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Bibelot

Delvau, 1866 : s. m. Havresac, porte-manteau, — dans l’argot des soldats.

Delvau, 1866 : s. m. Objet de fantaisie, qu’il est de mode, depuis une vingtaine d’années, de placer en évidence sur une étagère. Les porcelaines de Saxe, de Chine, du Japon, de Sèvres, les écailles, les laques, les poignards, les bijoux voyants, sont autant de bibelots. Par extension : Objet de peu de valeur. Ce mot est une corruption de Bimbelot, qui signifiait à l’origine jouet d’enfants, et formait un commerce important, celui de la bimbeloterie. Aujourd’hui qu’il n’y a plus d’enfants, ce commerce est mort ; ce sont les marchands de curiosités qui ont succédé aux bimbelotiers.

Rigaud, 1881 : Objet de peu de volume et peu de valeur. Objet de peu de volume et de beaucoup de valeur. En général, tous les menus objets, plus ou moins artistiques, depuis les bijoux anciens jusqu’aux vieilles seringues prétendues historiques, prennent la dénomination très élastique de « bibelots ».

J’ai été aussi fort bousculé par mon propriétaire, auquel je dois deux termes, et il m’a fallu vendre toutes sortes de bibelots pour m’acquitter d’un.

(H. Murger, Lettres)

Les deux peuples les plus passionnés, aujourd’hui, pour les bibelots sont le Français et le Chinois, — signe de décadence, — prétendent les philosophes. Pour satisfaire à toutes les exigences, il s’est établi des fabriques de vieux neuf qui déversent journellement leurs produits à l’hôlel Drouot.

Boutmy, 1883 : s. m. En imprimerie, on donne ce nom aux travaux de peu d’importance, tels que factures, adresses, étiquettes, prospectus, circulaires, lettres de mariage, billets de mort, etc. Ces travaux sont aussi appelés bilboquets, et mieux ouvrages de ville.

Fustier, 1889 : Argot d’imprimerie. Travaux de peu d’importance ; factures, prospectus, têtes de lettre, etc.

France, 1907 : Objet de curiosité ou de fantaisie dont il est de mode, depuis quelques années, d’encombrer ses appartements ; du mot bimbelot, jouet d’enfant.

L’appartement est somptueux. Le temple est digne de l’idole. Le lit est anglais, la commode est russe, l’armoire est italienne, le sofa est turc, les fauteuils sont allemands, les bronzes sont espagnols, mais les bibelots sont parisiens.

(Albert Dubrujeaud)

Ces objets, la plupart de cuir ouvragé, ressemblaient, tous, à ces affreux bibelots connus sous le nom d’article-Paris ; ils en avaient la forme laide et sans art, la destination vague, l’insupportable clinquant.

(Octave Mirabeau, Gil Blas)

Travaux de peu d’importance, dans l’argot des typographes.

Bouterne

Vidocq, 1837 : s. f. — La Bouterne est une boîte carrée, d’assez grande dimension, garnie de bijoux d’or et d’argent numérotés, et parmi lesquels les badauds ne manquent pas de remarquer la pièce à choisir, qui est ordinairement une superbe montre d’or accompagnée de la chaîne, des cachets, qui peut bien valoir 5 à 600 fr., et que la Bouternière reprend pour cette somme si on la gagne.
Les chances du jeu de la Bouterne, qui est composé de huit dés, sont si bien distribuées, qu’il est presque impossible d’y gagner autre chose que des bagatelles. Pour avoir le droit de choisir parmi toutes les pièces celle qui convient le mieux, il faut amener une râfle des huit dés, ce qui est fort rare ; mais ceux qui tiennent le jeu ont toujours à leur disposition des dés pipés, et ils savent, lorsque cela leur convient, les substituer adroitement aux autres.
Ils peuvent donc, lorsqu’ils croient le moment opportun, faire ce qu’ils nomment un vanage, c’est-à-dire, permettre à celui qu’ils ont jugé devoir se laisser facilement exploiter, de gagner un objet d’une certaine importance ; si on se laisse prendre au piège, on peut perdre à ce jeu des sommes considérables. Le truc de la Bouterne est presque exclusivement exercé par des femmes étroitement liées avec des voleurs ; elles ne manquent jamais d’examiner les lieux dans lesquels elles se trouvent, et s’il y a gras (s’il y a du butin à faire), elles renseignent le mari ou l’amant, qui a bientôt dévalisé la maison. C’est une femme de cette classe qui a indiqué au célèbre voleur Fiancette, dit les Bas-Bleus, le vol qui fut commis au Mans, chez le notaire Fouret. Je tiens les détails de cet article de Fiancette lui-même.
Comme on le pense bien, ce n’est pas dans les grandes villes que s’exerce ce truc, il s’y trouve trop d’yeux clairvoyans ; mais on rencontre à toutes les foires ou fêtes de village des propriétaires de Bouterne. Ils procèdent sous les yeux de MM. les gendarmes, et quelquefois ils ont en poche une permission parfaitement en règle du maire ou de l’adjoint ; cela ne doit pas étonner, s’il est avec le ciel des accommodemens, il doit nécessairement en exister avec les fonctionnaires publics.

