Rigaud, 1881 : Mépriser quelqu’un profondément, se moquer complètement des observations de quelqu’un. Les variantes sont : Avoir quelqu’un dans le derrière, avoir quelqu’un dans le cul.
Avoir quelqu’un quelque part
Béché
M.D., 1844 : Mépriser quelqu’un.
Bontés
Delvau, 1864 : Coups tirés avec un homme. Expression chaste, sens obscène.
Vous êtes un ingrat : je regrette d’avoir eu des bontés pour vous, et de vous avoir ainsi donné le droit de me mépriser.
(J. Du Boye)
Chier (envoyer)
Rigaud, 1881 : Envoyer au diable.
France, 1907 : Éconduire. Faire chier, obséder, importuner. Chier de petites crottes, vivre chichement. Ne pas chier de grosses crottes, même signification. Chier des carottes, des cordes, être constipé ; chier des châsses, pleurer ; chier dur, travailler ferme ; chier dans la main, manquer de parole, prendre trop de liberté ; chier du poivre, manquer au rendez-vous, s’esquiver au moment où l’on a besoin de vous ; chier sur la besogne, renoncer au travail : chier sur quelqu’un, sur quelque chose, sur l’œil, se moquer, mépriser, abandonner.
Faites du bien à un vilain, il vous chie dans la main.
(Vieux proverbe)
Chier dans la vanette, être sans façons ; chier dans le cassetin aux apostrophes, renoncer au métier d’imprimeur ; chier dans les bottes ou dans le panier de quelqu’un (on dit aussi dans le même sens : chier dans la malle), lui déplaire, lui jouer de mauvais tours. Gueuleton à chier partout, ripaille. Mine à chier dessus, figure antipathique.
Peut-être n’est-il pas inutile de donner ici l’étymolosie de ce verbe ordurier. Je l’ai trouvée tout au long dans un livre de « haulte graisse » : Mémoires de l’Académie des sciences, inscriptions, belles-lettres, etc., nouvellement élablie à Troyes en Champagne, et portant le millésime de MDCCLVI, et la donne telle quelle :
Robert et Henry Étienne, ainsi que tous les Hellenistes ont dérivé le mot chier du grec χέζω. Le Duchat le fait venir du flamand schyten. Tous ces sçavans sont dans l’erreur.
Chier vient du latin cadere. Dans son acception primitive, il ne signifioit autre chose que tomber, être assis…
Ce fut d’abord pour exprimer l’acte naturel d’une manière honnête et détournée, qu’on se servit du mot chier ; mais cette signification ayant rendu le terme ignoble dans son acception primitive, pour l’y réhabiliter on en changea la terminaison, et de chier l’on fit choir.
Voilà ce qui a trompé tous les sçavans. Car voyant à ces deux mots une terminaison et une signification différentes, ils ne se sont pas doutés qu’ils eussent la même origine ou plutôt que ce ne fut qu’un même mot.
À la fin du XVIe siècle, chier s’employait encore d’une manière honnête : « Pleurés donc et chiés bien des yeux, vous en pisserés moins », est-il dit dans le Moyen de parvenir : « Histoire du jeune homme fessé. »
Chouine
France, 1907 : Tabac à priser. Onomatopée. Il fait éternuer ceux qui n’ont pas l’habitude d’en prendre.
Cul (avoir quelqu’un dans le)
Rigaud, 1881 : Être ennuyé par quelqu’un au point de ne plus pouvoir le soulfrir. — Se moquer absolument des observations de quelqu’un. — Mépriser profondément. Les joyeuses commères de la rue Mouffetard accompagnent l’expression d’une forte claque sur les fesses dans la crainte que leurs paroles n’aient pas assez d’éloquence.
Débiner
d’Hautel, 1808 : Décroître, aller en décadence, perdre sa fortune, son emploi, ses ressources, se laisser aller en guenilles.
Il est tout débiné. Pour dire, il a un habit tout déguenillé ; il est dans la pénurie, dans le besoin.
anon., 1827 : Parler contre.
Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Parler contre un confrère, le dénoncer.
Bras-de-Fer, 1829 : Parler contre.
Vidocq, 1837 : v. a. — Médire, calomnier.
M.D., 1844 : Mépriser.
un détenu, 1846 : Parler mal d’autrui.
Larchey, 1865 : Médire.
On le débine, on le nie, on veut le tuer.
(A. Scholl)
Delvau, 1866 : v. a. Médire, — et même calomnier. En wallon, on dit : Dibiner, pour être mal à l’aise, en langueur. Se débiner. S’injurier mutuellement.
Rigaud, 1881 : Dire du mal. — Déprécier. Mot à mot : mettre quelqu’un ou quelque chose dans la débine, l’appauvrir moralement.
Boutmy, 1883 : v. Dénigrer, dire du mal de quelqu’un. N’est pas particulier au langage typographique.
Virmaître, 1894 : Dire du mal de quelqu’un.
— Nous l’avons tellement débiné qu’il n’a pu réussir (Argot du peuple).
Rossignol, 1901 : Dire du mal de quelqu’un c’est le débiner.
Hayard, 1907 : Critiquer, (se), partir.
France, 1907 : Décrier, médire ; le plus grand plaisir des femmes, après celui de tromper leur amant ou leur mari, et la consolation des ratés.
— Je puis, deux heures d’affilée, débiner les camarades au café. Mais, dès que j’essaie de travailler, je sens que je vais mourir, je meurs, je m’éteins.
(Émile Goudeau, Le Journal)
— C’est comme ça, madame ! Par dépit ! Par jalousie ! Et elle nous débine toutes auprès de vous, et vous la croyez, vous la soutenez.
(Albert Cim, Demoiselles à marier)
anon., 1907 : Dire du mal de quelqu’un.
Emmerder
d’Hautel, 1808 : Enduire quelque chose de matière fécale.
S’emmerder ; se laisser emmerder. Figurément et d’une manière ignoble, pour se blouser ; se laisser attraper.
Delvau, 1866 : v. a. Ennuyer, obséder quelqu’un. Les bourgeois disent Emmieller.
Rigaud, 1881 : Ennuyer à l’excès. — Mépriser au dernier point. — Injure que le peuple a sans cesse à la bouche.
France, 1907 : Ennuyer, tracasser, obséder. On l’écrit généralement em…bêter.
Dans une dispute, ce sont toujours les gens constipés qui crient à leur interlocuteur : « Je vous em…bête ! »
(Paul Bonnetain)
— J’emmerde la Cour, je respecte messieurs les jurés.
(Victor Hugo)
Faire fi
France, 1907 : Dédaigner, Dom Carpentier, cité par Charles Nisard, croit que l’expression fi, fi, par laquelle on exprime le dégoût ou le mépris qu’inspire une personne, vient de ficus ou figue. C’est très probable, ajoute l’auteur des Curiosités de l’étymologie française : mais ce qui est certain, c’est que les expressions je m’en fiche, pour je m’en moque, va te faire fiche, en viennent également. Voir Faire la figue.
Le programme des revendications me semble formel ! Plus d’ostracisme ! Étant assujetties au devoir envers les hommes, les dames réclament tous les droits.
Autrefois nous avions l’habitude de récompenser leurs complaisances et leurs gentillesses eu petits cadeaux et en sacrifices de toutes sortes, mais ce n’est plus de cette façon qu’elles l’entendent. Elles dédaigneront les diamants, mépriseront les toilettes et feront fi des chapeaux neufs. Ce qu’elles exigeront à partir du 1er janvier prochain est de devenir sénateurs, receveurs d’enregistrement, payeurs généraux et même plénipotentiaires… près la tribu des Amazones ou chargés d’affaires à Mytilène.
(Louis Davyl)
Fanfe, fonfière
Rigaud, 1881 : Tabatière. — Fanfouiner, priser, fanfouineur, priseur ; fanfouineuse, priseuse.
Fanffe
Larchey, 1865 : Tabatière (Vidocq). — Fanfouiner : Priser. — Onomatopée qui rend assez bien le bruit produit par l’aspiration du tabac dans les narines. Fanfouineur : Priseur.
Fanfouiner
Vidocq, 1837 : v. a. — Priser.
Delvau, 1866 : v. n. Priser, — dans l’argot dos voyous.
France, 1907 : Prendre du tabac.
Figue
d’Hautel, 1808 : Moitié figue, moitié raisin. Signifie ni bien, ni mal ; partie de gré, partie de force.
Faire la figue. Braver, défier, mépriser quelqu’un ; s’en moquer.
Delvau, 1864 : La nature de la femme, qui est de la nature de ce fruit, un peu plissée, un peu mole, — et savoureuse comme lui. — Les Italiens ne jurent que par là : Per la fica ! disent-ils.
De ton figuier mange le fruit,
Et ne va pas durant la nuit
Du voisin grignotter la figue.
(Parny)
France, 1907 : Parties sexuelles de la femme. « Fi ! la vilaine, elle montre sa figue ! » Voir Écuelle.
Marmiteux
d’Hautel, 1808 : Pour, taciturne, triste, piteux de mauvaise humeur, qui est mal dans ses affaires.
Delvau, 1866 : s. et adj. Piteux, ennuyé, malade, — dans l’argot du peuple.
Rigaud, 1881 : Souffrant, pleurnicheur. L’épithète de « marmiteux » a été accolée au nom d’un de nos hommes politiques, ancien ministre, sénateur, académicien, orateur disert, mais larmoyant.
Virmaître, 1894 : Homme qui a sans cesse la larme à l’œil. Corruption par extension du mot miteux (qui a la cire aux yeux) (Argot du peuple). N.
France, 1907 : Pleurnichard, qui cherche à apitoyer sur lui.
La Révolution a livré la France aux hommes d’argent qui, depuis cent ans, la dévorent. Ils y sont maîtres et seigneurs. Le gouvernement apparent, composé de pauvres diables piteux, miteux, marmiteux et calamiteux, est aux gages des fins renards. Depuis cent ans, dans ce pays empanaché, quiconque aime les pauvres est tenu comme traître à la société. Et l’on est un homme dangereux quand on dit qu’il est des misérables.
(Anatole France, Les Lys rouges)
Marmiteux, honteux d’être né,
Rongé d’ennui et de vermine,
Au hasard le gueux mit son nez,
Malgré soucis, pluie et famine.
(André Gill, La Muse à Bibi)
On condamne à mort un malheureux qui érafla les nez d’une demi-douzaine d’honorables ; par la terreur d’un engin opportunément déposé, à 2 heures du matin, au seuil d’un grand magasin, on refrène le mouvement de pitié publique. Donc, on va couper le cou de l’anarchiste Vaillant à l’aube prochaine. Et maintenant, apprenez, maîtres gueux, à respecter les justes du Parlement et à ne pas mépriser les dieux de la République !
(Henry Bauër)
Mépriser
d’Hautel, 1808 : Il ne faut pas mépriser la marchandise. Locution des boutiquiers de Paris, pour dire que quand on ne veut pas de la marchandise qu’ils montrent, il ne faut pas la dépriser.
Miché de carton
Delvau, 1864 : Honnête homme qui achète de l’amour en marchandant, ce qui le fait mépriser des amoureuses.
Les Valaques ont près des femmes une grande réputation de mauvaise foi… Aussi elles les évitent et les ont placés au premier rang des michés de carton.
(Vermorel)
Virmaître, 1894 : Homme à qui une fille demande cinq louis et qui lui offre quarante sous. On dit aussi : miché à la mie de pain (Argot des filles).
On
d’Hautel, 1808 : Se moquer du qu’en dira-t-on. Braver l’opinion publique ; mépriser tout ce que l’on peut dire sur votre conduite.
Pince-loques
Virmaître, 1894 : Aiguille, l’aiguille, en effet, sert à repriser les loques, à les raccommoder. Elle rapproche les trous, elle les pince (Argot des voleurs).
Pisser au cul
Rigaud, 1881 : Mépriser profondément ; faire autant de cas de quelqu’un que d’une pissotière, le traiter comme une pissotière.
Pisser au cul de quelqu’un
Delvau, 1866 : v. a. Le mépriser. — dans l’argot des voyous.
Pisser dessus
Fustier, 1889 : Pisser sur quelqu’un. Le mépriser, n’en pas faire cas.
J’en demande pardon à M. le maire et à mes collègues du conseil : Je les couvre de mon mépris et je leur pisse dessus.
(Moniteur universel, 1883)
Poussier
Vidocq, 1837 : s. m. — Argent monnoyé.
Halbert, 1849 : Poudre ou lit.
Larchey, 1865 : Poussière. — Poussier : Lit. — La poussière n’y manque pas.
Je lui paie son garni de la rue Ménilmontant, un poussier de quinze balles par mois.
(Monselet)
Poussier : Monnaie (Vidocq).
Delvau, 1866 : s. m. Lit d’auberge ou d’hôtel garni de bas étage, — dans l’argot des faubouriens.
Delvau, 1866 : s. m. Monnaie, — dans l’argot des voleurs.
Rigaud, 1881 : Lit, — dans le jargon du peuple ; probablement parce qu’il n’est pas fait souvent.
Rigaud, 1881 : Monnaie de cuivre, — dans le jargon des voleurs.
Merlin, 1888 : Lit militaire, méritant fort bien ce nom : poussière dessus, poussière dedans, en guise de paille. On dit aussi plumard et panier.
La Rue, 1894 : Monnaie de cuivre. Lit. Tabac à priser. Fausse monnaie. Poudre. Pouce, main.
Virmaître, 1894 : Lit malpropre. Poussier, chambre pauvre, en désordre.
— Comment peux-tu vivre dans un pareil poussier ?
Synonyme de taudis (Argot du peuple).
France, 1907 : Argent ; argot des voleurs.
France, 1907 : Lit ; argot populaire.
C’est le terme. Au pavé, les gueux. Bon débarras !…
Empile vivement dans la charrette à bras
Ton poussier disloqué, les deux chaises de paille,
Tes poêlons, tes outils, tes guenilles, canaille !
(André Gill)
Passer sur le poussier le temps entre les appels, les pansages et les manœuvres, filer l’amour profane avec les bonnes d’enfants ou les demoiselles de comptoir, faire les yeux en coulisse à toute femme que l’on suppose de bonne volonté, poursuivre dix lièvres à la fois et revenir bredouille, errer à la recherche du camarade qui doit vous rincer la dalle, avoir sans cesse envie de boire sans être pris de la moindre soif, chercher constamment la femme et être saoul d’amour, tuer les heures du soir à jouer son café dans d’interminables parties de rams et les jours où l’on touche le prêt ou le mandat, fruit des épargnes amassées péniblement par la mère pour procurer quelques douceurs au pauvre enfant, rentrer ivre à la caserne et finir la fête au bloc.
Cette vie, toute douce qu’elle soit, devient fatigante à la longue.
(Hector France, L’Homme qui tue)
Poussier de motte
Delvau, 1866 : s. m. Tabac à priser. On dit aussi simplement Poussier.
anon., 1907 : Tabac à priser.
Poussier de mottes
Rigaud, 1881 : Tabac à priser ; par conformité d’aspect.
Priser
d’Hautel, 1808 : Mettre un prix à quelque chose, en faire cas.
Il prise trop sa marchandise. Se dit d’un présomptueux, d’un orgueilleux, d’un homme qui se fait trop valoir.
d’Hautel, 1808 : Pour dire prendre du tabac en poudre et par prise.
Rapioter
Ansiaume, 1821 : Fouiller.
En me rapiotant, ils ont pésillé le carle, les carroubles, je fus marron.
Vidocq, 1837 : v. a. — Visiter les condamnés en route pour le bagne.
Larchey, 1865 : Rapiécer.
Monsieur, faites donc rapioter les trous de votre habit.
(Mornand)
Delvau, 1866 : v. a. Fouiller, — dans l’argot des voleurs.
Delvau, 1866 : v. a. Rapiécer.
Rigaud, 1881 : Fouiller un condamné, — dans le jargon des voleurs. Autrefois le mot s’appliquait à la visite pratiquée sur les condamnés en partance pour Toulon, Brest et Rochefort. — Le grand rapiot, c’était la visite préliminaire qu’on pratiquait sur les condamnés qui, à leur sortie de Bicêtre, étaient dirigés sur les bagnes.
Rigaud, 1881 : Repriser, rapiécer, raccommoder, — dans le jargon des marchands fripiers et des savetiers.
Virmaître, 1894 : Fouiller dans les poches de quelqu’un. Ce devrait être dépioter puisque l’on le fouille dans l’intention de le dévaliser. Cette expression est néanmoins employée par les voleurs. Les ouvriers tailleurs sont plus logiques. Pour rapiécer (mettre une pièce), ils disent rapioter (Argot des voleurs et des tailleurs).
France, 1907 : Faire main basse sur des objets. Tout rapioter, tout emporter.
France, 1907 : Raccommoder, ravauder, rapiécer.
Rebouiser
d’Hautel, 1808 : Pour dire, regarder quelqu’un depuis la tête jusqu’aux pieds ; l’examiner d’une manière affectée, et dans de mauvais desseins.
Vidocq, 1837 : v. a. — Regarder.
Clémens, 1840 : Regarder. Voir.
Delvau, 1866 : v. a. Remarquer, distinguer, — dans l’argot des faubouriens. Le verbe est désormais consacré pour eux par la chanson de l’Assommoir (O lepida cantio !) où l’on dit :
Faut pas blaguer, le treppe est batte ;
Dans c’taudion i’ s’ trouv’ des rupins.
Si queuq’s gonziers train’nt la savate,
J’en ai r’bouisé qu’ont d’s escarpins.
Delvau, 1866 : v. a. Réparer, ravauder. Argot du peuple.
Delvau, 1866 : v. a. Tuer, — dans le même argot [des voleurs]. A signifié autrefois, dans le langage des honnêtes gens : Déniaiser quelqu’un ; jouer un tour, faire une fourberie.
Rigaud, 1881 : Tuer. — Regarder, remarquer. — Raccommoder, repriser, ressemeler. — Au XVIIIe siècle, le mot avait le sens de filouter, déniaiser quelqu’un ; c’est ainsi qu’il est expliqué dans le dictionnaire comique de Leroux.
La Rue, 1894 : Tuer. Regarder. Remarquer. Réparer. Ravauder.
France, 1907 : Raccommoder, réparer ; argot populaire. Voir Rebossir.
France, 1907 : Regarder, remarquer ; argot des voleurs.
Faut pas blaguer, le treppe est batte :
Dans c’taudion i’s’trouv’ des rupins.
Si queuq’s gonziers train’nt la savate,
J’en ai r’bouisé qu’ont d’s’escarpins.
(Chanson de l’Assommoir)
France, 1907 : Tuer.
Refiler sous le tube (s’en)
Rigaud, 1881 : Priser.
Renifloir
France, 1907 : Nez. Se fourrer du poussier dans de renifloir, priser.
Schnoffe
France, 1907 : Tabac à priser.
Schnoffe (deux ronds de)
Virmaître, 1894 : Deux sous de tabac à priser (Argot du peuple). N.
Sinade
France, 1907 : Tabac à priser. Terreau.
Sinade, terreau
La Rue, 1894 : Tabac à priser.
Stopper
Delvau, 1866 : v. n. Arrêter, faire escale. C’est le verbe anglais To stop.
Virmaître, 1894 : Stopper, arrêter. Le mécanicien arrête la machine, il stoppe. On dit à un orateur qui fait un discours maladroit : stoppez, dans le sens de taisez-vous. La science du tailleur a créé le stoppeur, celui qui reprise les accrocs aux vêtements. Il est regrettable que son aiguille habile ne puisse repriser les consciences, il aurait eu un rude ouvrage au Palais-Bourbon (Argot du peuple).
Terreau
Delvau, 1866 : s. m. Tabac à priser, — dans l’argot des marbriers de cimetière. Se flanquer du terreau dans le tube. Priser.
Rigaud, 1881 : Tabac à priser.
France, 1907 : Tabac à priser. Se flanquer du terreau par le tube, prendre une prise de tabac.
Tomber
d’Hautel, 1808 : Cela n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Pour dire qu’on a relevé une parole piquante, qu’on y a vivement riposté.
Cela n’est point tombé à terre. Pour dire, sera relevé quand les circonstances le permettront.
Tomber de son haut. Être très-étonné ; ne pouvoir revenir de sa surprise.
Ansiaume, 1821 : Être arrêté.
C’est un lofin, il est tombé deux fois cette année.
Larchey, 1865 : Terrasser, faire tomber. — Tombeur : Lutteur invincible. — Se prend ironiquement au figuré.
Eugène P., le tombeur de Renan, y vient de temps en temps mépriser l’humanité.
(Les Cocottes, 1864)
Delvau, 1866 : v. a. Écraser sous le poids de son éloquence ou de ses injures, — dans l’argot des gens de lettres.
Delvau, 1866 : v. a. Faire tomber ; terrasser ; — dans l’argot des amis du pugilat.
Rigaud, 1881 : Apparaître sur le tapis vert, — dans l’argot des joueurs. — Quand un joueur dit : un louis qui tombe, il annonce qu’il fait un louis au jeu et qu’il va le mettre sur le tableau.
Vingt-cinq louis qui tombent ! cria Servet en quittant le gérant, et en se précipitant à table.
(Vast-Ricouard, Le Tripot)
Rigaud, 1881 : Retourner en prison. — Tombé malade, repris.
Rigaud, 1881 : Séduire ; obtenir les faveurs d’une femme.
Pour lui faire la cour, pour arriver à la tomber, il faut, etc… On tombe sans grand’peine une brune.
(Mémoires de Rigolboche)
Rigaud, 1881 : Vaincre moralement, terrasser moralement son contradicteur ; terme que les journalistes ont emprunté à l’argot des lutteurs.
La Rue, 1894 : Séduire une femme. Vaincre, terrasser. Retourner en prison. Tomber en litharge, être au secret. Tomber en figure, faire une rencontre désagréable. Entrer en scène. Tomber à pic. Bien tomber.
France, 1907 : Vaincre, renverser ; argot des lutteurs.
Son industrie consistait à faire disparaître les gens qui en gênaient d’autres. De là lui était venu son nom. De même que le mot tomber est synonyme de renverser en terme de lutte et qu’on dit : tomber son adversaire, tomber l’ours, on l’avait surnommée la tombeuse d’hommes…
(Félix Remo, La Tombeuse)
Torcher le cul de (se)
Rigaud, 1881 : Mépriser profondément quelqu’un ; ne faire nul cas d’une chose.
Torcher le cul de… (se)
Delvau, 1866 : Faire peu de cas, mépriser profondément, — dans l’argot du peuple, qui, par une hyperbole un peu forte, dit cela à propos des gens comme à propos des choses.
Tube
Halbert, 1849 : Fusil.
Delvau, 1866 : s. m. Le gosier, — dans l’argot des faubouriens. Se rincer le tube. Boire. Se coller quelque chose dans le tube. Manger. Signifie aussi Voix.
Delvau, 1866 : s. m. Nez, — dans l’argot des marbriers de cimetière. Se flanquer du terreau dans le tube. Priser.
Rigaud, 1881 : Gosier. — Nez. Se piquer le tube, se griser.
La Rue, 1894 : Gosier. Nez. Fusil. Chapeau.
Virmaître, 1894 : Chapeau haut de forme. On dit aussi : tuyau de poêle (Argot du peuple).
Virmaître, 1894 : Le gosier. Dans le peuple, on dit deo celui qui a le ventre creux :
— Il n’a rien à se mettre dans le tube.
Boire un bon coup, c’est se rincer le tube.
— Il est quatre heures, je vais me coller un peu de fripe dans le tube.
Mot à mot : je vais manger (Argot du peuple).
Hayard, 1907 : Chapeau haut-de-forme, nez.
France, 1907 : Gosier. Se coller quelque chose dans le tube, boire ou manger. Argot populaire.
La gamelle a du bon, mes fistons, et la preuve c’est que le prince d’Orléans, qui a pourtant mieux que ça à se coller dans le tube, est venu réclamer la sienne quand il a eu l’âge d’en boulotter.
(Monthabor, La Vie au régiment)
France, 1907 : Même sens que tubard ; le digue pendant de l’ignoble habit à queue de morue.
— Mon horreur pour le chapeau noir surpasse de 69 coudées 7 dixièmes la haine que Jules Lemaître professe à l’égard du même objet. Je demande pour le ridicule couvre-chef une nouvelle Saint Barthélémy !
— Parfait !
— Ce que je n’admets surtout pas, c’est la consécration tyrannique du tube par le protocole de la snoberie moderne. Certaines gens ne peuvent récupérer leur pain quotidien que si, malgré le délabrement de leur costume, ils sont coiffés de ce monstrueux cylindre !
(George Auriol)
Son successeur est un tub très à la mode,
Digne d’être chanté sur le rythme d’une ode,
Au dernier goût du jour et d’un chic élégant ;
Il luit plus qu’un miroir, il me va comme un gant.
(George Bois, Cœur au vent)
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