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Égueuler

d’Hautel, 1808 : Crier, écornifler, casser.
Il est poli comme un pot-de-chambre égueulé. Expression basse et triviale usitée en parlant d’un grossier personnage, d’un malotru, d’un manant qui se pique de dire de sales injures, des obscénités.
S’égueuler, Crier. Il a tant crié, qu’il en est tout égueulé. Pour, il s’est fait mal à la gorge à force de crier.

Delvau, 1866 : v. a. Écorner un vase, l’ébrécher, — dans l’argot du peuple.

France, 1907 : Ébrécher un objet.

Vingt ou vingt-cinq ivrognes gisaient sur la paillasse, ronflant à qui mieux mieux. Cette scène, digne de Callot, était éclairée par une chandelle fichée dans le goulot d’une bouteille égueulée.

(Ch. Virmaître, Paris oublié)

Tasse

d’Hautel, 1808 : Boire un coup à la grande tasse. Pour, se noyer ; se jeter à l’eau.

Rigaud, 1881 : Pot-de-chambre, — dans le jargon du peuple.

Passez-leur-z’y une tasse !

(Huysmans, les Sœurs Vatard)

Rigaud, 1881 : Verre de vin, — dans le jargon des typographes. — Le temps d’aller boire une tasse.

Boutmy, 1883 : s. f. Verre, demi-setier. Allons prendre une tasse, allons boire un verre.

Hayard, 1907 : Nez.

Thomas

d’Hautel, 1808 : À la Saint-Thomas, les jours les plus bas. Manière proverbiale de dire qu’à cette époque on s’aperçoit sensiblement du décroissement des jours.

Vidocq, 1837 : s. m. — Pot de nuit.

Larchey, 1865 : Pot de chambre. V. Goguenot.

Parmi les consignés occupés à passer la jambe à Thomas (vider les baquets d’urine).

(La Bédollière)

Équivoque sur les mots vide Thoma de l’hymne populaire de Pâques.

Delvau, 1866 : s. m. « Pot qu’en chambre on demande », — dans l’argot du peuple. Passer la jambe à Thomas. Vider le goguenot. La veuve Thomas. La chaise percée.

Rigaud, 1881 : Pot-de-chambre haute forme. Allusion au verset de l’hymne de Pâques : Vide Thomas, vide pedes, vide manus. — La mère Thomas, la veuve Thomas, chaise percée. — Avoir avalé Thomas, avoir l’haleine fétide.

Boutmy, 1883 : Nom générique sous lequel on désigne, dans quelques imprimeries de province, l’ouvrier typographe et spécialement le pressier. Il existe une pièce de théâtre qui a pour titre Thomas l’Imprimeur.

Merlin, 1888 : Voyez Jules.

La Rue, 1894 : Tinette. Vase de nuit. On dit aussi Jules.

France, 1907 : Tinette, pot de chambre. Avoir avalé Thomas, avoir l’haleine fétide. Passer la jambe à Thomas, vider la tinette. On dit aussi dans le même sens : Prendre Thomas par les oreilles.

C’est un vrai velours que la goutte
Pour les débiles estomacs,
Surtout si cela te dégoûte
Le passer la jambe à Thomas.

(Raoul Fauval)

Ce singulier nom de Thomas serait une équivoque plaisante sur Vide Thoma, hymne de Pâques, dont les jeunes paysans, qui chantaient autrefois tous en chœur dans les églises de village, se seraient souvenus en vidant le baquet de la salle de police, car l’expression est toute militaire. Voir Jules.

On a chanté le muguet et la rose,
Le frais lilas et l’œillet embaumé,
Le réséda que la nuée arrose,
Et qu’a bercé le zéphyr parfumé,
On a chanté les parfums d’Arménie,
Le patchouli, l’ambre et l’encens divin,
Les enivrantes odeurs d’Arabie,
Le lis, l’iris, le musc et le benjoin !
Aussi je veux qu’on vous rende justice
Et vous chanter, vous qu’on ne chante pas,
Qui parfumez la salle de police,
Jules divin et céleste Thomas !…

(Griolet)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique