Delvau, 1866 : adj. Ennuyeux, importun, bavard.
Rossignol, 1901 : Ennuyant.
Si Pierre vient, dis-lui que je n’y suis pas, il est bassinant comme un boisseau de puces.
Bassinant
Delvau, 1866 : adj. Ennuyeux, importun, bavard.
Rossignol, 1901 : Ennuyant.
Si Pierre vient, dis-lui que je n’y suis pas, il est bassinant comme un boisseau de puces.
Boîte à puces
Rigaud, 1881 : Lit, — dans le jargon des voyous.
Puis chacun songea à regagner sa boîte à puces.
(La Caricature, 7 fév. 1880)
Caprice
d’Hautel, 1808 : Il a autant de caprices qu’un chien a de puces. Locution burlesque, pour exprimer les nombreuses fantaisies qu’ont les enfans mal élevés.
Delvau, 1864 : Amant ou maîtresse.
Mon dernier caprice m’a cassé trois dents.
(Gavarni)
Larchey, 1865 : Objet d’une vive et subite affection.
Tu es mon caprice, et puisqu’il faut sauter le pas, que du moins j’y trouve du plaisir.
(Rétif, 1776)
Delvau, 1866 : s. m. Amant de cœur, — dans l’argot de Breda-Street, où l’on a l’imagination très capricante. Caprice sérieux. Entreteneur.
Charmer
d’Hautel, 1808 : Charmer les puces. Manière de parler burlesque et bachique, qui signifie chasser l’ennui, la mélancolie en s’enivrant du doux jus de la treille.
Charmer les puces
Delvau, 1866 : v. a. Se mettre en état d’ivresse, — dans l’argot du peuple.
France, 1907 : S’enivrer. L’ivrogne, ne sentant plus la piqure des puces, ou n’ayant pas la force de se gratter, les laisse s’ébattre à leur aise.
Chat
d’Hautel, 1808 : Ce n’est pas lui qui a fait cela ; non, c’est le chat. Locution bouffonne et adversative qui a été long-temps en vogue parmi le peuple de Paris, et dont on se sert encore maintenant pour exprimer qu’une personne est réellement l’auteur d’un ouvrage qu’on ne veut pas lui attribuer ; ou pour affirmer que quelqu’un a commis une faute que l’on s’obstine à mettre sur le compte d’un autre.
Il a autant de caprices qu’un chat a de puces. Se dit d’un enfant fantasque, inconstant et capricieux, comme le sont tous les enfans gâtés et mal élevés.
J’ai bien d’autres chats à fouetter. Pour, j’ai bien d’autres choses à faire que de m’occuper de ce que vous dites.
Il a de la patience comme un chat qui s’étrangle. Se dit par plaisanterie d’une personne vive, impatiente, d’une pétulance extrême, et qui se laisse aller facilement à la colère et à l’emportement.
Il trotte comme un chat maigre. Se dit d’une personne qui marche rapidement et avec légèreté ; qui fait beaucoup de chemin en peu de temps.
Mon chat. Nom d’amitié et de bienveillance que les gens de qualités donnent à leurs protégés, et notamment aux petits enfans.
Il a un chat dans le gosier. Se dit d’un homme de temps qui avale sans cesse sa salive, et qui fait des efforts pour cracher.
Il le guette comme le chat fait la souris. Pour, il épie, il observe soigneusement jusqu’à ses moindres actions.
Acheter chat en poche. Faire une acquisition, sans avoir préalablement examiné l’objet que l’on achette.
Il a emporté le chat. Se dit d’un homme incivil et grossier qui sort d’un lieu sans dire adieu à la société.
Chat échaudé craint l’eau froide. Signifie que quand on a été une fois trompé sur quelque chose, on devient méfiant pour tout ce qui peut y avoir la moindre ressemblance.
Traître comme un chat. Faussaire, hypocrite au dernier degré.
Elles s’aiment comme chiens et chats. Se dit de deux personnes qui ne peuvent s’accorder en semble ; qui se portent réciproquement une haine implacable.
À bon chat bon rat. Pour, à trompeur, trompeur et demi ; bien attaqué, bien éludé.
À mauvais rat faut mauvais chat. Pour, il faut être méchant avec les méchans.
À vieux chat jeune souris. Signifie qu’il faut aux vieillards de jeunes femmes pour les ranimer.
Jeter le chat aux jambes. Accuser, reprocher, rejeter tout le blâme et le mauvais succès d’une affaire sur quelqu’un.
À lanuit, tous chats sont gris. Pour dire que la nuit voile tous les défauts.
Il a joué avec les chats. Se dit de quelqu’un qui a le visage écorché, égratigné.
Il est propre comme une écuelle à chat. Se dit par dérision d’un homme peu soigneux de sa personne, et fort malpropre.
Bailler le chat par les pattes. Exposer une affaire par les points les plus difficiles.
Il entend bien chat, sans qu’on dise minon. Se dit d’un homme rusé et subtil, qui entend le demi-mot.
Il a payé en chats et en rats. Se dit d’un mauvais payeur ; d’un homme qui s’acquitte ric à ric, et en mauvais effets.
Une voix de chats. Voix sans étendue, grêle et délicate.
Une musique de chat. Concert exécuté par des voix aigres et discordantes.
Elle a laissé aller le chat au fromage. Se dit d’une fille qui s’est laissé séduire, et qui porte les marques de son déshonneur.
Bras-de-Fer, 1829 : Geôlier.
Vidocq, 1837 : s. m. — Concierge de prison.
Larchey, 1865 : Guichetier (Vidocq). — Allusion au guichet, véritable chatière derrière laquelle les prisonniers voient briller ses yeux.
Larchey, 1865 : Nom d’amitié.
Les petits noms les plus fréquemment employés par les femmes sont mon chien ou mon chat.
(Ces Dames, 1860)
Delvau, 1866 : s. m. Enrouement subit qui empêche les chanteurs de bien chanter, et même leur fait faire des couacs.
Delvau, 1866 : s. m. Geôlier, — dans le même argot [des voleurs]. Chat fourré. Juge ; greffier.
Delvau, 1866 : s. m. Lapin, — dans l’argot du peuple qui s’obstine à croire que les chats coûtent moins cher que les lapins et que ceux-ci n’entrent que par exception dans la confection des gibelottes.
Rigaud, 1881 : Pudenda mulierum.
Rigaud, 1881 : Couvreur. Comme le chat, il passe la moitié de sa vie sur les toits.
Rigaud, 1881 : Enrouement subit éprouvé par un chanteur.
Rigaud, 1881 : Greffier, employé aux écritures, — dans le jargon du régiment. Et admirez les chassez-croisez du langage argotique : les truands appelaient un chat un greffier et les troupiers appellent un greffier un chat. Tout est dans tout, comme disait Jacotot.
Rigaud, 1881 : Guichetier, — dans l’ancien argot.
La Rue, 1894 : Guichetier. Couvreur. Enrouement subit. Pudenda mulierum.
France, 1907 : Couvreur. Comme les chats, il se tient sur les toits.
France, 1907 : Enrouement. Avoir un chat dans le gosier ou dans la gouttière, être enroué.
France, 1907 : Guichetier d’une geôle.
France, 1907 : Nature de la femme. Au moment où le fameux Jack l’Éventreur terrifiait à Londres le quartier de Whitechapel, le Diable Amoureux du Gil Blas racontait cette lourde plaisanterie :
« — Tond les chiens ! coupe les chats !
Un Anglais se précipite sur le malheureux tondeur en criant :
— Enfin, je te tiens, Jack ! »
Ce quatrain du Diable Boiteux est plus spirituel :
Prix de beauté de Spa, brune, bon caractère !
Au harem aurait fait le bonheur d’un pacha ;
Aime les animaux félins, tigre ou panthère,
Et possède, dit-on, un fort beau petit chat !
Chez lui, revenant après fête,
Un pochard rond comme un portier,
Faible de jambe et lourd de tête,
Cherchait le lit de sa moitié.
Mais il se glissa près de Laure,
La jeune femme du couvreur…
Et ce n’est qu’en voyant l’aurore
Qu’il s’aperçut de son erreur.
— Que va me dire mon épouse ?
Pensa-t-il. Zut ! Pas vu, pas pris !
Elle ne peut être jalouse,
Car la nuit tous les chats sont gris !
