Allumer (s’)
Delvau, 1864 : Être en érection, soit devant une femme, soit devant une photographie obscène.
Il ne s’allume pas !… Je ne s’rais pourtant pas fâchée qu’i m’ baise car il a un rude membre.
(Lemercier de Neuville)
France, 1907 : Prendre feu aux rayons des yeux d’une femme.
Entre horizontales.
— Tu sais ? Ce vieux à favoris blancs qui m’a fait l’autre soir une déclaration au Jardin de Paris ?… Voici deux fois que je dîne avec lui et il ne s’allume pas.
— Méfie-toi, ma chère, il doit être de la régie.
Allumer son pétrole
Delvau, 1866 : v. a. S’enflammer l’imagination, — dans l’argot des petites dames, qui savent combien l’homme est inflammable. On dit aussi Allumer son gaz — ce qui, en effet, est une manière de prendre feu.
Virmaître, 1894 : Rendre quelqu’un amoureux. Mot à mot l’enflammer.
— Le grand t’a donc plaquée ?
— Comme un pet.
— T’a pas su y enflammer le pétrole (Argot des filles).
France, 1907 : S’enflammer l’imagination. On dit aussi allumer son gaz, argot des filles.
Allumettes
Rigaud, 1881 : Jambes longues et maigres. Prends garde, tes allumettes vont prendre feu.
France, 1907 : Jambes. Allusion à la maigreur des toutes jeunes filles qui grandissent.
Madame Cardinal,
Devant l’air virginal
Qu’ont encor ses gamines,
Prie : « Ô Dieu qui les fis,
Fait-nous tirer profits
De leurs gentilles mines.
Je ne manquerai pas
D’aider leurs premiers pas,
Afin que tu permettes
Qu’elles puissent, devant
Le grand public, souvent
Jouer des allumettes. »
(Blédort, Chansons de faubourg)
Charpenter le bourrichon
France, 1907 : Se monter la tête, prendre feu, s’exciter, s’emballer.
Cœur d’amadou
Rigaud, 1881 : « Prompt à prendre feu au moindre contact, cœur impressionnable que la plus légère étincelle embrase. » (J. Dufiot, Dict. d’amour, 1846)
Couper la mèche (se)
Delvau, 1864 : S’émasculer volontairement, — pour ne plus prendre feu auprès des femmes.
Puisque aimer offense Dieu,
Qu’un sûr moyen nous empêche :
Dès qu’on redoute le feu,
Que ne coupe-t-on la mèche ?
(Altaroche)
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