d’Hautel, 1808 : Sorte de résine dont se servent les joueurs d’instrumens pour graisser leur archet, et non colaphane, comme beaucoup le disent continuellement.
Colophane
Emplâtre
d’Hautel, 1808 : Où il n’y a point de mal, il ne faut point d’emplâtre. Signifie que quand on se porte bien, il est inutile de prendre des médicamens.
C’est un vrai emplâtre ; un pauvre emplâtre. Se dit d’une personne sans vigueur, sans capacité, d’un homme valétudinaire et rempli d’infirmités. Le peuple fait ce mot féminin, et dit une emplâtre.
Vidocq, 1837 : s. f. — Empreinte.
Larchey, 1865 : Empreinte (Vidocq). Allusion à la couche de cire molle sur laquelle est prise l’empreinte.
Delvau, 1866 : s. m. Empreinte, — dans l’argot des voleurs, qui se garderaient bien d’en prendre avec du plâtre (comme l’insinue M. Francisque Michel) et qui se servent au contraire de substances molles, ou se malaxant entre les doigts, collant enfin (ένπλάσσω) comme la cire, la gomme-résine, etc.
Delvau, 1866 : s. m. Homme sans énergie, pusillanime, qui reste collé en place, sans pouvoir se décider à bouger. Argot du peuple.
Rigaud, 1881 : Empreinte à la cire.
Rigaud, 1881 : Portée de cartes dont se servent les tricheurs. Faire un emplâtre ou placard, placer une série de cartes dans un ordre déterminé. Les grecs cachent l’emplâtre dans une tabatière à double fond, sous l’aisselle. Au lansquenet et au baccarat, choisissant le moment propice, le tricheur place adroitement l’emplâtre sur le paquet de cartes qu’il tient ostensiblement à la main. Il faut se méfier d’un individu qui tire de sa poche soit son mouchoir, soit sa tabatière ou tout autre objet en gardant les cartes à la main. Il faut surveiller également celui qui, ayant posé les cartes sur le tapis, les couvre un instant avec une tabatière. Il y a cent à parier contre un que la tabatière est à double fond. Le double fond recèle un emplâtre que la pression du doigt fera descendre sur le paquet de cartes.
La Rue, 1894 : Empreinte (d’une clé, d’une serrure) à la cire. Portée de cartes à l’usage des grecs.
France, 1907 : Cravate longue.
France, 1907 : Empreinte à la cire d’une serrure ; argot des voleurs.
France, 1907 : Paquet de cartes préparé pour tricher au jeu ; argot des grecs. Plaquer une emplâtre, poser une portée.
Avant de plaquer ton emplâtre,
Tâche au moins qu’elle soit chenâtre.
(Hogier-Grison)
France, 1907 : Propre à rien ; homme sans énergie et mou comme un emplâtre.
— Eh ! dites donc, là-bas, crie le sous-officier au conscrit, votre cheval est donc malade ?
— Je ne sais pas, maréchal des logis.
— Comment, vous ne savez pas… il a pourtant un rude emplâtre sur le dos.
(Facéties de Caserne)
Galipot
Delvau, 1866 : s. m. Stercus humain, — dans l’argot des ouvriers qui ont servi dans l’infanterie de marine. À proprement parler le Galipot est un mastic composé de résine et de matières grasses.
France, 1907 : En terme de marine, le galipot est un mastic composé de résine et de graisse dont on se sert pour enduire les vergues, d’où ce nom donné aux excréments.
— Eh ! dis donc, toi, tu fais bien le fier ! Il ne ferait pas bon poser un galipot sur tes godillots sans être muni d’une trique solide.
(Les Gaietés du régiment)
Mufle
Rigaud, 1881 : Mal élevé, grossier personnage. Le peuple prononce mufe.
France, 1907 : Gymnastique. Poudre de mufle, résine ; argot de l’École navale.
France, 1907 : Homme mal élevé, grossier et hôte, digne d’avoir un mufle au lieu de figure.
Le dimanche, c’est le jour de sortie des mufles. On ouvre les portes toutes grandes et on les lâche. Ils circulent, ils font ce qu’ils veulent. On ne voit que des gens laids, mal habillés, gauches, qui parlent fort et qui rient bête. Ils ont un nom : les endimanchés. Ils sont en récréation. Les jardins publics, les avenues, les boulevards, les cafés leur appartiennent. Ils envahissent les musées et ils disent devant la Joconde ou la Victoire de Samothrace des choses écœurantes, à taper dessus. Des brutes joviales. Les parents se mettent le doigt dans l’œil et les enfants dans le nez. Qu’est-ce que c’est que ces gens-là ? D’où sortent-ils ? C’est de l’humanité inférieure.
(Henri Lavedan)
On dit et écrit à tort muffe.
Ceux qui tuent journellement, lentement, des travailleurs, par économie sur le matériel ou sur le salaire, le font du moins, il faut en convenir, dans des enceintes ad hoc et privées, loin des beaux quartiers, sans scandale et sans bruit… d’une façon comme il faut. Le sang ne coule que par accident…
Tandis que les explosions indignent, effrayent — tout le monde eût pu y être — et font passer les anarchistes pour des muffes, ce qui nuit toujours à l’avenir d’un parti.
(Séverine, Le Journal)
Pichepin
France, 1907 : Sapin résineux.
Qu’elle soit de vulgaire pichepin ou de bois des îles, bons menuisiers, sachons d’abord raboter notre planche. L’œuvre de l’homme ne vaut que par le tour de main.
(Émile Bergerat)
Trottin
d’Hautel, 1808 : Un petit commissionnaire ; un laquais que l’on n’emploie qu’à faire des courses. On donne aussi ce nom à un mauvais cheval qui ne va que le petit trot.
Larchey, 1865 : Le trottin, toujours choisi parmi les grisettes les plus jeunes et les plus espiègles du magasin, était le véritable petit clerc de tout magasin de modes.
(L. Huart)
Et de trotin toujours crotté, on en fit un petit commis.
(Troisième suite du Parlement burlesque de Pontoise, 1652)
Delvau, 1866 : s. m. Cheval, parce qu’il trotte. Argot des voleurs.
Rigaud, 1881 : Garçon de magasin qui fait les courses ; apprentie modiste qui fait les courses.
Rigaud, 1881 : Pied.
La Rue, 1894 : Pied. Cheval. Apprentie modiste.
Virmaître, 1894 : Apprenti modiste que l’on rencontre arpentant les rues de Paris, portant une petite boîte qui contient un chapeau. C’est le gavroche femelle des ateliers de modistes. Le mot n’est pas nouveau. Scarron dit quelque part : Ensuite il appelle un trottin. (Argot du peuple).
Hayard, 1907 : Jeune ouvrière ou apprentie parisienne.
France, 1907 : Apprentie appelée ainsi parce qu’on l’emploie généralement à faire les courses de l’atelier.
Il y eut, dans la voiture, une odeur de bas anciens et de pieds rarement lavés. Mauve Tapir, dans le cœur une tristesse, se rappela le temps où, avant d’être bouquetière, puis faux trottin de banlieue, elle fut à l’école, chez les Sœurs, où l’on ne se débarbouille que le bout du nez. Elle se souvenait des Sœurs à cause de la Thérésine. Elle aurait pu entrer en religion, elle aussi, si elle avait eu la vocation ou si sa mère avait voulu. Oui, elle aurait pu avoir, elle aussi, cette robe bleue ! Mais, voilà, on ne sait pas, quand on est petite. On va avec des gens qui vous disent d’aller avec eux, et, le lendemain, on se jette de l’eau partout — il faut bien — et, plus tard, on se met de la poudre de riz pour sentir bon. L’honnête odeur des pieds de la nonne lui était comme un encens.
(Catulle Mendès, Gog)
C’est nous l’orgueil des Batignolles,
Nous sommes les petits trottins,
Notre maman par des torgnioles
Nous éveille tous les matins :
On se lève vite, on enfile
Sa robe au grand galop, et zou !
On descend trotter par la ville,
Grignotant un croissant d’un sou.
(L. Xanrof)
Le mot s’employait autrefois pour désigner un commis de magasin, un garçon faisant les courses.
À l’envi cependant en tous lieux on le chante,
Il n’est grands ni petits, fils de bonne maison,
Trottin, qui sur lui n’ait en poche une chanson.
(Nicolas R. de Grandval, Le Vice puni)
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