(Gil Blas)
Chat, employé pour le sexe de la femme, n’a aucun sens. Le mot primitif est chas, ouverture, fente, dont on a fait châssis. Les Anglais ont le substantif puss, pussy, pour désigner la même chose, mais ils n’ont fait que traduire notre mot chat.
Esbigner dans sa boite à puces (s’)
France, 1907 : Rentrer chez soi.
Esbigner dans sa boîte à puces (s’)
Fustier, 1889 : Rentrer chez soi.
Si c’est comme ça qu’on vous reçoit dans le monde chic, des mâches ! J’aime mieux m’esbigner dans ma boîte à puces.
(Mahalin, La patte de fer)
Fantaisies
d’Hautel, 1808 : Il a autant de fantaisies qu’un chat a de puces. Se dit d’un enfant, d’un homme ou d’une femme sujets à toutes sortes de caprices.
Femme chaude
Delvau, 1864 : Femme ayant les foies chauds, femme qui aime l’homme, et jouit avec lui, quel qu’il soit, goujat ou roi, homme de peine ou de lettres, pourvu qu’il soit bon fouteur. — Femme qui bande et voudrait être baisée. Cela se dit, à propos du sexe auquel nous devons le jour — et la vérole, — comme à propos des chiennes, auxquelles nous devons des puces ; avec cette différence, cependant, — toute en faveur de la race canine, — que les chiennes, une fois qu’elles ne sont plus en chaleur, ne se laissent plus grimper par les mâles, et que les femmes se font baiser en toute saison.
Marchand de puces
Merlin, 1888 : Préposé aux lits militaires. Voilà une dénomination dont nous avons bien souvent reconnu là justesse !
Fustier, 1889 : Argot militaire. Individu qui a dans les régiments la fourniture des lits.
Marchand de puces ou de punaises
France, 1907 : Employé civil préposé à la literie ; argot militaire.
La veille du départ du régiment apparaît un pékin en chapeau à haute forme, flanqué à gauche de l’adjudant de casernement., et à droite d’un fourrier. Le pékin en chapeau à haute forme, c’est le marchand de punaises, le préposé des lits militaires.
(A. Foubert, Le 39e d’artillerie)
Morace
Delvau, 1866 : s. f. Inquiétude, danger, remords, — dans l’argot des voleurs, qui ont cependant très rarement des « puces à la muette ». Battre morace. Crier à l’assassin.
Virmaître, 1894 : Cri.
— Si le pante morace et que les becs de gaz accourent, lingre le pour ne pas être paumé (Argot des voleurs). N.
Oremus, prends tes puces
France, 1907 : Dicton les départements de l’Est signifiant qu’après les prières du soir, il est temps d’aller se coucher, les puces étant les compagnes ordinaires des villageois, d’habitude fort malpropres.
Pagne
Vidocq, 1837 : s. m. — Assistance que les voleurs reçoivent de leurs camarades lorsqu’ils sont prisonniers.
un détenu, 1846 : Assistance, secours que se portent les voleurs entre eux.
Larchey, 1865 : Secours envoyé à un détenu par un ami. (Vidocq).
Delvau, 1866 : s. m. Provisions que le malade ou le prisonnier reçoit du dehors et qu’on lui porte ordinairement dans un panier. Argot des voleurs.
Rigaud, 1881 : Don en argent ou en nature fait à un détenu.
Rigaud, 1881 : Lit, — dans le jargon des voyous.
La Rue, 1894 : Lit. Don fait à un détenu, argent ou provisions.
Virmaître, 1894 : Lit. Allusion au pagne qui entoure la taille des sauvages ; les draps cachent également la nudité de l’homme et de la femme (Argot du peuple). N.
Virmaître, 1894 : Provision.
On n’les but’plus, car c’est un mauvais flanche,
Y en a toujours qui sont paumés marrons,
Mais sans r’niffler, pour eux on fait la manche,
On leur envoie le pagne au violon.
(Argot des voleurs).
Rossignol, 1901 / Hayard, 1907 : Lit.
France, 1907 : Lit. Abréviation de panier ; le pagne à puces. Voir Paillot.
Pendant qu’t’étais à la campagne
En train d’te fair’ cautériser,
Au lieur ed’ rester dans mon pagne,
Moi, j’m’ai mis à dévaliser ;
Mais un jour, dans la rue d’Provence,
J’me suis fait fair’ marron su l’tas,
Et maint’nant j’tir’ de la prévence ME
À Mazas.
(Aristide Bruant, Dans la Rue)
France, 1907 : Provisions ; de l’italien pagnotta, pain.
— J’ai un bon cœur ; tu l’as vu lorsque je lui portais le pagne à la Force.
(Mémoires de Vidocq)
C’est aussi, par extension, un prêt d’argent à un voleur arrêté.
Perroquet à foin
France, 1907 : Âne.
Diable de perroquet à foin,
Mousquetaire de Piquepuces,
Jardin à poux, grenier à puces.
(Vadé)
Petit-Mazas (le)
Rigaud, 1881 : Le passage du Soleil à Clichy-la-Garenne, un des quartiers habités par les chiffonniers, qui se plaisent à donner des noms pittoresques à leurs cités, comme ceux de : La Cité des Vaches, route de la Révolte ; La Fosse-aux-Lions, à Grenelle ; Le Petit-Bicêtre, du côté de la barrière de Fontainebleau ; La Butte-aux-Puces, quartier des Buttes-Chaumont.
Pique-poux
Delvau, 1866 : s. m. Tailleur, — dans l’argot des faubouriens, qui ont voulu faire une allusion au mouvement de l’aiguille sur l’étoffe. On dit aussi Pique-puces et Pique-prunes. Pourquoi ne dit-on pas plutôt Pique-Pouce ?
Pique-puces
France, 1907 : Tailleur. Ce sobriquet est donné en province et spécialement en Normandie, parce que le tailleur pique des points imperceptibles dits points de puces.
Puce
d’Hautel, 1808 : Fort comme une puce. Homme foible et débile, qui ne peut supporter aucune espèce de fatigue, et qui souvent fait le vigoureux, le fanfaron.
Il a autant de caprices qu’un chien a de puces. Voyez Chien.
Secouer les puces à quelqu’un. Le maltraiter, le battre.
Avoir la puce à l’oreille. Être leste, agile, inquiet, et toujours éveillé.
France, 1907 : Injure qu’adressent les théâtreuses à celles de leurs camarades qu’elles n’aiment pas.
— Encore une sale puce ! dirent les petites.
Si le terme de « petits pieds sales » était employé pour désigner ces fillettes, elles, entre elles, n’avaient pas de plus grosse injure que de se traiter de puce, et quand elles disaient « sale puce », c’était l’injure portée à sa suprême puissance.
(Edgar Monteil, La Jambe)
Puces (chercher des)
France, 1907 : Chercher querelle.
Puces (secouer les)
Rigaud, 1881 : Battre. Mot à mot : faire tomber les puces à quelqu’un à grands coups de poing.
France, 1907 : Réprimander, et au besoin battre. Secouer ses puces, sortir du lit.
Puces (trouver des)
Larchey, 1865 : Trouver motif de querelle.
Et pourtant la Giraudeau a trouvé moyen de me trouver des puces.
(La Correctionnelle)
Celui qui cherche querelle saute sur le moindre motif comme celui qui essaie de prendre une puce au bond.
Pucier
Rossignol, 1901 : Lit. On dit aussi poussier.
Hayard, 1907 : Et non poussier. Lit. (Où il y a des puces).
France, 1907 : Lit ; argot populaire. On dit aussi boîte à puces.
Et puis, quoi ! Fifine a trop d’masse
Pour s’coller au pucier. Mais non !
Pendant qu’elle y f’rait la grimace,
Quoi donc que j’bouff’rais, nom de nom ?
(Jean Richepin)
Rat
d’Hautel, 1808 : Pour caprice, fantaisie.
Il a autant de rats qu’un chat a de puces. Se dit d’un homme pétri de caprices et de fantaisies.
On dit d’une arme à feu, qu’Elle a un rat, quand le chien s’est abattu sans faire prendre l’amorce ; on le dit aussi d’une serrure mêlée, que l’on ne peut ouvrir qu’après avoir tourné la clef mainte et mainte fois.
Un nid à rats. Un taudis, un logement étroit, sale et obscur.
Une queue de rat. Se dit par raillerie de la queue d’un homme, ou d’un cheval, petite et peu garnie.
Il n’est pas plus haut qu’un rat. Se dit par mépris d’un homme de très-petite taille, qui se fourre partout, se mêle de toutes les affaires, et fait le fanfaron et le méchant.
Être comme rat en paille. Nager dans l’abondance ; être à bouche que veux-tu.
Prendre des rats par la queue. Filouter, couper des bourses.
Mon rat. Nom flatteur et caressant que l’on donne par amitié à un jeune homme ou à une jeune fille.
Ansiaume, 1821 : Voleur de balle, la nuit.
Le cardeuil l’a mis au mille pour avoir couru le rat.
Larchey, 1865 : « Cette expression s’applique à tout retardataire de l’École polytechnique. Quiconque après son examen de sortie est exclu par son rang des ponts et chaussées est rat de ponts ; le rat de soupe est celui qui arrive trop tard à table. »
(La Bédollière)
Larchey, 1865 : « Le rat est un des éléments de l’Opéra, car il est à la première danseuse ce que le petit clerc est au notaire… — Le rat est produit par les portiers, les pauvres, les acteurs, les danseurs. Il n’y a que la plus grande misère qui puisse conseiller à un enfant de huit ans de livrer ses pieds et ses articulations aux plus durs supplices, de rester sage jusqu’à dix-huit ans uniquement par spéculation et de se flanquer d’une horrible vieille comme vous mettez du fumier autour d’une jolie fleur… — Un rat à onze ans est déjà vieux. Dans deux ans elle peut valoir 60 000 francs, être rien ou tout, un nom célèbre ou une vulgaire courtisane. »
(Roqueplan. 1841)
Larchey, 1865 : « Petits pégriots qui se cachaient à la brune sous un comptoir afin d’ouvrir la nuit la porte du magasin à leurs collègues. Il paraît qu’on ne fermait qu’au pène les boutiques dans ce temps-là. Aujourd’hui le rat qui restera en vedette chez un marchand de vin aurait besoin de ses amis du dehors pour le délivrer. » — A. Monnier.
Larchey, 1865 : Avare, pauvre.
Je vous dénonce mon propriétaire qui est un rat fini.
(Bertall)
Larchey, 1865 : Bougeoir, bougie mince et tortillée dont le brin rappelle la queue du rat.
Je vous demanderai la permission d’allumer mon rat.
(H. Monnier)
Larchey, 1865 : Caprice, fantaisie trottant comme un rat dans la cervelle. V. d’Hautel, 1808.
Delvau, 1866 : s. et adj. Avare ; homme intéressé.
Delvau, 1866 : s. m. Bougie cordelée et repliée de façon à tenir dans la poche. On l’appelle aussi, rat de cave.
Delvau, 1866 : s. m. Caprice, — dans l’argot du peuple, qui dit cela aussi bien à propos des serrures qui ne vont pas que des gens qui font mauvaise mine. Autrefois, Avoir des rats c’était « avoir l’esprit folâtre, bouffon, étourdi, escarbillard, farceur et polisson ».
Delvau, 1866 : s. m. Petit voleur qui entre dans une boutique un peu avant sa fermeture, se cache sous le comptoir en attendant que les maîtres du logis soient couchés, et, lorsqu’il est assuré de l’impunité, ouvre la porte à ses complices du dehors. On dit aussi Raton. Courir le rat. Voler la nuit dans une auberge ou dans un hôtel garni.
Delvau, 1866 : s. m. Petite fille de sept à quatorze ans, élève de la danse qui est à la première danseuse ce que le saute-ruisseau est au notaire, et qui devient bien plus facilement célèbre comme courtisane que comme rivale de Fanny Essler. Le mot date de la Restauration, quoique quelques personnes — mal informées — lui aient donné, comme date, 1842, et comme père, Nestor Roqueplan.
Delvau, 1866 : s. m. Retardataire, — dans l’argot des Polytechniciens. Rat de ponts. Celui qui, après son examen de sortie, est exclu par son rang des Ponts-et-Chaussées. Rat de soupe. Celui qui arrive trop tard au réfectoire.
Rigaud, 1881 : Apprentie danseuse à l’Opéra.
Le vrai rat, en leur langage, est une petite fille de sept à quatorze ans, élève de la danse, qui porte des souliers usés par les autres, des châles déteints, des chapeaux couleur de suie, se chauffe à la fumée des quinquets, a du pain dans ses poches et demande dix sous pour acheter des bonbons.
(N. Roqueplan)
Rigaud, 1881 : Avare. Parce qu’à l’exemple du rongeur de ce nom il rogne tout ce qu’il peut.
Rigaud, 1881 : Retardataire, par apocope, — dans le jargon de l’École Polytechnique. On est rat, lorsqu’on a raté (manqué) l’heure de la rentrée.
La Rue, 1894 : Avare. Petit voleur. Retardataire. Apprentie danseuse à l’Opéra.
France, 1907 : Avare. Être d’un rat, être d’une sordide avarice.
Deux cabotins prennent un bock dans un café du boulevard.
X…, le célèbre chanteur, survient et va s’installer à la table voisine.
— Tu vois, dit l’un des cabotins à son camarade, ce gaillard-là, c’est le fameux X…
— On dit qu’il est d’un rat !
— Précisément..… Et pourtant il a soixante mille francs de rente dans le larynx.
— Et dire qu’on ne peut pas lui faire cracher un sou !
(Zadig)
France, 1907 : Bourse. Elle se cache comme un rat. Prendre des rats par la queue, voler des portemonnaie.
France, 1907 : Petit voleur.
L’apprenti voleur est aussi appelé rat ou raton, quand il sert à éclairer une bande pour s’introduire dans les maisons par les impostes, vasistas ou soupiraux, ou qu’il se cache le jour dans un immeuble, pour en ouvrir, la nuit, la porte à ses complices.
(G. Macé, Un Joli Monde)
Courir le rat, voler la nuit.
France, 1907 : Petite danseuse de ballet ; élève d’un cours de danse qui se destine au théâtre. Le mot date de la Restauration.
Déjà toute jeunette, rat du Théâtre Impérial des Bouffes à l’âge de la première communion, elle s’érigeait, très grande, avec un air de rêche femelle. Bien qu’elle eut nom Caro, on l’appelait le plus souvent la Savate ; les petites camarades disaient : « À cause qu’elle est plate comme une semelle, et qu’on y entre comme on veut. »
(Catulle Mendès, Gog)
Remuer
d’Hautel, 1808 : Il ne remue pas plus qu’une buche. Se dit de quelqu’un qui est lourd, indolent, très paresseux, qui se meut difficilement ; on dit dans le même sens ; il ne remue pas plus qu’une bastille.
Remuer ciel et terre. Faire agir toutes sortes de ressorts, pour faire réussir une affaire.
Il ne faut pas remuer l’ordure. Pour dire qu’il y a des choses dont la décence ne permet pas de parler.
Cousin remué de germain. Pour dire issu.
On lui remuera ses puces. Se dit à un enfant que l’on menace de corriger, de fouetter.
Rossignol, 1901 : Puer.
France, 1907 : Puer ; argot populaire.
Sac à puces
Rigaud, 1881 : Chien. Les puces font élection de domicile sur les chiens.
anon., 1907 : Lit.
Sang (bon)
France, 1907 : Expression employée dans le sens de mauvais, désagréable.
— T’es solide et tout ce qu’il faut. je n’dis point ! Je t’ai fait avec ta mère de mon mieux que j’ai su ! Mais ça n’empêche point que tu vas dans un bon sang de pays où y a pis que des puces !
(Henri Lavedan)
Sauteuses (des)
M.D., 1844 : Des puces.
Secouer
d’Hautel, 1808 : Secouer un malade. Le traiter avec des remèdes violens, qui, la plupart, produisent des effets contraires au bien qu’on vouloit opérer.
Delvau, 1866 : v. a. Gronder quelqu’un, et même le battre, — dans le même argot [du peuple]. On dit aussi Secouer les puces.
La Rue, 1894 : Mettre en arrestation.
France, 1907 : Fouiller ; argot des malfaiteurs.
L’homme s’arrêta an moment d’aller forcer le tiroir.
— Faut d’abord secouer le pantre, songea-t-il… J’ai entendu qu’il parlait de dix mille balles… où a-t-il carré ses dessins bleus ? Ah ! sons lui, sans doute !…
Il se pencha vers le cadavre, déboutonna le gilet à manches et fouilla.
(Edmond Lepelletier, Les Secrets de Paris)
Secouer les puces
Virmaître, 1894 : Stimuler un endormi, le secouer du péché de paresse (Argot du peuple).
France, 1907 : Battre, réprimander.
On bouffait du pain noir et pas à pleines ventrées, et dans la bicoque en torchis, pêle-mêle avec les bêtes, il ventait et il gelait pire que dehors. En guenilles, nu-pattes commune des cabots, la ribambelle des loupiots bramaient le froid et la faim. Devant le curé s’appuyant de bons morceaux tout en prêchant le jeûne, devant le richard insolent on se faisait petits. Mais nom de Dieu, à l’occasion, on savait bien leur secouer les puces.
(Le Père Peinard)
Secouer ses puces
Fustier, 1889 : Danser.
Elle s’était trémoussée dans un ballet de la Porte-Saint-Martin ; maintenant, elle secouait ses puces, comme elle disait élégamment, dans tous les bastringues voisins.
(Gaulois, 1881)
Taf
Ansiaume, 1821 : Crainte.
Je craignais la butte, cette fois j’ai eu le taf.
Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Peur. Avoir le taf, avoir peur.
Bras-de-Fer, 1829 : Peur.
Delvau, 1866 : s. m. Peur, — dans l’argot des voleurs. Avoir le taf. Avoir peur. Coller le taf. Faire peur. On dit aussi Tafferie. Il n’y a pas à douter que ce mot ne vienne d’une expression proverbiale ainsi rapportée par Oudin : « Les fesses luy font taf taf, ou le cul lui fait tif taf, c’est-à-dire : Il a grand peur, il tremble de peur. » On dit aussi Taffetas. Avoir le taffetas du vert. Être frileux, avoir peur du froid.
Virmaître, 1894 : Individu qui a peur de son ombre. Qui a le trac, qui serre les fesses à la moindre alerte (Argot du peuple).
Rossignol, 1901 : Peur.
Je n’ose sortir la nuit, j’ai le taf, je suis tafeur.
Hayard, 1907 : Peur.
France, 1907 : Peur. Abréviation de taffetas, d’après quelques étymologistes, à cause du bruit que fait cette étoffe, sorte de frisson, de froufrou dont serait formé le mot frousse ; mais Francisque Michel croit que taf vient de la locution proverbiale employée en parlant de quelqu’un qui a peur : Les fesses lui font taf taf. Lorédan Larchey, de son côté, fait dériver taf du bas allemand taffeln, s’enfuir. Avoir le taf, avoir peur… Voir Taffetas.
— Que veux-tu, Zénobie ? Chacun a sa misère. Le lièvre a le taf, le chien les puces, le loup la faim… l’homme a la soif… et la femme l’ivrogne !
(Gavarni)
J’ai pensé, pour me tirer d’peines,
À m’fair’ frèr’ des écol’s chrétiennes.
Ah ! ouiche ! Et l’taf des tribunaux ?
Puis, j’suis pas pour les pant’ en robe,
Avoir l’air d’un mâl’, v’là c’que j’gobe,
J’aim’ mieux êt’ dos.
(Jehan Rictus, Les Soliloques du pauvre)
Trouver des puces
Delvau, 1866 : Rencontrer une dispute — et même des coups. Argot du peuple. C’est la conséquence de cette autre expression Chercher des poux à quelqu’un.
France, 1907 : Se quereller ; expression populaire.
Volonté
d’Hautel, 1808 : Il a autant de volontés qu’un chien a de puces. Se dit d’un homme fantasque et capricieux, qui change à tout moment ; en un mot d’une girouette.
Les volontés sont libres. Se dit par raillerie quand quelqu’un refuse de faire ce qu’on lui commande.
La bonne volonté est réputée pout le fait. Quoique cependant la volonté diffère beaucoup du fait.
Argot classique, le livre • Telegram