Larchey, 1865 : Boîte vitrée où sont exposés, aux foires de villages, les bijoux destinés aux joueurs que la chance favorise. Le jeu se fait au moyen de huit dés pipés au besoin. Il est tenu par une bouternière qui est le plus souvent une femme de voleur. — Vidocq.

Delvau, 1866 : s. f. Boîte carrée d’assez grande dimension, garnie de bijoux d’or et d’argent numérotés, parmi lesquels il y a l’inévitable « pièce à choisir », qui est ordinairement une montre avec sa chaîne, « d’une valeur de 600 francs », que la marchande reprend pour cette somme lorsqu’on la gagne. Mais on ne la gagne jamais, parce que les chances du jeu de la bouterne, composés de huit dés, sont trop habilement distribuées pour cela : les dés sont pipés !

Rigaud, 1881 : Tablette, plateau sur lequel sont exposés les lots destinés à attirer les amateurs de porcelaine, autour des loteries foraines. La bouterne se joue au tourniquet. Il y a de gros lots en vue, que personne ne gagne jamais, naturellement.

France, 1907 : Boîte vitrée où sont exposés, aux foires, les objets, montres ou bijoux destinés à amorcer les amateurs de jeux d’adresse ou de hasard.

Brocante

anon., 1827 / Raban et Saint-Hilaire, 1829 / Bras-de-Fer, 1829 : Bague.

Delvau, 1866 : s. f. Chose de peu de valeur, — dans l’argot du peuple.

Rigaud, 1881 : Bague, — dans le jargon des voleurs.

Rigaud, 1881 : Brocantage. — Marchandise sans valeur, — dans le jargon des revendeurs. Toute sorte de petits travaux qui se rattachent plus ou moins à l’art et que l’artiste exécute faute de mieux. Les brocantes des artistes sont les bricoles des ouvriers.

Je vais faire des brocantes, une corbeille de mariage, des groupes en bronze.

(Balzac, La Cousine Bette)

Rigaud, 1881 : Vieux soulier encore bon pour la vente, — dans le jargon des chiffonniers, c’est-à-dire soulier qu’on peut brocanter.

La Rue, 1894 : Bague.

France, 1907 : Marchandise sans valeur, bague.

Je plains les curieux de l’avenir qui, sur la foi d’une signature autrefois estimée, dénicheront l’opuscule paru hier ; je les mets en garde contre cette brocante anecdotique d’un marchand de petits papiers qui ne veut rien laisser perdre et promène son oisiveté à travers les néfastes souvenirs de l’année terrible avec toute la grâce d’un éléphant lâché dans un magasin de porcelaines.

(Mentor, Le Journal)

Casse (la)

Rigaud, 1881 : Porcelaines ou cristaux cassés par maladresse dans un café ou dans un restaurant. Dans la plupart de ces établissements, les garçons sont responsables de la casse. Dans d’autres, elle est l’objet d’un forfait. On retient tant par mois à chacun des garçons pour la couvrir.

Débagouleur

France, 1907 : Parleur, orateur de réunions politiques, politicien à la douzaine.

Il se disait ouvrier peintre sur porcelaine, mais, comme la plupart des politiqueurs en chambre, il était débagouleur de club ; son atelier était la salle du cabaret, son établi le comptoir, ses pinceaux un grand verre et ses couleurs le litre à douze ; en fait de peinture, sa figure seule était enluminée, et les festons qu’il avait imaginés étaient ceux qu’il décrivait pour regagner son taudis…

(Ch. Virmaître, Paris oublié)

Garni

Larchey, 1865 : « Un lit en bois peint, une commode en noyer, un secrétaire en acajou, une pendule en cuivre, des vases de porcelaine peinte avec des bouquets de fleurs artificielles sous verre ; cela s’appelle un garni. » — Champfleury.

France, 1907 : Chambre garnie, ou petit hôtel meublé.

Japonner

France, 1907 : Donner par la cuisson aux faïences ou aux porcelaines l’apparence de celles du Japon.

Lingot

Virmaître, 1894 : Forain qui met de la porcelaine ou de la verrerie en loterie. La roue qui tourne pour indiquer le numéro gagnant se nomme un lingot (Argot des forains). N.

France, 1907 : Roue des boutiques foraines où l’on met de la porcelaine et de la verrerie en loterie, d’où le nom de lingot donné au forain qui tient ce genre d’établissement.

Moss

France, 1907 : Pot de bière, de la capacité de deux canettes.

Je revoyais le beau Danube, aux eaux d’un bleu vert, les brasseries hongroises sur le bord même du fleuve, où les vieux hussards viennent fumer leur pipe au long fourneau de porcelaine, en buvant de la bière allemande, où les belles filles blondes s’assoient sans façon près de vous, après avoir placé sur votre table le moss couvert d’écume, et où moi-même je venais passer des nuits entières, regardant à travers les branches courir l’eau du fleuve et écoutant, dans une sorte d’extase, les mélopées saccadées et mélancoliques des étranges bohémiens.

(Carle des Perrières)

Pagode

d’Hautel, 1808 : Petite figure de porcelaine qui a la tête mobile.
Faire la pagode ; remuer la tête comme une pagode. Se dit de ceux qui secouent souvent la tête ; ou dont la tête est toujours en mouvement.
Ce n’est qu’une pagode. Se dit de quelqu’un qui fait continuellement des gestes, des exclamations insignifiantes.

Porcelaine (noces de)

France, 1907 : Nom donné au 20e anniversaire du mariage. Voici les différentes autres appellations de ces anniversaires : 1re année, noces de coton ; 2e année, noces de papier ; 3e année, noces de cuir ; 4e année, noces de bois ; 7e année, noces de laine ; 10e année, noces d’étain ; 12e année, noces de soie ; 15e année, noces de cristal ; 20e année, noces de porcelaine ; 25e année, noces d’argent ; 30e année, noces de perles ; 40e année, noces de rubis ; 50e année, noces d’or ; 75e année, noces de diamant.

Quarante-cinq !

d’Hautel, 1808 : Exclamation burlesque et ironique usitée lorsqu’on entend tomber quelque chose de fragile, comme par exemple, les vitres d’une fenêtre, ou quelque porcelaine.

France, 1907 : Exclamation faubourienne que quelque loustic lâche chaque fois qu’on entend le bris d’une assiette, d’une bouteille on d’un verre.

Quatre-vingt-dix

Delvau, 1866 : s. m. Truc, secret du métier, — dans l’argot des marchands forains. Vendre le quatre-vingt-dix. Révéler le secret.

Rigaud, 1881 : Loterie foraine à lots de porcelaine. Elle se tire au moyen d’une grande roue munie de 90 numéros ; d’où le nom de quatre-vingt-dix.

Virmaître, 1894 : Truc, secret de métier. Vendre le quatre-vingt-dix : révéler le secret. A. D. Le quatre-vingt-dix est une loterie composée de quatre-vingt-dix billets qui sont contenus dans un sac ; le 90 gagne le gros lot. Les 90 numéros sont divisés par 30 cartons qui sont placés dans le public, deux compères (engayeurs) prennent deux cartons ; le tenancier du jeu s’arrange de façon à les faire gagner par un truc ingénieux ; le public volé n’y voit que du feu (Argot des saltimbanques). N.

France, 1907 : Loterie foraine appelée ainsi parce qu’elle à quatre-vingt-dix numéros.

Ce jeu est une espèce de loto, et l’un des spectateurs se charge de remplir l’office du destin : il plonge la main dans un sac et en retire le numéro qui doit faire un heureux. On y gagne ordinairement de la porcelaine. Vous y voyez des déjeuners, des vases superbes, de belles pendules, etc.
Le quatre-vingt-dix a droit à une pièce au choix du gagnant, mais ce gagnant est presque toujours un compère… qui remet l’objet au banquiste.

(A. Privat d’Anglemont)

C’est aussi, dans l’argot des forains, un secret de métier. Vendre le quatre-vingt-dix, révéler un secret.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique