Delvau, 1864 : Membre viril.
Plusieurs n’aimassent tout autant
Pour chatouiller leur allumelle
Le réservoir d’une pucelle.
(Heures de Payhos)
Allumelle
Delvau, 1864 : Membre viril.
Plusieurs n’aimassent tout autant
Pour chatouiller leur allumelle
Le réservoir d’une pucelle.
(Heures de Payhos)
Cartouchière à portée
Fustier, 1889 : Réservoir de cartes que les grecs placent sous leur gilet et où ils trouvent classées et numérotées toutes les portées possibles.
Chiner
Larchey, 1865 : Aller à la recherche de bons marchés.
Remonenq allait chiner dans la banlieue de Paris.
(Balzac)
Les roulants ou chineurs sont des marchand d’habits ambulants qui, après leur ronde, viennent dégorger leur marchandise portative dans le grand réservoir du Temple.
(Mornand)
Delvau, 1866 : v. n. Brocanter, acheter tout ce qu’il y a d’achetable — et surtout de revendable — à l’hôtel Drouot.
Rigaud, 1881 : Crier dans les rues, — dans le jargon des marchands d’habits ambulants. Quand ils parcourent la ville, au cri de : « habits à vendre ! » ils chinent, ils vont à la chine.
Rigaud, 1881 : Critiquer, se moquer de.
Rigaud, 1881 : Porter un paquet sur le dos ; trimballer de la marchandise, — dans le jargon des marchands ambulants : c’est une abréviation de s’échiner.
Merlin, 1888 : Médire de quelqu’un ; le ridiculiser.
Fustier, 1889 : Travailler. (Richepin) — Plaisanter.
La Rue, 1894 : Crier et vendre dans les rues ; Brocanter. Plaisanter.
Virmaître, 1894 : Blaguer quelqu’un. — Il est tellement chineur que tout le monde passe à la chine (Argot du peuple). N.
Virmaître, 1894 : Courir les rues ou les campagnes pour vendre sa camelotte. Chiner est synonyme de fouiner. Comme superlatif on dit chignoler (Argot du peuple).
Rossignol, 1901 : Blaguer, plaisanter quelqu’un est le chiner ; celui qui chine est aussi un chineur.
Rossignol, 1901 : Le marchand d’habits qui court les rues pour acheter de vieux vêtements, c’est un chineur, il fait la chine. Le marchand ambulant chine sa camelote de porte en porte. Le marchand de chiffons qui court les rues est aussi un chineur. Il y a aussi le chineur à la reconnaissance du mont-de-piété dont le montant du prêt est toujours surchargé et qui cherche à escroquer un passant, Le camelot qui offre sa marchandise aux abords des cafés est chineur. On remarque encore le chineur au balladage qui vend dans une voiture dite balladeuse ; le chineur à la boîterne, avec une boîte.
Hayard, 1907 : Blaguer, courir les rues et la campagne pour vendre ou acheter.
France, 1907 : Faire le chinage.
France, 1907 : Médire, se moquer.
C’est vrai que j’comprends pas grand’chose
À tout c’qu’y dis’nt les orateurs,
Mais j’sais qu’is parl’nt pour la bonn’ cause
Et qu’i’s tap’nt su’ les exploiteurs.
Pourvu qu’on chine l’ministère,
Qu’on engueul’ d’Aumale et Totor
Et qu’on parl’ de fout’ tout par terre !…
J’applaudis d’achar et d’autor.
(Aristide Bruant)
France, 1907 : Travailler avec ardeur ; abréviation de s’échiner.
Delirium tremens
France, 1907 : Folie furieuse ; latinisme.
L’ivresse est héréditaire dans sa famille : sa mère est morte à Sainte-Anne, à la suite d’un delirium tremens ; son père, après une tentative de suicide, a fini ses jours récemment à l’hôpital ; elle-même est maintenant près de sa fin ; l’alcool accomplit son œuvre néfaste ; bientôt la mort aura raison de ce corps saturé.
(G. Macé, Un Joli monde)
Trouver un rapport quelconque entre la très sublime et très sainte idée du socialisme et ces cas de delirium tremens pour lesquels Chartenton tresse ses camisoles de force et capte tes eaux courantes, ô fleuve séquanien, en ses réservoirs à douches, c’est mériter soi-même ces douches et ces camisoles, car, pas plus que les autres philosophies, le socialisme n’est responsable des idiots ou des canailles qui, au nom de n’importe quelle théorie de progrès ou de réaction, incendient les temples de Delphes ou les bibliothèques d’Alexandrie.
(Émile Bergerat)
Éclaireurs
Rigaud, 1881 : Seins fiers comme Artaban qui font saillie sur le corsage, — dans le jargon des voyous. En v’là une paire d’éclaireurs solides au poste.
France, 1907 : Larges et débordantes mamelles, ce que Mercier dans son tableau de Paris appelle les réservoirs de la maternité.
Épuiser ses munitions
Delvau, 1864 : Baiser avec excès, dépenser tout son sperme au profit d’une seule femme, et n’en plus avoir pour les autres.
Pourquoi commettre cette imprudence de contenter ma femme, quand Urinette m’attendait ?… Cela s’appelle épuiser ses munitions.
(Lemercier de Neuville)
Delvau, 1864 : Lui vider ses réservoirs à sperme par des branlages répétés, ou par des suçages réitérés, ou par des coups trop fréquemment tirés avec lui.
Elle épuise elle tue, et n’en est que plus belle.
(Alfred de Musset)
Mais on sait
Qu’en secret
Elle épuisait un nerveux récollet.
(Collé)
Flacons
Delvau, 1866 : s. m. pl. Souliers, — dans l’argot des faubouriens, qui en font des réservoirs à essences.
France, 1907 : Souliers, à cause des odeurs qu’ils recèlent.
Moutardier
d’Hautel, 1808 : Il se croit le premier moutardier du pape. Se dit d’un homme qui marque du dédain, de la fierté et de la hauteur envers ses semblables.
Delvau, 1866 : s. m. Goldfinder. On dit aussi Parfumeur.
Delvau, 1866 : s. m. Le podex. On disait autrefois Baril à la moutarde, et Réservoir à moutarde.
Rigaud, 1881 : Derrière.
France, 1907 : Le derrière, maitre Luc.
— En face ! Je n’ai pas besoin de renifler ton moutardier.
(Émile Zola)
Réservoir
Rigaud, 1881 : Réserviste, — dans le jargon des troupiers.
France, 1907 : Réserviste.
Les réservoirs de la haute trichent volontiers sur l’ordonnance quand ils vont faire leurs vingt-huit jours, histoire de conserver un peu de galbe et pschuttisme.
(Le Père Peinard)
Tétonnière
Delvau, 1864 : Femme amplement pourvue de mamelles.
Dans le cabaret où ils soupaient servait une grosse tétonnière d’Andalousie.
(Pigault-Lebrun)
Rigaud, 1881 : Femme aux puissantes mamelles. Femme digne de jouer les Junons à la ville, au théâtre et aux champs.
France, 1907 : Femme ou fille bien pourvue en réservoirs de la maternité.
Les femmes du Directoire n’avaient, d’ailleurs, rien des délicatesses et des grâces alanguies qui constituèrent par la suite ce qu’on nomma la distinction. Presque toutes furent des luronnes, masculinisées, fortes sur le propos, à la carnation empourprée, à l’embonpoint débordant, des tétonnières à gros appétit, à gourmandise gloutonne, dominées par leurs sens, bien qu’elles affectassent des pâmoisons soudaines où des migraines qu’elles ignoraient.
(Octave Uzanne, La Française du siècle)
Un jour, Marie-Antoinette se plaignait d’être plus grosse qu’une femme ne doit l’être dans son état.
— C’est que vous êtes naturellement ventrue, Madame, dit le docteur Vermont. Une autre fois, la reine se plaignait de sa gorge volumineuse.
— C’est que vous êtes naturellement tétonnière, fit Vermont.
Ces mots, répétés, faisaient beaucoup rire ces dames.
(Jean Bernard)
Vingt-huit jours
Fustier, 1889 : Soldat faisant la période d’exercice exigée de ceux qui font partie de la réserve de l’armée active, parce que cette période dure vingt-huit jours. On dit aussi réservoir.
France, 1907 : Soldat de réserve appelé ainsi à cause de la période de 28 jours à laquelle il est obligé. Il fera, nous n’en doutons pas, un fort bel effet en campagne, mais il en fait un très vilain en garnison. « Octobre et novembre, dit Auguste Germain, sont deux mois pendant lesquels s’agite le dieu des batailles. En octobre, on voit des gentlemen qui, vêtus de capotes trop petites, coiffés de képis trop larges, déambulent par les rues, avec une allure non dénuée d’un laisser-aller qui rappelle celui des gardes nationaux d’antan ; ce sont les vingt-huit jours. »
Chassé par les sous-officiers, le troupeau de vingt-huit jours remonta la cour du quartier ruisselante de soleil et se vint adosser aux murs des écuries en lignée interminable et bariolée : méli-mélo de toutes les castes et de toutes les armes, salade de jaquettes crasseuses et de blouses pâlies au lavage, faisant ressortir l’azur délicat d’un dolman, l’éclat d’une haute ceinture de spahi égarée là-dedans, sans que l’on sût pourquoi. Ces gens se poussaient du coude, ricanaient, — d’un rire niais de pauvres diables qui font contre fortune bon cœur et affectent de se trouver drôles, — tandis qu’aux fenêtres de la caserne, des centaines d’autres figures riaient aussi, des têtes que coiffaient la tache brune d’un képi ou le gris souris bordé bleu du léger calot d’intérieur.
(Georges Courteline)
Un vingt-huit jours se plaint d’avoir beaucoup trimé, dans la section où il était.
— Qu’est-ce à dire ! gronde le sergent. Peut-être que vous eussiez subséquemment préféré servir dans une autre compagnie ?
— Fectivement, sergent… Comme chasseur, j’aurais préféré une compagnie de perdreaux.
Vit
Delvau, 1864 : « La partie qui fait les empereurs et les rois, la garce et le cocu, » dit le vertueux Pierre Richelet. En voici la description, d’après l’auteur du Noviciat d’amour :
Ce tube est le chef-d’œuvre de l’architecture divine qui l’a formé d’un corps spongieux, élastique, traversé dans tous les sens par une ramification de muscles et de vaisseaux spermatiques. Il est, à son extrémité supérieure, surmonté d’une tête rubiconde, sans yeux, sans nez, n’ayant qu’une petite ouverture et deux petites lèvres, couvert d’un prépuce, retenu par un frein délicat qui ne gêne point le mouvement d’action et de rétroaction : au bas de cet instrument précieux sont deux boules ou bloc arrondis, qui sont les réservoirs de la liqueur reproductive, qu’aspire et pompe votre partie dans le mouvement et le frottement du coït, id est, de la conjonction ; ces deux boules enveloppent deux testicules, d’où elles ont pris leur nom, et sont soutenues par le ralphé ; on les nomme plus généralement couilles et couillons…
(Mercier De Compiègne)
On dit de quelqu’un qui rougit de chaleur, de honte, de colère, ou pour toute autre cause : il est rouge comme un vit de noce.
(Dicton populaire)
L’académicien dit : Mon vit.
(L. Protat)
Ah ! je n’y tiens plus ! le cul me démange…,
Qu’on m’aille chercher l’Auvergnat du coin…
Car je veux sentir le vit de cet ange
Enfoncer mon con — comme avec un coin.
(Parnasse satyrique)
Si je quitte le rang de duchesse de Chaulne
Et le siège pompeux qu’on accorde à ce nom,
C’est que Gino a le vit long d’une aune,
Et qu’à mon cul je préfère mon con.
(Collé)
De Madeleine ici gisent les os,
Qui fut des vits si friande en sa vie,
Qu’après sa mort tout bon faiseur supplie
Pour l’asperger lui pisser sur le dos.
(B. Desperriers)
Quand votre vit, à jamais désossé,
Comme un chiffon pendra triste et plissé.
(Chanson d’étudiants)
France, 1907 : Membre viril, du latin vitum, dérivé de vita, vie. C’est en effet, suivant l’expression de Boccace, le bâton avec lequel on plante les hommes et qui perpétue la vie et les espèces. Le mot est aussi vieux que notre langue et nos pères, qui, n’étant pas englués de notre fausse et ridicule pudeur, n’hésitaient pas à le prononcer ni à l’écrire.
Ton vieux couteau, Pierre Martel, rouillé
Semble ton vit jà retrait et mouillé ;
Et le fourreau tant laid où tu l’engaînes,
C’est que toujours as aimé vieilles gaines.
Quant à la corde à quoi il est lié,
C’est qu’attaché seras et marié.
Au manche aussi de corne connoît-on
Que tu seras cornu comme un mouton.
Voilà le sens, voilà la prophétie
De ton couteau, dont je te remercie.
(Clément Marot)
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