs, nous nous risquâmes à franchir sous un soleil équatorial le pont de l’Adour…
(J. Grison-Poncelet)
On dit aussi garburre.
Gargotage
d’Hautel, 1808 : Aliment mal apprêté ; ramassis, repas servi sans propreté.
Delvau, 1866 : s. m. Mauvais ragoût ; chose mal apprêtée, — au propre et au figuré. On dit aussi Gargoterie.
France, 1907 : Mauvais ragoût, ratatouille.
Gargoter
d’Hautel, 1808 : Boire et manger mal proprement ; fréquenter les mauvaises auberges, les cabarets borgnes.
Delvau, 1866 : v. a. et n. Cuisiner à la hâte et malproprement. On trouve « Gargoter la marmite » dans les Caquets de l’accouchée. Signifie aussi Hanter les gargotes.
Delvau, 1866 : v. a. et n. Travailler sans goût, à la hâte.
Rigaud, 1881 : Faire de la mauvaise cuisine, de la cuisine qui rappelle celle des gargots.
Virmaître, 1894 : Cuisinière qui rate tous ses ragoûts. Mot à mot : faire de la mauvaise cuisine, de la gargote. Gargoter un travail ou le savater, le gâcher en un mot (Argot du peuple).
France, 1907 : Faire une cuisine de gargotte, malpropre et mauvaise.
— N’est-ce pas, mon chéri, dit une nouvelle mariée, que tu ne regrettes pas ta vie de garçon ?
— Oh ! non, mon Adèle adorée, l’on gargote si mal dans les restaurants !
France, 1907 : Travailler mal et sans goût.
Glaviot
Larchey, 1865 : Crachat. — Le Dictionnaire d’Hautel dit Claviot. — De gaviau : gosier. V. Du Cange.
Delvau, 1866 : s. m. Mucosité expectorée, — dans l’argot des faubouriens.
Rigaud, 1881 : Crachat très épais.
Virmaître, 1894 : Crachat. Un poitrinaire qui crache ses poumons lâche son glaviot. Dans les ateliers, par plaisanterie, on compte les glaviots ; arrivés à onze, les ouvriers, sans pitié, disent an malheureux :
— Il n’en faut plus qu’un pour faire la douzaine de Portugaises.
Pas ragoûtant pour les amateurs d’huîtres (Argot du peuple). N.
Hayard, 1907 : Crachat.
France, 1907 : Crachat épais.
Graillonneur
d’Hautel, 1808 : C’est un graillonneur perpétuel. Se dit d’un homme qui graillonne, qui crachotte perpétuellement.
Larchey, 1865 : Homme qui expectore souvent.
Comme c’est ragoûtant d’avoir affaire avant son déjeuner à un graillonneur pareil !
(H. Monnier)
Delvau, 1866 : s. m. Homme qui crache à chaque instant.
Graillonneur, graillonneuse
Rigaud, 1881 : Celui, celle qui graillonne.
Comme c’est ragoûtant d’avoir affaire avant son déjeuner à un graillonneur pareil !
(H. Monnier, Scènes populaires)
Haricotteur
Rigaud, 1881 : Bourreau, — dans l’ancien argot, du vieux mot harigot, pièce, morceau. — On dit encore haricot de mouton, ragoût de mouton coupé en morceaux, pour harigot de mouton.
Lardé aux pommes
Rigaud, 1881 : Ragoût de pommes de terre au lard. — Un lardé aux pommes, une portion de pommes de terre au lard.
Au prix où sont les lardés aux pommes aux trente neuf marmites.
(Tam-Tam, du 6 juin 1880)
France, 1907 : Plat de lard et de pommes de terre ; argot des gargotes.
Magnan
France, 1907 : Sorte d’économe chargé de la nourriture à l’École polytechnique.
Pourquoi l’appelle-t-on Magnan ? N’est-ce pas dans une magnanerie qu’on élève les vers à soie ? Le magnan est donc à juste titre celui qui nourrit les cocons… C’est le magnan qui préside à l’achat des vivres. C’est lui que l’on acclame quand le menu est satisfaisant ; c’est lui qu’on charge d’imprécations quand le ragoût n’a que des os. Oh ! Alors, quatre cents voix demandent sa tête, voire même sa hure !
(Albert Lévy et G. Pinet, L’Argot de l’X)
Mer
d’Hautel, 1808 : C’est la mer à boire. Pour dire qu’une affaire, qu’une entreprise offre de grandes difficultés ; qu’elle présente de grands obstacles pour son exécution ; qu’un ouvrage est ennuyeux, ou que l’on n’en peut venir à bout ; qu’il traîne en longueur.
On dit aussi dans le sens opposé. Ce n’est pas la mer à boire. Pour dire qu’on vaincra les difficultés quelles qu’elles soient.
Il avaleroit la mer et les poissons. Se dit d’un affamé, d’un grand mangeur ; d’un homme qui a une grande altération.
Salé comme mer. Se dit d’un ragoût, d’une sauce, d’un mets quelconque qui est très-salé.
C’est une goutte d’eau dans la mer. Pour exprimer que les secours que l’on reçoit dans un grand denûment, sont trop foibles pour vous tirer d’embarras.
Porter de l’eau à la mer. Faire des présens à des gens plus riches que soi ; porter une chose dans un lieu où elle abonde.
Labourer le rivage de la mer. Se donner des peines inutiles.
Voguer en pleine mer. Avoir des affaires bien établies ; être en chemin de faire fortune.
Qui craint le danger.ne doit point aller en mer. Pour dire que lorsqu’on est peureux, il nef aut pas s’exposer dans une affaire dangereuse.
Delvau, 1866 : s. f. Le fond du théâtre, quel que soit le décor. Argot des coulisses. Aller voir la mer. Remonter la scène jusqu’au dernier plan.
Rigaud, 1881 : Décor du fond, au théâtre.
Modiste en ragoût
Fustier, 1889 : Cuisinière. Argot des garçons bouchers.
Navarin
Delvau, 1866 : s. m. Navet, — dans l’argot des voleurs.
Delvau, 1866 : s. m. Ragoût de mouton, de pommes de terre et de navets, — dans l’argot des restaurants du boulevard. C’est un nom nouveau donné à un mets connu depuis longtemps.
Rigaud, 1881 : Navet. — Ragoût de mouton aux pommes. C’est le vulgaire haricot de mouton appelé pompeusement « navarin » par les restaurateurs des boulevards.
Fustier, 1889 : « L’étalier connaît les clients, leur mesure les égards et vend aux pauvres le navarin, c’est-à-dire les rognures, les balayures de l’étal, à raison de dix sous la livre. »
(L’Esclave Ivre, no 3)
France, 1907 : Navet ; argot des voleurs.
France, 1907 : Ragoût de mouton où il entre des navets.
Navarin, navet
La Rue, 1894 : Ragoût.
Nivernaise
France, 1907 : Ragoût de carottes.
Novembre 33 (un)
Merlin, 1888 : Officier ou sous-officier à cheval sur les règlements militaires, dont la loi fondamentale est celle du 2 novembre 1833, et aussi, en termes de pension, un ragoût qui contient toute espèce de choses, sans doute parce que le règlement de 1833 prévoyait tous les cas du métier militaire.
Fustier, 1889 : Officier à cheval sur tous les règlements militaires dont la loi fondamentale est celle du 2 novembre 1833 ; et aussi, en terme de pension, un ragoût qui contient toute espèce de choses, sans doute parce que le règlement de 1833 prévoyait tous les cas du métier militaire. (Merlin, La langue verte du troupier)
France, 1907 : On appelait ainsi, sous l’ancienne armée, un officier ou un sous-officier à cheval sur les règlements militaires dont la loi fondamentale date du 2 novembre 1833, en d’autres termes un cocardier. C’est aussi une sorte de ragoût de cantine ou de pension où il entre toute espèce de viandes, les détritus de la veille.
Les fanatiques ne savaient, ne comprenaient qu’une chose, la rigoureuse consigne et le règlement du 2 novembre 1833. Ils prenaient pour devise : manœuvrer toujours, sans une minute de repos, malgré le froid, malgré la fatigue.
(René Maizeroy, Souvenirs d’un Saint-Cyrien)
Oseille
Rigaud, 1881 : Argent, — dans le jargon des voleurs. C’est le mot os doté de la terminaison eille.
Les frangins auraient plutôt acheté quatre exemplaires, au lieu d’un, afin de remettre de l’oseille dans ton porte-monnaie !
(Le petit Badinguet, 1878)
La Rue, 1894 : Argent.
Virmaître, 1894 : La faire à l’oseille. Jouer un tour désagréable à quelqu’un. A. D. Il attribue ce mot à un cabotin habitué d’une petite gargote de la rue de Malte où mangeaient les artistes des théâtres du boulevard et du Temple. Selon lui, ce mot date de 1861 environ. Comme cette locution : la faire à l’oseille est très répandue, il est bon de rétablir son origine. Le petit père Vinet, mort il y a deux ans dans un taudis de la rue de Tourtille, à Belleville, était vers 1840 un chansonnier en vogue. Il avait été sauvage au Caveau des Aveugles, au Palais-Royal, avant le père Blondelet ; il mangeait dans la gargote citée par Delvau. La gargote était non rue de Malte, mais rue de la Tour. Un après-déjeuner, il composa une chanson intitulée : Vous me la faites à l’oseille. Bouvard, l’homme à la vessie la chantait encore en 1848, place de la Bastille. Voici un couplet de cette chanson :
Comme papa j’suis resté garçon
Pour bonne j’ai pris Gervaise.
Elle est maîtresse à la maison
Je la trouve mauvaise
De la cave au grenier
La danse du panier
Que c’est une merveille.
Elle mange à son goût
Mes meilleurs ragoûts.
Vous me la faites à l’oseille.
Comme on le voit, il y a plus de cinquante ans que l’on connaît cette expression (Argot du peuple). N.
Virmaître, 1894 : Argent (Argot du peuple). V. Aubert.
Rossignol, 1901 / Hayard, 1907 : Argent.
France, 1907 : Argent. Il fond dans la main comme l’oseille dans la casserole.
Mais, nom de Dieu ! mince d’purée !
C’est dégoûtant c’que nous cachons :
Des nentill’s, des pois en purée
Et d’l’eau grass’ comme à des cochons,
Vrai, j’m’enfil’rais ben un’ bouteille ;
À présent qu’t’es sorti d’là-bas,
Envoy’-moi donc un peu d’oseille,
À Mazas.
(Aristide Bruant)
Perdrix
d’Hautel, 1808 : On mange bien des perdrix sans orange. Se dit lorsqu’il manque quelqu’assaisonement à un ragoût, à un mets quelconque, que l’économie a fait retrancher ; ou pour faire entendre qu’il ne faut pas être délicat sur le manger qu’il faut savoir se passer des choses que l’on ne peut se procurer.
À la S. Remi tous perdreaux sont perdrix.
Perdrix de Gascogne. Terme ironique pour dire de l’ail, parce que les Gascons en sont très amateurs.
Piquer un arlequin
France, 1907 : Prendre au hasard de la fourchette un morceau quelconque, côtelette ou tête de poisson. L’arlequin est un plat composé de rogatons de toutes sortes, restes des assiettes des clients des restaurants et que les laveurs de vaisselle vendent par seaux à des gargotiers de misérables. « On y trouve de tout, dit Privat d’Anglemont, depuis le poulet truffé et le gibier, jusqu’au bœuf aux choux. » Chaque coup de fourchette dans la marmite, quel que soit le morceau qu’on ramène, coûtait autrefois un sou. Il est probable que depuis la cherté des vivres le prix est augmenté.
Notre littérature a pris le goût des ragoûts épicés, et nous sommes de ces civilisés qui trouvent un plaisir exquis à aller piquer un arlequin dans un bouge.
(Nestor, Gil Blas)
Prima gueula
France, 1907 : Chanteuse ordurière de café-concert ; argot populaire. Imitatrice de la célèbre Thérésa, qui fit sous le second empire les délices du public parisien, de ce public spécial qui raffole de l’ineptie et de la crapulerie. Louis Veuillot dit de la prima gueula dans les Odeurs de Paris : Elle joue sa chanson autant qu’elle la chante. Elle joue des yeux, des bras, des épaules, des hanches, hardiment. Rien de gracieux ; elle s’exerce plutôt à perdre la grâce féminine ; mais c’est là peut-être le piquant, la pointe suprême du ragoût… et comme on dit dans la langue du lieu : « Ça emporte la gueule. » On dit aussi prima donna d’égout.
Ragougnasse
Rigaud, 1881 : Mauvais ragoût, et, par extension, tout objet de très peu de valeur. C’est de la ragougnasse.
France, 1907 : Mauvais ragoût et, par extension, mauvaise chose.
Par le temps qui court, nul n’a plus — sinon avec beaucoup d’efforts — sa saine faculté de raisonnement : chacun se fait trop une opinion qui n’est que le reflet des ragougnasses imprimées dans le quotidien du matin.
Or, comme les quotidiens prennent leur mot d’ordre chez les jean-foutre de la haute et orientent leur girouette suivant les intérêts des chameaucrates, il est tout simple que le populo raisonne de travers !
(Le Père Peinard)
Ragoût
Delvau, 1866 : s. m. Assaisonnement d’un plaisir quelconque. S’emploie souvent en mauvaise part :
J’aurois un beau teston pour juger d’une urine,
Et, me prenant au nez, loucher dans un bassin
Des ragousts qu’un malade offre à son médecin,
dit Mathurin Régnier en sa satire la Poésie toujours pauvre.
Delvau, 1866 : s. m. Relief, accentuation de couleur, hardiesse de brosse, — dans l’argot des artistes.
Delvau, 1866 : s. m. Soupçon, — dans l’argot des voleurs. Faire des ragoûts. Éveiller des soupçons.
Rigaud, 1881 : Peinture vigoureuse, peinture en pleine pâte, dans le jargon des peintres.
Virmaître, 1894 : Soupçon.
— J’ai du ragoût sur sézières, il s’est mis à table sur mon orgue.
— Fais attention de ne pas faire de ragoût, le quart nous a au chasse (Argot des voleurs).
France, 1907 : Crainte, inquiétude ; argot populaire.
Ragoût (avoir du)
Delvau, 1864 : Se dit de certaines façons habiles que certaines femmes ont de se remuer sous l’homme pour le faire godiller plus amplement qu’avec d’autres.
Mais exiger des époux
Ces petits ragoûts,
Ces exercices gentils !
Les connaissent-ils ?
Non ; tout dans le sacrement,
Se fait maussadement
Et gauchement.
(Collé)
Ragoût (faire du)
Rigaud, 1881 : Éveiller les soupçons.
Ne fais pas de ragoût sur ton dab.
N’éveille pas les soupçons sur ton maître.
(Balzac)
France, 1907 : Donner l’éveil à la police.
Ragoût de poitrine
Rigaud, 1881 : Seins. — Avoir du ragoût de poitrine sur l’estomac.
Virmaître, 1894 : Femme ragoûtante qui a sur la poitrine des tétons volumineux (Argot du peuple). V. Capitonnée.
France, 1907 : Seins volumineux.
— Est-ce parce que j’n’ons pas d’ragoût de poitrine sur l’estomac ? J’ons la place plus blanche que la tienne.
(Amusements à la grecque)
Ragoûtant
d’Hautel, 1808 : Il est ragoûtant ; c’est ragoûtant. Se dit souvent en mauvaise part, et par raillerie, d’un homme ou d’une chose fort malpropre, dégoûtante.
Ragoûtant, te
Delvau, 1866 : adj. Plaisant, agréable, — dans l’argot du peuple, qui emploie cette expression à propos des gens comme à propos des choses. Vieillard ragoûtant. Qui est propre, — et surtout sans infirmités. Femme ragoûtante. Qui excite l’appétit des amoureux.
Ragoûter
Delvau, 1866 : v. a. Remettre en appétit, réveiller le désir.
Rata
Vidocq, 1837 : s. f. — Fricassée.
Larchey, 1865 : Abréviation de ratatouille.
Pour le rata : faites bouillir de l’eau, prenez des pommes de terre, jetez le légume choisi dans la bassine, ajoutez 3 kilogr. de lard par cent hommes, remuez et servez.
(La Bédollière)
Delvau, 1866 : s. m. Ragoût de pommes de terre et de lard, — dans l’argot des troupiers.
Rigaud, 1881 : C’est le ragoût servi aux troupiers les jeudis et les dimanches ; pour ratatouille, mauvais ragoût. Rata aux pommes, ragoût aux pommes de terre que les restaurateurs des grands boulevards appellent pompeusement : « Un navarin », et qu’ils font payer en conséquence.
Merlin, 1888 : Ragoût composé de toute espèce de viande et légumes.
France, 1907 : Ragoût que l’on sert journellement aux soldats et qu’on ne donnait autrefois à leurs devanciers qu’aux grandes occasions, ou au plus le dimanche. Ce n’est pas, comme on pourrait le croire, l’apocope de ratatouille. Rata vient du grec ratos, ragoût fait de lait de chèvre, de miel et d’andouilles, et c’est de ce dernier mot combiné avec rata qu’on a fait ratatouille.
Homère raconte que les grognards de son temps veillaient à ce que leurs troupiers fussent toujours suffisamment repus. Aussi un festin suivait-il immédiatement un combat. Ajax tournait la broche gigantesque d’Agamemnon. Diomède, après avoir bouchonné ses chevaux, préludait à l’enfoncement complet des Troyens en confectionnant, dans une lèchefrite d’or, ce brouet noir appelé ratos, dont les Grecs étaient si friands, et Achille lui-même, le tendre et vaillant Achille, ne dédaignait pas de mettre la main à la pâte sous la tente de la sensible Briséis.
(Émile Marco de Saint-Hilaire)
Ratatouille
Delvau, 1866 : s. f. Coups donnés ou reçus.
Delvau, 1866 : s. f. Mauvais ragoût, plat manqué.
Rossignol, 1901 : Mets mal préparé.
Rossignol, 1901 : Se battre est se flanquer une ratatouille.
France, 1907 : Coups.
France, 1907 : Fricassée, mauvais ragoût. Voir Rata.
Pension d’étudiants.
— J’ai le regret de vous déclarer, ma chère Madame Plumard, que votre ratatouille est encore plus dégoûtante cette année qui l’année dernière.
— C’est impossible, Monsieur Raoul.
(Ange Pitou)
Regout (faire du)
Larchey, 1865 : Être arrêté.
Poissons avec adresse mezières et gonzesses sans faire de regout.
(Vidocq)
Rigaud, 1881 : Éveiller les soupçons. C’est faire du ragoût avec changement d’une lettre. — Faire du bruit, se disputer.
Regout, ragoût
La Rue, 1894 : Inquiétude, crainte, remords. Faire du regout, être arrêté. Se disputer. Éveiller les soupçons.
Salpicon
France, 1907 : Sorte de ragoût composé de plusieurs espèces de viandes coupées menu et mélangées à des champignons, des truffes ou des culs d’artichaut.
Sauce (allonger la)
Rigaud, 1881 : Ajouter de l’eau dans le pot-au-feu, dans un ragoût.
Se l’appuyer
Rossignol, 1901 : « J’ai faim, v’là un bon ragoût je vais me l’appuyer. » — « Ma voisine est une belle fille, je voudrais bien me l’appuyer. »
Singe
d’Hautel, 1808 : Payer en monnoie de singe, en gambades. Se moquer de celui à qui l’on doit, au lieu de le satisfaire. Ce proverbe vient de ce qu’autre fois les bateleurs qui montroient des singes, étoient obligés, pour tout péage, à l’entrée des villes, de faire danser leurs singes. ACAD.
Singe. C’est le nom que les imprimeurs à la presse donnent aux compositeurs qui ne font pour ainsi dire que copier le manuscrit, et pour se venger de ces derniers, qui les appellent ours.
C’est un vrai singe. Se dit d’un homme qui imite avec trop d’affectation les gestes d’un autre homme.
Adroit comme un singe. Se dit d’un homme agile et industrieux.
Malin comme un singe. Se dit d’un enfant fort espiègle, très-avisé.
Halbert, 1849 : Chef d’atelier, le patron.
Larchey, 1865 : « En revanche, les ours ont nommé les compositeurs des singes à cause du continuel exercice qu’ils font pour attraper les lettres dans les cinquante-deux petites cases où elles sont contenues. » — Balzac.
Monnaie de singe : Grimace. V. Roupie.
Il la payait, comme dit le peuple en son langage énergique, en monnaie de singe.
(Balzac)
Delvau, 1866 : s. m. Ouvrier compositeur, — dans l’argot des imprimeurs.
Delvau, 1866 : s. m. Patron, — dans l’argot des charpentiers, qui, les jours de paye, exigent de lui une autre monnaie que celle de son nom.
Rigaud, 1881 : Apprenti typographe.
Rigaud, 1881 : Patron. Nom donné primitivement par les peintres en bâtiment aux bourgeois qui les employaient, et, par extension, par tous les ouvriers à leurs patrons. Aujourd’hui ce sobriquet est trop connu pour qu’il soit employé en présence du patron ou’ du contre-maître. Dans la plupart des ateliers on choisit un sobriquet qui rappelle soit les mœurs, soit les habitudes, soit une infirmité du patron.
Boutmy, 1883 : s. m. Ouvrier typographe. Ce mot, qui n’est plus guère usité aujourd’hui et qui a été remplacé par l’appellation de typo, vient des mouvements que fait le typographe en travaillant, mouvements comparables à ceux du singe. Une opinion moins accréditée, et que nous rapportons ici sous toutes réserves, attribue cette désignation à la callosité que les compositeurs portent souvent à la partie inférieure et extérieure de la main droite. Cette callosité est due au frottement réitéré de la corde dont ils se servent pour lier leurs paquets.
Les noms d’ours et de singe n’existent que depuis qu’on a fait la première édition de « l’Encyclopédie », et c’est Richelet qui a donné le nom d’ours aux imprimeurs, parce que, étant un jour dans l’imprimerie à examiner sur le banc de la presse les feuilles que l’on tirait, et s’étant approché de trop près de l’imprimeur qui tenait le barreau, ce dernier, en le tirant, attrape l’auteur qui était derrière lui et le renvoie, par une secousse violente et inattendue, à quelques pas de lui. De là, il a plu à l’auteur d’appeler les imprimeurs à la presse des ours, et aux imprimeurs à la presse d’appeler les compositeurs des singes.
(Momoro)
Autrefois MM. les typographes se qualifiaient pompeusement eux-mêmes du titre d’hommes de lettres, et MM. les imprimeurs de celui d’hommes du barreau.
Virmaître, 1894 : Patron. Presque tous les corps de métiers, à l’exception des chapeliers, nomment leur patron un singe. Singe, ouvrier compositeur. Ce n’est pourtant pas dans un atelier de typographie qu’il faut chercher des grimaces (Argot du peuple).
Rossignol, 1901 / Hayard, 1907 : Patron.
France, 1907 : Dessin d’imitation ; argot des polytechniciens.
Le singe imite tout ce qu’il voit faire, de là le mot singe employé pour désigner le dessin d’imitation… Les uns dessinent d’après les estampes, d’autres le paysage, d’autres des chevaux ; une section occupe un petit amphithéâtre réservé à la bosse ou à l’étude du modèle vivant. Ces différents genres de dessin sont ce qu’on appelle le singe mort, le jodot, les zèbres et le singe vivant.
(Albert Lévy et G. Pinet)
France, 1907 : Patron, directeur, chef, maître quelconque. Ce sobriquet est général, il est passé des ouvriers, des domestiques, aux employés de magasins et de bureaux.
France, 1907 : Petite fille ou femme laide, chétive, disgracieuse.
— Conment ! ce petit laideron que j’ai accueillie par charité, cette horreur que je suis forcé de voir chaque jour à ma table, qui a déjà apporté chez moi une maladie contagieuse… cette petite guenon, amenant le vice chez nous, est la cause de la mort de ce pauvre garçon… L’imbécile ! un singe comme ça !
(A. Bouvier, La Grêlée)
France, 1907 : Sobriquet donné autrefois aux ouvriers typographes à cause des gestes saccadés qu’ils font en levant la lettre. Ce mot a été remplacé par celui de typo.
France, 1907 : Viande de conserve ; argot militaire.
Comme de coutume au régiment le 14 juillet on nous a fait faire ripaille. Les grands chefs avaient ordonné à nos sacrés capitaines de bien nourrir leurs hommes.
Ah ! ils nous ont bien nourris !
Un de ces gradés n’a rien trouvé de mieux que de nous faire bouffer du singe.
Tu dois penser que ça ne doit pas être fameusement ragoûtant. Il s’en faut ! C’est de la bidoche qui a au moins cinq ans de magasin et qui, peut-être, est en conserves depuis six ou huit ans…, sinon plus !
(Le Père Peinard)
anon., 1907 : Patron.
Tambouille
Delvau, 1866 : s. f. Ragoût, fricot, — dans l’argot des faubouriens. Faire sa tambouille. Faire sa cuisine.
Rigaud, 1881 : Ragoût de ménage ; cuisine sans prétention.
Fustier, 1889 : Delvau donne à ce mot le sens de ragoût, de fricot, ce qui est exact ; tambouille s’emploie aussi chez les soldats d’Afrique qui appellent ainsi leur gamelle.
La Rue, 1894 : Ragoût, fricot. La gamelle.
Virmaître, 1894 : Ragoût, fricot. Faire la tambouille, faire sa cuisine. A. D. Tambouille : battre.
— Je vais te foutre une tambouille que le tonnerre de Dieu en prendra les armes (Argot du peuple). N.
Hayard, 1907 : Soupe, ragoût, portion.
France, 1907 : Cuisine, ragoût. Faire la tambouille, cuisiner.
De mon temps, quand j’étais mousse (je ne sais si ça se fait encore), si en faisant la tambouille, le pauvre loupiot avait laissé brûler les fayots, ne les avait pas fait cuire assez, ou les avait trop salés, c’était la mode de lui faire bouffer la ration de tout le monde. On gavait le petit malheureux jusqu’à ce que ça lui sorte de la bouche, ou qu’il soit aux trois quarts étouffé.
(Berdindin, gabier de poulaine. — La Sociale)
Temps que l’on se mouchait sur la manche (du)
France, 1907 : Autrefois, aux temps lointains. Ce dicton, indice de la malpropreté de nos ancêtres, est encore une actualité, car combien d’enfants s’essuient le nez sur leur manche ! C’est même pour obvier à cette peu ragoûtante façon qu’est venue la mode de poser trois boutons sur la manche des soldats, usage conservé jusqu’à nos jours. On disait aussi dans le même sens : Du temps que les bêtes parlaient.
Tétins
France, 1907 : Seins naissants, seins de jeune fille.
Mais ce vieux, friand de cuissages,
Le Temps, pareil aux roquentins
Qu’excite le plat des corsages
Sur le rien des petits tétins,
Trouve des ragoûts libertins,
Peut-être, à voir, à peine nées,
Avec des mollets de trottins
Courir les nouvelles années.
(Catulle Mendès)
Tire-jus
d’Hautel, 1808 : Mot burlesque et trivial, qui signifie mouchoir à moucher.
Larchey, 1865 : Mouchoir. — Mot imagé. Usité dès 1808.
Delvau, 1866 : s. m. Mouchoir de poche, — dans l’argot des faubouriens. On dit aussi Tire-mœlle.
Rigaud, 1881 : Mouchoir, — Tire-juter, se moucher.
Merlin, 1888 : Mouchoir, — de l’argot parisien.
La Rue, 1894 : Mouchoir.
Virmaître, 1894 : Mouchoir. Le mot n’est pas ragoûtant, mais il exprime bien le fait de tirer le jus des narines (Argot du peuple).
Rossignol, 1901 / Hayard, 1907 : Mouchoir.
France, 1907 : Mouchoir de poche.
Sur la réputation qu’il avait de se moucher dans ses doigts, comme tous les républicains avancés, il reçut, une fois, la visites de quatre Chinois et de trois Japonais qui venaient l’interviewer sur l’usage bizarre du mouchoir. Il se contenta, pour toute réponse, d’ouvrir son armoire à glace et de leur montrer les douze piles de tire-jus qui y pyramidaient dans le benjoin, le thym et la verveine. Les Orientaux, en dégringolant l’escalier, se disaient : « Nous nous sommes trompés d’étage ! »
(Émile Bergerat)
On dit aussi tire-moelle, tire-molard.
anon., 1907 : Mouchoir de poche.
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