Larchey, 1865 : S’enivrer. — Mot à mot : s’empourprer. V. Poivre.
Les fêtes tu t’empoiveras avec ta largue au tapis franc.
(Vidocq)
France, 1907 : Se mettre en état d’ivresse.
Empoivrer (s’)
Larchey, 1865 : S’enivrer. — Mot à mot : s’empourprer. V. Poivre.
Les fêtes tu t’empoiveras avec ta largue au tapis franc.
(Vidocq)
France, 1907 : Se mettre en état d’ivresse.
Maculature (attraper une)
Rigaud, 1881 : Se griser, — dans le jargon des ouvriers pressiers.
France, 1907 : S’enivrer. Les synonymes sont nombreux, ce qui indique la fréquence du vice. En voici les principaux : s’allumer, se cingler le blair, se cardinaliser, se coller une biture, se coaguler, se culotter, s’empoivrer, s’empaffer, écraser un grain, s’émerillonner, s’émécher, s’enluminer, se flanquer une culotte, faire cracher ses soupapes, se farder, se foncer, mettre son nez dans le bleu, partir pour la gloire, se poisser, se pocharder, prendre une barbe, se piquer le nez, se piquer le tasseau, se schniquer, se tuiler, etc.
Poivrer
d’Hautel, 1808 : Pour, vendre trop cher.
Cette marchandise est bien poivrée. Pour dire, que le prix en est très-élevé.
Vidocq, 1837 : v. a. — Payer.
Larchey, 1865 : Donner la vérole.
Pour se venger d’un homme, elle prit du mal exprès afin de le poivrer.
(Tallemant des Réaux)
Larchey, 1865 : Vendre trop cher. On dit aussi : Saler (1808, d’Hautel).
Delvau, 1866 : v. a. Charger une note, une addition, — dans l’argot des consommateurs. C’est poivré ! C’est cher. On dit de même : C’est salé.
Delvau, 1866 : v. a. Payer.
Rigaud, 1881 : Communiquer le mal vénérien, donner un bon à toucher chez le docteur Ricord. — Être poivré, être dans les conditions requises pour obtenir une entrée à l’hôpital du Midi, payer cher un moment de plaisir.
Toi louve, toi gueuse, qui m’as si bien poivré, Que je ne crois jamais en être délivré.
(Saint-Amant)
Rigaud, 1881 : Payer, — dans le jargon des voleurs. — Surfaire. — Falsifier. Poivrer le pive, falsifier le vin.
La Rue, 1894 : Payer. Surfaire. Falsifier, empoisonner. Communiquer la syphilis.
Virmaître, 1894 : Quand la cuisinière poivre trop ses mets, elle met le feu au palais des convives. Quand une femme poivre un homme, le poivré maudit Christophe Colomb comme François Ier la belle Ferronnière (Argot du peuple).
France, 1907 : Donner la syphilis. Se faire poivrer, l’attraper. Celle qui la donne a reçu le nom de poivrière.
Ils continuaient l’histoire de Marie Mange-mon-prêt, qui avait poivré en une seule nuit quarante-trois voltigeurs, sans compter les enfants de troupe, ou la partie de piquet avec des cartes usées par six générations d’aides de cuisine, car il était difficile, à première vue, de distinguer l’as de trèfle du valet de carreau.
(Hector France, L’Homme qui tue)
Toi louve, toi guenon, qui m’as si bien poivré,
Que je ne crois jamais en être délivré.
(Saint-Amant)
Poivrer quelqu’un
Delvau, 1866 : v. a. Lui faire regretter amèrement la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb et l’expédition de Naples par Charles VIII. Argot du peuple.
Poivrer un homme
Delvau, 1864 : Lui donner la vérole.
Toi, louve, toi, guenon, qui m’as si bien poivré.
Que je ne crois jamais en être délivré.
(Saint-Amand)
Va, poivrière de Saint-Côme,
Je me fiche de ton Jérôme.
(Vadé)
Tapis franc
Ansiaume, 1821 : Cabaret où l’on reçoit les voleurs.
Ici, buvons et bouffardons sans souci.
Vidocq, 1837 : s. — Cabaret, hôtel garni ou auberge où se réunissent les voleurs.
Clémens, 1840 : Maison de receleur.
M.D., 1844 : Maison rendez-vous des gens de mauvaise vie.
Larchey, 1865 : Cabaret. — Franc fait allusion à la clientèle qui est composée d’affranchis ou voleurs. — Tapis est une abréviation du vieux mot tapinet : lieu caché. V. Roquefort. — V. Empoivrer, Crosser. — Tapis de refaite : Table d’hôte. — Tapis de malades : Cantine de prison. — Tapis de grives : Cantine de caserne. — Tapis vert : Prairie. — Tapissier : Cabaretier. V. Baptême, Ogre.
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