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Battoirs

Rigaud, 1881 : Mains. — Faire trimer les battoirs, applaudir bruyamment, à la manière des claqueurs, comme si l’on se servait de battoirs pour le linge.

Virmaître, 1894 : Les mains, allusion au bruit que font les blanchisseuses avec leur battoir ; quand les claqueurs applaudissent trop bruyamment, les voyous logés au poulailler crient : Remisez donc vos battoirs (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Les mains.

Engrailler

Halbert, 1849 : Attraper.

Delvau, 1866 : v. a. Prendre, — dans l’argot des voleurs. Engrailler l’ornie. Dévaliser un poulailler.

Hayard, 1907 : Arrêter.

France, 1907 : Prendre, voler. Engrailler l’ornie, attraper des poules au moyen d’un hameçon.

Grenipiller

France, 1907 : Vivre de maraudes, de petites rapines commises dans les campagnes, à l’instar des bohémiens.

Grenipille mal famée
Tout son soûl grenipilla.
Subit tout ce qu’il y a
D’angoisse à vivre affamée,
De guenilles s’habilla,
S’endormit sous la ramée,
Sous la bise s’éveilla.
Et, quand même, pareille à
La fleur la mieux renfermée,
Tout le monde émerveilla
D’un teint de camélia.
Grenipille mal famée
Tout son soûl grenipilla.

(Jean Richepin)

C’est guernipiller que doit s’orthographier ce mot qui vient du normand guerne, poule, et de piller. Le guernipille est donc un maraudeur, voleur de poulailler, ou de guernillier. Voir ce mot.

Guernipille

France, 1907 : Mauvais drôle, maraudeur, pillard. Nom que l’on donnait aux Anglais à cause des ravages qu’ils causaient. Les chansons normandes des XVe et XVIe siècles sont remplies d’allusions au séjour des Anglais en France et à leurs déprédations, volant les bestiaux, vidant les celliers, pillant les poulaillers ou guernilliers, affamant enfin les populations. Voir Grenipiller.

Ornichon

anon., 1827 / Raban et Saint-Hilaire, 1829 / Bras-de-Fer, 1829 : Poulet.

Vidocq, 1837 : s. m. — Poulet.

(Le Jargon, ou Langage de l’Argot moderne)

Halbert, 1849 : Poulet.

Delvau, 1866 : s. m. Poulet.

Virmaître, 1894 : Oie, volaille. Les voleurs qui ont la spécialité de dévaliser les poulaillers dans les campagnes se nomment des nettoyeurs d’ornichons (Argot des voleurs). V. Angluce.

Hayard, 1907 : Volaille : oie, poule, canard…

France, 1907 : Poulet. Vieil argot du temps de Cartouche. Nettoyeur d’ornichons, maraudeur qui dévalise les poulaillers.

Ornie

anon., 1827 / Raban et Saint-Hilaire, 1829 / Bras-de-Fer, 1829 / Halbert, 1849 : Poule.

Larchey, 1865 : Poule (id.). — Du grec ornis.Ornichon : Poulet. — Ornion : Chapon. — Ornie de balle : Poule d’Inde.

Delvau, 1866 : s. f. Poule, — dans l’argot des voleurs, pour qui cette volaille est l’oiseau par excellence (όρνις), au propre et au figuré, à manger et à plumer.

Rigaud, 1881 : Poule. — Ornichon, poulet. — Ornie de balle, dinde. Ornion, chapon. — Ornière, poulailler.

France, 1907 : Poule ; du grec ornis. Égrailler l’ornie, attraper une poule au moyen d’un hameçon. Vieil argot du temps de Cartouche.

Ornie, pic en terre

La Rue, 1894 : Poule. Ornichon, poulet, Ornion, chapon. Ornie de balle, dinde. Ornière, poulailler.

Ornière

Delvau, 1866 : s. f. Poulailler.

France, 1907 : Poulailler.

Poulailler

d’Hautel, 1808 : Se dit en plaisantant, pour chambre, demeure, logis, maison.
S’en retourner au poulailler. Pour dire, à la maison.
Il veut être riche marchand, ou pauvre poulailler. Pour, il veut tout gagner ou tout perdre.

Larchey, 1865 : C’est la partie du théâtre la plus voisine du lustre. Les spectateurs y sont juchés par gradins comme sur un perchoir. — On dit aussi Paradis, parce que ces places sont au ciel, dont le soleil est le lustre.

Delvau, 1866 : s. m. Partie du théâtre la plus voisine du plafond, ordinairement désignée sous le nom d’Amphithéâtre. Argot du peuple.

France, 1907 : Galerie intérieure de certaines églises, soit par allusion au poulailler des théâtres, soit parce qu’elle se garnit des vieilles poules de sacristie.

Au fond, sous le poulailler, pend la grosse corde à laquelle les gas s’accrochent, les jours de noce ou de baptême, pour lancer la cloche à toute volée.

(Harry-Alis Petite Ville)

On appelle aussi de ce nom la plus haute galerie d’un théâtre.

Ils adorent le théâtre, les Parisiens. Ils ont tous un peu l’âme de ce titi, fidèle abonné du poulailler de l’Ambigu, qui, brûlant d’amour pour la jeune première, lui adressait une déclaration terminée en ces termes : « Du reste, Mademoiselle, vous me reconnaîtrez facilement. Mes jambes pendront. »

France, 1907 : Maison mal famée ; argot populaire. Les pensionnaires de ce genre de maison sont appelées poules.

Poulailler, paradis

Rigaud, 1881 : Les mansardes du théâtre. — Poulailler : parce que le public des petits théâtres se plaît à imiter parfois les cris de certains animaux et principalement le chant du coq. Paradis : parce qu’on y mange beaucoup de pommes, d’après la définition de M. Dumas fils.

Poulot

France, 1907 : Appellation familière et amicale.

Nous grimpons dans le véhicule,
Thomas s’explique en peu de mots,
La somnambule aussitôt
Lui répond : Mon gros poulot !
Votre femm’, c’est bien entendu,
Mon cher, soyez-en convaincu,
En ce moment, vous fait cocu !

(Réal)

France, 1907 : Diminutif. Poulailler, au théâtre.

France, 1907 : Jeune niais, naïf, timide.

— De loin… sous le réverbère j’avais aperçu une petite… en cheveux… Elle ne s’en allait pas… elle me guettait venir… Je me tâtais pour savoir si je rentrerais dans mon chez moi ou si j’allais répondre à son bonjour… Elle me parla si poliment, si poliment, qu’on aurait dit qu’elle demandait son chemin… C’était une jeunesse dans les vingt ans, un peu boulotte… Je suis resté poulot pour ça… il m’en faut… Et puis, elle était propre sur soi… J’y ai toujours tenu aussi… même quand j’étais garçon… en cabinet garni… où c’est difficile.

(Hugues Le Roux)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique