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Potache

Delvau, 1866 : s. m. Camarade ridicule et bête comme un pot, — dans l’argot des lycéens. Voir dans un autre sens Potasseur. On dit aussi Pot-à-chien.

Rigaud, 1881 : Collégien.

La Rue, 1894 : Collégien. Camarade.

France, 1907 : Collégien, lycéen. Abréviation de pot à chien, nom du chapeau de soie porté dans les collèges avant l’adoption de la casquette, remplacée sous l’empire par le képi. D’autres donnent comme étymologie le verbe potasser, travailler, argot des écoles militaires.

Mais un potache n’est jamais qu’un potache, n’est-ce pas, c’est-à-dire un petit bougre très vicieux, et tout assoiffé de connaître précisément ce qu’on veut lui cacher.

(Jean Richepin)

Que ce soit sur le premier, le second, le dixième ou le dernier échelon de l’échelle sociale ; qu’il s’agisse des gavroches du ruisseau, des potaches de la bourgeoisie ou des précoces grelotteux du monde, l’enfant est maintenant un être détraqué avant l’âge, insolent, railleur, mal embouché, aimant à prendre le ton et l’attitude qui peuvent le mieux détruire tout ce qui devrait nous séduire et nous charmer en lui.

(Maxime Boucheron)

Lorsque devant moi se détache,
Le soir de rentrée au bahut,
La silhouette d’un potache,
Je lui décoche un grand salut
Avec sa mine déconfite
Sous son képi tout biscornu,
Il va subir, ce néophyte,
Le sort navrant d’un détenu.

(Jacques Rédelsperger)

Depuis la création des lycées de jeunes filles, le mot s’emploie au féminin.

Potasse, potasseur

Larchey, 1865 : « Élève de Saint-Cyr, très-bien coté à son cours et très-mal quant aux aptitudes militaires. »

(De la Barre)

Ce mot désigne aussi un piocheur malheureux, candidat très-laborieux, mais échouant aux examens.

(De Vauvineux)

Potasser : Travailler assidûment. — Faire de la potasse : Attendre.

Voilà une heure que vous nous faites faire de la potasse.

(La Correctionnelle)

Rigaud, 1881 : Élève studieux mais inintelligent ; élève qui se donne beaucoup de mal sans profit.

Potasser

Delvau, 1866 : v. n. S’impatienter, bouillir de colère ou d’ennui, — dans le même argot [des faubouriens].

Delvau, 1866 : v. n. Travailler beaucoup, — dans l’argot des Saint-Cyriens et des lycéens.

Rigaud, 1881 : Préparer, étudier. Potasser sa colle, préparer son examen.

Rigaud, 1881 : Travailler avec assiduité.

La Rue, 1894 : S’impatienter. Travailler, étudier.

Rossignol, 1901 : Causer. Faire des potins, des cancans.

France, 1907 : Bavarder.

C’est pas qu’j’y défend’ qu’a jacasse,
Alle a eun’ langue… alle a besoin
D’s’en servir… J’veux ben qu’a potasse
Ed’temps en temps… ed’loin en loin…

(Aristide Bruant)

France, 1907 : Travailler ; argot des écoles militaires. Dans la devise des Brutions, il entre la formule chimique S+KO (soufre et potasse).

Étendus voluptueusement sur leur couchette, ils placent leur cahier sur leur tête, s’endorment du sommeil du juste et se réveillent en affirmant qu’ils ont potassé leur cours d’une façon remarquable.

(Théo-Critt, Nos farces à Saumur)

Le cahier sur lequel on travaille est appelé le potasse.

Un homme d’esprit a pu dire, presque sans exagération, que la moitié de la France est occupée à faire passer des examens à l’autre. Nous marchons vers cet avenir peu folâtre : le concours à jet continu et à tous les degrés de l’échelle. Un jour, il faudra subir des épreuves écrites et orales pour obtenir un emploi de cantonnier, et l’on verra de vieux fonctionnaires — car il n’y aura plus bientôt en France que des fonctionnaires — potasser encore sous leurs cheveux gris les matières d’un programme.

(François Coppée)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique