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Ange gardien

Delvau, 1866 : s. m. Homme dont le métier — découvert, ou tout au moins signalé pour la première fois par Privat d’Anglemont — consiste à reconduire les ivrognes à leur domicile pour leur éviter le désagrément d’être écrasés ou dévalisés — par d’autres.

Rigaud, 1881 : Accompagnateur d’ivrognes. Avant l’annexion des anciennes barrières, un grand nombre de marchands de vin avaient attaché à leurs établissements « des anges gardiens » chargés d’accompagner les ivrognes à domicile, de veiller à leur sûreté et de leur éviter le désagrément d’être dévalisés par les voleurs au poivrier. Industrie disparue aujourd’hui.

France, 1907 : Individu dont la profession consiste à ramasser les ivrognes et à les reconduire à domicile.

France, 1907 : Sonnette électrique placée à l’intérieur d’un coffre-fort.

Chatouillage au roupillon

Fustier, 1889 : Vol au poivrier.

Cigogne, poivrière

La Rue, 1894 : Palais-de-Justice.

Fortin

Halbert, 1849 : Poivre.

Larchey, 1865 : Poivre (Bailly). — Diminutif de fort. — Vidocq donne Fretin.

Delvau, 1866 : s. m. Poivre, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Poivre. — Fortinière, poivrière, — dans l’ancien argot.

La Rue, 1894 / France, 1907 : Poivre.

Fortinière

Halbert, 1849 : Poivrière.

Delvau, 1866 : s. f. Poivrière.

France, 1907 : Poivrière.

Goupiner

Ansiaume, 1821 : Travailler.

L’affaire est bonne, mais il y a à goupiner.

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Faire quelque chose.

Bras-de-Fer, 1829 : Travailler.

Vidocq, 1837 : v. a. — Travailler.

Clémens, 1840 : Travailler.

un détenu, 1846 : Faire quelque chose. Un objet bien goupiné est un objet bien fait.

Larchey, 1865 : Voler. V. Estourbir, Butter.

Voilà donc une classe d’individus réduite à la dure extrémité de travailler sur le grand trimar, de goupiner

(Cinquante mille voleurs de plus à Paris, Paris, 1830, in-8)

J’ai roulé de vergne en vergne pour apprendre à goupiner.

(Vidocq)

Delvau, 1866 : v. a. Voler, — dans le même argot [des voleurs]. Goupiner les poivriers. Dévaliser les ivrognes endormis sur la voie publique.

Rigaud, 1881 : Voler, s’ingénier à faire le mal.

En goupinant seul et dans un pays étranger, on n’a à craindre ni les moutons ni les reluqueurs.

(J. Richepin, l’Assassin nu)

Goupiner les poivriers, voler les ivrognes.

La Rue, 1894 : Voler. Travailler.

Virmaître, 1894 : Voler. On applique également ce mot à quelqu’un de mal habillé.
— Est-il goupiné ? (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 : Travailler.

Hayard, 1907 : Arranger, apprêter un vol.

France, 1907 : Travailler.

— La largue est fine, et que goupine-t-elle ?
— Elle est établie, elle gère une maison.

(Balzac)

France, 1907 : Voler.

En roulant de vergue en vergue
Pour apprendre à goupiner.

(Vidocq)

Allumés de toutes ces largues
Et du trèpe rassemblé ;
Et de ces charlots bonsdrilles,
Lonfa malura dondaine !
Tous aboulant goupiner,
Lonfa malura dondé !

(Chanson de l’argot)

Dès lors arrivent les politesses d’usage ; c’est un verre de plus qu’il faut.
Jean-Louis déplore la dureté des temps.
Il se plaint de ne pouvoir goupiner ; on se plaint mutuellement.

(Marc Mario et Louis Launay)

Goupiner les poivriers

Vidocq, 1837 : v. a. — Voler les ivrognes qui sont trouvés sur la voie publique.

France, 1907 : Voler les ivrognes.

Monseigneur

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Levier ou pince en fer.

Bras-de-Fer, 1829 : Pince.

Vidocq, 1837 : s. f. — Pince qui sert aux voleurs pour enfoncer les portes.

Larchey, 1865 : Pince à forcer les portes. — Jeu de mots. — Quelle est la porte ne s’ouvrant pas lorsqu’on annonce monseigneur ? — Si, comme l’affirme M. Fr. Michel, on a dit autrefois Monseigneur le Dauphin et par abréviation Dauffe, nous voyons encore là un calembour sur le dos fin de la pince qui permet son introduction. Caroubleur. V. Caroubleur.

Delvau, 1866 : s. m. Pince de voleur, qui sert à crocheter les portes. Les voleurs anglais disent de même Bess ou Betty.

Rigaud, 1881 : Pince à effraction. Ainsi nommée parce que jadis rien ne résistait à celui à qui l’on donnait du « monseigneur ».

La Rue, 1894 : Pince à effraction.

Rossignol, 1901 : Pince en fer à l’usage des voleurs.

France, 1907 : Pince dont se servent les voleurs pour forcer les portes.

Arrive la nuit. Avec les bonnes dispositions de la population actuelle, avec cette armée, sans cesse croissante, de rôdeurs de nuit, souteneurs, caroubleurs, casseurs de portes, vagabonds, ivrognes, poivriers et escarpes, qui se répand dans Paris, cherchant fortune à la force du monseigneur ou à la pointe du surin, il n’est pas prudent de laisser sortir seul un gardien en uniforme. On est donc obligé de les faire circuler par deux.

(Hogier-Grison, La Police)

On appelle aussi monseigneur la barre de fer en forme de pince dont se servent les paveurs.

Philosophe

Vidocq, 1837 : s. m. — Misérable.

Larchey, 1865 : Pauvre. — Philosophie : Misère (Vidocq). — Allusion ironique à la nécessité de la sagesse. — Philosophe : Savate, vieux soulier revenu des vanités de ce monde V. Arpion.

Delvau, 1866 : s. m. Misérable, — dans l’argot du peuple.

Rigaud, 1881 : Misérable, — dans l’argot de la police. — Grec opérant sans compère. (L. Larchey) Dans l’argot des grecs, on entend encore, par philosophe, le tricheur qui se contente d’un petit bénéfice et cultive les dupes d’un petit rapport. C’est sous ce nom que les matadors de la Grèce désignent leurs confrères en blouse qui exercent chez les marchands de vin.

Fustier, 1889 : Argot des lycéens. Élève de la classe de philosophie.

La Rue, 1894 : Misérable. Grec. Vieux soulier.

France, 1907 : Misérable, voleur.

Lorsqu’un de ces philosophes fait un bon coup, il enlève ses loques, prend un bain pour tuer sa vermine, s’habille au Temple et devient souteneur, camelot, vendeur de programmes, de contremarques, et quelquefois l’aide d’un petit bookmaker. Le fourline ou philosophe est de tous les malfaiteurs le moins habile ; toute prévoyance, même élémentaire, lui est inconnue, il ne dérobe que ce qu’il voit bien à sa portée. D’abord on se défie de lui, car sa misère et ses haillons le font facilement connaitre. Il explore de préférence les poches apparentes, larges, et commet souvent le vol « au poivrier. »

(G. Macé, Un Joli Monde)

Poivre

d’Hautel, 1808 : Cher comme poivre. Se dit d’une marchandise d’un prix exorbitant.

Ansiaume, 1821 : Poison.

Il a été butté, on lui a tranché un arpion pour avoir donné le poivre à sa daronne.

Vidocq, 1837 : s. m. — Poisson.

Larchey, 1865 : Ivre. — Du vieux mot poipre : pourpre. V. Roquefort. — Une trogne de buveur s’empourpre volontiers.

Je voyais bien qu’il était poivre.

(Monselet)

Delvau, 1866 : adj. Complètement ivre, — dans l’argot des faubouriens, habitués à boire des vins frelatés et des eaux-de-vie poivrées. Être poivre. Être abominablement gris.

Delvau, 1866 : s. m. Poisson de mer, parce que salé, — dans le même argot [du peuple], parfois facétieux.

Rigaud, 1881 : Eau-de-vie. — Un poivre, un verre d’eau-de-vie.

De la bière, deux poivres ou un saladier ?

(P. Mahalin)

Rigaud, 1881 : Poisson. M. Fr. Michel donne le mot sans autre explication ; il doit être pris dans le sens de « poisson », mesure de vin, d’ohpoivrier, poivrot, poivre, mine à poivre.

La Rue, 1894 : Ivre. Eau-de-vie. Syphilis. Poison.

France, 1907 : Eau-de-vie, verre d’eau-de-vie.

— De la bière, deux poivres ou un saladier ?

(Paul Mahalin)

France, 1907 : Ivre. « Canarder un poivre », voler un ivrogne.

Juliette. — Il me semble que j’ai entendu la voix de mon homme… Hé ! Roméo ! tu ne tiens donc plus sur tes jambes ?
Roméo. — J’ai cru que t’étais poivre, alors j’ai voulu faire comme toi, par politesse.
Juliette. — C’était une frime du corbeau… Mais puisque te v’là rond, faut que je le sois aussi…

(Le Théâtre Libre)

Poivrer

d’Hautel, 1808 : Pour, vendre trop cher.
Cette marchandise est bien poivrée. Pour dire, que le prix en est très-élevé.

Vidocq, 1837 : v. a. — Payer.

Larchey, 1865 : Donner la vérole.

Pour se venger d’un homme, elle prit du mal exprès afin de le poivrer.

(Tallemant des Réaux)

Larchey, 1865 : Vendre trop cher. On dit aussi : Saler (1808, d’Hautel).

Delvau, 1866 : v. a. Charger une note, une addition, — dans l’argot des consommateurs. C’est poivré ! C’est cher. On dit de même : C’est salé.

Delvau, 1866 : v. a. Payer.

Rigaud, 1881 : Communiquer le mal vénérien, donner un bon à toucher chez le docteur Ricord. — Être poivré, être dans les conditions requises pour obtenir une entrée à l’hôpital du Midi, payer cher un moment de plaisir.

Toi louve, toi gueuse, qui m’as si bien poivré, Que je ne crois jamais en être délivré.

(Saint-Amant)

Rigaud, 1881 : Payer, — dans le jargon des voleurs. — Surfaire. — Falsifier. Poivrer le pive, falsifier le vin.

La Rue, 1894 : Payer. Surfaire. Falsifier, empoisonner. Communiquer la syphilis.

Virmaître, 1894 : Quand la cuisinière poivre trop ses mets, elle met le feu au palais des convives. Quand une femme poivre un homme, le poivré maudit Christophe Colomb comme François Ier la belle Ferronnière (Argot du peuple).

France, 1907 : Donner la syphilis. Se faire poivrer, l’attraper. Celle qui la donne a reçu le nom de poivrière.

Ils continuaient l’histoire de Marie Mange-mon-prêt, qui avait poivré en une seule nuit quarante-trois voltigeurs, sans compter les enfants de troupe, ou la partie de piquet avec des cartes usées par six générations d’aides de cuisine, car il était difficile, à première vue, de distinguer l’as de trèfle du valet de carreau.

(Hector France, L’Homme qui tue)

Toi louve, toi guenon, qui m’as si bien poivré,
Que je ne crois jamais en être délivré.

(Saint-Amant)

Poivrer un homme

Delvau, 1864 : Lui donner la vérole.

Toi, louve, toi, guenon, qui m’as si bien poivré.
Que je ne crois jamais en être délivré.

(Saint-Amand)

Va, poivrière de Saint-Côme,
Je me fiche de ton Jérôme.

(Vadé)

Poivrier

Vidocq, 1837 / Clémens, 1840 : Ivrogne.

M.D., 1844 : Homme saoûl.

Larchey, 1865 : « Voleur dévalisant les hommes ivres aux barrières. » — Canler.

Delvau, 1866 : s. m. Ivrogne, — dans le même argot [des voleurs]. C’est aussi le nom qu’on donne aux voleurs qui dévalisent les ivrognes.

La Rue, 1894 : Ivrogne. Voleur qui dévalise les ivrognes. Débit de mauvaise eau-de-vie.

Virmaître, 1894 : Voleur qui dévalise les ivrognes qui s’endorment sur les bancs ou sur l’herbe des fortifications. Ce vol est connu sous le nom de vol au poivrier (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 : Celui qui s’enivre souvent.

Rossignol, 1901 : Celui qui vole les hommes ivres.

Hayard, 1907 : Dévaliseur d’ivrognes.

France, 1907 : Ivrogne.

Poivrier (faire le, barboter le)

Rigaud, 1881 : Voler un ivrogne. Et la variante plus usitée aujourd’hui : Cueillir un poivrot, ou, encore, canarder un poivre, allusion au canard barboteur.

À nous trois, nous avons barboté pas mal de poivriers.

(Petit Journal, du 22 juillet 1880)

Poivrier, mine à poivre

Rigaud, 1881 : Mauvais débit de vins et liqueurs qui brûlent le palais comme le poivre le plus incandescent.

Poivrier, poivrot, poivre

Rigaud, 1881 : Ivrogne. — Être poivre, être soûl. — Le poivrot est arrivé au dernier degré de l’ivresse. Il parle seul, bat la muraille et festonne dans les ruisseaux jusqu’à ce que, à bout de forces, il s’asseye sur un banc ou qu’il s’étale le long d’un trottoir qu’il aura pris pour un banc.

Poivrière

Larchey, 1865 : Femme malade.

Va, poivrière de Saint-Côme, je me fiche de ton Jérôme.

(Vadé)

Delvau, 1866 : s. f. Fille ou femme galante punie par où elle a péché et exposée à punir d’autres personnes par la même occasion. Argot du peuple.

Va, poivrière de Saint-Come,
Je me fiche de ton Jérôme.

dit un poème de Vadé.

Rigaud, 1881 : Route. Comparaison de la poussière au poivre.

La Rue, 1894 : Route. Fille malade. Le palais de justice.

France, 1907 : Ivrognesse.

France, 1907 : Le Palais de Justice.

France, 1907 : Prostituée, qu’elle ait ou non la syphilis, mais toujours apte à la recevoir ou à la donner.

— Allons, silence, crapules ! par respect pour les nobles étrangers, exclama l’ivrogne qui avait donné la main au préfet.
— Je m’en f…iche, vieux musée de cire ! brame une poivrière à la tignasse grisonnante et ébouriffée.
— Oh ! c’tamour qui piaille ! reprend l’ivrogne.

(G. Macé, Un Joli Monde)

On disait autrefois poivrière de Saint-Côme.

Cadavre à moitié démoli
Va, poivrière de Saint-Côme !
Je me fiche de ton Jérôme.

(J.-J. Vadé)

France, 1907 : Route ; elle est pleine de poivre, c’ést-à-dire de poussière.

Poivrière (vol à la)

France, 1907 : Vol d’un ivrogne couché sur un banc.

Poivrot (vol au)

Rigaud, 1881 : Vol commis sur la personne d’un ivrogne. — Barboter le poivrot, fouiller un ivrogne pour le voler. — Les barboteurs de poivrots sont des voleurs qui ont la spécialité de dépouiller les ivrognes. — Canler donne poivrier dans le même sens.

Queue de rat

Delvau, 1866 : s. f. Bougie roulée en corde, — dans l’argot des bourgeois.

Delvau, 1866 : s. f. Tabatière en écorce d’arbre s’ouvrant au moyen d’une longue et étroite lanière.

Merlin, 1888 : Crinière de casque dont les crins deviennent rares.

France, 1907 : Bougie mince roulée en corde

France, 1907 : Tabatière de bois dont on tire le couvercle au moyen d’un petit cordon de cuir.

Au dîner (c’que l’vin vous fait faire !
Voyez un peu si j’suis distrait !)
Mathieu m’demand’ la poivrière,
Au lieu d’y passer c’qui voulait,
J’y tends ma queue d’rat qu’était pleine ;
Aussi distrait qu’moi, v’là Mathieu
Qui met l’tabac dans sa julienne.

(E. Carré)

Couper une queue de rat, voler une bourse.

Radin (vol au)

France, 1907 : Vol dans un comptoir.

L’apprenti voleur est un enfant que l’on dresse, ou qui se dresse tout seul en s’exerçant à certains vols, tels que ceux de l’étalage, du poivrier, de la tire ou du radin. Ce dernier vol consiste à s’introduire, en plein jour, dans un établissement ouvert et à s’emparer d’une partie de la recette, à la faveur d’une distraction du commerçant. Il y a, dans ce genre, des enfants qui ont une habileté extraordinaire : ils arrivent au tiroir du comptoir et le vident sans être aperçus du personnel de la maison.

(G. Macé, Un Joli Monde)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique