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Baiser Lamourette

France, 1907 : Réconciliation de peu de durée.

Un baiser historique célèbre et dont le souvenir fait sourire à tort, c’est le baiser Lamourette.
L’Assemblée législative de 1792 était divisée. Des députés, les uns voulaient la paix, les autres la guerre. Un parti soutenait la constitution monarchique, un autre parti essayait de la renverser pour rétablir la République.
Cependant les armées ennemies allaient passer la frontière, entrer en France.
Devant ce cri : « La patrie est en danger ! » Les discordes civiles devraient-elles continuer à troubler les discussions de l’Assemblée ? Une pensée commune ne devrait-elle pas réunir tous les citoyens ?
Un brave homme, l’abbé Lamourette, monta à la tribune et fit un appel à la conciliation.
— Jurons de n’avoir qu’un seul esprit, qu’un seul sentiment ! Jurons-nous fraternité éternelle ! Que l’ennemi sache que ce que nous voulons, nous le voulons tous, et la patrie est sauvée !
À ces mots, un souffle d’enthousiasme passa sur l’Assemblée. Les députés des opinions les plus opposées se jetèrent dans les bras les uns des autres. Il n’y eut plus ni droite ni gauche, mais des hommes confondus, échangeant un baiser fraternel. Ce ne fut qu’une trêve dans la guerre implacable entre l’ancien régime et le nouveau ; et pourtant le baiser Lamourette s’impose à l’histoire par sa grandeur, car il représente, dans la Révolution, la tolérance philosophique : des hommes épris du bien, combattant pour le triomphe de leurs idées sans cesser de s’aimer, oubliant, à un moment donné, leurs querelles dans l’élan d’un sentiment de justice et d’amour.

Libertaire

France, 1907 : Personne qui aime la liberté complète sans distinction d’opinion.

Barsac alla siéger à l’extrême gauche de la Chambre, mais il signifia clairement qu’il n’était ni radical, ni socialiste. Il se nomma : un libertaire. Il entendait par là que, seule, la liberté de chaque individu lui serait chère. Radical il n’était : parce que ce mot ne signifiait rien ; socialiste non plus, parce que le socialisme est un dogme, et que, comme tout dogme, il est faux, n’a rien de réel, parce qu’il serait fatal pour un grand nombre en remplaçant l’autoritarisme ancien par une domination inférieure, parce que c’est une force essayant de se constituer pour asservir l’individu.

(Félicien Champsaur, Le Mandarin)

Socialistes et libertaires nous prophétisent un monde enfin libre et fraternel dans la paix et dans l’harmonie ; mais tous ces précurseurs sont, en général, de terribles individualistes, fort impatients de jouir, de satisfaire leur fameux « moi », et m’ont tout l’air de n’avoir aucune confiance dans le retour de l’âge d’or et dans la réconciliation des loups et des agneaux.
Quelques-uns sont de bonne foi, je le veux bien : mais alors ils étonnent par leur optimisme enfantin. C’est des progrès de la science, c’est de l’instruction intégrale qu’ils attendent l’avènement d’une société meilleure, persuadés qu’ils sont que les machines supprimeront le travail et qu’on peut moraliser les hommes avec des manuels. Et tant de naïveté, n’est-ce pas ? fait de la peine.

(François Coppée)

Querelle d’amants

France, 1907 : Querelle de peu de durée, brouille qui sera bientôt suivie de réconciliation. On dit généralement : Querelle d’amants, renouvellement d’amour.

Les querelles des amants sont comme les orages d’été qui ne font que rendre la campagne plus belle et plus verte.

(Pierre Darblay, Physiologie de l’amour)

Une querelle. Pourquoi ?
Mon Dieu ! Parce qu’on s’adore.
À peine s’est-on dit toi,
Que vous se hâte d’éclore.

(V. Hugo, Chansons des rues et des bois)

Rabibochage

Delvau, 1866 : s. m. Boni, dédommagement, consolation, — dans l’argot des enfants, qui font entre eux ce que M. Bénazet fait pour les décavés de Bade : à celui qui a perdu toutes ses billes à la Moquette ils en rendent une douzaine pour qu’il puisse en aller gagner d’autres — à d’autres.

Rigaud, 1881 : Réconciliation, — dans le jargon des enfants.

France, 1907 : Raccommodement, réconciliation de peu de durée.

Ramamichage

Rigaud, 1881 : Réconciliation entre enfants. — Ramamicher, favoriser une réconciliation. Se ramamicher, se réconcilier.

Ramamichage, ramichage

France, 1907 : Réconciliation ; argot populaire.

Ramichage

d’Hautel, 1808 : Ce que l’on donne pour ramicher.

France, 1907 : Réconciliation. Voir Ramamichage.

Rapapillotage, rapapiotage

France, 1907 : Réconciliation.

Souvent elles aimeront moins l’amant que l’amour, et, sachant par expérience que les rapapillotages ne valent pas mieux qu’un dîner réchauffé, elles se garderont bien, si elles sont lâchées par le second amant, de retourner au premier amant ; elles on prendront un troisième tout neuf, quitte à… passer la main à un quatrième, si le troisième ne fait pas l’affaire. C’est surtout pour la Parisienne qu’il est juste de dire que, s’il y a des femmes n’ayant pas d’amant, il n’y en a pas qui n’en ait eu qu’un.

(Colombine, Gil Blas)

Rapapiotage

Rigaud, 1881 : Réconciliation. — Rapapioter, réconcilier. Rapapioteur, rapapioteuse, celui, celle, par l’entremise de qui s’est faite une réconciliation.

Rapatriage

d’Hautel, 1808 : Réconciliation, oubli mutuel des erreurs et des torts.

Rebectage

Rigaud, 1881 : Cour de Cassation. C’est pour le voleur une médecine qui peut atténuer l’effet du jugement.

La Rue, 1894 : Médecine. Recours en cassation. Accord, coïncidence.

France, 1907 : Médicament.

France, 1907 : Réconciliation.

France, 1907 : Recours en cassation. Cavaler au rebectage. se pourvoir en cassation. Carré de rebectage, cour de cassation. Argot des escarpes.

Rebonnetage

Vidocq, 1837 : s. f. — Adulation, flatterie.

Delvau, 1866 : s. f. Réconciliation, — dans l’argot des faubouriens.

Rigaud, 1881 : Réconciliation.

La Rue, 1894 : Réconciliation. Flatterie.

France, 1907 : Réconciliation, flatterie ; argot populaire.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique