Rigaud, 1881 : Prostituée malsaine. (Le nouveau Vadé.) Innombrables sont les variantes usitées au XVIIIe siècle et au commencement du XIXe, dont certaines ont survécu. En voici quelques échantillons : Bouteille à poisson, donneuse de nouvelles à la main, matelas d’invalide, magneuse de tuyaux de pipe, voirie ambulante, coffre à graillon, remède d’amour, volaille ressucée, gibier à bistouri, pot cassé d’onguent gris, porteuse de viande pourrie, asticot d’équarrisseur, mangeuse d’étrons sans fourchette, reliquat de fistule gangrenée.
Éponge à mercure
Moucharde
Ansiaume, 1821 : La lune.
Quand la moucharde sera dans les empaches.
Vidocq, 1837 : s. f. — Lune.
Clémens, 1840 : Lune.
Larchey, 1865 : Lune. V. Cafarde.
Mais bientôt la patraque au clair de la moucharde nous reluque de loin.
(Vidocq)
Delvau, 1866 : s. f. La lune, qui, de ses gros yeux ronds, a l’air d’assister au détroussement ou au meurtre d’un homme sur une route.
Rigaud, 1881 : Lune, — dans le jargon des voleurs.
La Rue, 1894 : La lune.
Virmaître, 1894 : La lune. Elle se montre souvent fort mal à propos pour déranger messieurs les voleurs dans leurs expéditions nocturnes (Argot des voleurs). N.
Rossignol, 1901 : La lune.
France, 1907 : Espionne, rapporteuse. Dans la police, les femmes sont de précieuses auxiliaires, car elles ont des moyens de s’insinuer qui les rendent, sous ce rapport, bien supérieures aux hommes. Plus fines, plus persévérantes, inspirant moins de défiance ; elles peuvent s’introduire sans inspirer de soupçons là où la présence d’un homme serait immédiatement suspecte. « Elles ont, en outre, observe M. Goron dans ses Mémoires, un talent tout particulier pour se lier avec les domestiques et les portières ; elles s’entendent fort bien à établir des rapports et à bavarder sans être indiscrètes ; communicatives en apparence, alors même qu’elles sont le plus sur la réserve, elles excellent à provoquer les confidences.
Enfin, à la force près, elles ont au plus haut degré toutes les qualités qui constituent l’aptitude à la mouchardise ; et, lorsqu’elles sont dévouées, la police ne saurait avoir de meilleurs agents…
Dans maintes occasions, Vidocq eut recours au ministère des mouchardes ; presque toujours il fut satisfait de leurs services.
Cependant, comme les mouchardes sont des êtres profondément pervertis et plus perfides peut-être que les mouchards, avec elles, pour ne pas être trompé, il avait besoin d’être constamment sur ses gardes. »
France, 1907 : La lune. Les malfaiteurs s’en défient autant que des becs de gaz.
Mais déjà la patrarque,
Au clair de la moucharde,
Nous reluque de loin.
(Vidocq)
Porteiris
France, 1907 : Porteuse de poissons ou de mollusques ; idiome marseillais.
Sandrine est de la race des belles filles qui sucent des oranges devant la Tourette, en attendant le retour des tartanes, et des porteiris en casaque courte qui portent la corbeille sur la tête, tiennent les mains sur les hanches et gardent, en marchant, le beau roulis des vagues de la mer.
(Jean Lorrain)
Porteuse
France, 1907 : Main ; argot des voleurs.
Porteuse de culottes
France, 1907 : Femme maîtresse à la maison.
— Venir à Larcy pour me marier ; Épouser une de ces pécores de province, ingénues hypocrites de la veille, porteuses de culottes après et sans grâce du lendemain ! C’est trop drôle !
(Harry-Alis, Petite Ville)
Rapporteuse (la)
France, 1907 : La police ; argot des voyous.
Rouspance
France, 1907 : La police.
Si la Rousse a de l’appétance,
Mets donc à table la rouspance.
(Hogier-Grison, Maximes des tricheurs)
Les noms par lesquels les malfaiteurs désignent la police sont nombreux ; voici les plus usités ; arguche, arnac ou arnaque, arnache, arnacle, contractions de la renacle ; arnif, bigorne, casserole, ces Mess pour ces Messieurs, louche, lousse, marmite, mouche, pousse, raclette, raille, rapporteuse, renacle, renaclette, renifle, reniflette, rousse, roustampone, volante.
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