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Coqueur

Vidocq, 1837 : Celui qui donne des affaires à la police.

Clémens, 1840 : Mouchard non salarié.

M.D., 1844 : Celui qui, quoique voleur, en fait arrêter d’autres.

un détenu, 1846 : Révélateur.

Larchey, 1865 : « Le coqueur vient dénoncer les projets de vol à la police de sûreté. Le coqueur est libre ou détenu. Ce dernier est coqueur mouton ou musicien. Le mouton est en prison et capte ses codétenus. Le musicien ne révèle que ses complices. — Ce métier de dénonciateur s’appelle coquage. La musique est une réunion de coqueurs (musiciens). » — Canler.

Delvau, 1866 : s. m. Dénonciateur.

Rigaud, 1881 : Dénonciateur qui, à chaque dénonciation, touche une prime à la préfecture de police. — Le coqueur qui est compagnon de prison d’un accusé s’appelle mouton ou musicien. Son rôle consiste à capter la confiance des accusés dont la justice attend des révélations. Les variantes sont : Coq et coquin.

La Rue, 1894 : Dénonciateur. On dit aussi mouton. Coquage, dénonciation.

France, 1907 : Dénonciateur, individu vendu à la police. Il peut être en liberté ou en prison ; dans ce dernier cas, où l’appelle mouton ou musicien.

Le coqueur, ou compère de voleur, est un être méprisable, mais utile à la police pour prévenir le crime ou saisir les malfaiteurs en flagrant délit. Il se recruté habituellement : 1o parmi les repris de justice auxquels la réclusion a donné à réfléchir ; 2o dans les vagabonds ou gens sans aveu, chez qui la paresse, régnant en souveraine, rejette bien loin toute idée de travail, et surtout le labeur assidu du véritable ouvrier ; 3o parmi les êtres ignobles qui, dépouillant toute dignité personnelle, vivent aux dépens de la prostitution des filles publiques ; 4o parmi les bohémiens qui, sur les places et aux barrières, exercent le métier de banquistes et de saltimbanques.

(Mémoires de Canler)

Fouilleuse

Fustier, 1889 : Argot de police. Femme chargée de fouiller dans les prisons soit les détenues soit les visiteuses qui les viennent voir.

Le soir, la Fouilleuse du Dépôt explore les poches et les vêtements de la femme…

(Gazette des Tribunaux, 1875.)

France, 1907 : Femme employée dans les grands magasins pour fouiller les femmes soupçonnées de vol.

Voulez-vous connaitre toutes ces femmes du monde portant des noms honorables qu’un soupçon n’a jamais effleurées, qui ont été cependant déshabillées dans les pièces où se trouvent les fouilleuses du Grand Bazar ? Elles sont enregistrées ici, comme ailleurs, sur le répertoire des voleuses, parmi les domestiques, les filles galantes et les pickpockettes.

(G. Macé, Un Joli Monde)

Religieuse chargée, au Dépôt, de fouiller les nouvelles arrivées.

Voici le Dépôt. Tout le monde attend pêle-mêle. Enfin arrive la fouilleuse. Les sœurs aux voiles blanc, bleu, noir, dirigées par la sœurs assistante, prennent les tickets qui sont marqués d’un trait au crayon bleu, si la fille est soumise, et d’un crayon rouge, si la fille est insoumise.

(Hogier-Grison, La Police)

Enfin on appelle aussi fouilleuse la salle où l’on fouille les prévenus.

Il lui fallait défiler à la permanence sous les yeux fouilleurs et devant les mines rébarbatives d’inspecteurs de police, en costumes civils, dévisageant les arrivants et cherchant à reconnaître les ordinaires habitués des lieux de détention.
Conduit ensuite dans une vaste salle, il passa devant le guichet où veille le brigadier, fut conduit à la fouilleuse, où on le débarrassa de son argent et de ses bijoux, puis, après qu’on lui eut fait relever les manches de son veston et de sa chemise afin de vérifier si ses bras ne portaient pas de tatouages révélateurs, il dut donner ses nom, prénoms au greffe et se trouva immatriculé.

(Edmond Lepelletier)

Frimousser

Vidocq, 1837 : v. a. — Tricher au jeu, préparer les

Larchey, 1865 : Tricher (Vidocq). — Mot à mot : faire des signes de tête révélateurs. — Frimousseur : Tricheur.

Delvau, 1866 : v. n. Tricher au jeu en se donnant les figures à chaque coup, — dans l’argot des voleurs.

Mangeur

d’Hautel, 1808 : Mangeur de choux. Lapin nourri avec des choux, et dont la chair est bien inférieure à celle du lapin de garenne.
Mangeur de blanc Homme sans délicatesse, sans honneur, et de mauvaise vie, qui se laisse entretenir par les femmes.
Mangeur de soupe apprêtée. Paresseux, fainéant, oisif, qui veut prendre part aux bénéfices d’une affaire, sans s’y être donné le moindre mal.
Mangeur de chrétien. Procureur, avocat, huissier ; en un mot, tout ce qui tient à la chicane.
Mangeur de charrettes ferrées ; mangeur de petits enfans. Mauvais sujet, sans bravoure ; mauvaise tête ; fanfaron.
Mangeur de pommes. Nom que l’on donne par ironie aux Normands.

M.D., 1844 : Celui qui, faisant partie d’une bande, dénonce les autres.

Larchey, 1865 : Dissipateur. — Mangeur de galette : Fonctionnaire vénal (Vidocq). — Mangeur de blanc : Homme se faisant entretenir par une femme. V. d’Hautel. — Mangeur de blanche serait plus juste. — Mangeur de bon Dieu, de messes : Dévôt.

Quittez vos tanières, antiques comtesses, mangeuses de mes ses.

(Départ de la Cour, Ch., 1830)

Delvau, 1866 : s. m. Dissipateur, viveur, — dans l’argot du peuple.

Fustier, 1889 : Dénonciateur, espion. Argot des prisons.

Ce sont les révélateurs qu’on appelle les mangeurs, la musique.

(J. Vallès)

Nez tourné à la friandise

Delvau, 1866 : s. m. Nez retroussé, révélateur d’une complexion amoureuse, — dans l’argot des bourgeois qui préfèrent Roxelane à la Vénus de Médicis.

France, 1907 : Nez retroussé. Cette sorte de nez révèle, suivant les physionomistes, une complexion amoureuse. « La belle Roxelane avait le nez tourné à la friandise. »


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique