Entrez le mot à rechercher :
  Mots-clés Rechercher partout 


Boule jaune

Vidocq, 1837 : s. m. — Potiron.

France, 1907 : Potiron.

Boulet jaune

Delvau, 1866 : s. m. Potiron, — dans l’argot des voyous.

Gants

Delvau, 1864 : Ce qu’on donne aux femmes galantes comme supplément au prix convenu pour les baiser, qu’elles vous demandent avant de vous ouvrir leurs cuisses et qu’il est prudent de ne leur donner qu’après avoir joui — si elles vous ont fait jouir. Ce sont nos anciennes épingles, la drinkgeld des Flamands, le paraguantes des Espagnols et la buena mancia des Italiens — à propos de laquelle on pourrait dire, avec Rabelais, que ces sortes de femmes aiment mieux la manche que le bras.

Leurs vêtements sont élégants,
Mais toujours quelque chose y cloche :
Dans leur bourse elles ont leurs gants,
Et leur corset est dans leur poche.

(A. Delvau)

Employé dans un sens obscène pour désigner la virginité.
Elle fit toutes les grimaces que ses parents lui avaient dit de faire, pour lui faire croire qu’il en avait eu les gants.

(La France galante)

Mainte fille a perdu ses gants.

(La Fontaine)

Je puis donc m’attendre, dit Potiron, que si j’épouse cette demoiselle, je n’en aurai pas les gants.

(Voisenon)

Delvau, 1866 : s. m. pl. Les deux sous du garçon des filles, — avec cette différence que les sous du premier sont en cuivre et les sous des secondes en argent, et même en or. Ce sont nos anciennes épingles, la drinkgeld des Flamands, le paraguantes des Espagnols et la buona mancia des Italiens.

Rigaud, 1881 : Pourboire donné à ces dames ; le pourboire de la prostitution.

On donne ce qu’on veut à la femme pour ses gants.

(F. d’Urville, Les Ordures de Paris, 1874)

Rossignol, 1901 : Pourboire. Celui qui fait une mauvaise opération en est pour ses gants.

France, 1907 : Gratification donnée à une fille en dehors du prix convenu. Cette expression était autrefois prise dans le sens de pourboire. Elle vient de l’espagnol paraguante.

Ces cadeaux particuliers d’argent que les clients laissent aux prostituées à titre de gratitude, comme un pourboire à un cocher, s’appellent « des gants ». Les filles se disent entre elles en parlant de cette générosité : « J’ai reçu tant pour mes gants. » C’est le seul et unique produit qu’elles retirent de leur prostitution ; mais il n’est sorte de moyens qu’elles n’emploient pour l’obtenir ; quand elles sont rusées, qu’elles ont affaire à des jeunes gens ou à des hommes compatissants, elles parviennent à leur soutirer des sommes importantes.

(Léo Taxil, La Prostitution contemporaine)

Méfiez-vous des intrigants
Et surtout des femmes galantes
Qui vous demanderont des gants.

(A. Glatigny)

Pot

d’Hautel, 1808 : Être sur le pot. Terme d’atelier, pour dire être sans place, sans ouvrage ; avoir perdu son emploi.
Bête comme un pot. Epithète injurieuse pour dire qu’une personne est très-bornée.
Un pot à beurre, un pot à l’eau. Un usage vicieux fait dire presque généralement au pluriel, des po tà beurre, des po tà l’eau ; au lieu de pot sà beurre, pot sà l’eau.
On n’en mettra pas plus grand pot au feu.
Se dit quand on invite quelqu’un à dîner, pour lui faire entendre qu’on ne fera pas plus grande dépense que celle qu’on a coutume de faire ; que sa présence n’occasionnera aucun frais.
Être ensemble à pot et à rot. Vivre en très-grande familiarité ; être compère et compagnon.
Se dit aussi d’une femme qui, sans être mariée, vit librement avec un homme.
Payer les pots cassés. Supporter les charges, les dommages d’une affaire dont les autres ont fait leur profit.
C’est un pot de terre contre un pot de fer. Pour c’est un homme foible contre un homme puissant.
Faire bouillir le pot. Fournir aux dépenses d’un ménage.

Vidocq, 1837 : s. m. — Cabriolet.

Delvau, 1866 : s. m. Cabriolet, — dans l’argot des voleurs. Ils disent aussi Cuiller à pot et Potiron roulant.

Delvau, 1866 : s. m. Trou fait au pied d’un mur ou au pied d’un arbre pour bloquer les billes. Argot des gamins.

France, 1907 : Dans un opuscule de Louis Randol, pseudonyme d’Eusèbe Salveste, Un pot sans couvercle, ou Les Mystères de la rue de la Lune, paru en l’an VII, l’auteur s’amuse à citer toutes les expressions auxquelles le pot a donné lieu :

Passons en revue, dit-il, tous les pots imaginables, afin de découvrir celui sous lequel le diable est caché, et de ne pas tenir trop longtemps l’assemblée sur le pot. Je ne parlerai point de la fortune du pot. De cette expression proverbiale encore, parce qu’elle est consacrée par une expérience bien plus universelle ; l’infortune du pot. Sans citer non plus le pot aux roses, je distingue le pot à fleurs, le pot à feu, le pot en tête, le pot cassé, qui rappelle un proverbe que rien d’ailleurs ne rappellerait ici ; les pots cassés, qu’il faut tâcher de ne jamais payer ; le pot au noir, où nous avons tous donné ; le petit pot, d’où les belles tirent des appas éphémères, dont la séduction nous procure quelquefois plus d’un an de regrets ; le pot à part, que dans un malheur général chaque individu voudrait pouvoir faire pour son compte ; le pot de fer, qui se casse contre le pot de terre ainsi qu’on le voit dans les tragédies de La Fontaine ; le pot au lait dont l’histoire peut nous être rappelée par l’issue de mainte grande fortune, le pot à ville qui, lorsqu’il est sans couvercle et qu’il n’y a rien dedans, présente un emblème terrible de la famille ; le pot de vin, bien connu de nous, de nos maîtresses et de nos protectrices ; le pot pourri, auquel ressemblent tant de conversations, tant de livres, tant d’ouvrages dramatiques ; le pot à deux anses, que nous figurons si gracieusement au bal : enfin le pot de chambre… Faut-il tant tourner autour du pot ?…

Potiron

d’Hautel, 1808 : Ce mot est en butte à plus d’un barbarisme : les uns disent paturon, et les autres poturon ; c’est potiron qu’il faut dire pour bien parler.

Rigaud, 1881 : Derrière et poturon par altération. Allusion de rotondité.

L’ pied m’ glisse, et sur l’ poturon j’ tombe.

(Le Parfait catéchisme poissard)

Fustier, 1889 : Argot des élèves de l’École de Saint-Cyr. Ils appellent ainsi les jeunes gens qui, bien que de nationalité étrangère, sont admis à suivre les cours de l’École.

Shérif-Bey vient de recevoir sa nomination d’élève de Saint-Cyr, à titre d’étranger. Les élèves de cette catégorie sont appelés à l’École des Potirons.

(Paris, octobre 1885)

France, 1907 : Grosse femme, fessière et mamelue ; argot populaire.

Elles y viennent, les chéries,
En beaux atours, en falbalas,
Les jeunes et les défraîchies,
Les poitrons, les échalas.

(Jacques Rédelsperger, Nos Ingénues au salon)

France, 1907 : Le derrière ; argot populaire.

— Eh ! la grosse mère, quand on porte avec soi un pareil potiron, on doit payer deux places dans les omnibus !

(Les Gaietés du régiment)

Potiron roulant

Rigaud, 1881 : Cabriolet.

France, 1907 : Cabriolet ; argot populaire.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique