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Guigne

Delvau, 1866 : s. f. Mauvaise chance, — dans l’argot des cochers qui ne veulent pas dire guignon. Porter la guigne. Porter malheur.

Rigaud, 1881 : Guignon. — Guignasse, guignon énorme. — Guignolant, guignolante, désespérant, désespérante.

Rossignol, 1901 : Avoir la guigne est ne pas avoir de réussite. Il est né sous une mauvaise étoile, il a une guigne insensée : tout ce qu’il entreprend ne lui réussit pas.

France, 1907 : Mauvaise chance.

Elle surprit mon regard sur sa robe : — Vous regardez mes frusques ? Ah ! c’est la guigne, voyez-vous, et la guigne ça rend timide ; alors, telle que vous me voyez, je bois pour me donner de l’aplomb.

(Alphonse Allais)

— Allons, mes enfants, il ne faut pas se faire de bile… Ça ne sert à rien d’abord, et puis ça vous flanque la guigne pour l’avenir… Moi le premier, est-ce que vous croyez que je n’ai pas eu mes moments difficiles ?… On les surmonte, parbleu ! et un jour vient où l’on a l’assiette au beurre à son tour…

(Paul Alexis)

On regrette de n’avoir pas
Consommé ce premier repas,
Le cœur plus digne.
Et de notre fleur au trépas
Alphonse s’offre les appas…
Voilà la guigne.
Ils vous disent : « Faisons joujou,
Je te mettrai dans l’acajou… »
On se résigne.
Et bien souvent le sapajou
En est quitte pour un bijou…
Et vient la guigne.

(Blédort)

Moine (l’habit ne fait pas le)

France, 1907 : Ce ne sont ni les apparences ni la parure qui font l’honnête homme. Ce dicton, qui est très ancien, se trouve sous différentes formes dans les fabliaux du XIIIe siècle : Li abis ne fait pas l’ermite ; Li abis ne fait pas le religieux ni la bonne conscience : Tous ceulx ne sont pas clercs qui en portent le semblant, ne chevaliers qui portent espérons. Dans son Prologue, Rabelais écrit : « Vous mesmes dictes que l’habit ne fait pas le moine, et tel est vestu d’habit monachal qui au dedans n’est rien moins que moine. »

Tel a robe religieuse,
Doncques il est religieux,
Cet argument est vicieux
Et ne vault une vieille gaine,
Car la robe ne fait le moyne.

(Le Roman de la Rose)

Le moyen âge s’est fort moqué des moines, et non sans raison, et les dictons qui les tournent eu ridicule ou les flagellent abondent. Citons-en quelques-uns. La vue d’un moine était de mauvais augure, d’où bailler le moine pour signifier porter malheur à quelqu’un. « C’est une méchante chair que de moine, encore vaut-elle pis que d’abbé. » « Il n’est envye que de moyne. » « Pour un moine faut couvent de filles. »

Le moine, la none et la béguine
Sont fort pires que n’en ont la mine.

« Grand navire veult grand’eau et gros moine gros veau. »

Mieux vaut gaudir de son patrimoine
Que le laisser à un ribaud moine.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique